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génération. Les réserves étant seules en état de la produire actuellement, c'est dire qu'on ne peut entreprendre la régénération immédiate que si la réserve est très-nombreuse et couvre au moins les deux tiers de la surface.

2^ L'expérience a nettement établi qu'il est matériellement impossible de mener à bien des semis mélangés à de nombreux rejets de souche, quand on opère sur de grandes surfaces. C'est la plus grande difficulté des conversions. Le seul moyen de la tourner consiste à ne commencer la régénération que lorsque le sous-bois est assez âgé pour ne plus rejeter abondamment de souches (50 ans au minimum). La réunion de ces deux premières conditions est de toute nécessité.

3° Les sous-bois des taillis assis sur souches et, parfois, composés d'essences inférieures, sont exposés à dépérir de bonne heure ; on n'a souvent aucun intérêt à les laisser vieillir au delà de l'âge auquel ils perdent la faculté de rejeter.

4^ Cette dernière considération et la nécessité de ne pas priver, le propriétaire de la prçsque totalité de ses revenus conduisent à préparer la conversion successivement, et à continuer provisoirement l'exploitation en taillis sur les portions de la forêt qui seront converties les dernières.

5** Si on a à convertir en futaie un taillis simple, il vaut mieux commencer par en faire un

EXEMPLE d'une CONVERSION. 211

taillis compoBé, en augmentant la durée de la révolution.

6" De même, quand on veut convertir en futaie un taillis pauvre en réserves, il est plus avantageux de continuer provisoirement l'ancien régime en faisant de bons balivages.

Cela posé, on peut admettre Thypothèse d'un taillis aménagé jusqu'ici à trente-cinq ans, et qu'on se propose de convertir en futaie.

Il faut, avant tout, déterminer la durée de la révolution normale de futaie, la partager en périodes et établir, dans la série, autant d'affectations correspondantes. Cela a pour but de rechercher quelle sera la portion à régénérer la première et d'en faire ce qu'on appelle la première affectation. Soit la révolution de 180 ans partagée en cinq périodes de 36 ans chacune.

Si la première affectation renferme une réserve non^reuse et si, en même temps, le sous-bois est suffisamment âgé, on pourra la régénérer immédiatement pendant la première période. Pendant ce même temps, on laissera vieillir l'affectation destinée à être régénérée en deuxième période, en y effectuant des coupes d'amélioration, nettoiements et éclaircies, qu'on désigne ordinairement sous le nom de coupes préparatoires à la régénération. On exploitera le reste de la série

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en coupes de taillis sous futaie par 1/36 de surface. — Pendant la deuxième période, on fera, dans la première affectation, des coupes de nettoiement et des premières éciaircies ; on régénérera la deuxième affectation; la troisième sera préparée à la régénération, et on continuera le taillis dans les deux dernières, et ainsi de suite. De cette façon, la conversion sera terminée, et la futaie régulièrement établie, à la fin de la révolution de cent quatre-vingts ans.

Si, au contraire, la première affectation ne renferme pas suffisamment de réserves, ou si le sousbois est encore assez jeune pour rejeter abondamment, il faut y suppléer en laissant le sous-bois arriver à Tâge de fertilité. Pour cela, on passe par ane période d'attente généralement égale à une période de la révolution de futaie. Pendant ce temps on fait, dans ce qui sera la première affectation, des coupes préparatoires à la régénération et, dans le surplus de la série, des coupes de taillis sous futaie. A l'expiration de cette période, on entre dans la première période de la révolution de futaie, et on opère comme ci-dessus. De la sorte, la futaie régulière sera constituée au bout de la révolution de futaie, plus la durée de la période d'attente.

On trouve de grands avantages à procéder ainsi ou de toute autre manière analogue : 1"^ Tense-

CONVERSION.^OPÉRATIOKS CULTURALES. 213

mencement se fait par la voie naturelle ; 2^ on annihile autant que possible les rejets de souche ; 3® on n'est pas exposé à maintenir trop longtemps * sur pied des peuplements sans avenir ; 4^ on conserve pendant tout le temps de la conversion un revenu assez important et qui tend toujours à augmenter; 5^ la futaie régulière est établie dans le moindre temps possible ; 6° enfin, on peut profiter des exploitations en taillis pour améliorer la composition des peuplements à laide de quelques repeuplements artificiels.

En résumé, on voit que les opérations culturales des conversions consistent en coupes de régénération (conversion), en coupes d'amélioration (préparatoires à la régénération) et en coupes temporaires de taillis.

Coupes de régénération (conTersion). — On a déjà vu, dans le traitement des futaies à chêne, que la coupe d'ensemçncement doit être sombre. Au cas particulier, elle doit même être très-sombre pour apporter un obstacle de plus à la production, probable des rejets. Ce sont les réserves qui fourniront les meilleures et les- plus nombreuses semences ; il est donc important de les conserver toutes, à moins qu'elles ne soient tout à fait dépérissantes. Elles suffiront rarement à constituer l'état très-sombre, et il sera nécessaire de leur

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adjoindre, dans ce but, un certain nombre des plus belles perches du sous-bois. — L'état isolé * dans lequel ont crû les réserves leur a permis de développer largement leurs cimes, mais elles n'ont pris qu'une médiocre hauteur de fût. C'est pourquoi on sera souvent conduit à faire des élagages de branches basses. Ils porteront principalement sur les réserves hêtre et charme. £n raison de ce que ces. essences doivent disparaître au 'plus tard au moment de la coupe définitive, il n'est pas nécessaire d'y procéder avec autant de soin. Mais il n'en est pas ainsi à l'égard des chênes. Ceux qui sont arrivés à maturité pourront être élagués sui* vaut les règles établies plus haut; quant aux autres, on ne devra leur couper aucune branche vive. — Il est bien entendu qu'on fera aussi disparaître la végétation basse qui peut recouvrir le sol et qui s'oppose à l'installation des semis.

La coupe secondaire doit être établie avec prudence et se fera généralement au moins en deux fois. Elle portera tantôt sur les anciennes réserves du taillis, tantôt sur les perches conservées du sous-bois. Cela dépendra du tort plus ou moins grand que la présence des unes ou des autres peut causer aux semis. Ainsi, quoique plus bas, le couvert des perches poun*a être moins nuisible que celui plus élevé fourni par les cimes

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larges et épaisses des vieux hêtres. Au contraire, le couvert d'un vieux chêne est souvent moins nuisible que le couvert peu étendu mais plus rapproché des perches de hêtre ou de charme.

C'est une opération qui demande beaucoup d'attention et de savoir-faire. Il faut encore prendre garde aux rejets que pourraient fournir les perches, si on en favorisait la production par l'accès d'une trop grande lumière. — Malgré l'état trèssombre de la coupe d'ensemencement, il a pu se développer un certain nombre de rejets ; on les recépera quand il se présentera une année de semence et, au plus tard, en faisant la coupe secondaire..

La coupe définitive se fera comme dans les futaies, c'est-à-dire quand les semis formeront fourré et n'auront plus rien à redouter des circonstances atmosphériques. Mais ici, plus encore I que dans les futaies existantes, il y aura lieu de

f faire la réserve des chênes d'avenir. U se trouve,

en effet, dans la réserve, des modernes et de ) jeunes anciens qui sont loin d'être arrivés à ma*

1 turité, qui ne devaient être exploités que dans les

coupes successives de taillis et dont la réalisation * actuelle serait du reste peu utile. On ne doit pas

\ 8'inquiéter de leur nombre, car on ne maintien-

dra que ceux qui ont de l'avenir, et ils seront

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bien rarement très-nombreux. De plus, tous ne résisteront pas, et les semis auront peu à en souffrir dans leur ensemble.

Mais il est un autre point sur lequel il est bon d'appeler l'attention. Ces chênes, qui ont crû à Tétat isolé et que, en prévision de leur maintien, on n'a pas dû élaguer lors de la coupe d'ensemencement, auront des fûts de six, huit ou dix mètres au plus. Quand le jeune peuplement aura rejoint leur» cimes et qu'ils seront renfermés dans le massif, leurs branches basses mourront et on pourrait craindre de n'en retirer que des bois viciés. Mais si on veut y réfléchir, on voit que ce danger est plus imaginaire que réel. D'abord, pour ce qui est des anciens, ils seront généralement bons à couper quand le fait se présentera, car il se sera déjà écoulé un assez bon nombre d'années. Et quant aux modernes, il ne faut pas oublier que, s'ils sont dans une affectation qui aura passé par des coupes préparatoires à la régénération, ils auront vécu à l'état de massif pendant soixante ou soixante-dix ans. Au moment où on les isolera, ils auront donc un fût très-suffisant pour n'avoir pas à redouter l'emprisonnement. La question se pose seulement dans le cas où on commencerait tout de suite la régénération de la première affectation et elle ne se présentera plus dans la suite. Ce sera aux agents d'exécution à

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apprécier Tavenir de ces modernes, en se rappelant que s'ils peuvent encore rester sur pied seulement pendant une période, ils seront, dans tous les cas, beaucoup plus utiles que maintenant.

Au fur et à mesure que les jeunes peuplements sont découverts par les coupes définitives, il n'y a plus qu'à leur appliquer les coupes d'amélioration indiquées pour les futaies. Seulement il faut encore plus d'attention dans les nettoiements pour combattre les rejets de souche.

Coupes préparatoires à la rëgënèratioii. — On entreprend ces coupes dans l'affectation à régénérer pendant la période suivante. Elles ont pour but de favoriser les brins d'essences précieuses qui peuvent exister dans le sous-bois, et les perches qui sont en état de concourir à la régénération ou qui devront aider à faire la coupe sombre. A moins qu'elles ne soient tout à fait dépérissantes, les anciennes réserves du taillis seront conservées lors de l'exécution des coupes préparatoires. On pourra seulement, par quelques élagages, contribuer au but cherché.

Ce sont, en réalité, des coupes d'amélioration, tantôt des nettoiements, tantôt des éclaircies, selon l'âge et la composition des peuplements. Mais quand elles prennent la forme d'éclaircies, elles doivent être soumises aux règles des éclair-

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cies à faire dans un peaplement composé de plusieurs essences. C'est-à-dire qu'elles pourront porter aussi bien sur les perches dominantes que sur les perches dominées, selon qu'on aura intérêt à conserver telle ou telle essence. Ces coupes présentent donc une certaine difficulté d'exécution et, sans cependant interrompre le peuplement, il ne faudra pas craindre quelquefois de dégager fortement la cime des chênes. Si on peut espérer les conserver lors des coupes définitives, ce sera une avance considérable.

Pour retirer des coupes préparatoires tout Teffet utile, il faut évidemment les faire revenir périodiquement comme les éclaircies. En raison de rage des peuplements sur lesquels on opère, une périodicité de dix à douze ans paraît trèsconvenable.* On sera ainsi dans de meilleures couditions pour discerner ce qui gêne de ce qui est encore utile, et on évitera les dangers d'une opération trop timide ou trop radicale. Cela permettra aussi de décider plus sûrement du maintien des réserves.

CoDpes de taillis. — On continue à faire des coupes de taillis dans les affectations qui ont encore plus d'une période à attendre leur tour de régénération. Dans ces coupes, on doit s'attacher à constituer une réserve nombreuse et formée des

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sujets les plus propres à ensemencer. le sol pour Tépoque voulue. On cherche, par conséquent, à avoir un grand nombre de baliveaux de Tâge et de modernes dans les affectations qui seront atteintes les dernières. Mais ce n'est pas une raison pour y exploiter les anciens avant leur maturité. Ce serait d'abord une perte au point de vue de l'utilité des produits ; ensuite, il ne faut pas cfu* blier qu'il y aura très-probablement plusieurs exploitations successives en taillis avant l'époque de la régénération, et qu'il est sage de distribuer les produits entre les différentes exploitations, L pour éviter de trop grands écarts dans le rapport soutenu. Enfin, si on a fait une réserve nombreuse en jeunes sujets, le maintien provisoire I d'un certain nombre d'anciens ne peut présenter I aucun inconvénient : quand ils seront exploitables, leur extraction ne compromettra pas la ' régénération. Il est bien entendu que l'intérêt de la conservation de ces anciens est surtout envi* sage pour l'essence chêne. Il est plus avantageux d'avoir des baliveaux ou des modernes que des anciens hêtres dans cescoupes temporaires de taillis. On peut donc dire que, lors du balivage, tout en conservant le plus possible de baliveaux de Tâge et des modernes, on devra d'autant plus réserver des anciens chênes que la régénération est plus prochaine, les chênes dussent^ils entrer

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en retour pour ce moment; que, dans les dernières affectations, avec une nombreuse réserve jeune, on ne devra garder parmi les anciens que ceux qui ne sont pas réellement exploitables.

Il faudra avoir grand soin, dans ces coupes de taillis, de procéder aux différents travaux d'entretien, notamment à la conduite des baliveaux de l'âge pour augmenter leur hauteur de fût, et à l'émondage des chênes de toutes catégories. Il faudra également en profiter pour faire, s'il est nécessaire, quelques plantations de chênes, soit qu'on puisse les utiliser plus tard dans le balivage, soit qu'on les considère comme partie intégrante de la régénération future, selon le temps plus ou moins long qui doit encore s'écouler jusque-là.

Dans les portions de forêt qui seront ainsi soumises encore à des exploitations en taillis, il va de soi que les nettoiements et les éclaircies ne sauraient être négligés. Ces opérations acquièrent, au contraire, une plus grande importance. C'est par elles qu'on peut, pour beaucoup, assurer le succès de la conversion. Se rappelant que le chêne pur ne saurait être avantageusement cultivé en futaie, on en profitera pour dégager en même temps les brins de semence des essences auxiliaires. De cette façon on arrivera à assurer le mélange naturel des essences qui vivent spontanément avec le chêne.

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Possibilité des confersions. — L'analogie frappante des opérations culturales des conversions avec celles de la futaie et des taillis, suffit pour indiquer que la possibilité par volume doit être appliquée aux coupes de régénération par la semence, et la possibilité par contenance aux coupes préparatoires et aux coupes temporaires de taillis.

— En résumé, les différentes opérations culturales d'une conversion doivent toutes concourir à la faire aussi économiquement que possible. Conformément à ce qui a déjà été dit pour la futaie, on ne doit pas avoir pour objectif d'obtenir des peuplements entièrement uniformes, ni sacrifier à cette homogénéité des arbres dont le maintien ne peut causer de dommage réel et qui ont tout à gagner à rester sur pied. Une homogénéité parfaite est du reste viciouse. Quand il s'agit d'un massif, on est bien obligé de le remplacer lorsque la majorité des tiges a des dimensions suffisantes. Le^conduire au delà serait s'exposer à voir des arbres se gâter sur le pied. La durée de la révo» lution est donc déterminée de manière à éviter ce danger et à avoir des pièces des dimensions les plus généralement utiles. Mais elle n'est pas assez longue pour obtenir les dimensions réclamées par quelques emplois spéciaux. Il faut y faire face à l'aide de pieds choisis parmi les plus

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vigoureux et qu'on laisse vivre pendant une ou deux périodes en plus. C'est également pour recueillir la plus grande somme d'utilité qu'on laisse aussi les sujets qui, quoique de bonne végétation, n'ont pas encore le minimum de grosseur désirable et dont quelques-uns pourront, peut-être, aller jusqu'au bout de la nouvelle révolution.

Quand on l'entend ainsi, l'inégalité d'un peuplement est désirable à tous égards. On retire réellement de la forêt le maximum d'utilité, et la forêt est en même temps plus belle. On s'y attache davantage ; on crée de vrais monuments dus aux seules forces naturelles et qu'on n'est pas exposé à voir se multiplier d'une manière abusive. Il n'y a pas jusqu'aux forêts particulières où l'intérêt du propriétaire ne doive lui faire conserver quelques gros arbres. Qui n'a vu quelques gros bois suffire pour augmenter d'une manière très-sensible la valeur d'ensemble d'une coupe qui, sans eux, n'aurait pas trouvé d'amateurs ou se serait vendue à vil prix ? Sans tomber dans l'exagération, il ne faut donc pas craindre une certaine inégalité dans les peuplements qui, pour cela, n'en seront pas moins des peuplements réguliers.

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