FUTAIE A TIRE ET AIRE
longé. Toutefois, sous les climats et dans les sols favorables au hêtre, cette essence s'emparait souvent du terrain au détriment du chêne; celui-ci avait en outre à lutter contre les bois blancs si nombreux et si vigoureux dans les régions tem- j
pérées et dans les sols frais ou humides. Il dispa- j
raissait donc pour faire place aux essences auxi- \
liaires ou inférieures, puisqu'on ne faisait pas j
de nettoiements, et, s'il en persistait quelques ., pieds, Fabsence des éclaircies ne leur permettait pas de développer leur cime ni d'atteindre les dimensions les plus utiles.
Même sous les climats doux, où les bois blancs sont rares, où le hêtre et le charme se plaisent moins que lui, le chêne, tout en restant maître du terrain, ne donnait que des bois tendres convenant très-bien à la fente et au sciage, mais impropres aux grandes constructions.
Il suffit d'exposer ces faits pour montrer que le mode à tire et aire était un procédé défectueux, et devait nécessairement conduire à des peuplements irréguliers. L'application en a souvent encore augmenté les défauts. C'est ainsi que, ne s'expliquant pas la disparition du chêne, des commissaires réformateurs l'avait attribuée à une révolution trop longue. Ils ont alors prescrit de la réduire à soixante ou soixante- dix ans, dans l'espoir de voir des rejets de souche compléter
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! 114 ÉLÉMENTS DE SYLVICULTCRE.
les semis naturels. C'est ainsi de plus que les exploitations ont souvent été concentrées le long des routes, dans les endroits où les bois étaient d'une vente facile. On laissait le reste inexploité, et comme la surface de la coupe annuelle était toujours calculée d'après Tétendue totale divisée par la révolution, les peuplements étaient coupés
. avant l'âge fixé pour Texploitabilité, etc.
i On peut également reprocher au mode à tire et
aire de ne tenir aucun compte des exigences des
* différentes essences ni de leurs emplois. -Une
même forêt était soumise à une même révolution, et était exploitée de proche en proche, de telle sorte que toutes les essences étaient coupées au même âge, souvent au détriment de la qualité et de Tutilité des produits. Le mode à tire et aire n'admettant pas les éclaircies donnait aussi des produits moindres en quantité.
Enfin, quelque précises que fussent les prescriptions de l'ordonnance de 1669, les agents n'en tenaient pas toujours compte. Suivant leurs ca- . priées, la réserve était plus ou moins nombreuse, et s'il n'en résultait pas d'inconvénients quand ces réserves étaient des chênes, on n'en pouvait pas dire autant lorsqu'il s'agissait des essences à couvert épais.
Je ne saurais certainement voir une causa
' d'irrégularité dans la seule présence de côs ré-