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acquérir de 0",70 à 0",80 de diamètre, puisqu'il faut en retrancher Taubier, et, suivant les conditions de végétation, le pousser jusqu'à 180 ou 200 ans. Mais quand on aura à craindre la carie, il sera prudent de Tesploiter plus jeune, dès 120 ou 140 ans.

RègèDération. — Dans les montagnes élevées, il est souvent impossible de soumettre le pin sylvestre à un traitement régulier; mais en plaine, à une faible altitude et dans les parties abritées, il se prête bien à Tapplication du mode des éclaircies. La plus grande difficulté de son traitement vient de ce qu'il protège très-mal le sol, que celui-ci se tasse, se durcit, ou se couvre de genêts, de myrtilles et de bruyères, s'il est siliceux. Mais il est facile d'y remédier.

Lors donc qu'on veut régénérer le pin sylvestre, en raison de sa graine légère et de son tempérament robuste, il faut faire une coupe d'ensemencement espacée : les branches latérales des cimes des réserves seront à 3 ou 4 mètres les unes des autres. On choisira de préférence, pour les conserver, les pieds à tête bien développée; ils ont un enracinement proportionnel et résistent mieux à l'action des vents. Mais il faut en même temps mettre le sol en état de recevoir les graines. Pour cela, on arrachera les myrtilles et les bruyères

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partout où il s'en présentera; quand rinclinaison du terrain ne s'y opposera pas, on extraira les souches et, au besoin, on donnera une légère culture. Lorsque la surface sera nue, il suffira le plus souvent de passer un râteau en fer. En un mot, Fameublissement superficiel du sol est la condition essentielle pour réussir.

Quand on a un ou deux plants par mètre carré, on peut considérer le semis comme complet, et quand ils ont 3 ans, qu'ils se sont verticillés, le moment est venu de faire la coupe secondaire. On enlèvera alors environ la moitié des réserves; l'autre moitié' disparaîtra quand le fourré s'établira. La coupe secondaire n'est pas nécessitée ici par l'essence, dont le tempérament est très-robuste et dont le jeune plant ne craint ni la chaleur ni les gelées ; elle se justifie par le danger que présente toujours une trop grande accumulation de produits sur le parterre d'une coupe. Il pourra être intéressant, comme pour le chêne, et surtout pour remédier par l'âge à la trop grande quantité d'aubier, de laisser quelques réserves dans les endroits abrités lors de la coupe définitive.

Coupes d'amélioration. — Lorsque le pin sylvestre occupe des terrains siliceux et secs, il est rare qu'il y ait lieu de faire des nettoiements; on y trouve très -peu d'autres essences, et elles ont

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d'ailleurs une végétation moins rapide que lui. Le bouleau seul pourrait lutter de vitesse et il est rarement dangereux.

En raison du besoin de lumière qui ne permet pas au pin sylvestre d'entrelacer ses branches, les éclaircies périodiques pourront se faire plus tôt que dans les autres essences ; mais elles devront être modérées au début, sauf à les répéter plus fréquemment. On les fera donc dès Tétat degaulis, et cette opération sera d'autant plus vite nécessaire que le semis se sera produit plus serré. Lorsque le peuplement deviendra bas perchis, on desserrera davantage le massif, et on fera l'éclaircie forte quand la hauteur de fût sera à peu près atteinte. Quoique appartenant au groupe des, résineu^ dont la qualité du bois gagne à une croissance lente, le pin réclame ces éclaircies fortes qui, seules, lui assureront une cime ample et qui permettront ainsi à ses tissus de mieux se lignifier. Il va de soi que, dans toutes les éclaircies, on s'attachera à faire disparaître de préférence les pins déformés par une cause quelconque et ceux chez lesquels on remarquera, à la partie supérieure du fût, des taches noires, indice d'une accumulation maladive de résine dans les tissus et d'une mort prochaine. Les pins vigoureux se distinguent par une écorce fine d'un roux vif, qui s'exfolie facilement et qui descend assez bas.

ObserYations. — Depuis environ quarante ans, beaucoup de forestiers ont abandonné la régénération naturelle pour procéder à des repeuplements . artificiels de pin sylvestre. On a dit que les semis se produisaient mal et ne se formaient à Tétat complet qu'au bout d'un temps très-long. C'est là le résultat d'observations insuffisantes. En effet, l'ancienne exploitation des futaies par coupes blanches, de proche en proche, avec de rares réserves, a néanmoins donné naissance à des peuplements très-complets; mais, en Alsace du moins, on avait soin de cultiver le terrain. Depuis qu'on a voulu faire application du mode des éclaircies, on a discontinué cette préparation du terrain et les semis se sont mal produits. On ne les retrouve satisfaisants que dans les coupes où, depuis quelques années, on a recommencé à travailler le sol. De plus, par suite d'une exagération de la méthode, on prétendait avoir des semis de pin trèsnombreux, ce qu'on n'obtient que par exception, et ce qui d'ailleurs n'est pas à désirer, comme on le verra plus loin.

Sans nier aucunement la facilité des repeuplements artificiels pour le pin sylvestre, il est aisé de démontrer la supériorité des semis naturels. Au point de vue de l'économie, c'est incontestable; au point de vue cultural, ce n'est pas moins vrai. Dans l'ignorance de la qualité de la

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g:raiiie et dans rincertitade de U quimtitt^ d<^ plants qui réufisiront, on sème toujours trop dru et les semis sont généralement nombreux* Ils ont tous pris naissance la même année et sont à la même hauteur, se serrant les uns contre les antres dès le début et réduits, le plus souvent, à leur pousse terminale avec un ou deux verti* cilles au plus.

Dans ces conditions, ils n'ont pas de vigueur et sont souvent victimes de la défoliation, maladie qui apparaît vers Page de 3 à 6 ans. Quand ils y échappent, ils sont plus facilement attaqués par le pissode et les autres insectes, dont les ravages s'exercent sur de grandes étendues. Lorsque, à travers ces nombreux dangers, ils sont parvenus à Tétat de gaulis, on n'y trouve que des pieds à cime étriquée, à enracinement grêle, et l'exécution des éclaircies y devient presque impossible. Si on les fait'trop prudentes, les pins continuent à s'étioler et restent sans avenir ; si on veut les faire plus fortes, les tiges sont déracinées sous la moindre pression.

n n'y aurait à cela qu'un seul remède : ce serait de desserrer les pins dès l'étal de fourré; mais il suffit de réfléchir & une opération de c^^tte nature, entièrement onéreuse, & faire §ur unt$ grande échelle, pour se convaincre de mn uné. Cest ainsi qa^on a vu htn plus Wux

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imis artificiele péricliter dès l'âge de 30 ans et 'avoir aucun avenir.

Les semis naturels, au contraire, moins nomreux au début, se complètent généralement en lasieurs' foie. Les plants, inégaux de taille, ne ! gênent pas entre eux; les plus élevés forment ne cime vigoureuse et résistent mieux à la défoation et aux attaques des insectes. Quand ils se instituent à l'état de fourré et de gaulis, les tiges 'avenir se dessinent nettement ; les plus petits ijets servent de remplissage et aident à la dénuation des fûts sans danger pour l'avenir; enfin, sn-aeulement les éclaircies s'exécutent avec plu s E certitude, mais on peut ne les commencer que aand l'opération cesse d'être onéreuse.

On comprend maintenant pourquoi il n'est pas êcesaaire d'avoir un semis très-complet dès le rincipe.

En raison de la légèreté des graines et du tem- Èrament très-robuste du jeune plant, on peut ncore obtenir la régénération naturelle en opéint par coupes à blanc étoc, longues et étroites, irigées à l'encontre des vents dominants, et en iltivant le terrain d'une manière quelconque, le seul danger à redouter serait dans l'intermit- •.ace des années de semence.

— On a jusqu'ici supposé le pin k l'état pur.

Dans cette hypothèse, il est évident qu'à partir d'une quarantaine d'années, quand les pins n'auront plus qu'un couvert très-léger, le sol va de nouveau se détériorer, et qu'on arrivera à la prochaine régénération dans les conditions mauvaises qu'on a reconnues. On peut le plus souvent éviter cet inconvénient en favorisant l'introduction d'essences spontanées, en la provoquant même, et on reconnaît que cette pratique rend meilleure la végétation des pins eux-mêmes.

Les essences que l'on rencontre naturellement associées au pin sylvestre, soit en mélange, soit à l'état de sous-bois, sont, suivant les climats, le chêne, le hêtre, le charme et le sapin. Les plus importantes, pour l'amélioration du sol, sont le hêtre et le sapin dans les terrains siliceux. Dans les conditions d'un sous- étage complet, les pins, disséminés dans le peuplement comme les chênes dans les futaies feuillues, ont constamment un sol frais sans être humide ; leurs cimes dépassent celles des essences auxiliaires et deviennent amples; les feuilles sont nombreuses et le bois est bien nourri. On remarque également que les insectes sont moins à redouter que dans les peuplements de pin pur.

Quand le pin est absolument pur, c'est sous les peuplements de 40 à 50 ans qu'il convient de commencer l'intcoduction du hêtre ou du sapin,

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suivant les conditions locales; mais il faut le faire dans une mesure qui ne dépasse pas le but à atteindre.

Le. pin sylvestre est une essence envahissante et, notamment dans la forêt de Haguenau, il s'est substitué aux bois feuillus à Taide des anciennes exploitations à blanc étoc. Dans ces sols, trop riches pour lui, sa régénération est rendue plus difficile par suite d'une végétation herbacée abondante. Il y a lieu d'y favoriser et d'y ramener progressivement le chêne. Il y donne, en eflFet, des produits de première qualité, tandis que le pin, qui est là à la limite extrême de sa station en plaine, ne fournit que des bois de qualité médiocre.

— Jusqu'à présent, on n'a eu que rarement l'occasion de régénérer le pin sylvestre mélangé à d'autres essences. On a conduit la régénération (et avec raison, paraît-il, puisque le succès y a répondu) comme s'il s'agissait uniquement des essences auxiliaires. Seulement, on n'a pas attendu que le semis fût aussi complet pour commencer les coupes secondaires, et le pin est alors venu occuper les places restées vides.

X — Traitement des autres essences résineuses.

L'épicéa, le mélèze, le pin cembro, le pin de montagne ou à crochets, le pin laricio, le pin

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d'Alep et le pin marîtime couvrent en France des étendues considérables, soit seuls, soit en mélange. Mais parmi eux, Tépicéa, le mélèze, le pin cembro et le pin de montagne occupent presque toujours des situations trop élevées pour qu'il soit possible de leur appliquer le mode des éclaircies. On doit, le plus souvent, employer le jardinage dont il sera question dans le chapitre suivant.

Le pin laricio est surtout répandu en Corse, où, jusqu'à présent, on ne Ta exploité que partiellement et sans règles précises. Mais ce qu'on en sait fait croire qu'il faudrait se rapprocher pour lui du traitement du piti sylvestre.

Le pin d'Âlep et surtout le pin maritime sont souvent cultivés dans un but industriel pour la résine qu'ils fournissent. Leur exploitation est, dès lors, soumise à des règles particulières qui sont consignées dans des traités spéciaux.

Quant au pin noir d'Autriche, il n'est pas spontané en France, et son introduction y est trop récente pour pouvoir établir des règles à son égard.

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