‹ Manuel de technique microscopique, ou, Guide pratique pour l'étude et le maniement du microscopeChapitre 3 sur 48 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

A. Du Microscope composé.

La question qui s’impose tout d’abord à celui qui désire se livrer aux études histologiques est celle de savoir quel système de microscope il doit adopter.

Sans étudier ici d’une façon absolument complète l’état actuel de la fabrication en France, nous donnerons, dans cette deuxième édition, à la demande d’un grand nombre de nos élèves, une extension plus considérable à ce chapitre.

Quatre maisons rivalisent de mérite à Paris, dans la construction des microscopes. Ce sont, par ordre alphabétique : MM. Chevalier, Hartnack, Nachet et Yerick.

Nous allons, dans les pages qui vont suivre, faire connaître leurs excellents instruments.

Il sera facile de voir combien leur mécanisme est simplifié et combien leurs mouvements sont précis.

TECÜNIQUE MICROSCOPIQUE.

Bien préférables aux modèles étrangers compliqués, et difficiles à manier, ils sont à la portée de tous et susceptibles d’ailleurs de recevoir les augmentations d’appareils ou d’objectifs que l’on serait tenté d’ajouter ultérieurement.

Leur prix, très modéré, est également bien inférieur à ceux fabriqués, soit en Angleterre, soit en Allemagne.

Nous serons toujours heureux de guider de notre expérience les personnes qui nous feront l’honneur de nous consulter à ce sujet, en les mettant à même d’examiner les divers systèmes dans notre laboratoire.

Nous ne parlerons pas des instruments sortant d’autres ateliers, leur infériorité notoire les mettant forcément au second plan.

Le microscope le plus simple se compose (fig. 1) :

1° D’une partie mécanique;

2° D’une partie optique.

1° Partie mécanique. — Elle consiste en une platine P percée à son centre d’un trou qui laisse passer la lumière réfléchie par le miroir situé au-dessous d’elle. Un disque diaphragme à ouvertures variables permet de diminuer ou d’augmenter la lumière à volonté. C’est sur cette platine que se place l’objet à examiner, déposé préalablement sur une plaque de verre. De chaque côté de la platine se trouvent deux petites lames de métal appelées valets, destinées à empêcher pendant l’observation, le déplacement de l’objet. Cette platine est supportée par un pied muni ou non, d’une articulation qui lui permet alors de l’incliner comme dans la figure 2.

Au-dessus de la platine se dresse une colonne A, munie d’une potence avec douille de cuivre C, dans

MICROSCOPE COMPOSÉ

laquelle glisse un tube de cuivre B. G’esl à ce tube qu’est adaptée la partie optique.

Enfin une vis micrométrique V permet d’abaisser ou de relever le tube B de quantités extrêmement fai-

Fig. t.

blés et selon les besoins. C’est ce que l’on appelle « mettre au point » .

2° Partie optique. — Elle comprend l’oculaire O, qui se place à l’extrémité supérieure du tube glissant et la série des lentilles ou objectifs que l’on visse à l’extrémité inférieure du même tube.

Les grossissements de ces lentilles varient avec les fabricants. On trouvera plus loin le tableau comparatif des amplifications.

Tel est le modèle le plus simple .

Fig. 2.

Passons en revue les types des diverses maisons cidessus mentionnées.

Deux modèles que l’on ne saurait trop recom-

MICROSCOPE COMPOSÉ

mander sont le microscope petit modèle droit ou inclinant de Nachet (fig. 1 et 2) ou celui de Chevalier, dit microscope d’étudiant (fig. 3).

Fig. 3.

Le premier se compose des objectifs 3 et 6 (anciens 1 et 3) et des oculaires 1 et 2, donnant un grossissement de 30 à 1,000 fois. Le prix est de 160 francs.

Le second, composé des objectifs 3, 5 et 8 et des oculaires 1, 2, 3, donne un grossissement de 50 à 1,000 fois. Le prix est de 190 francs.

Ce sont les types que nous conseillons habituellement à ceux qui, pour des raisons pécuniaires, ne peuvent dépasser une certaine limite.

Us sont excellents pour faire tous les genres de recherches exigées par l’histologie, la botanique, la médecine légale, etc.

L’étudiant qui débute avec ces modèles, se trouve toujours à même de les compléter ultérieurement, en y ajoutant tel objectif ou tel instrument supplémentaire dont il peut avoir besoin.

Us permettent donc de faire toutes les observations désirables dans la pratique médicale et sont d’un maniement très facile et très commode.

Nous les avons adoptés pour le travail journalier du laboratoire.

Pour ceux qui, désireux de faire des études plus complètes, voudraient un appareil plus parfait, nous leur recommanderons les modèles suivants qui, chacun, présentent des avantages particuliers et inhérents à leur construction.

1° Microscope «le lYaciiet (fig. 4). — Cet instrument présente une platine large, garnie d’une glace noire, une crémaillère pour le mouvement rapide, une vis micrométrique pour le mouvement lent.

De plus, un porte-diaphragme cylindrique à excentrique, pouvant recevoir à volonté les prismes, accessoire de polarisation ou d’éclairage, etc.

La composition optique comprend 3 objectifs (n05 3,

microscope composé. 7

6 et 7) et 3 oculaires, qui donnent un grossissement de 30 à 780 fois.

Fig. 4.

Par sa disposition et son format relativement petit, on ne saurait trop le recommander.

Le prix est de 300 francs.

2° Microscope d’If ortnuck (fig. 5, 6 et 7). — Nous avons eu souvent 1 occasion d’apprécier ces trois modèles, qui ne laissent rien à désirer, tant au point de

Fig. 5.

vue de la construction mécanique, qu’à celui de la partie optique.

Le premier, droit, est composé des objectifs 4, 5 et 7 et des oculaires 2, 3 et 4. Il donne un grossissement de 30 à 480 diamètres.

Le prix est de 260 francs.

Le deuxième avec charnière pour s’incliner, coûte 275 francs.

Quant au troisième, muni d’une crémaillère pour

MICROSCOPE COMPOSÉ

le mouvement rapide, il est généralement muni des objectifs 4, 5, 7 et 9 à sec et des oculaires 2, 3, 4 et 5

Fig. 6. Fig. T.

dont un à micromètre donnant une série de grossissements de 30 à 1,000 fois.

Ces trois instruments, très bien composés pour le laboratoire, sont absolument irréprochables au point de vue de la netteté des images.

3° Microscope rte Vcrick (fig. 8). — Cette maison, qui, depuis plusieurs années déjà, livre aux travailleurs d'excellents instruments, possède en ce moment deux ou trois modèles, fort justement appréciés.

Celui, représenté dans la fig. 8 est muni d’une glace noire , avec mouvement rapide par glissement ou kmt, au moyen de la vis micrométrique.

Il est composé de 3 objectifs n03 2, 6 et 7 et de 2 oculaires n09 1 et 3, donnant des grossissements variant de 60 à 780 diamètres.

Il peut s’incliner.

Fig. 8.

On voit que rien n’a été négligé pour la commodité et la bonne composition de la partie optique.

Son prix est de 260 francs. — Très employé pour les recherches d’histologie.

MICROSCOPE COMPOSÉ

Si l’on désire un modèle un peu plus compliqué, on peut prendre le suivant (fig. 9) à platine tournante et muni des objectifs n03 0, 2, G et 7 avec 3 oculaires.

Fig y.

Le prix est de 390 francs.

Le même modèle se fabrique avec crémaillère pour le mouvement rapide et avec inclinaison.

On peut également ajouter successivement tous les accessoires désirables.

Pour terminer ce chapitre, il nous est impossible de

TECUNIQUE MICltOSCOriQUE

ne pas mentionner les magnifiques appareils, dont on trouvera les figures ci-dessous. On a pris l’habitude, dans un certain milieu, de dénigrer nos fabricants et

Fig. 10.

de faire valoir outre mesure les microscopes anglais et américains, qui, en somme, avec leurs innombrables accessoires et leurs proportions gigantesques sont excessivement incommodes.

MICKOSCOPE COMPOSÉ

11 nous semble que, lorsqu’on aura soigneusement examiné nos grands modèles français, on sera

Fig. 11.

obligé de convenir qu’ils ne le cèdent en rien, à ceux des autres nations, ni sous le rapport du

1 4 TECHNIQUE MTCHOSCOPIQUE.

prix, ni sous celui de la beauté du mécanisme, complet et sobre à la fois, ni sous celui de la netteté des images.

Voyez le grand modèle de Nachet (fig. 10) ou celui de Chevalier (fig. 11).

Fig. 12. — Microscope (grand modèle) d’Hartnack.

Peut-on trouver des instruments à la fois plus gracieux et mieux compris ?

Quant à ceux de MM. Ilartnack et Vérick (fig. 12 et 13), ils sont d’un style plus sévère et réalisent certaine-

MICROSCOPE COMPOSÉ. 15

ment l’idéal que l’on peut chercher dans les instruments de ce genre.

Fig. 13. — Microscope (grand modèle) de Vérick.

Nous donnons ici les tableaux indiquant les grossis-

sements des objectifs des divers fabricants et les numéros correspondant.

Tableau des grossissements

Obtenus par la combinaison des oculaires et des objectifs mesurés à la distance de 250 millimètres (Chevalier).

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