‹ Manuel de sylvicultureChapitre 39 sur 51 · FIXATION DES DUNES · texte numérisé non relu

FIXATION DES DUNES

marche constante engloutissait tout, et menaçait les habitations qui ont dû, plus d'une fois, reculer devant elles. C'est d'abord à Taide de clayonnages et de quelques plantes à fortes racines, telles que le gourbet, une euphorbe, une fétuque, qu'on réussit à arrêter momentanément les sables. Le pin maritime est venu les fixer et leur donner de la valeur. Le pin maritime est une essence admirablement appropriée aux conditions locales : il est spontané dans les climats doux, et sa racine pivotante présente de fortes racines latérales qui émettent sur toute leur longueur de nombreux pivots secondaires. A ces précieuses qualités il joint le grand avantage de donner des produits résineux abondants et recherchés. .

Depuis longtemps le pin maritime avait été employé dans les dunes : la vieille forêt de la Teste remonte en effet à plusieurs siècles. Mais ce n'était qu'à Tabri des dunes les plus rapprochées de la mer qu'on pouvait réussir. A la suite des travaux de Brémontier, qui les commença en 1787, on est arrivé à planter jusque sur le bord de rOcéan. Voici comment on procède actuellement.

Avant d'ensemencer il s'agit d'établir un cordon protecteur qui empêchera les sables d'enfouir les graines et les jeunes plants. Ce cordon n'est autre chose qu'une dune dont on provoque

la formation et qu'on appelle la dune littorale. On l'obtient en plantant une palissade parallèlement au rivage et à environ 100 mètres de la ligne baignée par la haute mer. On se sert à cet effet de planches ayant l^^^GOde longueur, 3 centimètres d'épaisseur et 12 & 15 centimètres de largeur ; on creuse dans le sable une rigole profonde de 40 centimètres et on enfonce de 20 centimètres les planches qu'on a taillées en forme de fiches par le bas. De cette façon, quand la rigole est comblée , les planches sont enfoncées de 60 centimètres et saillissent de 1 mètre. On les dispose non pas de manière à ce qu'elles se touchent, mais en laissant entre elles un vide de 2 centimètres.

Les sables sont arrêtés par la palissade et se déposent en talus à pente assez douce vers la mer. Les intervalles qu'on a ménagés en laissent passer une certaine quantité qui sert à donner de là base et, par conséquent, de la solidité à la dune. Lorsque la palissade est sur le point d'être recouverte, on relève les planches à l'aide d'une bascule à griffes et la dune continue à s'exhausser. Il ne faut cependant pas qu'elle s'élève trop vite parce qu'elle pourrait être renversée par un coup de mer.

Pour assurer encore mieux son pied, on établit en arrière de la palissade un cordon formé par

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