‹ Manuel de sigillographie françaiseChapitre 81 sur 205 · Charvet. Collection Dongé, n · texte numérisé non relu

Charvet. Collection Dongé, n

3. DE CoETOLOGox ET TissER.\XD. Les armoii'ies de la ville de Paris, cet ouvrage renferme plusieurs planches de sceaux municipaux. — Douiix d'Arcq. Collection de sceaux, n"" 3440 à 3855. — Demay. Inven-

TYPE TOPOGRAPIIIQUE 133

On a employé quatre systèmes de décoration pour les sceaux topographiques municipaux ; on y a gravé ou bien des monuments rudimentaires et de fantaisie, ou bien l'édifice le plus marquant de la ville, ou la ville tout entière, ou encore le plan de la ville.

Un grand nombre de petites villes ou même de grandes ne se sont pas mises en frais de gravure et leurs sceaux les représentent sous la forme d'une porte de ville ou d'un château ou même d'une simple muraille. On voit une simple muraille crénelée et portillée sur les sceaux de Villemer (1242), d'Embrun (12o0), d'Albiet de Sa Verdun (1303) ; une tour sur celui d'Epinal (1404); trois tours dans une enceinte sur celui de Limoges (1303). A l'Argentière le sceau figure un donjon à deux étages (1303) et à Caussade une simple maison (1308), peut-être l'hôtel de ville. Les portes de villes sont extrêmement communes, qu'elles soient surmontées d'une tour (Gapdenac, 1243), flanquées de deux (Verdun de Gascogne, 1242), ou munies de trois (Thionville, 1529). De toutes ces représentations banales la plus fréquente est celle de châteaux, flanqués de tours, qui vont de deux (Beaumontsur-Oise, 1228) jusqu'à cinq (Pamiers, 1267).

Plusieurs villes dans l'enceinte desquelles il existait quelque monument célèbre lont adopté pour type de leur sceau ; Nîmes (1303) a ses arènes et de chaque arcade sort un cavalier armé; Tarascon (1211) a son château sur le Rhône accompagné de la tarasque ; Besançon (1239) a son antique arc de triomphe figuré par quatre colonnes

taire des sceaux de Flandre, n"' 3838 à -1138; de Normandie, n°" 1631 à l6bo; d'Artois, n^' 1016 à 106! ; de Picardie, n"' "31 à 751. —La Plagne- Barris. Sceaux gascons du moyen âge, 111° partie.

supportant un dôme '. Toulouse (1214) montre face à face Tég-lise Saint-Sernin et le château Narbonnais; Bordeaux (1297) a la porte de la Grosse Cloche, au sommet de laquelle deux guetteurs sonnent du cor. Les villes qui s'enorgueillissaient d'un pont remarquable le faisaient graver sur leur sceau : Avignon (1221) a le pont de Saint-Bénézet dominé par Notre-Dame-des-Doms; Lyon (1271) a celui de la Saône qui sépare les deux quartiers de Fourvière et de la Croix-Rousse et sur lequel une grande croix est debout ; Pontoise (1228) a un pont à cinq arches sous lequel est un poisson et Cahors (1309) un pont à six arches fortifié de cinq tours.

Les villes représentées dans leur ensemble témoignent parfois d'une grande habileté de composition ; les monuments sont sans doute un peu tassés dans un cadre trop étroit, mais peuvent cependant s'identifier. L'un des plus anciens sceaux de ce type est celui de Valenciennes de 1197; il ne représente encore qu'un château dans une enceinte crénelée. En 1296, cette représentation sommaire se complète ; l'enceinte est flanquée de six tours et percée d'une porte défendue par deux autres tours ; dans l'intérieur se dressent deux donjons séparés par un étendard chargé d'un lion. Cambrai (1227) est figuré par une double enceinte vue obliquement, munie de six tours et renfermant deux monuments à coupole (pi. XVI, n° 1). Rayonne (1351) est également dans une enceinte fortifiée de tours, avec trois portes crénelées à l'une desquelles on distine-ue verroux et cadenas; la cathédrale Notre- Dame avec de multiples arcatures et un haut clocher

1. Casjax. Les sceaux de la commune et de ihôlel de ville de Besançon. {Société démiilalion du Doubs, 1S70, p. 143.;

domine le tout et pour qu'on ne puisse s'y tromper à côté d'elle on lit les mots : Sca Maria. Arras (1452) est représenté par une enceinte de huit tours en perspective, au milieu de laquelle s'élève un donjon à toit pointu cantonné de deux étages de tours ; dans le champ courent

ViiT. 17. — Sceau de la ville de Grenoble. IA97.

deux rats, un troisième fuit par la porte entr'ouverte (pi. XVI, n" 2). On retrouve des types semblables, ne différant des précédents que par des détails, sur les sceaux d'un grand nombre d'autres villes.

Quelques villes dont la seigneurie était partagée entre l'évêque et un seigneur laïc ont eu soin de le faire connaître parla manière dont leur sceau est composé. A Lavaur (1308) le type comporte un demi-chàteau et ime

moitié d'église; à Belaye (1309), c'est un château à deux tours accosté d'une crosse et dune fleur de lys. Le sceau le plus beau que je connaisse dans ce genre est celui delà ville de Grenoble (1497), il représente le pont sur risère, l'église Notre-Dame appartenant à l'évêque et surmontée d'un buste épiscopal, la chapelle Saint-André du palais delphinal surmontée d'un dauphin, la tour municipale, la tour Clérieux, la tour romaine et le palais delphinal, tous monuments ou encore existants ou parfaitement connus [fig. 11 y.

Deux villes Marmande et Penne d'Agen (1243) ont fait représenter sur leurs sceaux, non leur perspective, mais leur plan ; les monuments au lieu d'être vus en élévation sont dans une position renversée et horizontale ; les murs et les portes sont figurés à plat. Ce n'est pas beau, mais cela mérite d'être signalé pour sa singularité.

A côté des monuments assis dans le sol, on peut classer les monuments flottants, c'est-à-dire les navires 2. Matés, les voiles déployées, ils paraissent avec leurs châteaux de poupe, leurs ancres pendantes et leurs rameurs, sur les sceaux de la ville de Paris depuis 1210, de Dieppe (1362), d'IIarfleur (1440), de Libourne (1532), etc. Ce type a été employé aussi par Robert Demizel (1340), Richard Hapequin (1338) et plusieurs autres capitaines de nefs.

1. DouËT d'Ahcq. Collection de sceaux, n"' 5640 et 5814. — Roman. Bulletin des' Antiquaires de France, 1879, p. 282.

2. Demay. Études sigillographiques. Le type naval. {Revue archéologique, 1877, p. 28!.)

Le sceau d'Oléron (1233) représente une barque montée par plusieurs rameurs et se dirigeant sur une mer agitée et poissonneuse vers un port dont on distingue les tours et les jetées '. Celui de Biarritz (1351) figure une barque dirigée par trois rameurs et un timonier, tandis qu'un harponneur debout s'apprête à lancer son harpon sur une baleine (pi. XIX, n° 1) -.

Comme on peut en juger, les sceaux topographiques ne sont, en général, pas très anciens, on n'en rencontre pas avant les dernières années du xii® siècle ; dans ceux qui sont un peu compliqués, ce sont toujours les monuments religieux qui tiennent la place d'honneur, dominant tous les autres de la hauteur de leurs clochers.

§ 7. ^ — Type arbitraire ou de fantaisie.

Beaucoup de possesseurs de sceaux n'ont pas voulu s'astreindre à copier un type classique ; ils n'ont consulté que leur fantaisie seule et ont commandé au graveur la reproduction d'une scène qui leur rappelait soit un événement dans lequel ils avaient joué un rôle, soit les fonctions qu'ils remplissaient, ou encore un type faisant allusion à leur nom ou qui simplement leur plaisait. Beaucoup de ces types avaient un sens précis pour eux et n'en ont plus pour nous. Douët d'Arcq, par exemple, a décrit un sceau de l'hôpital de Chartres (13o2) représentant un personnage vêtu d'un long froc

1, Demav. Inventaire de la collection Clairambault, n»' 3149, 4510 et 5225. — Bibl. nat. mss. lai. 5480, p. 464.

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