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CHAPITRE PREMIER

Mode de» éclaircies.

Obseryation des faits snr lesquels il repose. —

1° Pour qu'une graine germe, il faut la présence de l'air avec un certain degré de chaleur et d'humidité. Ces trois éléments, agissant simultanément, sont nécessaires et suffisants. La lumière

est utile, maïs non nécessaire, et lorsque la chaleur qui raccompagne est trop forte, elle peut amener le dessèchement et empêcher la germination.

Le sol n'est pas non plus nécessaire à la germination, mais il la favorise, parce qu'il distribue aux graines, dans une proportion convenable, les éléments dont elles ont besoin. Pour cela il faut qu'il soit suffisamment meuble; il faut de plus qu'il Boit substantiel pour nourrir les plantes aussitôt aprèg la germination.

Tant que le sol n'est pas bien couvert, que les racines sont petîtes'et restent dans la partie de la terre végétale qui peut se dessécher, les jeunes plants ont besoin d/abri contre la chaleur. Plus / tard, l'insolation complète devient nécessaire à une bonne végétation, et elle doit être amenée progressivement.

Si l'on joint à ces faits d'observation la nécessité d'obtenir un repeuplement complet, on en déduit les conditions suivantes, relatives à la régénération naturelle et à la végétation des premières années :

Un sol meuble et substantiel;

Un ensemencement complet;

Un premier abri aux jeunes plants;

Une participation progressive aux influences atmosphériques.

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2° Ao fur et à mesure qne les végétaux grandissent, ils exigent plas d'espace dans l'atmosphère pour leurs cimes et dans le sol pour leurs racines. Il est donc nécessaire qu'un certain nombre d'entre eux disparaisse. C'est ce que l'on peut observer dans un peuplement complet : les tiges les plus faibles sont dominées par les plus fortes et disparaissent successivement, jusqu'à ce qu'il ne reste plue qu'un certain nombre d'arbres pouvant continuer à vivre dans de bonnes conditions sur le même espace.

Au début, la lutte entre les différents pieds ne

dure pas asapz longtemps pour altérer la vigueur

des sujets d'avenir et inâuer sur la qualité de

leur bois. Elle a au contraire un effet utile, c'est

de pousser à la dénudation des fûts. Plus tard,

quand chaque arbre a déjà acquis certaines di-

""■nsions, les plus faibles sont longtemps avant

érir, et gênent par leur présence le dévelop-

mt régulier des cimes voisines. A partir de

loment la lutte devient nuisible, et il faut

venir pour en abréger la durée.

loique, en général, la lutte soit utile dans les

es peuplements, il est des circonstances où

peut devenir dangereuse. C'est lorsqu'il s'est

duit des bois blancs ou des morts-bois à crois-

B plus rapide que celle des bois durs, ou

lorsque, le massif étant formé de plusieurs

essences précieuses que l'on a intérêt à conserver en mélange, l'une d'elles croît plus vite que les autres et tend à envahir. Si alors le forestier n'intervient pas, les essences dominées s'étiolent et finissent par disparaître.

Comment le mode des èclaireies répond à ces phénomènes. — Pour répondre à ces deu^ ordres de plicnoniènes, aussi bien que pour favoriser et mettre à profit l'action de la nature, le mode des èclaireies emploie deux sortes de coupes : les coupes de régénération et les coupes à! amélioration. Les coupes de régénération sont au nombre de trois : la coupe d^ ensemencement, la coupe secondaire et la coupe définitive. Les coupes d'amélioration comprennent les nettoiements et les èclaireies.

Coapes de régénération. — La régénération par la semence ne doit être cherchée que dans des peuplements arrivés^ à maturité. Sans doute, à la '^rigueur, on peut régénérer une futaie a^partir du moment où les arbres sont devenus fertiles. Mais?

outre que les bois sont loin de pouvoir donner alors des produits réellement utiles, il est rare de voir les semis se produire dans de bonnes conditions et complets. La nature n'agit pas ainsi : si on voit quelques semis apparaître sous des peuplements d'âge moyen, ce n'est que sous les vieux

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massifs, alors qu'ils sont élevés et qu'ils commencent à s'entrWvrir, que les jeunes plants se présentent nombreux, persistent et ont de Tavenir. D'ailleurs, dans toutes les forêts appartenant à l'Etat ou aux communes, l'intérêt des propriétaires est de produire la matière la plus utile, c'est-à-dire de gros bois. C'est pour l'avoir oublié qu'on a souvent été* conduit à des mécomptes , et qu'on est arrivé à nier l'efficacité du mode des éclaircies.

€onpes d'ensemencement. — La coupe d'ensemencement doit réaliser les trois premières conditions indiquées plus haut, savoir: maintenir le sol meuble et substantiel, assurer le semis complet, procurer le premier abri aux jeunes plants.

C'est sous les massifs que le sol est le plus rîche et le plus meuble; c'est également le vieux massif, quand il n'est pas dépérissant, qui fournit les meilleures graines et la plus grande quantité de semences. Mais si les graines peuvent germer, il p^ut arriver, d'un autre côté, que, sous le massif, les jeunes plants ne persistent pas, i faute d'une lumière suffisante; si l'essence est à couvert très -épais, il peut même arriver que la chaleur fasse défaut au moment voulu pour la germination, et que les graines soient tombées inutilement sur le sol. On est alors amené à entr'ou-

vrir les massifs pour faire les coupes d'ensemencement. L'état du sol) les conditions du climat et le tempérament des jeunes plants conduisent à les interrompre plus ou moins, et c'est ainsi qu'on distingue deux manières de faire la coupe d'ensemencement : la coupe sombre et la coupe espœée*

Une coupe d'ensemencement est dite sombre quand les branches latérales des cimes des réserves se touchent lorsqu'elles sont agitées par le vent. Cette définition est d'une importance capitale, et doit se traduire h la lettre dans la pratique toutes les fois que la coupe sombre est indiquée par les faits naturels.

Dans la coupe espacée^ l'intervalle entre les cimes peut aller de 2 à 5 ou 6 mètres.

La coupe sombre est celle qu'on a le plus souvent l'occasion d'appliquer. Elle ejst nécessaire toutes les fois que la semence est lourde et s'écWrte peu du pied de larbre qui l'a produite, que le tempérament du jeune pUnt est délicat, que le sol est exposé à s'enherber fortement ou à se dessécher, qu'on opère sur les lisières des forêts ou dans des endroits exposés aux vents. Dans toutes ces circonstances, en effet, on peut craindre que le semis ne soit pas suffisamment complet, ou que les graines ne germent pas, ou que le jeune plant ne disparaisse faute d'abri, ou enfin que les ré-

serves ne soient renversées avant d'avoir produit le semis, ou avant que les jeunes plants ne puissent se passer d'abri.

C'est .seulement lorsque toutes les conditions contraires sont réunies qu'on peut faire une coupe d^ensemencement plus ou moins espacée. C'est dire que la coupe sombre est la règle, la coupe espacée Texception,

Quant aux réserves, il est évident qu'il faut les prendre parmi les pieds les plus vigoureux, ceux à fût élevé et dont la cime est largement développée. On doit avant tout s'attacher à une égale distribution du feuillage et non à la régularité de répartition des tiges. Une coupe sombre bien faite ne doit pas laisser arriver là lumière par grandes plaques sur le sol, mais bien comme tamisée par les feuilles.

La hauteur de fût des réserves a pour but de diminuer Taction du couvert, de permettre à la chaleur, en^ême__temps qu'à la pluie, d'arriver en quantité suffisante sur le soi. Cette hauteur de fût est si importante qu'elle suffit souvent à assurer l'ensemencement. C'est ce qu'on voit dans les vieilles futaies qui ont crû en massif serré. Aussi est-il permis d'augmenter la hauteur du fût artificiellement par des élagages, même : de. branches vives, toutes les fois qu'on opère sur des essences à couvert épais, ou sur des chênes

destinés à disparaître au plus tard lors de la coupe définitive. On a encore une preuve de la nécessité de relever le couvert dans les peuplements formant massif, mais composés d'un petit nombre d'arbres très-branchus dès le bas : sous de pareils peuplements, le semis ne se produit pas; qu'on élague les branches basses et, à la première année de semence, les jeunes plants apparaissent nombreux et bien venants.

En même temps qu'on recherche des fûts élevés ou qu'on relève le couvert par des élagages, il faut avoir bien soin de nettoyer le sol de la végétation basse qui peut le recouvrir. Cette précaution est de toute nécessité pour éviter la moisissure des graines pendant Thiver, en même temps que pour assurer, en temps utile, le degré de chaleur nécessaire à leur germination. Elle est encore nécessaire pour permettre le maintien des jeunes plants qui disparaîtraient rapidement sous un couvert aussi bas.

Coupe secondaire. — Quand les jeunes plants ont atteint un certain âge et que le semis est complet, le moment est venu de les faire participer plus largement à la lumière. On procède alors à la coupe secondaire.

Il faut d'abord être bien fixé sur ce qu'on peut considérer comme un semis complet. Rigoureu-

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sèment, c'est celui quî recouvre entièrement le sol. Mais, quoiqu'il soit toujours désirable de l'obtenir, il est rare qu'un tel semis se produise en une seule année. Les essences à tempérament délicat, dont les plants peuvent persister sous le couvert d'une année de semence à l'autre, permettent seules de le demander.

En attendant ainsi une nouvelle année de semence, on s'exposerait, pour les essences à tempérament robuste, à voir les jeunes plants disparaître successivement sous le couvert et le semis rester toujours incomplet. Pour celles-ci, il faut donc le plus souvent se contenter d'un semis partiel, pourvu que les jeunes plants, d'ailleurs bien répartis, soient assez nombreux pour se constituer à l'état de fourré au bout de peu d'années, dix ans par exemple»

On désigne pour être abattus les arbres qui recouvrent les semis les plus complets et les plus vigoureux, et on laisse intactes les places dégarnies de plants. On s'attache pour cela à procéder avec prudence, de façon à ne pas permettre le dessèchement du sol que les semis ne suffisent pas encore à protéger, tout en donnaïit plus d'accès à la lumière.

On est ainsi conduit, le plus souvent, à effectuer la coupe secondaire en plusieurs fois , ce qui est nécessaire pour les essences à tempérament

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délicat, et toujours à conseiller dans les endroits exposés aux gelées.

Il y a encore une autre raison pour faire la coupe secondaire en plusieurs fois : c'est de ne pas encombrer le parterre de la coupe d^une trop grande quantité de produits et de diminuer, par conséquent, les dégâts de Texploitation.

Si, à la suite d'une coupe d'ensemencement Sombre, i\ se passe plusieurs années sans semis, le peuplement peut se refermer complètement, et il devient nécessaire de rétablir le premier état. Ce n'est pas là une coupe secondaire, mais bien une nouvelle coupe d'ensemencement. De même, si, dans une coupe d'ensemencement espacée, le sol se recouvre de morts-bois ou d'arbustes ayant la production du semis, il faudra enlever cette végétation quand on pourra prévoir une année de semence.

Coape définitiTe. — Enfin, quand le semis n'a plus rien à craindre des influences atmosphériques, gelées ou fortes chaleurs, on procède à la coupe définitive. Cela se présente quand les jeunes plants, couvrant bien le sol, forment massif à Tétat de fourré.

La coupe définitive consiste à enlever les réserves laissées par les coupes secondaires. Au point de vue de la régénération, elle doit être complète; et si certaines places ne sont pas en-

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core ensemencées, on doit néanmoins enlever les 1 arbres qui les surmontent et procéder à des re- I peuplements artificiels. II faut, pour cela, que ces I places présentent une certaine étendue que le 1 \ développement des tiges voisines ne suffirait pas 1 i à recouvrir rapidement ; prétendre repeuplertous I les vides, si petits qu'ils soient, serait à la fois I coûteux et puéril. Il serait également inutile d'at- I tendre le repeuplement naturel sur ces places, I parce que le sol a dû nécessairement se détériorer I sous Taction du découvert, et qu'il n'est plus apte I à un ensemencement naturel. I

Mais, si les JÊaiges plants peuvent désormais I [se passer d'abri, il peut15^P«4ntéres8ant de laisser 1 sur pied un certain nombre d^lUffCS, sjiit pour 1 leur faire atteindre des dimensions^Jp^P"^"* | nelles, soit parce qu'elles n'ont pas encozIllSP^^ I les dimensions les pjius utiles. Ce cas se proIlL^ surtout pour l'essence chêne, dont les fortes pi^B deviennent de plus en plus rares et sont si ro cherchées par la consommation. Les arbres ains conservés doivent être soigneusement débarrassé de leurs branches gourmandes. C'est pour m I l'avoir pas fait que beaucoup de chênes, laissé en réserve, sont morts en cime et qu'il a fallu le exploiter. On a été ainsi amené à croire à Tim possibilité d'en conserver, malgré la preuve in contestable fournie par les anciennes réserves die

séiDÎnécs dans les futaies actuelles. Elles ont évidemment eu à traverser la même crise de Ti- Bolement, et cette crise sera singulièrement abrégée et diminuée par Témondage fait à temps.

Il ne faut jamais so hâter de passer à la coupe définitive, parce que Tabri de réserves disséminées est le seul moyen certain de soustraire le jeune peuplement à Faction des gelées printanîères dans les endroits qui y sont exposés; parc que, tant que le fourré n'est pas bien constitué, le sol n'est pas suffisamment abrité et se détériore ; parce que, enfin, la production ligneuse de la surface est augmentée de tout le développement que prennent les réserve;^, sans que les jeunes plants ^ aient sensiblement à souffrir d'un couvert disséminé en même temps que relevé.\ V On peut affirmer qu'un intervalle de vinfft à ^femert-cinq ans entre la coupe d'ensemencement ^Êa coupe définitive est une durée moyenne pour

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