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VIII. — Traitement du sapin mélangé au hêtre

On trouve le hêtre spontanément associé au sapin et, quand on étudie ce mélange, on y reconnaît des avantages précieux qui doivent le faire rétablir là où il a disparu.

Les deux essences se plaisent dans les mêmes sols; leurs stations se confondent dans une certaine zone, quoique le hêtre descende dans la plaine, et qu'en montagne ce soit tantôt l'un,

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tantôt l'autre qui e'élève davantage. Tous deux ont le tempérament délicat, réclament les mêmeB soins pour le traitement, et supportent longtemps le couvert sans perdre de leur vitalité ; lear longévité diffère peu et ils atteignent h peu près eo même temps leur maximum d'utilité. Les produits qu'on retire du sapin et du hêtre en mélange satisfont à un plus grand nombre d'emplois que chacun d'eux séparément : le sapin donne de trèsbons bois de service et de travail; le hêtre fournit d'excellents bois de travail et de chauSage.

Seulement, dans les forêts traitées par le mode des éclaircies, où la régénération est cherchée régulièrement de proche en proche, sur d'assez grandes étendues, il faut veiller à ce que le hêtre n'envahisse pas sur le sapin. En effet, pendant les premières années, le hêtre gagne assez vite en hauteur, tandis que le sapin ne commence à s'élancer que vers 12 à 15 ans. Plus tard, quand les deux essences marchent sensiblement du même pas, le mélange reprend ses avantages; car les branches latérales des hêtres se développant vigoureusement à tout âge, viennent occuper les espaces laissés libres par les accidents ou les éclaircies, et le peuplement est toujours plus plein qu'avec le sapin pur.

RéTolalien. — Il convient de se guider sur le

sapin pour fixer la durée de la révolution. C'est lui, en effet, qui fournit le plus de sciages, et c'est ce genre de débit qui demande les plus grandes dimensions si on veut éviter le déchet.

Coupes de régénération. — Les deux essences réclament la coupe d'ensemencement sombre. Quand le peuplement le permet, il est sage de laisser plus de sapins que de hêtres dans la réserve ; mais il arrive fréquemment, .malgré les précautions prises, que le semis de hêtre préexiste sur le sol, ou se forme et persiste avant celui du sapin. Pour y remédier, il est bon, lors de la coupe secondaire qui devra toujours se faire en plusieurs fois, de recéper les hêtres sous le couvert de la réserve, ou encore d'attendre à l'état de coupe d'ensemencement que le semis do hêtre s'arrête en hauteur et soit rejoint par le sapin; car, à l'inverse du hêtre, le sapin gagne toujours, quoique lentement, sous le couvert.

Coopes d'amélioration. — Quand le moment sera venu de faire la coupe définitive, si les hêtres dominent encore les sapins, il faudra dégager un nombre suffisant de ces derniers bien répartis, non pa« en recépant les hêtres par le pied, mais en les rabattant à la hauteur du dernier verticille des sapins. Cette opération suffira généralement pour maintenir le mélange à une même

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hauteur. En même temps, on fera porter le nettoiement sur les érables et les sureaux, si cela est nécessaire.

Les éclaircies se feront dans le mélange sapin et hêtre, comme dans le hêtre pur. Elles auront pour but d'améliorer la végétation du massif et de bien proportionner les essences. Mais il ne sera plus aussi urgent de conserver les sapins dominés : les vides se combleront assez vite avec le hêtre. Néanmoins, la conservation des tiges dominées et non mortes en cime ne peut jamais nuire au développement des cimes plus élevées, et le sol n'en sera que mieux couvert.

IX^ — Traitement du pin sylvestre.

Station. — Le pin sylvestre se trouve sur tous les points de l'Europe, en plaine comme en montagne, mais recherchant toujours les climats froids et ne donnant que du bois de médiocre qualité sous les climats tempérés. En France, il cesse d'être spontané en plaine à la hauteur de Strasbourg; plus au midi, il est très-répandu dans la haute montagne, notamment dans les Âipes et les Pyrénées; mais c'est artificiellement et pour refaire des sols dégradés qu'il a été introduit dans les plaines et les basses montagnes.

Conditions spéciales de ?égétation. — Le pin sylvestre est une essence très-rustique, végétant encore dans les sols les plus ingrats et ne redoutant que les terrains trop argileux ou tourbeux. C'est même dans les terrains siliceux et secs qu'il prend le plus de qualité; les terrains fortement calcaires lui sont moins favorables; il paraît devoir y être utilement remplacé par le pin noir d'Autriche^ au moins comme essence transitoire.

Le pin sylvestre a la graine légère et le tempérament très-robuste ; son couvert, assez épais dans la jeunesse, devient très-léger dès Tâge de 30 à 40 ans. Il a un très-grand besoin de lumière; aussi ne lui voit-on jamais entre-croiser ses branches, et dans les peuplements un peu serrés sa cime se rétrécit beaucoup, Tarbre s'étiole rapidement et meifrt.

La végétation du pin sylvestre est assez rapide et même très-rapide dans sa jeunesse en France, à peu près quels que soient le sol et le climat ; vers l'âge de 60 ans, les couches annuelles diminuent beaucoup d'épaisseur et la croissance devient lente. Sa longévité est de plusieurs siècles dans sa station naturelle, et il arrive à donner des arbres élevés, mais dont le diamètre dépasse rarement un mètre. Sous les climats tempérés et dans les sols trop frais, les pins se carient au cœur dès

Tâge de 120 à 140 ans, surtout s'ils ont cru en massif uniforme.

Emplois. — Le pin sylvestre de bonne qualité, renfermant une notable quantité de résine concrète, est un excellent bois pour les constructions civiles et navales. La marine de l'Etat le recherche pour les mâtures, ma,is il faut alors qu'il ait crû régulièrement et lentement, ce qui lui assure une grande élasticité. En France, sa croissance est trop inégale et sa forme généralement trop défectueuse pour cet emploi ; aussi ne sert-il que comme bois de charpente. Il résiste longtemps dans la construction des ponts. Pour ces divers usages, il est nécessaire de le purger de son aubier qui est souvent très-considérable. On a essayé de s'en servir pour les traverses de chemin de fer; mais son aubier doit être injecté, et on lui reproche de s'écraser facilement sous la charge. La batellerie du Rhin le fait débiter en longs madriers pour bordages dans lesquels on conserve l'aubier, malgré sa mauvaise qualité. On en fait aussi des sciages ordinaires. Enfin, comme bois de chauffage, c'est un des résineux les plus estimés, et il est recherché par les boulangers, les tuiliers, les potiers, etc.

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