Bibl. nat. mss. fr. 20392, n
l'un de l'autre, ils vont se combiner au xiv'' siècle et modifier profondément l'allure de ces sceaux , je veux parler de l'encadrement et des supports.
L'encadrement est une combinaison de lignes géométriques, entourant l'écusson et ornant le pourtour du champ du sceau. Les plus anciens sont aussi les plus simples et consistent très souvent en une étoile à huit pointes, tracée par deux traits parallèles. Les sceaux d'Aymar de Poitiers (1278), de Guillaume d'Aix-Artaud (1279) ^ et beaucoup d'autres à la même époque, sont ornés de cet encadrement géométrique. Puis le dessin se complique. D'abord on intercale des fleurons dans les angles rentrants, puis l'encadrement est formé d'angles et d'hémicycloïdes combinés, ou d'angles aigus et d'angles obtus, ou d'accolades et d'arcs brisés alternés. Sa silhouette devient un trilobé, un quadrilobe, une rosace ; au xiv'^ siècle, tous les vides de l'encadrement sont remplis de fleurons, d'animaux, de symboles pieux, de dentelures ajourées, de toutes les combinaisons, en un mot, dont s'est servi l'art gothique pour orner les monuments qu'il a créés.
Parfois cette décoration pèche par la surcharge, mais souvent elle est sobre, élégante et remarquablement étudiée. Le sceau d'Aymar de Poitiers (1354), par exemple, comporte un encadrement à six angles, dans chacun desquels est un écusson triangulaire et les vides extérieurs contiennent des lions et des dragons accroupis '^.
1. Roman. Sceaux des fumilles seigneuriales de Dauphiné, n"' 32 et 611t.
2. Pii.OT DE Thokkv. Inventaire des sceaux des archives de l'Isère, n» 29.
Celui (le Raoul de Louppy (I36i) figure un encadrement trilobé ; dans les angles extérieurs sont inscrits trois ociilus, séparant des ouvertures triangulaires allongées '. Dans le petit sceau du dauphin Humbert II (1340), l'écu est dans un encadrement de (juatre angles à tiers-points et de quatre angles aigus alternés, chaque
FiJ,^ 13. — Sceau de Raoul de Louppy. 1:56 i.
arc renfermant un petit personnage et les vides extérieurs des rosaces '-. Le sceau de Baudouin de Créquy (1345) est orné de quatre arcs brisés travaillés à la façon d'une fenêtre gothique (pi. XV, n° 1) ^. L'écu de Jeanne de France, comtesse d'Artois (1329-1346), est contenu dans un triple encadrement composé d'abord de six hémicycloïdes, puis d'un cercle, enfin de six angles aigus ornés
1. Woyiw. Sigillographie des gouverneurs de Dauphint'. ])l. II. n" 3.
2. HoMAN. Sceaux des familles seigneuriales de Dauphint-, n" s.'tî. :j. DicMAY. Inventaire des sceaux de Flandre, n" 712.
TYPE AUMORIAL 117
chacun de trois roses et séparant autant de cei'cles armoriés ^
Toutes les combinaisons possibles de lignes droites ou courbes ont concouru à produire les encadrements des sceaux armoriaux et le caprice décoratif des graveurs s'y est donné libre carrière.
Ils ont même été jusqu'à utiliser, pour encadrer les écussons, les motifs architecturaux ; quelques-uns sont sous des baldaquins gothiques, comme ceux de Jean Lempereur, trésorier (1359), et de Charles le Mauvais, roi de Navarre (1377). Ce dernier, placé dans une élégante niche, est timbré d'une branche fleurie, becquetée par deux oiseaux, et supportée par deux lévriers et deux lions -.
En même temps que l'encadrement apparaissent les supports, c'est-à-dire des objets côtoyant l'écu et étant censés les soutenir. En 1217, Urson de Merville accompagne son écu de deux candélabres à trois pieds 3, et en 1249 et 1257 deux clefs en pal flanquent à droite et à gauclie les écussons de Silvion I et de Silvion II de Clérieu ^. Il n'y a pas de doute, ce sont bien là des supports.
C'est certainement le type équestre du xii*^ siècle, dans
1. Deschamps de Pas. Sceaux des comtes d'Artois, pi. IV, n" 10.
2. Demay. Inventaire de la Collection Clairambaull, n"' 3305 cl (i(i67 .