CHAPITRE XIII
DE LA. MICROMÉTRIE.
On comprend sous ce nom les procédés employés pour connaître le diamètre réel des objets observés au microscope.
On est convenu d’adopter comme unité le millième de millimètre qu’on représente par la lettre grecque jx. C’est ainsi qu’on dit que les hématies ont 7 millièmes de millimètre de diamètre (7 fx).
Avant de choisir des sujets délicats, il sera bon, pour s’exercer, d’opérer sur des objets d’un certain volume, un cheveu par exemple.
Nous décrirons deux procédés :
1° Procédé de mensuration au moyen du micromètre objectif et du micromètre oculaire. — On commence par se procurer un micromètre objectif. C’est une petite lame de verre sur laquelle on a gravé au diamant deux traits distants d’un millimètre et entre lesquels, au moyen d’une machine à diviser, on a tracé cent divisions. Il en résulte donc que l’espace compris entre deux petites lignes = 1 centième de millimètre.
Ces divisions sont invisibles à l’œil nu, mais, en plaçant la plaque qui les contient sur la platine du microscope et en l’examinant avec l’objectif n° 5 par exemple, on les aperçoit fort distinctement.
MlGROMIiTRlE.
Ce premier point établi, on remplace l’oculaire ordinaire dont on vient de se servir par un oculaire micrométrique. 11 diffère du premier en ce qu’il contient une plaque de verre sur laquelle sont tracées des divisions, plus espacées que dans le micromètre objectif, mais égales entre elles. En mettant l’œil à cet oculaire, on les aperçoit facilement, grossies qu’elles sont par la lentille.
Il s’agit de savoir quel espace les sépare.
Regardant alors dans le tube du microscope, on remarque que les traits du micromètre oculaire sont superposés à ceux du micromètre objectif et que trois traits du premier égalent un du second. Comme les dimensions des divisions du micromètre objectif sont des centièmes de millimètre, une division du micromètre oculaire vaudra donc 1 centième de millimètre divisé par 3, ou 3 millièmes de millimètre.
Ce qu’on vient de faire avec l’objectif n° 5, on le fera avec les autres, et on établira un tableau donnant la série des grossissements du micromètre oculaire avec tel et tel système.
Pour connaître le diamètre d’un objet, la chose est dès lors très facile. Il suffit de le considérer avec l’oculaire micrométrique, et si le cheveu dont nous parlions au début exigfe, pour être recouvert, 22 divisions de l’oculaire, il aura pour diamètre 3 millièmes de millimètre X 22 ou 0mm,066.
Si les lignes de l’oculaire micrométrique n’étaient pas parallèles au grand axe de l’objet observé, on le tournerait un peu de façon à les ramener dans une direction convenable.
Pour mesurer le diamètre d’objets plus fins, on fait osciller la lame de verre qui les supporte jusqu’à ce que, par le tâtonnement, on soit arrivé à faire coin-
1 St
cider l’image de l’objet avec un nombre exact de divisions de l’oculaire micrométrique.
2° Procédé de mensuration par la chambre claire. — On place le micromètre objectif sous le microscope et on met au point. Remplaçant alors l’oculaire par la chambre claire, on dessine sur le papier l’image de quelques-unes des divisions. Si l’espace qui sépare chacune d’elles est un centimètre par exemple, il est clair que l’on aura affaire à un grossissement de cent diamètres.
Enlevant le micromètre objectif et y substituant l’objet dont on veut connaître le diamètre, on le dessine également à la chambre claire. Mesurant les dimensions del’image obtenue, on divise le chiffre par 100 et on ale diamètre exact de l’objet.
Pour continuer notre exemple, si l’image du cheveu présente un diamètre de 7 centimètres, la dimension réelle sera 7 centimètres : 100 ou 7 centièmes de millimètre.