RÈGLES D'ASSIETTE DES COUPES
Désigner remplacement d'une coupe, c'est en faire Tassiette. Or, il n'est pas indifférent de placer une coupe à un endroit plutôt qu'à un autre. De l'ordre suivi dans les coupes dépendent, dans une certaine mesure, le bon état et la bonne végétation des peuplements. Mais le point le plus important est d'assurer, contre l'action des vents, le maintien de toutes les réserves conservées à un titre quelconque. Aussi les règles d'assiette s'appliquent-elles à toutes les coupes, celle de futaie comme celles de taillis. On peut les formuler de la manière suivante : ^
I. Dans une même série d'exploitation, les coupes doivent être assises de proche en proche et recevoir la forme la plus régulière possible.
n. Les coupes doivent être disposées de telle sorte que les produits d'une coupe en exploitation ne soient pas obligés de passer à travers des coupes récemment exploitées.
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III. Les coupes doivent être assises de manière à toujours marcher à l'encoDtre des vents dangereux, généralement en France, en allant du nord-est vers le sud-ouest.
IV. En montagne, il faut commencer les exploitations par le bas.
V. En montagne, et partout où les vents sont très à craindre, on doit donner aux coupes une forme longue et étroite et les asseoir de telle sorte que leur longueur soit perpendiculaire à la direction des vents dangereux.
Ces cinq règles n'ont pas chacune la même importance : les deux premières sont d'une application géné^Ie; les trois dernières sont surtout applicables en pays accidentés. Elles ne peuvent pas non plus être toujours observées simultanément. Le forestier doit alors apprécier les conditions locales, et appliquer la règle qu'il juge la plus importante, tout en prenant les précautions TMiiues pour parer aux dangers qui peuvent résulter de l'inobservation des autres. En étudiant les motifs qui ont dicté ces règles, on jugera miens de leur utilité relative.
1° La première règle est la plus importante, non-seulement pnr le but qu'elle poursuit, mais
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encore parce qu'il est impossible d'appliquer les autres si elle n'est pas observée. Par elle-même, elle contribue d'abord à assurer la meilleure végé-, tation possible. En effet, il est avantageux que deux peuplements contigus aient à peu près la même hauteur : ils profitent ainsi de l'état de massif, et le plus petit ne souffre pas du voisinage du plus élevé. Si les coupes se suivent de proche en proche, elles s'étageront insensiblement sans jamais se gêner. Au contraire, quand elles sont établies sans aucun ordre, les jeunes bois sont comme emprisonnés au milieu de bois plus âgés et, sur tout le périmètre de la coupe, ils souffrent de l'action du couvert. Le dommage est d'autant plus grand que le périmètre est plus irrégulier et, par conséquent, plus long; car la largeur de la bande en souffrance reste la même. — Il est facile de comprendre que les dégâts provenant de l'exploitation voisine et portant sur la coupe exploitée seront d'autant moindres que les coupes se suivront et auront une forme régulière. — Enfin, ce sont les jeunes bois qui réclament le plus de surveillance, tant pour les soins à leur donner que pour empêcher les délits. Or, cette surveillance sera singulièrement facilitée s'ils sont groupés, c'est-à-dire si on a exploité de proche en proche. Malgré tout l'intérêt qu'il y a à observer la première règle d'assiette, l'état actuel de nos
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forêts ne permet généralement pas de l'appliquer rigoureusement, au moins dans les futaies. Il est • hien rare que les âges se suivent régulièrement ; si on voulait couper de proche en proche, on s'exposerait à exploiter des peuplements trop tôt ou trop tard, c'est-à-dire qu'on sacrifierait, sans compensation réelle, le présent ou l'avenir. Il est plus sage de tendre constamment à la régularité, mais sans s'imposer de trop grands sacrifices. Pourvu que les exploitations soient régulièrement assises sur des étendues sufiisantes, ^0 à 50 hectares par exemple, on évitera la plupart des inconvénients signalés, et on doit s'en contenter pour le moment. Plus tard, on fera un nouveau pas vers la régularité; mais, dans beaucoup de forêts, il ne faut pas y prétendre après une seule révolution.
2** Parmi les dangers que courent les jeunes bois, le phis dommageable est celui qui résulte de la vidange d'une coupe voisine au 'milieu d'eux. Outre les dégâts forcés qui proviennent de l'éta-blissement des chemins, les peuplements sont exposés à être abroutis tant qu'jls ne sont pasdéfensables. Si on songe que ces chemins^ établis sur le sol naturel, ne restent pas longtemps viables et qu'il faut en délivrer plusieurs; si, de plus, plusieurs coupes doivent déverser leurs produits