‹ Manuel de sigillographie françaiseChapitre 48 sur 205 · Dkm.\i . Inventaire des sceaux île Flandre, n" I · texte numérisé non relu

Dkm.\i . Inventaire des sceaux île Flandre, n" I

84 MANL'i;i. DK SlGILI.IX.KAPIlli: FRANÇAISE

jjeau à larg'es bords (Raoul, cumle de Glermonl. M 70 '). ou d'un cylindre élevé ; on ne trouve ce dernier qu'en Flandre. Au xiii'" siècle, le timbre arrondi se ferme au moyen d'une visière et d'une mentonnière grillagées, puis il se surmonte d'un cimier plus ou moins historié . Au XIV* siècle, le heaume devient très haut parla superposition d'un cimier immense, figurant un animal fantastique ou quelque objet étalé : vol, écran, cornes ornées de houppes ou de grelots. Au milieu du xv'". il s'arrondit de nouveau, la visière se relève et permet de distinguer les traits du cavalier; le cimier perd de son importance et, au xvi" et au XYii*^ siècle, il n'est plus qu'un panache, l^e bouclier ou écu, d'abord serré contre la poitrine, puis porté au bras gauche et vu en dedans quand le cheval marche de gauche adroite, est porté transversalement et verticalement à partir du milieu du xii" siècle, c'est-à-dire du moment où il commence à se couvrir d'armoiries. Il devint parfois immense, disproportionné, jusqu'à cacher le cavalier tout entier comme sur le sceau de Robert de Poissj (1200) •', et cela dans le but de faciliter la représentation des armoiries. Mais à mesure que les graveurs, devenus plus habiles, savent faire tenir un blason compliqué dans un espace restreint, lécu se rapetisse et se suspend au oou du cavalier par une guiche. Les plus anciens sont ornés au centre d'un umbo et sont jjordés de clous et de bandes de renforcement d'un dessin géométrique, qu'on a pris quelquefois bien à tort pour des pièces d'armoiries. Au xV siècle, l'écu est très petit (Charles le Téméraire (1i68), pi. IX),

1. lîihl. tiiil.mss. lat. J-124, p. 129-131. •J. Hibl. nat. mss. lat. :)'.81, n-OÎ.

lYPK EQUESTRE

au xvi% il est triangulaire ou échancré (Charles, duc de Vendôme, 1530), puis il devient ovale (Louis, duc d'Orléans, 1724) '.

La cuirasse est dalîord une longue cotte de mailles ou broigne rattachée à une pèlerine semblable fixée au heaume ; elle est quelquefois tellement longue qu'elle ne laisse visible qu'une faible partie de la jambe. Elle est souvent couverte décailles ou d'annelets . Les sceaux de Richard Cœur de Lion, comme duc d'Aquitaine et comte dePoitou(ll85), en sont desexemples excellents '-. Peuà peu elle se raccourcit et se recouvre d'une cotte d'armes plus ou moins ample. Généralement la cotte d'armes est ]ilus courte que la cotte de mailles, mais quelquefois elle la recouvre entièrement. Artaud de Roussillon (1270) est vêtu d'une longue cotte échiquetée, c est-à-dire à ses armes ^ .

Peu à peu le cavalier prend une allure moins lourde ; sa ceinture se dessine, sa cotte de mailles se transforme en cuirasse damasquinée terminée en jupe plissée, sur son épaule paraît l'épaulière, pièce métallique carrée, armoriée, destinée à protéger cette partie du corps contre les coups de taille, il porte des gants remontant haut sur l'avant-bras, des brassards, des cuissards, avec pièces de rapport destinées à faciliter le jeu des jointures, des solerets pointus avec pièces de recouvrement en queue d'écrevisse et des éperons avec molettes en étoile. L'épée que le cavalier tient à la main est attachée à la cuirasse par une chaînette. Le sceau de Robert

I. Dhmay. Invenlaire des sceaux de la FUindre, n° 10". — Bibl. iiat. mss. franc. '20'MS n" 73 et mes archives.

•2. Hibl. nat. mss. lat. 5i il, p. laS, el olSO, p. 363 et 455.

3. HoMAN. Sceaux des familles seifineur taies de Dauphiné, n" 740.

8(» MA.MKI, UK SUUI.I.iM.lîM'llll-: l'KAiNÇAlSK

de Fiennes, connétable de France, châtelain de Saint- Omer (1353-1364), nous offre un exemple excellent de toutes les dispositions précédentes '. Celui de Pierre de C^hambly (12î)4) présente une singulière représentation de l'épée ; le cavalier, tenant d'une main une lance et de l'autre son écu, ne peut tenir son épée qui. tirée hors du fourreau et retenue par une chaînette à la cuirasse, voltige derrière lui ~.

Au début la selle n'est pas représentée sur les sceaux, c'est une simple housse qui est posée sur le dos du cheval et retenue par la sous-ventrière ; au milieu du xii"" siècle, le pommeau de la selle, le troussequin et les étriers deviennent visibles, aussi bien que le mors, le poitrail, la croupière et la bride. La selle à partir du xiv'^ siècle se hausse de plus en plus, et finit par emboîter le bassin du cavalier d'une façon absolument rigide. On peut voir cette disposition sur les sceaux de Charles le Téméraire et de Robert de Fiennes dont il vient d'être question.

Le cheval est d'abord nu ; à la fin du xii'' siècle une housse apparaît sous la selle et au xiir siècle elle se transforme en caparayon, c'est-à-dire en une draperie flottante qui finit par couvrir le cheval tout entier, ne laissant visible que l'œil, la bouche et les quatre pieds. En réalité ce sont deux housses, lune pour la partie antérieure, l'autre pour la postérieure avec une coupure sous la selle. La partie postérieure de la housse est seule figurée sur le sceau d'Aymar de Poitiei^s (1270) '^.

C'est à partir de 1200 que la housse se dessine et dès

l. Hermand et Deschamps ue Pas. Uisloire xiffilliiire de Siiinl-Onwr. Paris, 1860, pi. VIII, n" 38. '2. Doi;ËT ii'Ahcq. Collection de sceaux, n" 245. :^. Ici . ihid.. n" 612.

TYPE lîOlESTRE

le début elle se couvre de pièces héraldiques empruntées au blason du possesseur du sceau et adaptées à la surface à décorer. Le sceau de Robert P'', comte d'Artois (1237), est un spécimen remarquable de cette ornementation mag'nifique ' .

Kijr. '.K — Scenii de Roherl b'. comle d'Artois. 1237.

.V la (in du xui'' siècle le chanfrein se surmonte d'une aigrette parfois semblable k celle qui orne le heaume du cavalier. Hugues, baron de Faucigny (1314), et son cheval ont tous deux pour cimierun marmouset sans bras, debout dans une rainure de cerf -.

I. DK.>ii;n.\Mrs KI-: Pas. Sceaux îles CDinles d'Artois. Paris. IS57,pl. I, u' 1.

•i. Ki)MA>. Sccaii.r (/e.s familles seiçjneiiriales de Daui>lnné. n" N.'i-.

88 MANUEL DR SIGlLLOdRAPHlE FRANÇAISE

La bride et le poitrail sont, au début, simples et sans ornements, mais à la fin du xiii'^ siècle ils acquièrent une Jurande importance, sont brodés, ornés de franges, de dandins et de sonnettes. Charles, duc d'Orléans (1440), inscrit même sur ces harnachements sa devise : Ma cou lente '.

Je dois signaler trois exemples (je n'en connais pas d'autre) de dames vêtues du costume chevaleresque et enfourchant un cheval à la mode virile; ce sont Garcende. comtesse de Provence (1220), qui galope, une lance en arrêt ; Galburge, princesse d'Orange (1236), et Galburge de Mévouillon ( 1239), qui brandissent des épées. Toutes trois sont armées de toutes pièces et coiffées d un heaume clos - .

On connaît aussi cinq exemples du type équestre écourté ou reproduit partiellement. On s'est contenté, dans ce cas, de graver le buste du cavalier — c'est-à-dire sa tête heaumée, l'écu porté transversalement, le bras brandissant 1 épée par derrière — et une faible partie du vêtement. Le plus ancien spécimen de ce type se voit sur le petit sceau de Philippe de France, comte de Poitiers (1316), et on n'en trouve aucun autre après 1327 '.

A mesure que les vêtements du cavalier et le harnachement du cheval deviennent plus somptueux et plus magnifiques, le champ du sceau s'orne à son tour ; au milieu du xiv" siècle, il est réticulé, çrrillanré, couvert de

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