FIXATION DES DUNES
des piquets de 2"*,50, entre lesquels on entrelace des branchages flexibles. On enfonce les piquets de 50 centimètres et on ne fait d'abord le clayonnage que sur un mètre de hauteur; on l'élève ensuite au fur et à mesure que la dune monte, et quand la hauteur des piquets est atteinte, on refait un nouveau cordon. On ne peut, en eflFet, le relever comme la palissade.
On consolide enfin le tout par des plantations de gourbet qu'on dispose par touffes de 5 à 6 tiges, à 50 centimètres de distance entre elles. Le gourbet présente cet avantage que, au fur et à mesure qu'il s'ensable, les tiges s'élèvent et produisent des racines adventives qui forment un véritable lacis. On doit employer par hectare 300 bottes de gourbet de 10 kilog. chacune, plus 6 kilog. de graines de gourbet. On répand d'abord la semence à la volée ; le travail de la plantation et la marche des ouvriers servent à la recouvrir.
La palissade coûte de 2 fr. 50 c. à 3 fr. par mètre; elle dure en moyenne cinq ans lorsque les planches sont en aubier de pin non injecté. Son entretien et son relèvement coûtent environ 50 centimes par an. Les cordons reviennent à 30 centimes le mètre courant et doivent être renouvelés à peu près tous les ans.
Si la dune littorale est exposée & êtro défilée par les vents, on construit sur les talus d'éboulé-
304 ÉLÉMENTS D£ SYLVICULTURE.
ment d'autres palissades destinées à retenir les sables; on les établit suivant un certain angle avec la première. On peut voir maintenant une dune littorale bien entretenue, de plus de 200 kilomètres de longueur, depuis la barre de TAdour jusqu'à Tembouchure de la Gironde •
L'abri nécessaire contre les vents une fois obtenu, le moment est venu de procéder au reboisement. On le fait en répandant un mélange de graines de pin maritime, de genêt, d'ajonc et de gourbet. Par exemple, dans les travaux faits pour le compte de TÉtat, on prescrit d'empl(^er par hectare 10 kilog. de pin maritime, 9 kilog. de genêt et 4 kilog. de gourbet. On recouvre le tout à l'aide de fagots de broussailles, genêts ou ajoncs. Un ouvrier délie les bottes pendant que deux autres les étendent et qu'un dernier met une pelletée de terre de 50 en 50 centimètres pour maintenir la couverture. Cette couverture est de toute nécessité pour empêcher les graines d'être emportées et surtout pour maintenir les sables en place. Pour cet usage, les ajoncs valent mieux que les genêts, parce qu'ils donnent un meilleur engrais en se décomposant.
Le répandage de la semence et la mise en place de la couverture doivent se faire simultanément^ Chaque jour, à la fermeture du chan-