Id. Ibid., n" 6096, 6150 et
3. Id. Ibid., n" 6173, 6249, 7399 et 7400. — Pii.ot de Thorey. Inventaire des sceaux des arctiives de l'Isère, n° 213. — Bibl. nat. ms. lat. 5417, p. 251.
TYPE HAGIOLOGIQUE 171
Puis les doyens, archidiacres, prieurs, etc. , sont debout sous des baldaquins g-othiques. Dès 1218 Gautier Boute, archidiacre de Douai, est sous un petit dais architectural, ornementation très rare à une époque aussi ancienne. Raymond deSaint-Véran, prieur de Saint-Médard (1294), est debout sous un baldaquin très orné supporté par des colonnettes, tenant un livre serré contre sa poitrine ; Bertrand, prieur de Cassan (1303), dans une pose semblable, tient un livre et une crosse'.
Il est rare que les membres du clergé ou les officiers capitulaires inférieurs, chantres, capiscols, trésoriers, simples chanoines, prêtres ou clercs, aient fait graver leur effigie sur leurs sceaux ; on y trouve plutôt l'image de quelque saint, un symbole pieux, des écussons armoriés, et surtout des types banaux ou de fantaisie, desquels il sera question dans un article suivant.
§ 2. — Type hagiologiqiie.
Le type hagiologique est celui où la place d'honneur est attribuée à un saint ou à une scène pieuse, la figure du sigillant, quand elle existe, étant reléguée au second plan. Dans sa forme la plus simple, il comporte seulement un buste, un saint en pied ou une scène, sans adjonction d'autres accessoires, et il est souvent cela, en effet, sur les sceaux des communes et des chapitres. Plus de quarante villes, plus de cent trente-cinq chapitres ont fait graver sur leur sceau l'effigie de leur patron ou une scène de sa légende. Les citoyens de
1. DouËT d'Aucq. Collection de sceaux, n" 9i92. — PiLf»T de Thorey. Inventaire des sceaux des archives de l Isère, n° 2j9.
Clermont-Ferrand, de Narbonne, de Nîmes, ont mis sur leur sceau la Vierge, leur patronne ; ceux de Metz, de Sarrebourg, de Toul, saint Etienne ; ceux de Pamiers, saint Antonin ; ceux de Saint-Omer, le saint qui a donné son nom à leur ville ; ceux de Marseille, saint Victor ; ceux de Tarascon, sainte Marthe : ceux de Gondom, de Dinant, saint Pierre, etc. Il est fort rare qu'un seigneur laïc ait adopté un type hagiologique, je dois citer cependant Guillaume Talevas, comte de Ponthieu, qui, en 1193, avait fait graver sur son sceau un personnage à mi-corps et nimbé, un saint évidemment^.
Les chapitres et les abbayes ont fait comme les communes et même avec beaucoup plus d'ensemble. La Vierge paraît sur les sceaux des chapitres d'Arras, de Bayeux, de Beaune, de Cambrai, de Chartres, de Clermont, de Corbeil, de Coutances, de Die. de Dôle, d'Embrun, d'Evreux, de Grenoble, de Laon, de Lyon, de Mantes, de Melun, de Mende, de Metz, de Montauban, de Nîmes, de Noyon, d'Orange, de Paris, de Poitiers, de Reims, de Riom, de Rodez, de Rouen, de Saint- Flour, de Senlis, de Soissons, de Valenciennes, etc. Puis viennent le plus souvent reproduits saint Etienne, saint Pierre, saint Martin, saint Maurice, saint Vincent, etc. Parmi ces effigies il en est de fort belles; beaucoup de scènes sont composées avec art et sans surcharge inutile. L'abbaye de Joyenval (1244) a fait figurer sur son sceau saint Quentin décapité par une main qui brandit une épée, tandis qu'une colombe vole au-dessus de lui ; dans le compartiment supérieur, saint Laurent,