‹ Manuel de technique microscopique, ou, Guide pratique pour l'étude et le maniement du microscopeChapitre 37 sur 48 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

APPAREIL URINAIRE

L’appareil urinaire présente à étudier : le rein, les uretères, la vessie et comme annexe, les capsules surrénales.

Nous parlerons du canal de l’urèthre, avec les organes génitaux.

1* Hein.

Cet organe est entouré d’une capsule propre de tissu conjonctif assez dense, se continuant jusqu’au hile, et venant finir au pourtour des vaisseaux et de l’uretère. Elle est elle-même englobée généralement dans une épaisse couche de graisse, formée de vésicules adipeuses contenues dans un tissu conjonctif lâche, mais très vasculaire, ainsi qu’on pourra le constater sur des pièces injectées.

On devra étudier la capsule par les procédés que nous avons indiqués d’une façon générale à propos du tissu conjomu:!' : marquera qu’elle est composée J’ ,;sez dense, avec de nombreuses

ibrt ' él. • uques.

rein présente sur une coupe 'aspect bien différent : l’une , •• . ' ; c tre, c’est la portion corLicale;

iti ü, : : oâle, et d’apparence rayonnée,

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c’est la portion médullaire, qui constitue les pyramides.

La structure de ces deux parties est fort différente, mais nous n’entrerons pas ici dans les détails histolo-

îarque :s condon la

région que l’on examine ; ce sont les canalicules urinipares.

Il va sans dire qu’on aura fait durcir l’organe parles procédés habituels. Nous avons quelquefois employé

Fig. 140. — Coupe portant sur les tubes contournés de la substance corticale chez l’homme adulte, supplicié de vingt-deux ans. — a, tubes contournés vidés de leur contenu; b, cloisons conjonctives intertubulaires; c, épithélium strié des tubes contournés; d, petit épithélium homogène des tubes collecteurs.

la congélation, qui dans les cas de parenchymes nous donne d’excellents résultats.

Ces canaux, dont le diamètre est d’environ O1"111, 04,

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sont, limités par un simple contour, et tapissés d’une couche de cellules assez petites, munies d’un noyau et

Fig. 141. — Coupe au sommet d’une papille chez l’homme à l’état normal. — a, gros tubes de Bellini avec des cellules prismatiques; 6, tubes droits de la substance médullaire, les uns avec un épithélium polyédrique, les autres avec un épithélium aplati; c, tubes collecteurs volumineux ; d , tubes droits plus fins ; e, anses descendantes de Henle ; f , vaisseaux sanguins pleins de globules.

d’un nucléole et présentant un protoplasme trouble et granuleux, avec quelques granulations graisseuses, dans certains cas.

Pour les observer, on fera macérer dans l’alcool au 1/3 des fragments de rein, et au bout de vingt-quatre heures, elles deviendront libres par le raclage. On les colorera par le picro-carminate pourvoir leur noyau. Il sera bon également de recourir à l’imprégnation par

le nitrate d’argent pour les voir en place. On fera dans un rein une section bien nette, avec un rasoir trempé dans 1 eau distillée, et on plongera cette portion pendant quelques minutes dans une solution de nitrate d’argent au 500°. On la retirera alors et l’ayant bien lavée, on l’exposera au soleil, pour opérer la réduc-

Fig. 142. — Glomérule de Malpighi injecté au nitrate d’argent par les artères. — a, artère du glomérule; b, capsule avec son épithélium ; c, glomérule vu par transparence ; v, v, veines efférentes.

tion. Une lumière ardente donne surtout de bons résultats. Elle sera ensuite examinée, soit dans l’eau, soit dans la glycérine. Si la teinte de la pièce était trop foncée, on la ramènera au ton voulu, en la faisant macérer quelques minutes dans une solution légère d’hyposulfite de soude.

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Voyons maintenant comment se terminent ces canalicules.

Après avoir décrit quelques sinuosités, ils se dilatent en ampoule, de façon à former la capsule de Bowmann, dont la face interne est tapissée d’une couche de cellules épithéliales polygonales très aplaties. On aura recours, pour les observer, à l’imprégnation par le nitrate d’argent, et si la solution n’a pas dépassé 1 pour 500, il sera possible de colorer les noyaux au picro-carminate.

Mais, pour rendre cet épithélium bien évident, on doit employer un autre procédé, celui de l’injection de l’artère rénale au moyen d’une solution argentique au 500°. On se servira comme véhicule d’un liquide légèrement gélatiné.

Nous verrons tout à l’heure que les capsules contiennent le glomérule de Malpighi, dépendance du système circulatoire de l’organe et que nous décrirons avec lui.

Reprenons l’examen des tubes urinipares.

Quand il s’agit de suivre leur parcours, on se trouve en présence de difficultés considérables.

Une des conditions les plus importantes est de choisir les reins d’animaux fraîchement tués. On pourra conserver les pièces dans l’alcool. Mais il faudra éviter l’acide chromique qui rend les préparations granuleuses, et altère profondément le parenchyme de l’organe.

Nous avons étudié, dans ces derniers temps, l’organe qui nous occupe ici, et nous avons trouvé d’excellents procédés d’examen dans le mémoire publié par le Dr Gross. Nous lui ferons donc de nombreux emprunts.

11 est bon, dit cet auteur, de choisir de préférence

les reins des petits animaux, qui seuls permettent d’isoler les canalicules dans une certaine longueur, et de reconnaître ainsi leurs connexions. Les reins du nouveau-né sont excellents.

Pour étudier le parcours des canalicules urinipares, on soumettra l’organe aux manipulations suivantes : - Après l’avoir coupé en petits fragments d’un centimètre au plus de côté, on les plongera dans de l’acide chlorhydrique concentré, d’une densité de 1,200, étendu de moitié son poids d’eau distillée. Si l’on se servait d’acide concentré, on risquerait d’attaquer les canalicules.

On laisse la macération se prolonger quinze à vingt heures, ou un peu plus, si la pièce a été conservée dans l’alcool.

Sous l’influence de cette macération, le tissu conjonctif se gonfle, se ramollit et même se dissout à la longue. 11 devient donc facile d’observer la connexion des éléments. On n’oubliera pas do surveiller attentivement la pièce en macération. Dans certains cas, l’action de l’acide est rapide ; elle l’est moins dans d’autres circonstances. Il faudra donc l’arrêter en temps utile.

Lorsque la macération est terminée, on retire l’objet du liquide, et on le soumet à un lavage prolongé, pour faire disparaître les dernières traces d’acide. Ce temps de l’opération, dit le Dr Gross, est long et exige beaucoup de soins. Il n’est pas rare de reconnaître, un certain temps après une première série de lavages, que la liqueur qui contient les préparations est redevenue acide. 11 faut alors recommencer une seconde et quelquefois une troisième fois. Un séjour de plusieurs jours dans l’eau distillée achève la dissolution du tissu conjonctif. Sans aucun doute, c’est l’acide retenu dans la préparation qui continue son action. Enlever tout

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l’acide est donc très important, dans le cas où l’on veut conserver les pièces plus longtemps.

Le tissu cellulaire dissous, comment isoler les cana-

Fig. 143. — Injection des conduits urinifères par l’uretère. Mode de ramification des tubes de Bellini montrant une foule de bifurcations en anses ressemblant à des anses de Henle.

licules? Ce temps de la préparation est très minutieux, et exige une grande patience. L’éraillement de la pièce macérée, avec des aiguilles, l’agitation dans l’eau, ne peuvent servir; les canalicules se cassent, se déchirent. De longs tâtonnements ont fait choisir au Dr Grossia méthode suivante : Les fragments de rein

se trouvant dans une capsule ou un verre de montre, on en retire un, avec une petite baguette de verre, et le maintenant au bout de la baguette, on le trempe deux ou trois fois dans une goutte d’eau placée sur le porte-objet, où il finit par se dissocier.

Ainsi qu’on le voit, l’étude du parenchyme rénal est fort difficile, et ce n’est qu’avec beaucoup de patience et après de nombreux tâtonnements qu'on arrivera â

Fig. 144. — Glomérule do Malpiglii d’un rein de l’homme injecté par les artères avec la gélatine colorée. — a, vaisseaux du glomérule; b, capsule du glomérule; c, capsule antérieure; f i , artère du glomérule ; e, veines efférentes ; f, épithélium des tubes. (Gadiat.)

reconnaître les diverses connexions des éléments entre eux.

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ig. Ii5. — a, branche de la voûte artérielle du rein; 6, branche interlobulaire; c, glomérule; d, vaisseau efférent du glomérule, allant aux tubes droits; e, réseau capillaire de la substance corticale; f, réseau capillaire de la substance médullaire ; g> veine de la voûte veineuse; A, veine de la substance médullaire;.;', origine des étoiles de Verheyen.

Ou devra, pour suivre le trajet des canalicules, les injecter avec une matière colorante. Cette opération fort difficile, est loin de réussir chaque fois, et le plus souvent, l’opérateur est forcé de recommencer plusieurs fois les essais. 11 est rare, môme dans les cas favorables, d’avoir des injections complètes. On doit s’estimer très heureux quand on peut observer quelques anses convenablement remplies.

La matière injection qu'on choisira est le bleu de Prusse soluble, avec une très faible quantité de gélatine, et qu’on fera pénétrer avec l’appareil à pression continue. 11 sera nécessaire de soutenir longtemps la. pression.

Les pièces ainsi injectées, seront durcies dans le bichromate de potasse, et étudiées par des coupes en diverses directions.

Quant aux vaisseaux, l’injection ne présente aucune difficulté. La masse gélatinée, colorée au carmin, ou au bleu de Prusse, sera poussée par l’artère et l’opération continuée assez longtemps.

On pourra également injecter le rein en deux^ couleurs, et obtenir ainsi de magnifiques préparations.

Le durcissement se fera alors, par immersion dansl’alcool absolu.

Quant aux coupes destinées à voir la distribution des vaisseaux, il sera important de ne pas les faire trop minces. Elles seront montées et conservées dans le baume de Canada.

2° Uretères.

Ce sont les conduits qui s’étendent du rein à la 1 vessie.

Leur étude est des plus simples. Après les avoir

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fait durcir par le procédé habituel, on y pratiquera des coupes, qu’on laissera dégommer dans l’eau pendant quelques heures et qu’on observera dans la glycérine, après les avoir colorées par le picro-carminate ou l’hématoxyline.

Il sera important de choisir des pièces aussi fraîches que possible.

On constatera facilement que ces canaux sont formés de trois couches :

a. Une couche externe, fibreuse, formée par du tissu conjonctif assez dense, avec quelques fibres élastiques.

b. Une couche moyenne, musculeuse, formée de fibres lisses, entre-croisées dans deux directions différentes.

Il sera bon de faire des sections, au point où l’uretère se jette dans la vessie, pour voir la continuation des fibres lisses, avec celles du réservoir urinaire.

c. Une couche muqueuse, composée de deux zones : l’une externe, formée de fibres de tissu conjonctif, assez lâche, et l’autre interne, constituée par un épithélium pavimenteux stratifié.

3° Vessie.

L’organe étant durci, on y pratiquera des coupes verticales. Il sera utile également d’étudier l’épithélium interne, après l’action du nitrate d'argent. Cette opération sera faite sur des animaux fraîchement tués, mais réussit rarement sur l’homme, par suite de la rapide altération de l’organe.

TECQNIQUE MICHOSCOPIQUE.

Les pièces seront montées dans la glycérine, après avoir été traitées par le picro-carminate.

On constatera deux couches : l’une externe, formée de fibres lisses, entre-croisées dans les sens les plus variés : l’autre interne ou muqueuse et plus compliquée.

Elle est formée en effet :

a. D’une zone conjonctive plus ou moins dense, selon la région, avec quelques fibres élastiques mélangées.

b. D’un épithélium semblable à celui des uretères, et appartenant au type pavimenteux stratifié.

Notons enfin la présence de glandes en grappe dans certaines parties de la muqueuse.

On achèvera l’étude de la vessie, par l’examen de pièces injectées.

Les nerfs seront recherchés, après avoir fait agir la solution d’acide osmique.

Capsules surrénales.

Ces organes seront étudiés au moyen de coupes perpendiculaires à la surface, ce qui permettra de constater la présence de deux couches, l’une externe ou corticale, l’autre interne ou médullaire.

Ils sont enveloppés d’une membrane de nature conjonctive, avec quelques fibres élastiques.

On remarquera que le tissu de l’organe présente une

Fig. 1 4G. — Cellules épithéliales de la vessie d’un embryon de mouton de 20 centimètres. Segmentation des noyaux autour des nucléoles.

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fÜUle de cavités, remplies de cellules spéciales, plus volumineuses dans la partie centrale.

Ces cellules devront être observées par le raclage

Fig. 147. — Capsules surrénales d'un supplicié. — a, enveloppe fibreuse ; b, cordons glandulaires de l’écorce ; c, réseau glan-

Idulaire de la substance médullaire ; d, vaisseaux sanguins.

sur l’organe frais, ou après macération dans l’alcool u au tiers.

Enfin des coupes seront pratiquées sur des pièces injectées, et donneront une idée de la grande vascufeïi larité de l’organe.

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