‹ Manuel de sylvicultureChapitre 26 sur 51 · FUTAIE ET TAILLIS · texte numérisé non relu

FUTAIE ET TAILLIS

Pour le chauffage, le taillis est préférable aux arbres de vieille futaie. Mais il y a à peu près égalité quand on compare le sous-bois des taillis aux produits des. éclaircies faites à l'âge moyen. D'ailleurs on a déjà vu que le bois de chauffage a diminué plutôt qu'augmenté d'importance.

— Puisque la futaie fournit à la fois plus de matière et une matière plus utile, il est évident que le revenu doit en être plus élevé que celui du taillis. Mais, pour l'obtenir, il faut accumuler un matériel considérable en superficie, et quand on compara le revenu au capital engagé, on voit que le taux de placement est faible. Cela veut dire que les propriétaires qui ne considèrent pas leurs forêts comme un placement pécuniaire, ont seuls intérêt à établir une futaie ou à garder celles qu'ils possèdent.

-^ Enfin, la futaie, par son couvert constant et complet, assure l'amélioration du sol, par suite ramélioration de la production, à un degré supérieur à celui que peut atteindi*e le taillis. Il y a encore une autre raison qui explique l'infériorité des taillis pour le maintien du sol en bon état: on sait que ce sont les jeunes bois et les couches les plus récentes des vieux arbres qui renferment le plus de cendres. Les exploitations répétées du sousbois appauvrissent donc plus le terrain que les régénérations à longues échéances des futaies.

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— A ces différents points de vue, il est évident que le particulier n'a aucun intérêt à convertir un taillis en futaie. Il serait au contraire avantageux pour lui de réaliser le matériel de sa futaie et d'en faire un taillis. S'il possède une forêt résineuse, impropre au régime du taillis, il est toujours conduit à en restreindre le plus possible le matériel superficiel et, par conséquent, à adopter de courtes révolutions.

L'État, au contraire, a tout avantage à conserver ses futaies et même à convertir ses taillis en futaie. C'est souvent un devoir en présenpe de la consommation croissante des bois d'œuvre et de la diminution de la surface boisée qu'il possède. La question pour lui se réduit à garder une mesure convenable, et à consulter l'opportunité de l'opération. Il ne faudrait cependant pas prétendre, à priori, convertir tous les taillis de l'État en futaie, n ne faut pas oublier en effet que, s'il faut beaucoup plus de bois de travail, on ne saurait se passer de bois de service ; le^ constructions navales, notamment, réclament toujours des bois nerveux que les arbres croissant à l'état isolé peuvent seuls fournir. Dès lors un certain nombre de forêts de l'État devront continuer à être traitées en taillis, et ce sont celles qui reposent sur les meilleurs terrains.

Quant aux communes, tout en reconnaissant

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