CHAPITRE VI
APPAREIL GÉNITAL
1° Appareil génital de l’homme.
Nous étudierons successivement : les testicules, avec les canalicules séminifères; les enveloppes; l’épididymejle canal déférent ; les conduits éjaculateurs et les vésicules séminales; le sperme ; l’urèthre ; la prostate; le corps spongieux de l’urèthre et le gland; enfin le pénis.
Testicules. — Ges deux organes sont constitués par un tissu formé de canalicules très flexueux, dans lesquels se sécrète le sperme, et enveloppés par une membrane résistante.
Les procédés d’examen sont fort simples. On fera durcir des organes aussi frais que possible, d’abord dans l’alcool absolu et on les plongera ensuite dans une solution assez épaisse de gomme, pendanL quelques jours, après quoi, on achèvera le durcissement par une nouvelle immersion dans l’alcool. La solution gommeuse sera concentrée, parce que les éléments constituants étant naturellement très mobiles, il est important qu'ils soient bien fixés dans leurs rapports. Des coupes pratiquées en divers sens, et colorées par le picro-carminate ou l’hématoxyline, montreront parfaitement l’aspect général de la glande. Les tubes séminifères, coupés sous diverses incidences, appa-
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raîtront sous les formes les plus variées et l’épithélium interne sera en général conservé. 11 sera bon de commencer les recherches, en opérant sur les testicules de divers animaux.
Pour prendre connaissance de la disposition des canalicules, on fera macérer, pendant 24 ou 48 heures des fragments d’organes, pris sur des animaux qu’on vient de sacrifier, dans l’alcool au 1/3 ou le sérum iodé. 11 sera facile alors de les dilacérer avec une aiguille et de pouvoir suivre leur trajet et leurs anastomoses.
L’épithélium interne s’observera facilement, en
l ig. 148. — Paroi d'un tube testiculaire dont la composition cellulaire a été mise en évidence avec le nitrate d’argent (préparation de M. Hermann) .
faisant avec un bon rasoir trempé dans l’eau distillée, une section franche, qu’on arrosera avec une solution de nitrate d’argent au 300°. Nous avons eu déjà plus haut l’occasion de décrire ce procédé.
Enfin, il sera utile d’injecter quelques sujets, afin de pouvoir suivre le trajet des vaisseaux dans l’organe.
A. Canalicules séminifères. — Surdes coupes opérées, ainsi que nous venons de le dire, on constate que leur paroi est formée d’une membrane fibreuse dense, plus
épaisse que celle qui constitue généralement la paroi des glandes, formée de tissu conjonctif avec noyau et doublée d’une enveloppe propre munie d’un épithélium composé de trois couches de cellules : les plus externes sont polyédriques avec un gros noyau ; les moyennes sont arrondies; les internes de volume très variable, avec un plus ou moins grand nombre de noyaux.
On traitera par le picro-carminate pour voir les
Fig. 149. — Coupe d’un tube testiculaire chez un supplicié de cinquante ans. — a, paroi striée ; b , couche hyaline; c, épithélium testiculaire.
noyaux, et l’acide acétique, en solution diluée, montrera qu’il existe quelquefois des fibres élastiques fines dans l’épaisseur.
Quant aux cellules épithéliales, sur un fragment macéré dans l’alcool au I /3, il sera facile par le raclage de constater leur nature. On verra ainsi que dans l’épididyme, il existe un magnifique épithélium à cils
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vibratiles. Les recherches relatives à cette particularité de structure devront être faites sur des animaux fraîchement tués.
B. Enveloppes, vaisseaux et nerfs. — Les enveloppes sont au nombre de quatre : la tunique fibreuse, la tunique vaginale, le crémaster, le scrotum.
La tunique fibreuse est formée d’un tissu dense, assez épais, composé de fibres conjonctives et élastiques. On en prendra facilement connaissance, ainsi que des autres tuniques, par des coupes perpendiculaires à la surface de l’organe et qu’on traitera par le picro-carminate ou la purpurine.
La tunique vaginale est constituée de la même façon que le péritoine, et tapissée d’une couche de cellules polygonales, munies d’un noyau. On pourra la nitrater avec avantage et colorer ensuite au carmin les éléments nucléaires.
Le crémasLer est formé de fibres musculaires lisses, qu’on pourra isoler assez facilement après macération dans l’acide nitrique au 5°. Sur des coupes, on reconnaîtra ces fibres à la forme des noyaux.
Enfin le scrotum comprend les mêmes couches que ci-dessus et est limité par la peau qui, dans cette région, est fort mince, dépourvue de graisse, très riche en pigment et en glandes sudoripares et sébacées.
On devra faire pour suivre le trajet des glandes, des coupes verticales assez épaisses. On les colorera par l’hématoxyline.
Les vaisseaux seront observés au moyen de coupes en divers sens. Ils affectent la forme d’un réseau lâche autour des canalicules. On montera les préparations dans le baume.
Quant aux nerfs, ils sont difficiles à suivre et leur
terminaison n’est pas connue. On emploiera l’acide osmique ou le chlorure d’or et de potassium pour arriver à suivre leur trajet.
Epididyme. — Cet organe fait suite au testicule. Il est constitué par un tube replié plusieurs fois sur lui-même. Il se termine en donnant naissance au canal déférent.
On pourra le dérouler en faisant macérer les pièces pendant plusieurs semaines dans l’acide nitrique au 5e.
La paroi est formée de trois couches : une couche fibreuse mince ; une couche musculaire à fibres longitudinales et circulaires, avec un peu de tissu conjonctif et quelques fibres élastiques fines et une couche épithéliale vibratile, à cellules oblongues et à cils très longs. Elles contiennent un noyau, qu’on met facilement en évidence par l’emploi du picro-carminate.
Canal déférent, conduits éjaculateurs et vésicules séminales. — Le canal déférent présente sur des coupes en travers et en allant du dehors en dedans, une membrane fibreuse mince, une couche épaisse de fibres musculaires lisses et une muqueuse formée de tissu conjonctif vaguement fibrillaire, mais très riche en éléments élastiques, et tapissée d’épithélium pavimenteux simple.
Quand aux conduits éjaculateurs et aux vésicules, leur étude ne présente aucune difficulté ; leur structure présente à l’examen les mêmes éléments que le canal déférent, à l’exception de l’épithélium qui est cylindrique.
Nous avons plusieurs fois déjà indiqué, dans des cas semblables, les procédés à employer.
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Sperme. — Ce liquide se compose des produits de sécrétion de plusieurs glandes, situées sur le trajet des voies génitales, depuis le testicule jusqu’au canal de l’urèthre.
Pour l’examiner, il suffit de placer sur une lame de verre, une gouttelette qu’on recouvrira d’une lamelle, et qu’on lutera avec de la paraffine, pour empêcher l’évaporation.
On observera alors les éléments suivants :
1° Des spermatozoïdes formés d’un renflement ou tête et d’un appendice filiforme ou queue. Si le liquide vient d’être éjaculé, on remarque qu’ils sont doués d’un mouvement plus ou moins
vif et qu’ils s’agitent en tous seng Fig. 150. — Spermatozoïdes
„ , , „ . de l’homme. — Gross.
On devra employer un fort ^500
objectif (le 5 de Nachet, pour
commencer et ensuite le plus puissant dont on pourra disposer).
2° Des cellules épithéliales pavimenteuses provenant de la muqueuse uréthrale et reconnaissables à leurs noyaux volumineux ;
3° Des globules blancs ;
4° Quelques globules rouges, surtout chez les viellards ;
5° Des granulations graisseuses ;
6° Des cristaux de phosphate de magnésie ou d’oxalate de chaux ;
7° Des sympexions, provenant des vésicules séminales ;
8° Quelquefois des cellules vibratiles appartenant à l’épididyme.
TECüNIQUE MICROSCOPIQUE.
Disons quelques mots sur la manière de reconnaître la présence du sperme dans l’urine ou sur du linge, dans des cas d’expertise médico-légale.
Pour chercher les spermatozoïdes dans l’urine, il suffit de la laisser reposer quelques heures, et d’examiner au microscope le dépôt qu’on extraira avec une pipette.
Quant aux manipulations pour reconnaître le sperme sur le linge, nous emprunterons le procédé suivant au savant traité de Médecine légale de Briand et Chaudé.
On coupe dans le linge taché une bandelette large de 1 centimètre environ, que l’on fait plonger dans un verre de montre rempli d’eau ; on s’arrange de manière que la bandelette plonge dans l’eau jusqu’au voisinage de la tache, celle-ci ne trempant pas dans le liquide. Bientôt la tache imbibée par l’eau qui monte par capillarité, se gonlle et reprend l’aspect qu’elle avait à l’état frais. Dès lors, on la racle avec un scalpel et on porte la matière ainsi enlevée sur le porteobjet du microscope. La préparation renferme des filaments de lin, de chanvre, de coton, etc., provenant de l’étoffe; des poussières diverses; des cellules épithéliales provenant de l’urèthre ou du vagin ; des globules blancs plus ou moins altérés; quelquefois des sympexions ; souvent des cristaux ; et enfin, des spermatozoïdes. Ces derniers sont quelquefois entiers et alors très reconnaissables. Dans d’autres cas, ils sont plus ou moins cassés et on pourra les rendre plus nets, en les traitant par une légère solution iodée.
S’il ne reste plus que les têtes, la préparation deviendra plus nette en les laissant dessécher sur le porte objet.
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Urèthre. — Ce conduit, commun à l’urine et au sperme, ne présente aucune difficulté d examen. On devra autant que possible se servir de pièces fraîches, qu’on fera durcir par le procédé habituel, en les plon-
Fig. 151. — Muqueuse de l’urèthre de l’homme au niveau de la portion spongieuse. — a, couche épithéliale; 6, follicules ; c, glandes en grappe à trajet perpendiculaire; e, trame élastique de la muqueuse ; f, Lissu érectile ; g, faisceaux musculaires du tissu érectile.
géant dans l’alcool absolu et la gomme. Puis, on y pratiquera des coupes transversales à diverses hauteurs, et on les colorera par le picro-carminate ou l’hématoxyline.
L’urèthre comprend : 1° une membrane muqueuse, formant les parois du canal; 2° une couche musculeuse, située au-dessous d’elle et dans toute sa longueur ; 3° une masse de tissu glandulaire qui embrasse sa partie postérieure, la prostate, et 4° un tissu spongieux qui entoure l’extrémité antérieure.
1° Membrane muqueuse. — Elle est fort mince et présente de petites papilles qu’on observe très bien suides coupes perpendiculaires à la surface.
Puis l’orifice d’un grand nombre de glandes que l’on trouvera décrites dans tous les traités d’anatomie, et dont l'examen ne souffre aucune difficulté : prostate, glandes de Cooper, de Littré, etc.
On devra étudier successivement :
a. Epithélium. — Variable selon les régions : vers la prostate, il est formé de cellules sphériques, pavimenteuses et cylindriques ; dans le méat, il n’y a que de l’épithélium pavimenteux stratifié et dans la partie intermédiaire il est cylindrique stratifié. Ou pourra, si le sujet est récent, essayer la nitratation. La chose sera en tout cas facile chez les animaux, et permettra de vérifier la plupart des détails dont nous venons de parler.
b. Chorion fibreux . — Constitué par une mince couche de tissu conjonctif, extrêmement riche en fibres élastiques anastomosées en réseau serré.
c. Glandes. — Ce sont les glandes prostatiques, les glandes de Cooper et les glandes de Littré. Elles appartiennent à la classe des glandes en grappe; et leur étude se fera facilement, en pratiquant des coupes dans les régions respectives où on les rencontre. Ces coupes devront être assez épaisses pour pouvoir suivre le trajet des conduits excréteurs etplus minces s’il s’agit d’étudier l’épithélium.
Il sera bon de monter ces préparations dans le baume.
2b Membrane musculeuse. — Elle est formée de deux couches : l’une profonde, longitudinale, et l’autre, superficielle et circulaire, toutes deux fortement unies entre elles.
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3° Prostate. — C’est une glande en grappe, assez volumineuse, qui embrasse la base de l’urèthre et qui est traversée par ce conduit et par les conduits éjaculateurs. Au centre, on trouve l’iitricule prostatique.
Entrons dans quelques détails :
D'abord, il sera bon pour faire durcir la pièce de recourir à l’alcool absolu ; après quoi, des coupes seront pratiquées en divers sens et colorées par le picro-carminate ou l’hématoxyline.
On trouve dans la prostate : les lobules de la glande, du tissu musculaire à fibres lisses et striées, du tissu conjonctif, l’uLricule prostatique, des vaisseaux et des nerfs.
a. Lobules de la glande. — On les étudiera au moyen
irü
Fig. 152. — Coupe de la prostate d’un supplicié. — a, cavité glandulaire; 6, faisceaux de fibres musculaires; c, calcul prostatique.
de coupes pratiquées en divers sens sur des pièces durcies; on remarquera que les canaux excréteurs
TECHNIQUE MICIîOSCOPIQUE.
sont formés d’une paroi conjonctive avec fibres lisses, tapissée d’épithélium cylindrique, tandis que les culsde-sac présentent un épithélium pavimenteux.
Les sections des canaux, selon la direction de la coupe, apparaîtront sous des formes très variées.
C’est dans les culs-de-sac que l’on rencontre les concrétions prostatiques; on les observera facilement en faisant des coupes sur des prostates de vieillards. Ce sont de petits corps de volume très variable, formés de couches stratifiées, semblables à des grains d’amidon.
b. Tissu musculaire lisse et strié. — Ces deux tissus se rencontrent dans la prostate.
Les fibres lisses occupent les intervalles des lobules ou la périphérie de la glande ; leur direction est tantôt longitudinale, tantôt circulaire; des coupes en divers sens permettront de vérifier ces détails.
Quant aux fibres striées, on les rencontre à la surface, plus ou moins confondues avec les muscles ambiants.
c. Tissu conjonctif. — Il n’est pas très abondant et occupe les intervalles des culs-de-sac; il présente quelques éléments élastiques; il s’épaissit sur les parties latérales de la glande.
d. Utricule prostatique. — C’est un petit tube en culde-sac d’un centimètre de longueur environ, que l’on trouve au milieu de la glande.
Il présente une paroi fibreuse, formée de fibres conjonctives, de fibres lisses et de quelques fibres élastiques et un revêtement d’épithélium cylindrique stratifié.
Nous avons indiqué déjà bien souvent les moyens à employer pour étudier ces divers détails.
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e. Vaisseaux, nerfs. — Les premiers forment dans l'intervalle des culs-de-sac un réseau à mailles larges et polygonales ; on devra les étudier sur des pièces injectées.
Quant aux nerfs, leur mode de terminaison est encore à trouver.
Corps spongieux de l' urèthre et gland. — En faisant des coupes de l’urèthre dans la partie antérieure, on remarque que ce canal est entouré d’une couche de tissu érectile, qui forme le gland.
On en prendrafacilementconnaissance en pratiquant des sections perpendiculaires à la surface de l’organe.
Ce tissu spongieux est entouré d’une membrane fibreuse formée de fibres conjonctives et d’une grande quantité de fibres élastiques fines, entremêlées de fibres lisses.
Quant aux trabécules qui constituent le tissu érectile, ce sont des filaments et de petites lamelles, partant de la face interne de l’enveloppe et s’en tre-croisant en se ramifiant. Elles se composent de fibres lisses unies à un grand nombre de fibres élastiques fines.
Les coupes devront, pour bien montrer ce réseau élastique, être traitées par l’acide acétique ou par une solution de potasse.
Elles seront montées et conservées dans la glycérine.
Les injections seules permettront de se rendre compte de la direction des vaisseaux. Elles ne présentent d’ailleurs aucune difficulté.
Pénis. — On devra étudier d’abord les corps caverneux au moyen de coupes transversales.
La structure est la même, à peu de chose près, que celle du corps spongieux de l’urètbre.
La même injection servira pour le pénis.
Enfin, cet organe présente quatre enveloppes, que l’on observera facilement sur des coupes verticales. Ce sont, en allant de dedans en dehors : une couche fibreuse élastique, très riche en fibres et même en éléments anastomosés en forme de membrane; une couche de tissu conjonctif très lâche, également riche en fibres élastiques; une couche musculaire, et une couche cutanée. Cette dernière est fort mince, très abondamment pigmentée et munie de quelques glandes.
Au niveau de la réunion du prépuce avec le gland, il existe des glandes sébacées, sécrétant un liquide onctueux, très odorant, qui est le smegma du prépuce.
2° Appareil génital de la femme.
On devra étudier successivement : l’ovaire ; la trompe de Fallope ; l’utérus ; le vagin ; la vulve et l’urèthre ; les mamelles.
Ovaire. — Cet organe présente une enveloppe et un tissu propre.
On devra se procurer des pièces aussi fraîches que possible. En hiver, l’examen est possible sur l’ovaire de la femme, mais il n’en serait pas de même en été. On devra alors recourir à l’anatomie comparée. La chatte possède des ovaires qui se prêtent facilement aux recherches que nous allons décrire.
On fera durcir les organes dans l’alcool absolu ; les sections seront colorées au picro-carminate et examinées dans la glycérine. La congélation donne en ce cas de fort bons résultats. On devra prendre soin de ne pas trop comprimer les coupes avec la lamelle et
Al1 PAR K IL GliNlTAL.
pour éviter cet accident, on placera un cheveu au-dessous d’elle.
1° L'enveloppe est formée de faisceaux de tissu conjonctif serré, entrecroisés en divers sens, et tapissée
Fig. 153. — Coupe de la couche corticale d’un ovaire de jeune fille de douze ans non réglée. — c, petits ovoblastes isolés ; b, petits ovoblastes chez lesquels débute l’épithélium folliculaire ; c, ovoblastes passés à. l’état de vésicule de de Graaf ; l’ovule n’a pas encore de membrane vitelline; d, ovule complètement formé au centre d’une vésicule de de Graaf; e, couche dite de l’épithélium germinatif; f, involution de la couche épithéliale superficielle.
d'une couche d’épithélium polyédrique ou cylindrique, avec cellules munies de noyaux.
Le nilrate d’argent employé en imprégnation au oüOl! donnera de fort belles préparations.
2° Le lissu propre de l’ovaire n’est pas homogène. Il
Latteux, 2e édition. 2 3
faut distinguer la substance corticale et la substance médullaire.
A. Substance corticale. — Sur une coupe verticale, elle apparaît comme une zone ou stroma, de un millimètre environ d’épaisseur et laisse voir avec un grossissement de 100 diamètres, unefoule de petites cavités contenant des corpuscules nommés « ovisacs », dont nous allons parler.
Ce stroma est formé de filaments de tissu conjonctif entrecroisés en tous sens et renfermerait des fibres
Fig. 154. — Ovisacs de l’ovaire do la chatte adulte isolés. — a, petits ovoblastes disposés par groupes séparés par des cloisons de tissu conjonctif; c, ovoblastes plus volumineux; d, ovoblastes avec une paroi e et l’épitbélium folliculaire f qui commence à se former; g , amas d’ovoblastes affectant les mêmes rapports que les précédents, a, b , et passés à l’état de vésicules de de Graaf ; l’ovule n’a pas encore de paroi vitelline.
lisses, selon certains auteurs. 11 est probable qu’on a pris pour des noyaux de fibres musculaires, les noyaux allongés qui se rencontrent dans le tissu conjonctif jeune, tel qu’il constitue le stroma de l’ovaire.
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Ovisacs. — On les observe facilement sur des coupes verticales d’organes durcis. On les colorera avec le picro-carminate ou la purpurine.
Ils sont formés d’une paroi de nature conjonctive, contenant dans son épaisseur des éléments cellulaires et tapissée d’une couche épithéliale, composée de cellules polyédriques stratifiées, avec de gros noyaux et des granulations.
Cette couche, facile à étudier sur un animal fraîchement tué, est presque toujours disparue chez l’homme.
A l’intérieur s’observe « l’ovule ».
Notons enfin que de nombreux vaisseaux se distribuent à l’ovisac, dans l’épaisseur duquel ils forment un réseau à mailles ar- e rondies et serrées. L’injection ne présente aucune difficulté.
Fig. 155. — Ovule de femme. — a, Ovule. — 11 constitue membrane vitelline; b, vitellus; c,
le type de la cellule. On vésicule germinative; d, tache ger-
, minative ; e, espace laissé par le y remarque, en effet, petrait du vitelIas> d-après Gh.
une membrane d’en- Robin. (Cadiat.) veloppe ou membrane
vitelline, un contenu ou vitellus, un noyau ou vésicule germinative et un nucléole ou tache germinative.
Pour voir ces details, on prendra avec avantage l’œuf de batraciens, qu’on fera durcir dans l’eau chaude et sur lequel on pratiquera des coupes minces.
On aura quelquefois de bonnes préparations en dilacérant sous le microscope, avec un faible grossisse-
4 00 TECHNIQUE MICROSCOPlyUE.
ment, les ovisacs d’un animal qu’on vient de sacrifier.
Fig. 15(5. — Coupe de l’ovaire d'une chatte montrant des vésicules de de Graaf à différentes périodes de leur développement. — a, épithélium germinatif ; b, petite vésicule de de Graaf; c, premier degré de la vésicule de de Graaf, avant la formation de l'épithélium folliculaire ; les groupes de vésicules qui sont à. ce niveau correspondent à ces vésicules en voie de développement; d. , vésicule de de Graf très développée, renfermant du liquide; au centre est l'ovule entouré de e, la couche’ épithéliale prismatique ; f, la membrane vitelline; g, vaisseaux veineux; /(, ?, artérioles.
APPAREIL GÉNITAL. 'i 0 I
B. Substance médullaire. — Elle est formée de fibres à noyaux, qui seraient de nature conjonctive pour les uns, de nature musculaire pour les autres ; c’est au milieu de ces faisceaux, que circule l’élément vasculaire de l’organe.
Trompes de Fallope. — Elles présentent une couche externe ou séreuse, qui est une dépendance du péritoine et sur laquelle on remarque un épithélium pavimenteux; une couche musculeuse, formée de fibres longitudinales et circulaires, avec quelques traces de tissu conjonctif; enfin, une couche muqueuse qui est la plus importante. Cette dernière est formée de tissu conjonctif embryonnaire, avec des corpuscules allongés sans fibres élastiques, et tapissée d’une couche d’épithélium cylindrique simple à cils vibra tiles.
Les vaisseaux, très riches, forment des anses fort gracieuses au bord du pavillon et affectent une disposition en spirale, comme dans la vessie.
Ces divers détails se vérifieront sur des coupes transversales, qu’on traitera parle picro-carminate et qu’on conservera dans la glycérine.
Les pièces injectées seront montées au baume.
Utérus. — Cet organe est facile à étudier. On en fera durcir des fragments pris dans diverses régions, et on pratiquera des coupes, perpendiculaires à la surface et tangentielles.
Ces coupes devront être assez minces et seront traitées parle picro-carminate ou l’hématoxyline.
Pour voir nettement les fibres lisses, il sera bon de faire macérer des fragments d’utérus, gravide ou non, pendant quelques jours dans l’acide nitrique au 1/5°. Au bout de ce temps, il deviendra possible de les iso-
1er avec des aiguilles. La macération dans une solution
Fig. 157. — Muqueuse du corps de l’utérus d’une femme n’ayant pas eu d'enfants. — a, épithélium à, cils vibratiles; b, cliorion de la muqueuse formé de corps fibro-plastiques; c, vaisseaux; cl, fibres musculaires de la paroi utérine; e, glandes en tube.
légère d’acide chromique, donne également de bons résultats.
L’utérus est formé de trois couches : 1° une couche externe ou séreuse; elle dépend du péritoine et présente la structure déjà connue; 2° une couche musculeuse, formée de trois plans pour le corps, et d’un seul plan (fibres circulaires avec quelques fibres verticales seulement) pour le col. Ces fibres sont lisses, très unies entre elles et munies de noyaux fusiformes allongés ;
appareil génital.
3° une couche muqueuse. Elle est très intimement unie h la précédente et tapissée d’un épithélium cylindrique simple à cils vibratiles, excepté à l’orifice du col, où il devient pavimenteux. Descoupes, en ces divers points,
Fig. 158. — Muqueuse du col de l’utérus. — a , épithélium à cils vibratiles; b, glandes en grappes; c, fibres musculaires de l’utérus. (Cadiat.)
permettront de constater ces différences. On devra étudier ces cellules peu de temps après la mort, les cils se détachant avec la plus grande facilité.
Comme structure dermique, elle est formée de tissu conjonctif avec corps fusiformes abondants.
La moitié inférieure du col présente des papilles coniques ou filiformes.
Cette muqueuse présente encore des glandes dans son épaisseur.
Très nombreuses, elles varient, selon qu’on les examine dans le corps ou le col. Dans le corps, elles affectent la forme des cæcums recLilignes et reposent
TECUNIQFE MICROSCOPIQUE,
sur la couche musculeuse. On les voit très bien sur des coupes verticales ou mieux tangentielles. Elles sont tapissées d’un épithélium cylindrique.
Dans le col, elles seraient, d’après Corail et Sappey, des glandes en grappe.
On ne négligera pas, si l’occasion s’en présente, d’étudier comparativement les éléments utérins normaux ou pendant la période de gestation.
Vagin. — Les pièces seront durcies par les procédés habituels et étudiées au moyen de sections verticales pratiquées en divers points.
Cet organe se compose de trois couches: 1° une couche fibreuse, très riche en fibres élastiques. C’est la plus externe et celle qui se confond avec le tissu conjonctif des organes ambiants ; 2° une couche musculeuse formée de deux plans de fibres lisses, les unes longitudinales et superficielles, les autres obliques en tous sens ; elles sontmélangées de fibres conjonctives et d’un grand nombre de fibres élastiques ; 3° une couche muqueuse, épaisse d’environ 1 millimètre, présentant des papilles coniques ou filiformes dans la partie inférieure de l’organe. Cette muqueuse, qui ne contient pas de glandes, est constituée par une immense quantité d’éléments élastiques, et recouverte par un épithélium pavimenteux stratifié.
Les vaisseaux forment un réseau assez lâche, et envoient quelques anses dans l’épaisseur des papilles.
Vulve et urèthre. — La vulve présente à considérer : le clitoris et les bulbes du vagin ; l’hymen et les caroncules myrtiformes ; les glandes vulvo-vaginales; les petites lèvres, les grandes lèvres.
APPAREIL GÉNITAL
Le clitoris et les bulbes du vagin s’étudieront de la même manière que les organes érectiles de l’homme, dont ils ont d’ailleurs la même structure.
L'hymen sera étudié au moyen de coupes intéressant son épaisseur. Il est formé d’une couche de tissu fibreux riche en fibres élastiques, avec vaisseaux et nerfs ramifiés dans son épaisseur, et tapissé sur ses faces et sur son bord libre, d’une couche d’épithélium pavimenteux stratifié.
Les caroncules myrtiformes peuvent être considérées comme des débris de l’hvmen et présentent, en conséquence, les mêmes éléments, seulement plus condensés.
Les glandes vuluo-vaginales sont faciles h étudier. La région qui les contient sera durcie dans l’alcool absolu d’abord, plongée dans la gomme, puis déposée de nouveau dans l’alcool absolu, jusqu’à ce que le durcissement soit convenable. On y pratiquera ensuite des coupes, soit verticales, soit tangentielles.
Ce sont des glandes en grappe, dont les culs-de-sac sont garnis d’un épithélium pavimenteux simple, et sont séparés par une petite quantité de tissu conjonctit.
Le conduit excréteur est muni d’une couche d’épithélium cylindrique, et possède dans son épaisseur des fibres musculaires lisses.
Quant aux vaisseaux, ils forment dans la glande, autour des culs-de-sac, des anses fort élégantes.
Les petites lèvres présentent la même structure que le vagin et sont tapissées d'épithélium pavimenteux stratifié. On les étudiera au moyen de coupes verticales.
Elles présentent des papilles, dans lesquelles les vaisseaux viennent former des anses, et dans leur épaisseur, on trouve un grand nombre de glandes sébacées ou glandes en grappe.
On devra faire des coupes assez épaisses poursuivre les canaux excréteurs. Ces coupes, colorées au carmin ou à l’hématoxyline, seront éclaircies par l’essence de girofle et montées au baume.
Enfin les grandes lèvres sont formées d’un côté par la muqueuse, et de l’aulre par la peau. On lesétudiera également au moyen de coupes verticales. La face interne est tapissée par un épithélium pavimenteux stratifié à larges cellules.
Quant à l 'urèthre, on trouve dans ce canal : 1° une couche externe ou musculeuse formée de deux plans, l’un externe ou circulaire, l’autre interne ou longitudinal. Les fibres circulaires présentent quelques éléments striés; 2° une couche muqueuse mince, doublée d’un tissu sous-muqueux lâche, formée de tissu conjonctif avec fibres élastiques, et recouverte d’épithélium cylindrique. Près du méat, il passe à l’état pavimenteux; 3° enfin, d’après certains auteurs, il y aurait des glandes dans l’épaisseur de la paroi. Le mode d’examen est d’ailleurs le même que celui décrit précédemment.
il lamelles. — Nous dirons quelques mots de ces organes, qu’on peut considérer comme des annexes des organes génitaux de la femme.
Ce sont, en somme, des glandes en grappe, qui ne demandent, pour être étudiées, aucun procédé spécial.
APPAREIL GÉNITAL
On devra faire des coupes sur des pièces prises chez des femmes en état de gestation ou non.
On étudiera l’épithélium qui tapisse les conduits ex-
Fig. 159. — Mamelle de jeune fille de vingt et un ans n’ayant pas encore eu d'enfant. — a, conduits épithéliaux avec de petites cellules, sans parois propres, pour la plupart; b, extrémité des conduits épithéliaux prête à entrer en voie de développement; c, paroi propre visible sur certains conduits ; d, tissu fibreux intermédiaire; e, petits conduits; f, noyaux du tissu conjonctif intermédiaire.
créteurs ; il est formé de cellules cylindriques dans les gros conduits et de cellules polyédriques dans les plus fins.
L’emploi de l’acide osmique permettra de déceler la présence des matières grasses.
La paroi des canaux est constituée par du tissu
technique microscopique.
conjonctif. 11 y aurait quelques fibres lisses, selon certains auteurs.
Nous conseillons d’approfondir l’étude de la ma melle, par suite de la fréquence des maladies de cet
Fig. 160. — Épithélium de la glande mammaire pendant la lactation. Les gouttes de matières grasses colorées par l’acide osmique se voient au centre des cellules. (Cadiat.)
Fig. 161. — Glande mammaire de la brebis en lactation. — o, paroi propre; b, cellules épithéliales. (Cadiat.)
organe. Il sera facile alors de se rendre compte de la structure des tumeurs, dont l’étude semble tout d’abord hérissée de difficultés.
On terminera entin les recherches en pratiquant des coupes transversales et verticales dans le mamelon, afin de voir la disposition de l’épithélium à l’orifice des canaux galactophores.