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• ' s leunes semis, à de nombreux accidents reiive in- •' '
j. fit souvent impossible de prévoir ou d'emerves dis- ^ ^
peclier. On a^ souvent dit qu'en consacrant un aussi long temps à la régénération, on se condamnait à une perte sensible en production, et qu'il y avait avantage et économie à procéder à la régénération artificielle. C'est là une erreur contre laquelle on ne saurait trop s'élever; les repeuplements artificiels occasionnent toujours une dépense qu'on ne peut guère évaluer à moins de cent francs par hectare, et dont les intérêts s'accumulent pendant toute une longue révolution. Outre que les semis naturels ne coûtent rien, on peut affirmer qu'il n'y a pas de perte de production, puisque chacune des réserves de la coupe d'ensemencement croît d'autant plus vite que le peuplement n'est plus clos, et que cette production est plus utile, puisqu'elle se traduit surtout par une augmentation en diamètre.
Possibilité. — Comme les coupes secondaires et définitives doivent se faire dans l'intérêt des semis obtenus, par conséquent à des intervalles inégaux et sans s'astreindre à retirer des produits égaux sur des surfaces égales; comme, en même .temps, les coupes de régénération fournissent les produits les plus considérables et les plus utiles, on devra leur appliquer la possibilité par volume qui assurera le rapport soutenu aussi bien que la bonne exécution des coupes.
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Coapes d'amélioration. — Neltftiemenls. — Quelque soin que ron prenne en faisait les coupes de régénération ,/îl arrive presque toujours,' surtout dane les sols riches et sous les climats tempérés, que des essences à semences légères, notamment des bois blancs, s'emparent du terrain. Leur croissauce étant généralement rapide, ils ne tardent pas à atteindre et à dépasser les essences plus précieuses. Si, au début, leur présence peut quelquefois être utile, parce qu'ils contribuent à constituer le m£|,ssif de bonne heure, ils deviennent dangereux dçs qu'ils atteignent la hauteur des bois durs, et il est nécessaire de les faire disparaître progressivement quand ils les dépassent. En eiSFet, l'action de leur cçuvert très-rapproché ne tarde pas à étioler les bonnes essences et peut amener leur disparition.
De même, il arrive fréquemment que dans le mélange de deux ou plusieurs essences précieuseô, l'une d!elles, croissant plus vite que les autres dans les premières années, amène un résultat semblable.
L'opération qui consiste à faire ainsi disparaître les tiges les plus élevées qui menacent l'existence de sujets, plus petits, mais plus précieux, s'appelle un nettoiement.
D'après le but qu'on se propose en l'exécutant, il est évident qu'il faut le commencer aussitôt
44 ÉLÉMENTS DE SYLVICULTURE.
que la gêne existe et, quelquefois, pendant la durée de la régénération elle-même. Le plus souvent, cependant, il n'y a lieu de le faire qu'après la coupe définitive ou en même temps qu'elle.
En y procédant, il faut bien se garder de détruire l'état de massif, d'abord parce que le sol n'est jamais trop couvert, et ensuite parce que, si on isole les tiges dans un tout jeune peuplement, on s'expose à les vtJir se courber et, quelquefois, se casser sous le poids de la neige, du givre ou même de leurs propres feuilles. Si donc les tiges à enlever étaient trop nombreuses, il faudrait les faire disparaître peu à peu. D'ailleurs le procédé qui donne les meilleurs résultats consiste, au lieu de les couper par le pi^d, à les été ter simplement; de cette manière, on supprime un couvert nuisible tout en conservant l'état de massif par le bas.
Il est sans doute inutile de faire remarquer quCj là où il n'existe que des bois blancs, iiiiei^x vaut les garder que de faire un vide. On abrite au moins le sol, et plus tard, sous les bois blancs conservés, se présenteront dei^ semis d'essences plus précieuses qu'on pourra découvrir en temps utile.
Il est rare qu'un seul nettoiement sufiîse à assurer l'existence des bois durs ou à donner le mélange convenable. On est alors amené à le
FUTAIE ÉCLAmCIE. 45
répéter plusieurs fois et aussi longtemps que le but à poursuivre n'est pas atteint. ^, .
Il est indispensable de faire disparaître, en même temps que les essences à croissance rapide, les cépées qui peuvent se présenter sur un certain nombre de grosses souches. Ces rejets, le plus souvent sans aucun avenir, ont une végétation rapide au début, s'étalent largement et détruisent tous les semis autour d'eux pour laisser plus tard desclairières à leur place.
On a souvent procédé aux nettoiements en faisant disparaître en une seule fois tous les bois blancs et les bouleaux. C'est une opération trop radicale et mauvaise. Les bouleaux et les trembles sont très-recherchés pour certains emplois; à Tétat isolé, leur couvert est trop insignifiant pour être réellement nuisible, et leur enlèvement systématique diminue singulièrement la valeur des jei^nes peuplements.
Sdairdes. — Les éclaircies viennent ensuite diminuer la durée de la lutte entre les différentes tiges. Au début, elles tiennent encore de la nature des nettoiements en ce qu'elles achèvent d'assurer ce que les nettoiements ont commencé : le maintien des essences précieuses; plus tard, elles sont principalement destinées à améliorer constamment la végétation des sujets d'avenir.
46 ÉLÉMENTS DE SYLVICULTURE.
Aussi djstingue-t-on les premûres éclaîrcies des éclaircies proprement dites, que Ton fait périodiquement et que, pour ce motif, on appelle éclaircies périodiqvss.
Comme on ne peut améliorer la végétation qu'en permettant le développement progressif des cimes, on peut dire qu'une éclaircie est une opération qui a pour but de desserrer les peuplements à la hauteur des cimes des sujets d'avenir. On en profitera certainement pour enlever dans les étages dominés les pieds qui ne pourraient pas rester vivants jusqu'à la prochaine éclaircie; mais c'est là une simple réalisation de produits qui ne constitue pas Téclaircie, puisqu'on n'améliore en rien la végétation du. peuplement, et qui ne doit être entreprise qu'autant que la valeur des bois couvrira au moins les frais d'exploitation.
On dit que Téclaircie est moyenne lorsqu'elle desserre médiocrement le peuplement; elle est forte si elle le desserre largement, sans aller jusqu'à l'interrompre.
En effet, quelle que soit la nature de l'éclaircîe, il faut toujours conserver l'état de massif. Il est facile d'en donner les raisons, qui varient avec l'âge des bois. Quand les bois sont à l'état de bas perchis, la lutte commence seulement à être nuisible ; la hauteur des fûts est loin d'être atteinte,
et 81 Ton isole les cimes, rallongement des fûts s'arrête ; — ' lors même que le massif s'est reformé, les branches qui ont persisté longtemps sur le tronc laissent après elles de gros nœuds qui en déprécient la valeur; — les arbres ont encore un" diamètre faible relativement à leur hauteur, et ils peuvent se courber; le sol mal couvert se tasse et se durcit; — les feuilles mortes, dont la couverture est si nécessaire au maintien du sol à l'état meuble et à sa richesse, sont dispersées.
Lorsqu'on détruit l'état de maésif dans un haut perchis, on s'expose à tous ces inconvénients, et de plus, la hauteur des arbres étant plus considérable, le vent peut déjà exercer de sérieux ravages par les chablis ; — pour certaines essences, surtout pour le chêne, les fûts déjà grands se couvrent de branches gourmandes qui y déterminent des nœuds; ces nœuds déprécient la valeur des pièces qui sont exclues des emplois de i fente ; mais le principal danger des branches gourmandes consiste en ce qu'elles amènent forcément le dépérissement des cimes, des vices dans l'intérieur du bois à la suite des branches mortes, et, quelquefois, elles déterminent la mort de l'arbre lui-même.
Quand les futaies vieillissent, l'isolement des cimes a surtout pour danger le déboisement causé par l'action du vent, et cela sur des étendues qui
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vont toujours en s'élargissant; le sol se détériore (le plus en plus et ne se prête plus à un repeuplement naturel. Lorsque la faute a été commise, ce qui peut arriver de plus heureux c'est qu'il f' ^ j)résente rapidement un jeune semis, qui aura moins pour effet de couvrir le terrain et de lu= conserver sa fraîcheur et sa fertilité. ^
Non-seulement il faut toujours conserver Tètat de massif, à propos d'une éclaircie, mais, à l'inverse de ce qu'on a vu pour les coupes de régénération, il faut se garder de détruire la végétation basse et buissonnante : celle-ci maintient en place le lit de feuilles mortes 5 elle conserve la fraîcheur du sol qu'elle enrichit de ses détritus; et, loin de nuire aux sujets d'avenir en puisant les principes nutritifs dans le sol à leur détriment, ainsi qu'on l'a avancé, elle leur assure une végétation vigoureuse qu'ils n'auraient pas autrement.
Entre cet étage buissonnant et les tiges à cimes étriquées qu'on enlève pour desserrer les sujets d*avenir, on trouve des sujets dominés à peu près à toute haufeur; il est toujours utile de les conserver quand ils peuvent vivre jusqu'au retour de l'éclaircie suivante. Outre qu'ils ne peuvent nuire en rien aux tiges plus élevées, leur conservation permet d agir plus hardiment pour dégager les cimes des essences qui réclament beaucoup de place et de lumière.
FUTAIE ÉGLAIRCIE. 49
Pour, que les éclaircîeb produisent tout Feffet
z- qu'on en attend, il faut les recommencer chaque
r, fois que le peuplement trop serré ne permet plus
j le développement normal des cimes; il faut sui-
-ye, en un mot, la marche de la végétation. Or, ;: [l'observation nous montre que, dans la phase de
l'allongement des arbres,, elles doivent être plus .: ' fréquentes que dans la phase du grossissement ;
mais 'que, dans chacune d'elles, on satisfait aux - exigences de la végétation en les répétant à inter- .5. valles égaux. En général, on peut dire que jusque ; vers soixante-dix ans les éclaircies doivent se J ' répéter tous les dix ans; passé cet âge, on les fait
tous les quinze ou vingt ans, suivant les essences.
ÛC
H reste à rechercher à quelle époque il faut commencer les éclaircies périodiques. Tant que les bois ne sont pas arrivés à l'état de bas p'erchis, il n'y a pas assez de différence entre les tiges pour qu'on puisse distinguer facilement les sujets d'avenir. On s'exposerait donc à faire une mauvaise opération. D'ailleurs, jusque-là, la luttç n'a encore produit que des effets utiles, et on a vu qu'en faisant les derniers nettoiements, on pouvait être amené à pratiquer, si on le jugeait nécessaire, une sorte d'éclaircie partielle. Dans ces circonstances, il est plus sage de ne faire Ja première éclaircie périodique que lorsque les peuple-
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nients, arrivés à Tétat de bas perchis, permettent d*opérer à coup sûr ; Tétat de bas perchis se présënto ordinairement vers Tâge de quarante ans environ.
Pour pousser k rallongement des fûts, en même temps que pour permettre aux peuplements de ré- «îster aux accidents atmosphériques, le massif n'est jamais trop picim Les premières éclaîrcîes doivent donc être faites tout au plus moyennes et parfois tardivement; et si on opère sur des essences à croissance rapide pour lesquelles, par conséquent, l'état de gêne se reproduit plus vite, il suffit de- diminuer Tîntervalle entre deux éclaircies successives.
Pour empêcher Fintroduction des vents sous les massifs et, par suite, la dispersion des feuillea mortes, on n*enlèvera, sur les lisières, jusqu'à une certaine distance à Tintérieur, que les tiges tout à fait dépérissantes, et, pour mieux former le rideau, il ne faudra pas élaguer les branches basses qui persistent du coté extérieur.
Depuis les premières éclaircies périodiques jasqu*à la fin de la phase de rallongement des arbres, les éclaircies doivent rester moyennes à peu près pour toutes les essences, c'est-à-dire que, tout en donnant progressivement à chaque cime la place nécessaùre à son développement réguKer, il fiiut chaque fois desserrer médiocrement le peuplement. Il en est encore ainsi, même dans la
phase du grossissement, pour le hêtre, le sapin, Tépicéa, etc., toutes essences que la nature nous montre d'ailleurs à Tétat de peuplements serrés, et dont la qualité du bois n'a rien à gagner et pourrait même perdre, chez les résineux, à une croissance rapide.
'Mais quand il s'agit d'essences dont la qualité et la densité sont proportionnelles à la rapidité de la croissance, le chêne notamment, il devient opportun de desserrer fortement Je massif lorsqu'on a obtenu à peu près la hauteur de fût désirable. C'est le cas de faire l'éclaircie forte.
La dernière éclaircie se fait généralement forte, quelles que soient les essences. Mais ce n'est plus alors une simple coupe d'amélioration, c'est une véritable coupe d'ensemencement.
C'est ce qu'on appelle la coupe d'ensemencement trhs-somhre, qui consiste à mettre le peuplement à l'état de massif clair, et q]ii diffère de l'éclaircie forte en ce qu'on a dû nettoyer le sol. U est d'autant plus utile d'agir ainsi que la régénération est plus difficile et plus longue à obtenir, selon les conditions locales.
Dans les peuplements d^essences mélangées, l'éclaircie peut à tous les âges prendre le caractère d'un nettoiement.
Dans le mélange du chêne et du hêfre, par
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exemple, celui-ci pousse souvent plus vite que celui-là, et pour maintenir libre la cime des chênes sans les isoler, il est préférable de faire tomber les hêtres voisins les plus élevés et de conserver ceux qui sont dominés. Cela n'a pas beaucoup d'inconvénients pour le hêtre qui n'est ici que Téssence auxiliaire, et qui, d ailleurs, supporte bien le couvert léger du chêne.
Comme on peut le voir, une éclaircie est toujours une opération délicate et difficile à bien conduire. Elle 'exige une attention soutenue et de sérieuses connaissances pratiques. Faites à propos et bien exécutées, les éclaircies procurent de grands avantages : c'est ainsi qu'en venant progressivement dégager les sujets d'avenir, on leur assure une meilleure végétation et on en retire des bois mieux lignifiés ; si l'on ^'obtient pas dans les futaies pleines des bois aussi denses et aussi nerveux que ceux qui proviennent des réserves isolées, on a du moins des bois de qualité moyenne propres à peu près à tous les emplois. Or, il faut bien se rappeler que sur la totalité des bois d'œuvre consommés, les bois de travail forment un volume plus considérable que les bois de construction et que, pour ceux-là, il ne faut pas de bois nerveux.
Les éclaircies permettent également de pro-
FUT>VI£ ÉGLAIBCIE. 53
portionner la répartition des essencefi selon nos besoins dans les peuplements mélangés. Comme les éclaircies se font périodiquement, on peut toujours exploiter chacune de ces essences lorsqu'elle devient dangereuse ou lorsqu'elle a atteint son maximum d'utilité. En agissant de cette façon, on évite, dans la jeunesse des massifs, de faire disparaître S3'stématiquement une essence, ce qui est toujours une faute, puisque chacune a son utilité propre et spéciale.
Au moyen des éclaircies, on livre à la consommation des produits importants qui, sans cela, eussent été perdus pour elle. Ces produits équivalent ordinairement au cinquième ou au quart, quelquefois à la moitié de ceux qu'on retire des coupes de régénération, et, pour certaines essences, ils peuvent arriver à les égaler.
' Enfin, comme les éclaircies portent principalement sur les bois dominés et mal venants, on peut éviter la propagation des insectes lignivores qui les recherchent de préférence, et qui menacent quelquefois l'existence de certaines essences? les résineuses notamment.
Mais, on ne saurait trop le répéter, si la bonne exécution des éclaircies procure ces avantages, une éclaircie mal faite ou inopportune peut compromettre l'avenir des massifs; il eût alors beaucoup mieux valu n'en pas faire du tout.
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Si on compare maintenant Timportance relative des nettoiements et des éclaircies, on voit que les premiers sont nécessaires, tandis que les secondes sont seulement utiles. En effet, par les nettoiements on assure l'existence même des essences précieuses; par les éclaircies on améliore leur végétation et, par suite, la qualité et Futilité de leur bois.