Bibl. nat. mss. lat. 5410, p. 303. — Muscc de Bourfres
3. DoM Planchek. Histoire générale et particulière de Bourgogne, t. II, p. 524.
nom en trois lignes sur un tableau carré entouré de deux écussons et de deux lions. Enfin au xvii" siècle les cfuatre coseigneurs de Mansonville (Tarn-et-Garonne) avaient fait graver leurs noms : N avare-Car mainz- Ducfout-Bonieffas dans les quatre cantons d'une croix K
Certains types sigillaires ne peuvent être classés dans aucune des catégories précédentes ; ce sont des types singuliers, isolés, par l'adoption desquels des esprits originaux ont prétendu se signaler. J'en excepterai cependant celui des têtes humaines figurant les conseillers des villes, que l'on rencontre assez souvent sur les sceaux municipaux ; c'est même le plus ancien type communal.
Dès 1189, les consuls d'Avignon sont figurés au nombre de quatre en buste et se faisant face deux par deux et l'un au-dessus de l'autre. En 1193, les têtes des douze conseillers de Meulan (pi. XVIll, n" 1) sont rangées de face sur trois lignes et surmontées d'une fleur de lys; en 1318, le sceau municipal d'Amiens figure une rose autour de laquelle sont disposées en rond six têtes séparées l'une de l'autre par autant de roses; en 1351, celui de Beaumont en Argonne représente les têtes de sept échevins et celle du maire est au revers ~. Généralement le graveur a essayé de faire
1. Demay. Inventaire de la collection ClairambauU, n°' 758 et S003. — Catalogue de la collection Charvet, n° 1101.
2. Demav. Inventaire des sceaux de Aorniandie, n" 1G15. — Doukt ii'Arcq. Collection de sceaux, n» 5738. — Blaxcark. Iconographie des
des portraits; d'une tète à l'autre les traits diffèrent et l'arrangement de la barbe et des cheveux n'est pas le même.
Par contre les types suivants sont d'invention pure et il faut remarquer qu'ils sont d'une basse époque, généralement postérieure au milieu du xiv'^ siècle. Jean le Marchand (1340), par exemple, a pour type une croix à long pied séparant une tête virile d'une tête féminine. Pierre de Préaux, sergent du guet (13i7), a une dame assise posant les mains sur deux lions accroupis et mantelés ; Guillaume l'Archevêque (1360) a un sceau composé d'une intaille antique au-dessus de laquelle paraît un chevalier k mi-corps, heaume avec une mitre pour cimier, et brandissant une bannière armoriée ; Sansonnet de Gaumont (1365) a un homme sauvage, heaume, mantelé, tenant à la main un rameau et foulant aux pieds un lion ; les élus des aides de Màcon et Ghalon ( 1 377) ont adopté pour type commun un homme sauvage couronnant les deux lettres I et ÎT? que deux lions tiennent dans leurs gritfes; Jean de Gouvieux, sergent du guet (1396), a deux personnages dont l'un tient une crosse et l'autre un lion, symbolisant, sans doute, les juridictions épiscopale et prévôtale; enfin Jean de Varennes (1419) a sur son sceau un ange soutenant un grand V chargé d'étoiles, contenant le soleil et la lune et supporté par une aigle et un lion, le tout sous un baldaquin gothique ' .
sceaux des Doiiches-du-Rhône, pi. XXXN'II, n" I. — Saige. Sceaux extraits du Trésor des chartes de Relhel, 1889. — Voir aussi ci-dessus p. 97, 108 et 109, la description de sceaux municipaux avec tètes de conseillers.
1. Demay. Inventaire de Ui collection Claininibaiilt. n"* 237, 1957, •'1175, 5i61, 5647. 7 Î05 et 9243.
Ces exemples, pris au hasard, peuvent donner une idée de la fantaisie qui a présidé à la composition d'un grand nombre de sceaux des xiv*' et xv® siècles ; ils défient toute classification.
Dès la deuxième moitié du xv® siècle, les graveurs s'assagissent et renoncent à multiplier ainsi outre mesure les symboles et les ornements.
v^ 8. — Types de contre-sceaux.
Le contre-sceau étant une empreinte faite au revers du sceau, pour avoir la certitude qu'on ne pût le détacher sans l'altérer, il en résulte qu'il ne pouvait y avoir de contre-sceau quand le sceau était rivé à l'acte. Le plus ancien connu est celui de Robert le Frison, comte de Flandre en 1076 ; il est rond et représente une tète barbare de profil, les cheveux frisés et tenant dans sa bouche un bouquet de trois tiges terminées par des perles '. Encore ce contre-sceau est-il exceptionnel comme ancienneté; on n'en connaît aucun autre avant le xii® siècle. Les plus anciens sont ensuite ceux d'Hugues de Montaigu, évèque d'Auxerre (1126), de l'abbaye de Saint-Germain d'Auxerre (vers 1140), de Philippe d'Alsace, comte de Flandre (1164), etc. Ils appartiennent comme on voit, à des personnages du nord et de lest de la France ; dans le midi ils ont été beaucoup plus tardifs ; on y faisait surtout usage de sceaux à double face et le contre-sceau n'y apparaît qu'au xiii*^ siècle.