‹ Manuel de technique microscopique, ou, Guide pratique pour l'étude et le maniement du microscopeChapitre 39 sur 48 · CHAPITRE Vil · texte numérisé non relu

CHAPITRE Vil

DES ORGANES DES SENS

Nous étudierons successivement :

1° L’OEil et les annexes de l’œil ; 2° l’Ouïe et les annexes de l’ouïe ; 3° l’Odorat ; 4° le Toucher ; 5° le Goût.

1° Œil (1).

Si l’on fait abstraction des procédés employés et perfectionnés tous les jours, pour arriver à une connaissance aussi complète que possible des différentes parties dont la réunion constitue l’œil, on peut se borner à une technique fort simple qui a pour but d’immobiliser au plus vite les membranes constituant l’appareil destiné à la vision, et de permettre de les étudier à l’état statique, en se rapprochant le plus possible des conditions biologiques.

Peu d’organes ont exercé autant la sagacité des histologistes, mais il est vrai de dire que H. Miilleret

(1) Dans la première édition de ce manuel, cet article était entièrement l'œuvre du Dr J. André, et nous avait été communiqué par lui. Tout en conservant ii l’ensemble du sujet son originalité première, nous avons dû, pour être au niveau de la science, lui faire subir d’assez nombreuses modifications et surtout y ajouter de nombreux détails, puisés dans les magnifiques recherches de M. le professeur Ranvier sur la cornée et la rétine.

Max Schultze, surtout pour la rétine, n’ont guère laissé à glaner, où ils avaient si largement moissonné. Après avoir mis en usage, pendant plusieurs années, les différents procédés appliqués à l’étude de l’œil; après en avoir nous-même cherché, trouvé et expérimenté quelques-uns, nous ne saurions moins faire, au point de vue général de la question, que d’exposer simplement les procédés les plus répandus dans tous les laboratoires.

Nous supposons connue l’anatomie descriptive de l’œil ; cependant, pour avoir une idée complète de l'agencement des diverses parties qui le constituent, il sera bon de se procurer quelques yeux de bœuf ou de cochon, de les plonger de 5 à 10 minutes dans un mélange réfrigérant, composé de glace et de sel de cuisine à parties égales, et de pratiquer diverses coupes sur le globe oculaire. Les parties congelées se laissent sectionner, sans opposer une grande résistance à un rasoir fortement Irempé et immergé quelques instants dans l’alcool à 36°; de plus les différents liquides de l’œil durci gardent ainsi une transparence suffisante, et permettent un examen assez détaillé.

Pour arriver à une étude plus complète des rapports des membranes et des milieux de l’œil, il faut prendre un œil de cochon très frais, l’inciser avec un rasoir, à quelques millimètres de la cornée et le placer de suite dans une solution de la liqueur de Müller. Après sept ou huit jours, l’œil sera prêt à être séparé en deux parties égales. Avec de bons ciseaux, on limitera celle des portions de l’œil que l’on veut étudier, et celte portion sera plongée pendant cinq ou six heures, dans une solution de gomme arabique teintée en jaune au moyen d’une autre solution d’acide picrique. La pièce, étant suffisamment imprégnée de

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gomme, on la placera dans un bain d alcool à 40°, puis on pratiquera sur elle des coupes minces, après l’avoir enchâssée ou dans la paraffine ou dans un morceau de moelle de sureau.

Les coupes seront laissées quelques heures dans de l'eau distillée, et examinées à un faible grossissement (obj. 2; oc. 2 Nachet) ; enfin, on colorera avec le carmin ou le picro-carminate, celles dont la valeur sera reconnue satisfaisante.

A ce procédé, rapide dans son exécution, nous préférons de beaucoup le suivant.

L’œil sera laissé un ou deux mois dans la liqueur de Miiller, ou dans une solution d’acide chromique très faible, et la portion choisie, sans être durcie dans la gomme précipitée par l’alcool, sera déposée quelques instants sur un morceau de papier huvard, puis placée dans une situation déterminée dans le microtome. On fermera l’instrument à sa partie inférieure, au moyen d’un bouchon de liège, pour pouvoir le remplir de paraffine et d-e cire vierge (paraffine 3 parties, cire vierge 1 partie). 11 ne faut pas que le mélange soit trop chaud au moment où on le verse, et on devra le verser assez lentement pour que l’enchâssement de la pièce soit aussi exact que possible. Le microtome est laissé quelques minutes dans de l’eau froide, puis monté comme de coutume, pour arriver au résultat qu’on se propose d’obtenir au moyen de cet instrument. Quelques micrographes préfèrent se servir d’un cornet de papier, pour y couler la matière à enchâsser la pièce, et tailler la paraffine pour l’adapter ensuite au canal du microtome.

Enfin, une dernière méthode, plus prompte encore que les deux précédentes, consiste à durcir la pièce fraîche dans une solution d’acide osmique à 1/100 ou

-1/500. Une pratique prolongée sera plus utile dans ce cas, que toute autre description, pour faire saisir pour l’œil entier ou une de ses parties, les inconvénients et les avantages de ces divers procédés. Quoi qu’il en soit, l’un d’entre eux peut suffire pour se rendre compte des rapports du nerf optique à son entrée dans l'œil, et si les coupes sont assez fines, il sera facile de distinguer les diverses couches de la choroïde, de la sclérotique, de la rétine, de la cornée; de constater comment cette dernière membrane se comporte par rapport à la première; comment aussi la couche des ■ bâtonnets et des cônes est en relation avec la couche pigmentaire, rapportée bien à tort à la choroïde ellemême; comment encore cette sclérotique, moins épaisse en avant qu’en arrière, se continue avec la gaîne du nerf optique, avec son névrilème et avec la lame criblée, au travers de laquelle passent les fais- • ceaux nerveux ; comment le cristallin sépare la chambre antérieure de la chambre postérieure: quelssont ses rapports avec la couronne ciliaire, les procèsdu même nom, la face postérieure de l’iris ; et souvent, sur d’heureuses préparations, on pourra prendre une notion complète de la région si difficile à décrire, qui se trouve formée par la terminaison de la rétine à l’ora serrata, par la zone de Zinn, le canal de Petit, la terminaison de la choroïde, les procès ciliaires, le canal de Schlemm, le ligament pectine, le muscle ciliaire ou tenseur de la choroïde.

Nous aurons l’occasion de revenir sur ces points en étudiant la technique particulière de l’œil.

Sclérotique. — Une sclérotique prise sur le premier cadavre venu, ou à défaut celle d’un cheval, d’un bœuf ou d’un cochon, suffit pour se faire une

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idée exacte de la constitution de la membrane la plus externe de l’œil. Il est bon d’en laisser macérer quelques jours un lambeau dans de l’alcool au tiers, selon la méthode du professeur Ranvier, et d’en faire durcir un autre lambeau dans de 1 alcool à 40°. Le premier lambeau sera dissocié dans du carmin neutre, le second servira aux coupes.

La dissociation montrera que la sclérotique se compose de tissu conjonctif, renfermant des faisceaux dont les fibres sont assez rectilignes à la face interne et à la face externe. Ces fibres ne sont pas disposées de façon à se superposer, mais sont unies entre elles ; au voisinage de la cornée, le lacis qu’elles forment est très dense et très serré.

Dans ce tissu conjonctif se trouve répandu un certain nombre d’éléments, appelés corpuscules du tissu conjonctif. Certains auteurs les croient anastomosés par leurs prolongements et creux. La dessiccation de la sclérotique semble favorable à cette opinion.

Ces éléments sont surtout faciles à trouver en employant le procédé suivant. Durcir un fragment de cornée et de sclérotique, dans une solution d’acide osmique au millième, faire une coupe, plonger dans une solution d’éosine pendant 24 heures, et laver la coupe préalablement disposée sur un porte-objet et recouverte d’un verre mince, avec de l’eau distillée acidulée. L’éosine se fixe sur les corpuscules et leurs prolongements, la sclérotique s’épaissit, s’élargit, tandis que la cornée est peu sensible à la réaction. Pour obtenir d’excellentes préparations, il reste à faire courir entre les deux lames de verres une goutte de glycérine. On peut encore traiter la pièce par l’alcool absolu, l’essence de girofle, et se servir non de résine dammar, mais de mastic dissous à parties égales dans

de la térébenthine rectifiée. Quelques nuages se forment autour de la préparation, mais disparaissent spontanément et fort vite.

Au moyen du procédé de Legros (coloration avec la fusckine), on verra encore que la sclérotique contient un certain nombre de fibres élastiques.

Il faut noter enfin que la couche interne renferme une assez grande proportion de granulations pigmentaires.

Cornée. — Elle présenLe une composition assez complexe, et chaque détail, pour être vérifié, demandera des procédés particuliers.

Nous étudierons successivement la charpente connective, les couches épithéliales antérieure et postérieure, et les nerfs.

Nous ne saurions trop recommander de consulter pour plus amples renseignements l’article publié par M. le professeur Ranvier ( Traité technique d’histologie, p. 858) auquel nous faisons de nombreux emprunts.

1° Charpente connective. — On se servira de la méthode dite de dessiccation, dont nous avons parlé dans les procédés généraux.

La cornée de l’homme ou d’un animal quelconque étant convenablement étalée et fixée à l’aide d’épingles sur une lame de liège, on la laissera dessécher doucement, et quand elle aura acquis la consistance de la cire, on y pratiquera des coupes perpendiculaires à la surface.

Ces coupes, ramollies dans l’eau seront ensuite colorées au picro-carminate, lavées, puis montées dans la glycérine additionnée d’acide formique.

DES ORGANES DES SENS. Vio

Elles montreront nettement la membrane basale antérieure ou membrane de Bowmann et la membrane basale postérieure ou membrane de Descemet.

La membrane de Bowmann est bien développée chez l’homme.

Elle semble homogène et se colore en rose par le picro-carminate.

La membrane de Descemet se colore en rouge orangé par le picro-carminate et en bleu par l’hématoxyline.

M. Banvier conseille de l’étudier chez le bœuf ou le cheval. Elle se montre alors, si on la soumet à une ébullition prolongée pendant 24 ou 36 heures, formée de nombreux feuillets superposés.

Nous n’avons pas ici à exposer les diverses opij nions, qui ont cours dans la science au sujet de la ! substance cornéenne proprement dite. Par la dila- I cération, on arrive difficilement à se faire une idée

I exacte du tissu qui la compose; sur des coupes fines et teintes au carmin, on voit que la cornée est formée par un tissu dense, résistant, affectant surtout vers sa face profonde une disposition en lamelles qui s’entrecroisent dans diverses directions.

Pour mettre en évidence cette structure fibrillaire, il faut soumettre un fragment à l’action des vapeurs ' d’acide osmique en le suspendant au moyen d’une épingle à la face inférieure d’un bouchon de liège fermant un petit flacon dans lequel on a versé quel- ! ques gouttes d’une solution de ce réactif. On y pratique ) des coupes après avoir complété le durcissement ■j par l’alcool. Ces coupes que l’on fait perpendiculaij rement à la surface doivent être examinées dans . l’eau à un grossissement de 500 à 600 diamètres

II (Ranvier).

/,10 TECI1N1QUE MICROSCOPIQUE.

On verra se succéder régulièrement des lames

Fie 162 — Coupe perpendiculaire de la cornée. a, 6, couche épithéliale antérieure; c, membrane basale antérieure; d, tissu cornéen ; e, membrane basale postérieure ; f, epithelium post

rieur.

sectionnées perpendiculairement et des lames sectionnées parallèlement à la direction des libres qu

les composent.

b liS ORGANES DES SENS.

Les premières montrent une série de champs polygonaux granuleux, d’étendue variable, correspondant à des faisceaux de fibrilles. Les secondes paraissent striées suivant leur longueur.

Ces éléments sont très importants pour se rendre compte de la situation des cellules fixes de la cornée, qui ne sont autre chose que des cellules connectives ; on les désigne aussi sous le nom de corpuscules de la cornée Ces éléments sont faciles à reconnaître par la méthode de His. Avec une solution de nitrate d’argent, on colore la substance fondamentale ; la coloration obtenue, on plonge la pièce dans une solution de sel de cuisine. La substance fondamentale s’éclaircit et l’argent se précipite dans les cellules de la cornée. On peut encore démontrer leur présence en traitant la pièce par le chlorure double d’or et de potassium, selon le procédé classique, ou par l’acide pyroligneux (His).

La cornée de la grenouille à certaines périodes, celles du bœuf, du lapin, du cochon d’Inde, sont très favorables pour l’étude des cellules cornéennes.

Ces cellules, qui varient beaucoup de forme et de volume selon les divers animaux, sont plates, étoilées et anastomosées les unes avec les autres.

Au moyen du nitrate d’argent, on en obtient des images positives ou négatives suivant la manière dont on fait agir le réactif.

Pour les images négatives, M. Ranvier préconise la technique suivante :

On choisit la grenouille dont la cornée est fort transparente et on passe à sa face antérieure le crayon de nitrate d’argent. — Cela fait, on détache l’œil qu’on plonge dans l’eau distillée, et à l’aide des ciseaux on enlève la cornée. — A l’aide du raclage pratiqué avec

un scalpel, on fait disparaître l’épithélium et on la dispose à plat sur une lame de verre pour l’examiner.

On remarque alors que les cellules fines sont ménagées en clair sur un fond brun plus ou moins foncé, cor- , respondant à la substance inlercellulaire imprégnée par le sel métallique.

Pour obtenir des images positives des cellules fixes, le moyen le plus simple est de faire macérer deux ou trois jours dans l’eau distillée une cornée dans laquelle on a déterminé d’abord une imprégnation négative. Les espaces intercellulaires sont alors devenus incolores, tandis que les cellules sont remplies d’un précipité granuleux plus ou moins fin. — Elles sont admirablement dessinées et donnent des images nettes et élégantes (Ranvier).

Mais le meilleur moyen, pour observer ces cellules, consiste à employer le chlorure d’or d’après les procédés généraux que nous avons indiqués.

Quel que soit le procédé employé, on ne devra pas prolonger le séjour de la membrane dans la solution d’or. Au delà d’une certaine limite, qui paraît varier selon l’épaisseur de la cornée, le procédé choisi et la température, mais qui en général ne dépasse pas 25 minutes, l’imprégnation porte seulement sur les nerfs et les cellules fixes ne sont plus colorées que d’une façon incomplète (Ranvier).

Quant aux noyaux de ces cellules, on les fera apparaître à l’aide de la purpurine on du picro-carminate. — Dans ce dernier cas, on soumettra en plus la préparation à l’action d’une solution d’acide oxalique à 10 0/0.

On verra qu’ils sont arrondis ou ovalaires et contiennent généralement 1 ou 2 nucléoles.

Un grand nombre d’anatomistes admettent que ces

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cellules à noyaux renferment un liquide. Elles peuvent être isolées parla macération dans les acides concentrés. Nous nous sommes servis pour arriver à ce but d’acide chlorhydrique, et dans quelques cas nous avons constaté, en dissociant la pièce ou simplement en imprimant des mouvements au verre mince, la présence d’éléments garnis de prolongements multiples très pâlis par l’action de l’acide.

De plus, en traitant la noix d’anacarde et l’alkanna, soit par l’éther ou la térébenthine, nous nous sommes, le Dr Hubert, oculiste distingué, et moi, procuré des solutions très pénétrantes. Ces solutions ont été introduites dans des cornées fraîches de cochon, au moyen d’une seringue de Pravaz. En répétant cette expérience, on peut constater surces coupes provenant de cornées durcies dans l’alcool à 40°, que les matières à injection pénètrent, non dans des interstices, mais dans les cellules elles-mêmes, qu’elles distendent, ainsi que leurs prolongements.

Le procédé opératoire consisle à piquer la cornée à un millimètre de son point de jonction avec la sclérotique, et à pousser l’injection, avec le plus grand soin, en comprimant légèrement la cornée avec un doigt.

Ces données générales suffiront pour permettre de suivre attentivement les recherches et les affirmations deBowmann, deHis, de Neumann, de Recklinghausen, de Liber, de Samiscb, de Cohnhein et d’Engelmann, à propos de leurs travaux sur les éléments contractiles ou non, les cellules fixes ou voyageuses, les corneal tubes , les éléments canaliculés, travaux que nous ne pouvons analyser ici.

2° Couches épithéliales. — Leur étude ne présente aucune difficulté. — On fera d’abord macérer les pièces dans le liquide de Miiller ou dans une solution de bi-

chromate d’ammoniaque à 2 0/0 et on achèvera, selon le conseil de Ranvier, le durcissement par l’action successivement delà gomme picriquée et de l’alcool à 40°.

Ces coupes seront très minces.

L’épithélium antérieur montrera trois couches successives : la plus externe, lamelleuse,à cellules aplaties, sans noyaux ; la moyenne, composée de cellules polyé driques; la plus interne, formée de cellules cylindriques.

Ces divers éléments s’isoleront facilement après macération pendant 24 ou 48 heures dans l’alcool au tiers.

Les coupes ou les cellules dissociées seront conservées dans la glycérine après coloration par le picrocarminate ou l’hématoxyline.

L’épithélium postérieur ne présente qu’une seule couche de grandes cellules polygonales.

On pourra étudier celte dernière couche sur des coupes à main levée et parallèles à l’épithélium luimême, ou sur des tranches.

On étale la cornée, dit le Dr André, sur une plaque de liège, de façon que sa face profonde regarde l’opérateur, et on la nitrate suivant la méthode ordinaire. Quand la membrane a pris une teinte rosée, on l’expose à la lumière concentrée d’une lampe (ce procédé employé au laboratoire de G. Pouchet semble donner des résultats excellents, surtout quand on se sert de solutions argentiques très faibles); ensuite on fait durcir la pièce dans l’alcool pendant vingt-quatre heures, et on pratique des coupes parallèles à l’épithélium. Ges coupes, montées dans la glycérine à laquelle on ajoute quelques gouttes d’une solution de cyanure de potassium, montrent que l’épithélium est formé d’une couche de cellules polyédriques par pression réciproque. Chaque cellule mesure de 15 à 20 a, est légèrement gra-

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nuleuse, contient un noyau de 5 à 10 g.. 11 paraît se continuer avec les cellules épithéliales et qui recouvrent l’iris.

3° Nerfs. — Ils doivent être étudiés à l’aide de la méthode de l’or, par les procédés généraux indiqués précédemment.

Les préparations montées dans la glycérine se conserveront pendant fort longtemps si la cornée, après

Fig. 163. — Nerfs de la cornée, réseau intra-épithélial.

que la réduction de l’or y est suffisante, est placée pendant plusieurs jours dans l’alcool, ce dernier réactif ayant la propriété d'arrêter toute réduction ultérieure (Etanvier).

On remarquera que les nerfs donnent deux plexus, ’un fondamental placé sous la couche épithéliale externe et se terminant entre les cellules sous forme d’extrémités renflées ou de boutons, l’autre placé sous la lame de Bowmann ou sous-basal.

Ces divers détails seront vérifiés à laide de coupes, soit verticales, soit tangentielles.

Latteux, 2e édition. 2 4

Nous le répétons, nous engageons, pour de plus amples détails, à consulter l’article « Cornée » du traité d histologie de M. Ranvier, où le sujet est exposé avec

Fig. 164. — Nerfs de la cornée mis en évidence avec le chlorure d’or. — a, couche superficielle de l’épiderme; b, couche profonde ; d, nerfs pénétrant dans la couche épithéliale.

tous les développements désirables et surtout avec une clarté telle, que les moindres laits sont immédiatement élucidés.

Choroïde, iris, corps ciliaire. —Ces deux membranes réunies peuvent s’obtenir sur des coupes faites d’après les procédés indiqués ci-dessus. Nous supposerons toujours une de ces coupes placée sous l’œil de l’observateur dans toutes les descriptions succinctes que nous faisons de l'œil. Notre but est de mettre les étudiants à même de continuer avec fruit une étude dont les débuts sont toujours très longs, et non pas de faire l’anatomie histologique complète de l’œil.

DES ORGANES DES SENS

En arrière, la choroïde présente pour le passage du nerf optique une ouverture circulaire, chez les mammifères au moins; en avant, elle s’élargit et se continue, après avoir formé le corps ciliaire, puis l’iris. A l’ora serrata, elle est très adhérente à la rétine, à la membrane hyaloïde. La face externe est en rapport avec la sclérotique à laquelle elle est faiblement unie (lamina fusca).

Dans cette portion, on peut, entre les cellules pigmentaires, voir un certain nombre de filets nerveux

Fig. 1G5. — Coupe de la choroïde de l’homme. — a, membrane de Ruysh avec son réseau capillaire qui lui est superposé ; b, tissu propre de la choroïde avec ses gros vaisseaux c, remplis de globules sanguins ; cl, lamina fusca avec ses corps pigmentaires.

(nerfs ciliaires) rendus plus apparents par l’acide acétique.

Au-dessous des nerfs, on trouve les vaisseaux choroïdiens, tapissés par une couche capillaire à laquelle on donne le nom de chorio-capillaire, puis une membrane limitante, dite lame élastique choroïdienne.

Le stroma choroïdien est formé de fibres conjonctives fixes, de cellules fusiformes, et de cellules étoilées dont les prolongements s’anastomosent et

4 24 TECHNIQUE MICR'OSCOPIQUE.

renferment un pigment plus ou moins intense.

Fig. 166. — Epithélium pigmenté de la choroïde, vu de face. Gross.

1/ûOO. (Cadiat.)

Fig. 167. — Cellules pigmentaires de la lamina fusca.

(Cadiat.)

On y rencontre quelques fibres musculaires sur le

Fig. 168. — Capillaires de la choroïde chez un enfant de quelques

mois. (Cadiat.)

trajet des vaisseaux (Millier), et entre les éléments une substance amorphe finement grenue.

DES ORGANES DES SENS. 4 23

Procès ciliaires. — Autour du cristallin, la choroïde s’épaissi L et forme un disque, dont les rayons concentriques vont en divergeant vers la circonférence. Chaque rayon porte le nom de procès ciliaire.

Selon Ribes, on voit en séparant la choroïde des humeurs de l’œil, deux disques : l’un s’attache à la choroïde (corps ciliaire de la choroïde;; l’autre s’insère à la partie antérieure du corps vitré et à la cristalloïde et se nomme les procès ciliaires du corps vitré. Les corps et les procès ciliaires renferment un tissu conjonctif très fin et des cellules pigmentées analogues à celles que nous avons décrites dans la choroïde, plus des vaisseaux artériels et veineux.

L’iris fait suite au corps ciliaire de la choroïde. Sur une coupe mince, on constate qu’il est formé de tissu conjonctif dont les différents faisceaux sont anastomosés et renferment des corpuscules de tissu conjonctif étoilés ou fusiformes, souvent anastomosés par leurs prolongements et- renfermant du pigment. Sur la circonférence externe et supérieure, on trouve de plus quelques fibres élastiques très fines. Ces fibres sont en relation avec la terminaison du ligament pectiné.

L’iris contient encore des fibres musculaires lisses très visibles sur des yeux de lapin albinos et faciles à dissocier dans l’alcool au tiers. Ces fibres constituent un sphincter, entourant l’orifice pupillaire. Au voisinage du petit cercle artériel de l’iris, les fibres musculaires sont agencées de façon à former un second cercle. Sur la face antérieure de l’iris on trouve un épithélium simple. Cet épithélium est visible sur un pli de l’organe, ou sur une pièce traitée par le nitrate d’argent. 11 en est de même de l’épithélium qui tapisse la face postérieure de l’iris. Ce dernier est formé de plusieurs

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Fig. 169. — Double injection des vaisseaux ciliaires par les artères et les veines, faite sur un enfant d’un mois. Les artères sont en gris et les veines en noir. — a, grand cercle artériel de l’iris ; 6, anastomoses des anses récurrentes décrites sous le nom de petit cercle artériel; d, branches artérielles transversales, représentant les derniers vaisseaux ayant une véritable tunique musculaire; e, e, capillaires artériels; c, veines récurrentes contribuant à former, d’une part, les pelotons vasculaires des procès ciliaires et se jetant d’ailleurs, dans le grand cercle veineux de l’iris parallèle au grand cercle artériel ; f, veines différentes de l’iris et des procès ciliaires allant se joindre aux

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cellules de 15 à 30 g., pigmentées, qui se continuent avec des cellules analogues placées sur le corps ciliaire et reposent sur une lame amorphe, dite membrane limitante.

L’iris renferme en outre des vaisseaux et des nerfs. La question de la vascularisation de la choroïde, du corps ciliaire et de l’iris a été parfaitement étudiée par Lebert, au mémoire duquel on devra se reporter pour terminer l’étude de la tunique vasculaire de l’œil.

Il nous reste à décrire succinctement le muscle ciliaire découvert par Brücke et Bowmann.

Avant, nous devons dire que, entre la choroïde et la sclérotique, près du ligament pectiné, et en rapport avec ce même ligament, se trouve un canal veineux, appelé canal de Schlemn.

Au niveau du point où la sclérotique se creuse pour former ce canal, se trouve le point de naissance du muscle de Brücke, lequel se termine, non dans les procès ciliaires, mais au niveau de leur portion adhérente. Müller et Rouget ont démontré que ce muscle contenait en outre une couche circulaire située auprès de la circonférence de l’iris et fortement unie à la couche radiée.

Les éléments de ce muscle sont assez volumineux, courts, granulés, très difficiles à dissocier, mais visibles facilement sur des coupes fines.

Rétine. — La rétine est la troisième membrane de l’œil par ordre de superposition. Nous conseillons de l’étudier sur des coupes faites au niveau du fond de

vasa vorticosa et communiquant avec g , le réseau chorio- capillaire de la choroïde. Dans les mailles de ce double réseau se trouvent encore des capillaires beaucoup plus fins qu’on n’a pas figurés pour ne pas trop compliquer la figure. (Cadiat.)

l’œil, par les procédés indiqués déjà, et sur d’autres coupes pratiquées à l’ora serrata. Quant à ses éléments, nous dirons un mot de leur préparation spéciale. Les meilleures préparations sont fournies par la rétine de la grenouille, ou celle du triton crété. Les éléments volumineux de ces batraciens sont visibles à de faibles grossissements et moins altérables, toute proportion gardée, que ceux des autres animaux.

Nous rattacherons à la rétine la couche de pigment. Cette couche se continue, il est vrai, avec la couche pigmentaire de la face postérieure de l’iris, mais de même que celle de l’iris, elle possède une origine embryogénique des fonctions physiologiques et une constitution anatomique qui ne permettent pas de la décrire avec la choroïde.

Nous engageons les débutants à se souvenir que peu de membranes demandent autant de soins pour être bien préparées, et à ne pas se rebuter par les insuccès inséparables des premières tentatives de préparation.

On prend un œil de grenouille très frais, que l’on coupe en deux parties avec une paire de ciseaux déliés. L’incision doit être faite de manière que dans une des coupes se trouve le cristallin. Les parties séparées sont plongées dans une solution abondante de liqueur de Miiller, pendant une dizaine de jours.

Avec des ciseaux, on taille un lambeau dans une des deux capsules oculaires. Ce lambeau est pris sur la pointe d’un scalpel, déposé sur une plaque de caoutchouc, et haché, en ayant soin que le couteau tombe bien perpendiculairement sur la plaque. Une goutte de carmin sera ensuite déposée sur les coupes, obtenues de façon qu’elles flottent dans le liquide colorant. On placera sur une plaque de verre une goutte de glycérine. Les coupes seront enlevées au moyen d’une

DES ORGANES DES SENS

aiguille â cataracte et placées dans la goutte de glycérine. Avec un grossissement fort, on les examinera et on ne tardera point à les voir se disposer de façon à présenter à l’observateur leurs surfaces sectionnées. Il est excessivement rare que dès le début on n’arrive pas à obtenir un certain nombre de coupes très fines ; les plus grosses seront réservées pour la dissociation, les meilleures recouvertes par une lamelle. Entre la lamelle et la plaque de verre, il est bon de placer un cheveu pour éviter une compression toujours fâcheuse. On fera bien encore de colorer un certain nombre de coupes avec une solution alcoolique de bleu d’aniline, ou du bleu d’aniline mélangé à une solution d’acide picrique, de manière à obtenir une teinture verte, ou une solution de purpurine. Les coupes colorées avec ces dernières matières, demandent un temps assez long (15 ou 20 heures) pour fournir le résultat qu’on se propose d’obtenir pour l’étude des éléments rétiniens.

Sur des coupes fines non dissociées et prises sur les deux capsules dont nous avons parlé, on constate que la rétine va en s’amincissant d’avant en arrière et que les différentes couches, excepté les limitantes, ne sont pas égales dans toutes les régions. Ce fait sur lequel peu d’auteurs ont insisté, nous paraît digne d’attention et se prête à des considérations qu’il est inutile de développer ici.

M. Ranvier, pour l’étude de la rétine, préconise l’emploi de l’acide osmique.

Pour acquérir les premières notions sur la structure de la rétine, il convient, dit le savant histologiste, de l’étudier d’abord chez le triton crété où la couche des cellules visuelles et certains autres détails se montrent avec une grande évidence.

Ayant versé dans un petit flacon fermé par un bouchon de liège un centimètre cube environ d’une solution d’acide osmique à opour 100, on enlève les deux yeux de l’animal. On place l’un dans le liquide où on le laissera vingt-quatre heures ; après quoi on l’ouvrira et on le mettra dans l’eau distillée afin de l’utiliser plus tard pour des dissociations de la rétine. L’autre œil est fixé par une épingle à la face inférieure du bouchon qui ensuite est remis en place. 11 se trouve ainsi exposé aux vapeurs d’acide osmique, qui grâce h la minceur de la sclérotique atteignent rapidement la rétine et en général l’ont suffisamment fixée au bout de dix minutes. On le porte alors dans l’alcool au tiers, et par une incision circulaire pratiquée avec des ciseaux fins, on le divise au niveau de son équateur. Le pôle postérieur, après un séjour de quelques heures dans l’alcool au tiers, est placé dans une solution de picro-carminate à 1 pour 100, dans laquelle on le conserve également quelques heures. On le retire pour le plonger directement dans la solution d’acide osmique afin de fixer les éléments d’une manière définitive, et après l’avoir fait dégorger dans l’eau, on le traite par l’alcool pour en compléter le durcissement. C’est seulement alors qu’on l’inclut dans le mélange de cire et d’huile pour en faire les coupes perpendiculaires à la surface de la rétine et passant par le nerf optique. Ces coupes reçues d’abord dans l’alcool, sont ensuite placées dans l’eau et montées en préparations persistantes dans la glycérine.

Quand on a fait l’examen attentif du groupement des éléments sur des coupes verticales, il est nécessaire, pour avoir une connaissance plus exacte de ces éléments eux-mêmes, de les étudier il l’état d’isolation complète.

UES ORGANES DES SENS

Pour cela, on prend le second œil du triton qui, après avoir séjourné vingt-quatre heures dans l’acide osmique, a été divisé au niveau de son équateur et mis à macérer dans l’eau pendant deux ou trois jours; on enlève avec des ciseaux un petit fragment de la rétine et on le dissocie avec les aiguilles sur la lame de verre dans une goutte d’eau. On colore ensuite les éléments par le picro-carminate et on les conserve dans la glycérine (ltanvier).

Rétine. — Les différentes couches de la rétine ont été divisées comme il suit (fig. 170) :

1* La limitante interne {J) ;

2" La couche des fibres du nerf optique [i ;

3° La couche des cellules nerveuses (g. h) .

4* La couche granulée interne /

5* La couche granuleuse interne j 6" La couche granulée externe i T- La couche granuleuse externe 1 8'- La limitante externe (b);

9° La couche des cônes et des bâtonnets ' a :

10 0 La couche pigmentaire.

Par 1 action du carmin neutre, il est très facile sur une coupe fine de compter ces diflérentes couches.

1° Limitante interne. — Elle est continue et passe au-dessus des points d’épanouissement du nerf optique et se continue jusqu’à la capsule du cristallin avec laquelle elle se confond, au moins chez quelques animaux. Comme Schultze, j’ai pu voir qu’elle est, dans certaines de ses parties, réticulée. Les acides et les alcalis l’attaquent fort peu : l’acide acétique permet d’y reconnaître un certain nombre de noyaux, surtout au point où cette membrane est adhérente à la membrane hyaloïde au niveau de l’ora serrata.

Sur sa lace interne, la limitante offre des rapports particuliers avec les fibres de Millier dont nous allons nous occuper bientôt.

Sur d’heureuses dissociations de rétines fraîches, après macération, pendant 24 heures, dans l’acide os- -

Fig. 170. ■ — Coupe perpendiculaire à la surface delà rétine (préparation de M. Desfossés).

mique à 1 pour 100, on voit cette membrane garnie de petits prolongements, dont la base élargie et fîbrillaire, surtout vers l’ora serrata, se confond avec l’extrémité

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de ces prolongements. Cette base est généralement très fine dans les points où les prolongements sont brisés.

2° Couche des fibres du nerf optique. — La couche des fibres du nerf optique (3 à20[x)improprementnommée, croyons-nous, couche fibreuse par M. Sappey, est constituée par l’épanouissement des fibres du nerf optique. A partir de la papille prise comme centre, on peut voir la couche des fibres former un léger bourrelet autour de la papille; chez les batraciens, cette disposition est très évidente ; de ce bourrelet les fibres du nerf optique forment de petits faisceaux qui s’orientent sans dispositions particulières bien déterminées. Il est excessivement facile d’étudier les éléments qui composent ces faisceaux. 11 suffit de prendre un œil frais, de dissocier la rétine dans l’iode sérum tiède, ou mieux dans l’humeur vitrée, ou de se procurer un œil ayant macéré quelques heures dans l’alcool au tiers. Dans le premier cas on trouve des fibres fines très réfringentes ; dans le second, des fibres dont les varicosités indiquent la nature nerveuse.

L’acide chromique à 1 pour 100 est encore excellent pour ce genre d’étude.

Les fibres optiques sont généralement dépourvues de gaine médullaire et'ne se bifurquent pas.

3° Couches des cellules nerveuses. — La couche des cellules nerveuses (5 à 15 g) forme le plus souvent une couche unique. Ces cellules sont, à l’état frais, très blanches, légèrement granulées, munies d’un noyau et d’un nucléole garni de prolongements stellaires. Par la macération dans l’acide chromique, l’acide osmique et le chlorure d’or en suivant les procédés classiques, on peut se convaincre que la majorité de ces cellules

Latteux, édition.

sont formées de couches concentriques, et munies de un et le plus souvent de plusieurs prolongements courts et volumineux, du côté où ces prolongements sont en rapport avec les fibres du nerf optique. Ces prolongements qui vont, en sens opposé, se rendre dans la couche suivante, sont plus fins, ramifiés et garnis sur les rétines de cadavres datant de 24 ou 36 heures, de petites varicosités. Il sera bon de rechercher si les cellules nerveuses sont unies entre elles ainsi queCorti l’a prétendu. Une seule fois, l’examen attentif d’une préparation m’a laissé dans le doute à ce sujet; il s’agissait d’une rétine de chat adulte.

A0 Couche granulée interne. — Dans la couche granulée interne (3 à 4jx) ce qui frappe de suite, môme à un grossissement relativement faible (obj.2, oc. 2, Nachet), c’est la stratification concentrique et la couleur grisâtre. Nous recommandons pour son étude la rétine du pigeon, du brochet et de la grenouille.

A l’état frais, cette couche est formée d’une substance claire, transparente ; l’acide osmique, la liqueur de Müller, l’acide chromique, lui donnent un aspect fibrillaire ou granulé ; le chlorure d’or la noircit. Dans certains cas, surtout quand les rétines ont macéré dans l’alcool au tiers ou dans une solution de chloral, et sont colorées au bleu d’aniline, il est possible de retrouver l’aspect fibrillaire décrit par Max Schultze.

5° Couche granuleuse interne. — La granuleuse interne (1 à 20p.) est une des couches les plus compliquées de la membrane que nous étudions ; on y rencontre deux espèces d’éléments.

Les plus volumineux sont plus sensiblesque les autres à l’action du chlorure d’or.

Leur noyau est très gros, leur corps cellulaire petit

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et muni de deux prolongements qui peuvent devenir variqueux.

Ces éléments sont de nature nerveuse et semblent avoir pourbut de relier les couches sensibles que nous venons de décrire à celles quenous allons étudier. Les éléments d’un autre ordre appartiendraient aux fibres de H. Müller, dont la description se trouvera plus loin.

6° Couche granulée externe. — La couche granulée externe (8 à 10 g.), comme la granulée interne, est formée de couches concentriques. Plus petite que celleci cependant, elle renferme des cellules à prolongements nombreux, fins, variqueux, très faciles à voir sur l’œil du bœuf et du cheval, après macération prolongée dans la liqueur de Müller fréquemment renouvelée.

7° Couche granuleuse externe. — La couche granuleuse externe se trouve au-dessous de la limitante externe. Les éléments qui la composent sont en rapport avec les cônes et les bâtonnets. par l’intermédiaire des fibres des cônes et des bâtonnets.

L’étude de cette partie de la rétine doit se faire sur une pièce avant macéré dans le sérum iodé. Sur de bonnes préparations, on voit que la base des fibres de cônes, situés dans le sens longitudinal, s’élargit au voisinage de la granulée externe, et se décompose en fibrilles. A cette portion fibrillaire, succède le grain de cône, grain placé très excentriquement, c’est-à-dire très près de la base du cône lui-même. Les fibres de bâtonnets sont placées sur le même plan que les précédents, mais sont très fines, variqueuses. Leur renflement, ou noyau, est situé le plus souvent sur le milieu de ces fibres. La terminaison de leur extrémité interne devra surtout être élucidée au moyen de coupes très fines, pratiquées sur les rétines

TECUNIQUE MICROSCOPIQUE.

des poissons et montées dans la glycérine après coloration. Au moyen de pressions légères sur le verre mince, on voit les éléments s’écarter un peu et l’extrémité interne de la libre de cône très fibrillaire se mettre en connexion avec les éléments nerveux de la couche granulée externe.

La partie externe de la fibre est plus épaisse que l’interne, et se conserve assez facilement dans la glycérine additionnée de chloral. Les grains des bâtonnets et des cônes renferment un noyau volumineux, un nucléole petit, très sensible à l’action colorante du carmin; leur corps cellulaire, dont le double contour est peu apparent à l’état normal, est finement granuleux.

Nous devons mentionner, sans y ajouter une grande importance, les stries transversales signalées par certains auteurs sur le noyau des grains de bâtonnets.

8° Limitante externe. — La membrane limitante a échappé jusqu’à Schultze aux investigations des histologistes. Sur des coupes normales, il est facile de se rendre compte de sa situation ; nous devrons ajouter que nous croyons très difficile de l’isoler, pour savoir si oui ou non il s’agit d’une membrane amorphe percée de trous, ou d’un tissu aréolaire très fin, entre les mailles duquel passent les extrémités internes des cônes et des bâtonnets.

9° Couches des cônes et des bâtonnets. — La couche des cônes et des bâtonnets mesure de 40 à 50 g. et est formée de petits éléments cylindroïdes plus ou moins réguliers, disposés symétriquement les uns à côté des autres, et perpendiculairement à la membrane rétinienne.

DES ORGANES DES SENS. 4 37

Les bâtonnets doivent être examinés sur des pièces fraîches traitées par le chlorure d’or et l’acide osmique dilué selon la méthode de Schultze ou concentré selon le procédé de G. Poucliet. Les grands éléments de la rétine de la grenouille sont incontestablement, les plus favorables à l’observation. Ils sont plus nombreux que les cônes (4 pour 1). L’extrémité interne se continue avec la fibre, l’extrémité externe est plus ou moins carrée.

Les bâtonnets, ainsi que le démontrent les réactions chimiques, indépendamment des propriétés optiques dont nous ne nous occuperons pas ici, sont formés comme les cônes de deux parties appelées segments. Ges deux segments se différencient comme il suit :

Le segment interne est plus large, plus altérable, granuleux, se colore bien par le carmin, ne se colore pas par l’acide osmique, se colore en bleu intense parle bleu d’aniline, présente de fines stries (homme, grenouille, brochet) plus ou moins parallèles ou spiroïdes, se décompose en fines fibrilles (aiguilles de Krause) qui peuvent rester fixées à la limitante interne.

Le segment externe, moins volumineux, se colore en jaune par l’acide chromique, devient verdâtre dans le bleu d’aniline, noir dans l’acide hyperosmique et l’acide nitrique (grenouille). Ce segment, dans l’eau tiède, dans le sérum iodé, dans la liqueur de Müller. dans le chloral, se décompose en lamelles cannelées sur leur bord ; il se tord sur lui-même, sous l'influence de l’ammoniaque, augmente de longueur au contact d’une solution forte de potasse, présente enfin des renflements, des crochets. Sur les lamelles, on trouve parfois un point central, plus noir que le reste (Ritter).

TECHNIQUE MICIIOSCOPIQUE.

Le segment interne des cônes est court relativement, se renfle en bouteille et se continue avec les grains de cônes. La strialion décrite sur les segments correspondants des bâtonnets ne descend plus jusqu’à la base de ce segment de cône. Le segment externe pointu n’arrive pas jusqu’à la ligne générale de terminaison des bâtonnets, et ne présente rien de particulier qui n’appartienne au segment externe des bâtonnets.

Dans la rétine des oiseaux et 'des reptiles, on trouve entre les deux segments des cônes et des bâtonnets, des corps lenticulaires, simples ou doubles. Chez le faucon, la face interne (Schullze) s’allonge sous l’influence de l’acide acétique et se détache en se brisant vers sa pointe.

Dans les cônes des oiseaux, de quelques reptiles et de certains batraciens, on trouve encore à la jonction des deux segments des boules colorées et des cônes doubles, dont l’un porte une bande colorée, l’autre un disque lenticulaire ou du pigment jaunâtre (lézard).

10° Couche pigmentaire. — La dernière couche ou couche pigmentaire reste adhérente à la rétine, quand on prend soin de se servir de l’acide osmique concentré (homme) ou quand on ouvre avec précaution un œil de grenouille dans la liqueur de Muller. Cette couche est formée de cellules accolées à la choroïde, et séparées de celte membrane, chez quelques batraciens, par une couche vasculaire très manifeste au voisinage du segment postérieur de l’œil. Le corps cellulaire est le plus souvent convexe sur sa face externe, concave sur sa face interne, plus pigmenté sur la première face que sur la seconde, et renferme un noyau très facile à colorer par le carmin et la purpurine. Du pourtour de

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la face interne partent des prolongements chevelus dans lesquels s’invaginent les extrémités des cônes et des bâtonnets. Les prolongements renferment du pigment dont la coloration est plus ou moins intense selon les animaux et selon les cas pathologiques.

Au résumé, on voit que de la couche des fibres nerveuses aux cônes et aux bâtonnets, il existe une continuité difficile à démontrer, mais à peu près certaine entre les éléments nerveux rétiniens. Telle est l’opinion de Sehultze, dont les descriptions, selon nos propres recherches, ont un caractère de précision bien plus accentué que celles deKrause.

Pour terminer cette courte notice, il nous reste à examiner les éléments de la membrane rétinienne et quelques-unes de ses particularités.

Les éléments de charpente commencent à la limitante externe (face interne), se continuent jusqu’à la limitante interne (face externe), tout en s’épuisant un peu dans leur parcours. Peut-être même continuent-ils leur route de la limite externe pour venir former ces éléments en forme de corbeille qui entourent les segments internes des cônes et des bâtonnets.

Quoi qu’il en soit, ces fibres viennent s’appliquer par une base élargie sur la face externe de la limitante interne. J’ai à me louer de leur étude au niveau de Yora seri'ata chez le cochon; là, en effet, elles se divisent, comme la limitante, en fibrilles isolables, tandis que partout ailleurs cet isolement est impossible.

Les fibres de Millier, parties de la limitante, s’élèvent en forme de triangle dans la deuxième couche et la troisième, limitant des espaces appropriés aux cylindres-axes et aux cellules nerveuses pour parvenir à la granulée interne, la segmenter en faisceaux perpendiculaires à la rétine et placés dans l’axe des cônes

MO

el des bâtonnets. On comprend avec peine comment Krause a pu penser que les fibres de Millier ne traversent pas cette dernière couche; nulle part elles ne sont plus évidentes que dans la granulée interne, et plus isolables (grenouille). Au niveau de la granuleuse interne, les fibres de soutien deviennent d’une étude difficile ; les éléments que nous avons signalés dans cette couche, éléments très sensibles à l’action de la purpurine, se joignent aux fibres de soutien, s’accolent à elles, si même elles ne sont pas englobées par elles, ce que nous croyons. Là les fibres de Müller sont volumineuses, ramifiées, se décomposent en fibrilles, forment même des plaques très minces, que le bleu d’aniline met en évidence. Il me semble très positif encore que de ces éléments globulaire spartent des prolongements très fins, qui, après avoir cheminé entre les éléments de la granulée externe, 's’être mis en relation avec des éléments conjonctiTs placés entre les cylindres axes, viennent traverser, en tous sens, la granuleuse externe, y rejoindre encore les éléments conjonctifs globulaires et, en fin de compte, se confondre avec la limitante externe, soit par une base élargie, soit par des fibrilles.

La papille du nerf optique devra être étudiée sur des coupes après durcissement selon les procédés classiques; sur ces coupes, on pourra constater que par suite de la réflexion à angle droit des cylindres-axes du nerf optique et la superposition de ces éléments, les bords de la papille sont formés par un bourrelet dont le centre est excavé. De ce centre partent généralement les vaisseaux.

Sur l’homme, le singe et quelques oiseaux, on trouve à l’oeil nu ou à l’ophthalmoscope, une tache ovale dont le grand diamètre est horizontal, dont le centre

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est déprimé et les bords légèrement relevés par rapport au centre. Entre les éléments de cette tache, on constate la présence d’un pigment jaune intense qui.

Fig. 171. — Coupe de la rétine au niveau de la fovea

a, cônes ; b, limitante externe ; c, couche granulée et granuleuse externe ; cl, couche intermédiaire formée do matières amorphe et de fibres nerveuses très fines; e, couche granulée et granuleuse interne; f , cellules nerveuses;*/, limitante interne.

pâle dans l’alcool, se conserve bien dans la liqueur de Miiller, et ne se dissout pas dans l’eau.

11 faut pratiquer une coupe sur cette partie de la rétine, et l’on constate, au centre, l’absence de fibres nerveuses, des cellules, des couches granuleuses externes, granulées externe et interne, et des fibres de Miiller, et l’épaisseur considérable de la couche des cônes et des bâtonnets modifiés; sur le pourtour, la couche des cellules nerveuses est très épaisse, la granuleuse externe également. Cette couche cependant ne manque pas, comme les autres, au niveau du point central ; des vaisseaux entourent la tache sans y pé-

nétrer, et sur l’œil d’un supplicié, il m’a été impossible de retrouver les fins capillaires décrits par Mctchek-Chek. Les éléments de la couche granuleuse externe vont en s’inclinant de plus en plus et deviennent parallèles vers l’entonnoir central; de là une obliquité considérable des libres de cette couche; quant aux cônes, examinés par leur face externe, ils forment des couches très régulières rayonnées.

Nous croyons plus utile de rejeter l’étude de la portion ciliaire de la rétine après celle du cristallin et de la membrane byaloïde, pour mieux comprendre les rapports des membranes de l’œil sur une coupe d’ensemble. Nous laisserons de côté les vaisseaux rétiniens dont l’examen ne saurait trouver place ici.

Cristallin. — Le cristallin, à propos duquel nous serons bref, sous peine d’abandonner la partie technique de cet ouvrage, est une masse absolument transparente, placée entre le corps vitré et l’iris, et bordée par la terminaison de la zone de Zinn. Cette masse est enveloppée par une capsule et contient des éléments appelés prismes ou fibres, de 4 à 10 u de large sur 2 à 5 p. d’épaisseur. Ces tubes devront être étudiés à l’état frais ou sur des cristallins ayant macéré très longtemps, soit dans l’acide chromique faible, soit dans de l’acide nitrique au millième, soit dans la créosote. Toutes ces substances rendent les fibres plus distinctes. Les éléments du cristallin diffèrent, en tant que configuration, selon qu’ils sont examinés à la périphérie, au milieu et au centre de la lentille. Je suis persuadé que le meilleur mode de préparation consiste à prendre un cristallin frais de grenouille, à le presser légèrement de manière à faire éclater la cap-

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suie, el à le plonger quarante-huit heures dans une

Fig. 172. — Fibres du cristallin. — a, faisceaux de fibres fines nucléées; b, fibres un peu plus larges dentelées; c, fibres larges.

solution de bleu, de violet ou de dalhia d’aniline. Après cette immersion prolongée, on place le cristallin pen-

fiant deux jours dans de l’eau distillée, légèrement alcoolisée. Il est très facile, au moyen de deux aiguilles montées, de détacher ensuite les éléments que l’on veut étudier et de les dissocier dans la glycérine. La matière colorante se lixe spécialement sur certains éléments et respecte les autres. Par ce procédé, on constate que les fibres appelées fibres à noyaux, composent la partie la plus superficielle et la plus molle de la masse crislallinienne. Ces fibres, parallèles les unes aux autres, sont juxtaposées, sans interposition de substance unissante. Elles sont aplaties et sur de petits cristallins, elles peuvent se mesurer. Leur largeur est plus considérable que leur épaisseur, et leurs faces et leurs bords sont complètement lisses ; elles renferment quelques granulations. Il est à remarquer que dans les parties les plus profondes de la couche, on trouve tous les intermédiaires. Les alcalins les pâlissent, les acides les rendent granuleuses, plus opaques, surtout à la lumière oblique.

De distance en distance, on constate, au moyen des procédés indiqués ci-dessus, la présence de cellules à noyau. Ces cellules sont plus ou moins larges ou aplaties, en rapport plus ou moins encore avec les fibres qui les contiennent. Dans quelques cas, j’ai constaté nettement la présence du noyau dans ces éléments cellulaires ; cependant il faut avouer que le plus souvent ce noyau échappe à une analyse minutieuse, et je serais tenté d’en nier l’existence dans les couches profondes de la couche superficielle. 11 est difficile encore d’affirmer que ces éléments sont creux. Cependant on constate que, de leur intérieur, s’échappent quelques gouttes de liquide rose pâle. Il sera bon pour compléter leur étude, de prendre des cataractes demimolles.

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Au-dessous de celle première variété d’éléments cristalliniens, se trouvent des tubes parfaitement transparents, allongés, plats, à six pans et mesurant de 4 à 10 (a de largeur, sur 2 à 3 p. d’épaisseur. Ces éléments sont creux, renferment une substance visqueuse blanchâtre, qui se divise en gouttelettes sous le microscope. Ces tubes sont unis par juxtaposition et garnis de dentelures qui permettent à un élément de s’engrener avec un élément voisin. La couche profonde ou noyau du cristallin est composée de fibres plus étroites, non dentelées, et sans cavité appréciable.

Toute la masse que nous venons de décrire est enveloppée par une capsule, laquelle se divise en deux variétés d’éléments. La première forme une membrane homogène, hyaline, plus ou moins épaisse, et difficile à étaler sur une plaque de verre. On peut cependant arriver assez facilement à l’étudier sur des cristallins d’embryons, lorsque le réseau capillaire hyaloïdien n’a pas disparu. Sur la surface externe de la cristalloïde antérieure, on trouve, en la nitratant suivant les procédés classiques, une couche épithéliale formée de cellules à bords irréguliers, qui semble se continuer avec une couche analogue, placée sur la face antérieure de l’iris. Quelques auteurs parlent d’un épithélium situé sur la face postérieure de la cristalloïde antérieure.

Corps vitré. — Z une de Zinn. — Le corps vitré sépare le cristallin de la rétine et se juxtapose à cette dernière membrane, sauf â l’entrée du nerf optique et au niveau du corps vitré, de la couronne ciliaire et du cristallin. Ce corps vitré est entouré par une membrane délicate, mince, difficile à examiner au micros-

technique microscopique.

cope, surtout en arrière. Au niveau de sa position ciliaire, la membrane hyaloïde présente une partie élargie qui vient entourer le cristallin et se confond avec la capsule de cette lentille.

Des coupes d’ensemble sont nécessaires pour se rendre bien compte de celles des portions.

Il faut avouer que ces coupes sont d’une exécution difficile, eu égard à la ténuité et au peu de résistance des éléments situés dans cette région, et ajouter que, dans la série animale, la disposition de ces éléments est très variable, ainsi que j’ai pu m’en assurer sur le grand nombre d’yeux que j’ai examinés.

Si l’on étudie une coupe fine de la masse vitrée, durcie par l’acide cliromique et colorée par les procédés ordinaires, on constate que cette masse est formée par un grand nombre de cloisons convergeant vers l’axe du corps vitré. Suivant Bowmann, le corps vitré est alvéolaire chez l’embryon, et présente au centre, chez l’adulte, une cavité irrégulière, et sur ses parties périphériques des cloisons assez mal déterminées. A l’étal frais, cet aspect se retrouve sur des corps vitrés soumis quelques minutes à l’action de l’acide osmique concentré et colorés par les sels d’ani-

Fig. 173. — Cellules de l'humeur de Morgagni. — a, petits noyaux libres ; b, cellules polyédriques de la partie centrale ; c, les mêmes, de profil; d, cellules commençant à s’allonger pour former des fibres au voisinage de la circonférence.

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line. Nous ne parlerons, que pour en faire mention, des opinions de Brücke, réfutées parBowmann. Ce dernier auteur a constaté que le corps vitré a une structure fibreuse, chez l’embryon, et que dans sa masse, on peut reconnaître la présence de cellules à noyau granulées. Chez le fœtus, on rencontre des vaisseaux dans le corps vitré. Il est bon d’étudier le contenu de la chambre postérieure en s’aidant des réactifs durcissants ou coagulants. Finkbeiner se servait de sublimé pour ses études.

Nous recommandons spécialement à ceux qui voudraient étudier la zône de Zinn, de se reporter au mémoire de M. O. Cadiat ( Cristallin , Anatomie et développement. Paris, 1876, thèse d’agrégation), où tout ce qui a trait à cette question se trouve exposé d’une manière très originale et très juste ; et j’ajouterai seulement qu’au niveau de l’ora serrata, la membrane hyaloïde est en rapport intime avec la rétine et, par cette dernière, avec la choroïde; de sorte que la zône de Zinn se réduit à une membrane transparente ou formée de fibres plus ou moins fines et pâles qui, de l’ora serrata de la rétine, vont jusqu’au bord du cristallin et se confondent avec la face postérieure de la capsule , en suivant une ligne ondulée.

Organes accessoires du globe oculaire. — On comprend sous ce nom : 1° les paupières; 2° la conjonctive; 3° l’appareil lacrymal.

1° Paupières. — Les procédés de technique pour étudier ces organes sont les mêmes que ceux précédemment décrits. Après avoir fait durcir les pièces, on pratiquera des coupes perpendiculaires à la surface,

qu’on traitera par la glycérine, après les avoir colorées par le picro-carminate.

On remarquera les couches suivantes:

1° La peau, assez mince et contenant dans son épaisseur des glandes sébacées et des follicules pileux, ainsi que des glandes sudoripares. La solution d’hématoxyline donnera dans ce cas de belles colorations.

On devra étudier par le même procédé les cils et les glandes qui y sont annexées.

2° Le tissu sous-cutané à fibres assez lâches et dépourvu de graisse.

3° Des fibres musculaires striées dépendant de l’orbiculaire.

4° Une couche fibreuse et cartilagineuse, formée par les cartilages tarses et les ligaments larges. Les cellules de cartilage seront avantageusement étudiées après les avoir colorées par la solution de purpurine. Quant aux ligaments, ils sont constitués par du tissu conjonctif à fibres entrecroisées et assez riches en fibres élastiques.

5° Une couche glandulaire formée par des glandes en grappe, dites de Meibomius.

Elles ont une forme allongée et sont appliquées sur la face profonde des cartilages tarses.

Pour bien les observer, il sera nécessaire de les disséquer sous le microscope simple.

On constatera que le canal vient s’ouvrir sur la lèvre postérieure du bord libre des paupières.

On devra faire des coupes perpendiculaires à la direction du conduit, pour voir la structure, composée de fibres conjonctives et d’éléments élastiques, assez rares d’ailleurs.

Enfin, notons également la présence dans cette couche de quelques fibres lisses.

DES ORGANES DES SENS

Sur des pièces injectées, on vérifiera la disposition des vaisseaux, formant autour des glandes des réseaux fort élégants.

2° Conjonctive. — Nous distinguerons trois régions : a, la région bulbaire; b, la région palpébrale; c, la région lacrymale.

La première tapisse le globe de l’œil : sur la sclérotique, elle est faiblement adhérente l’organe, dont elle est séparée par un tissu conjonctif lâche.

Elle présente à sa surface un épithélium pavimenteux stratifié, à cellules profondes allongées, presque cylindriques.

Au voisinage de la cornée, le tissu conjonctif disparaît, et l’on ne trouve plus qu’un épithélium à cellules aplaties à la surface et plus ou moins polyédriques, à mesure qu’on descend dans la profondeur.

La deuxième ou conjonctive palpébrale tapisse la face postérieure des paupières.

Elle est très adhérente et présente un épithélium pavimenteux stratifié.

11 sera utile de recourir, pour observer la forme des cellules, à la nitration par une solution argentique au 300e. Les pièces devront être prises sur des sujets aussi frais que possible.

Enfin la troisième partie (caroncule lacrymale) présente la même structure, avec cette différence que la membrane est soulevée par un certain nombre de follicules pileux et de glandes sébacées.

Outre les éléments que nous venons de décrire, il faut encore mentionner un certain nombre de glandes en grappe, occupant la partie interne de la conjonctive, au-dessous de laquelle elles sont placées.

Leur rôle semble consister à sécréter un liquide muqueux.

Les vaisseaux devront être étudiés sur des pièces injectées. Ils forment des mailles assez lâches et forment des anses, dans les régions où l’on observe de petites papilles.

Quant aux nerfs, ils se terminent par des rendements spéciaux, appelés corpuscules de Krause.

On devra, pour voir leur trajet, employer les solutions de chlorure d'or ou d’acide osmique au centième.

3° Appareil lacrymal. — Il comprend : la glande, les conduits lacrymaux, le sac lacrymal et le canal nasal.

La glande lacrymale appartient aux glandes en grappe. On la fera durcir dans l’alcool absolu et on pratiquera des coupes en divers sens. Elles seront colorées par le picro-carminate ou l’hématoxyline et montées, soit dans la glycérine, soit dans un milieu résineux.

On fera également des préparations de glandes injectées. La disposition des vaisseaux montre d’admirables réseaux autour des culs-de-sac.

On conservera ces dernières dans le baume de Canada.

Les conduits lacrymaux sont tapissés d’épithélium pavimenteux stratifié et leur paroi est formée d’un tissu

Fig. 174. — Corpuscules de Krause de la conjonctive de l’homme, d'après Kolliker. (Cadiat.)

PES ORGANES DES SENS

conjonctif assez dense et riche en fibres élastiques.

Quant au canal nasal et au sac lacrymal, on observe à leur surface un épithélium à cils vibratiles et quelques glandes muqueuses, surtout dans la partie inférieure du canal.

Pour voir les cils vibratiles, il sera nécessaire d’observer des pièces provenant d’animaux fraîchement sacrifiés, ces éléments disparaissant rapidement après la mort.

2° Appareil de l’audition (1).

L’étude de l’appareil de l’audition présente d’assez grandes difficultés.

Il est indispensable de se servir de pièces absolument fraîches, les éléments étant tellement délicats qu’ils s’altèrent presque immédiatement après la mort.

Les pièces seront étudiées dans les liquides inoffensifs (sérum iodé, humeur vitrée, solution très faible d’acide chromique).

On devra, dans plusieurs cas, recourir à des dissections Anes.

Du reste, avec chaque partie de l’oreille nous décrirons les procédés que l’on doit employer pour en étudier tous les détails.

L’oreille se divise en trois parties.

1° Oreille externe; 2° oreille moyenne, 3° oreille interne.

1° Oreille externe. — Elle présente le pavillon et le conduit auditif externe.

(1) Cet article est l'œuvre de notre excellent ami et ancien élève, le Dr Baratoux. — Nul mieux que lui n’était à môme d’exposer la technique de l’appareil auditif, après les nombreux et intéressants travaux faits par lui sur ce sujet et que l’on trouvera consignés dans sa thèse de doctorat.

TECHNIQUE MICnOSCOl’JQUE.

La technique de ces parties rentre dans la technique générale, c’est-à-dire qu’on les préparera comme les tissus correspondants dans l’économie.

a. Pavillon. — On pratiquera des coupes perpendiculaires intéressant toute l’épaisseur de l’organe. On les traitera par le picro-carminale et on les éclaircira par la glycérine.

On observe successivement:

1° Lapeau, qui présente la même structure que dans lesautres régions du corps, avec cette différence qu’elle contient dans sa partie profonde de rares globules adipeux, isolés les uns des autres, si ce n’est dans le lobule où ils sont agglomérés de façon à y former de petites masses.

Les poils varient aussi de volume et de forme ; tantôt ils sont fins comme sur le lobule, tantôt ils sont gros et raides comme sur la face postérieure du tragus. Les glandes sébacées sont très développées dans la conque ; les glandes sudoripares sont isolées et enroulées en peloton dans la partie profonde de la peau.

2° Le cartilage. 11 appartient à la variété dite réticulée; la substance fondamentale est parcourue par des fibres élastiques minces, fines, onduleuses, enchevêtrées, formant un réseau très peu transparent et ne se colorant pas par le picro-carminate; elles circonscrivent des alvéoles dans lesquelles sont contenues les capsules. Celles-ci sont anguleuses et ne renferment qu’une cellule. — Le picro-carminate les colore parfaitement.

3° Des ligaments et des muscles.

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4° Des vaisseaux et des nerfs.

b. Conduit auditif . — La structure varie selon qu'on l’observe dans sa partie externe cartilagineuse ou dans sa partie interne osseuse.

Partie externe. On l’étudiera au moyen de coupes perpendiculaires à la surface. Elle est formée par une charpente fibro-cartilagineuse,des ligaments et la peau. Le fibro-cartilage est enveloppé par du périchondre qui se continue, d’une part, avec celui du pavillon, et, d’autre part, avec le périoste de la portion osseuse.

La peau offre un derme épais formé de tissu conjonctif, de fibres élastiques et de quelques lobules cellulo-adipeux ; elle est abondamment pourvue de glandes cérumineuses ressemblant aux glandes sudoripares de glandes et de follicules pileux.

Les glandes cérumineuses sécrètent une matière jaunâtre, fluide, formée de globules graisseux mélangés à une matière colorante jaune rougeâtre et à des cellules renfermant des granulations de la même substance colorante.

Les coupes devront être assez épaisses pour permettre d’observer la manière dont les glandes cérumineuses sont enroulées. Les préparations seront éclaircies par l’essence de girofle et montées au baume.

Partie interne. Dans cette portion, la peau est moins épaisse, son derme adhère au périoste sous-jacent; il est riche en fibres élastiques. Sa surface porte des papilles disposées en séries longitudinales. 11 n’y a plus ni lobules adipeux, ni glandes sébacées, ni follicules pileux ni glandes sudoripares, excepté toutefois à la portion supérieure du canal.

L’épiderme a la même structure que dans la peau.

4î>4 TECHNIQUE MICROSCOPIQUE.

Los deux portions osseuse et cartilagineuse sont réunies par le périchondre et par du tissu fibreux.

2° Oreille moyenne. — On étudiera successivement : a, la membrane du tympan ; b , la chaîne des osselets; c, les muscles; d, la trompe d’Eustache et e, la muqueuse de la caisse.

a. Membrane du tympan. — Pour bien étudier les diverses couches de cette membrane, il est bon de la faire macérer pendant deux ou trois jours dans de l’alcool au tiers.

Elle est formée de trois couches : l’une externe, l’autre moyenne et la dernière interne.

La couche externe n’est autre que la continuation de la peau du conduit, mais elle offre ici une structure spéciale. Elle n’a plus ni glandes, ni poils, ni papilles. Elle est formée par un chorion fibreux, mince, revêtu d’une couche épidermique.

La couche moyenne est constituée par des fibres radiées etdesfibres circulaires,celles-ci étant situéessous la muqueuse. Les fibres radiées naissent de l’anneau tympanique et convergent vers le manche du marteau. La couche des fibres circulaires, très épaisse à la périphérie. s’amincit vers le centre.

La couche interne est formée par la muqueuse de la caisse, consistant en une couche d’épithélium pavimenteux reposant sur un chorion fibreux entremêlé de quelques fibrilles envoyant des prolongements dans la couche circulaire et même dans la couche radiée ; il en résulte une sorte de système lacunaire dont les cavités communiquent les unes avec les autres pourle cours de la lymphe.

Les vaisseaux sont disposés sur deux plans: l’un

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dans la couche externe, l’autre dans la couche interne. Les capillaires forment un réseau très serré et très apparent que l’on peut étudier facilement dans une oreille injectée au carmin.

b. Osselets. —Ils n’offrent rien de particulier. Ils sont formés de tissu osseux spongieux avec une lame de tissu compacte à la surface.

Ils sont maintenus par des ligaments de tissu fibreux et couverts dans les parties articulées d’une couche de tissu cartilagineux hyalin.

c. Muscles. — Ils sont composés de fibres striées assez fines.

d. Trompe d'Eustache. — La partie interne est osseuse, la partie externe qui s’ouvre dans le pharynx estfibrocartilagineuse. Ces deux portions sont réunies par du cartilage fibreux.

1° Portion fibro-cartilagineuse. Le cartilage, souvent formé par une seule pièce cartilagineuse présentant de profondes incisures, souvent aussi formé de plusieurs pièces accessoires reliées entre elles par du tissu conjonctif, présente la structure du cartilage réticulé. Dans la partie incurvée du cartilage, les cellules cartilagineuses sont très petites, serrées les unes contre les autres, elles n’ont qu’un seul noyau; dans la partie moyenne, les cellules sont réunies par petits îlots entourés de fibres élastiques; dans la partie inférieure, les cellules sont volumineuses, réunies en nombre de 8 à 15 ; de chacun de ces amas partent des lignes de cellules se rendant à d’autres îlots constitués d’une façon analogue.

Beaucoup de ces cellules ont deux noyaux; cepen-

dant au niveau du périchondre elles n’en ont qu’un seul, mais leur volume est aussi moindre.

Le périchondre a une épaisseur assez considérable, surtout à la partie inférieure du cartilage, où il donne attache à un grand nombre de fibres tendineuses provenant des muscles destinés à la trompe.

La paroi fibreuse, qui avec le cartilage forme le canal fibro-cartilagineux, est composée de fibres conjonctives serrées dans la partie qui s’attache au crochet du cartilage et lâches dans la partie inférieure. Elles sont entremêlées de nombreuses cellules adipeuses.

2° Portion osseuse. La muqueuse repose directement sur le périoste.

e. Muqueuse de la caisse. — La muqueuse de la caisse est très mince. Elle appartient à la variété appelée fibro-muqueuse, c’est-â-dire que son derme n’est autre que la couche périostique. L’épithélium est pavimenteux sur la face interne de la membrane du tympan et sur les osselets; dans le reste de la caisse, il est cylindrique à cils vibratiles, excepté cependant sur le promontoire et la voûte où il est pavimenteuxvibratile.

Au voisinage de l’ouverture de la trompe, sur la paroi inférieure de la caisse, il existe des glandes muqueuses.

La muqueuse de la trompe d’Eustache est épaisse au niveau de l’orifice pharyngien; elle va en s’amincissant jusqu’à son ouverture dans la caisse, où elle offre son minimum d’épaisseur.

Dans la partie fibro-cartilagineuse, elle présente de gros plis longitudinaux, tandis que dans la portion osseuse, les replis n’existent que sur le plancher du conduit, et encore sont-ils très fins et peu saillants.

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La couche épithéliale appartient à la variété de l’épithélium prismatique à cils vibratiles. La couche sous-épithéliale est formée de tissu conjonctif qui est plus épais dans les replis de la muqueuse.

A la surface de la muqueuse viennent s’ouvrir les glandes en grappe. Elles sont rares et isolées dans la portion osseuse, nombreuses et continues dans la portion cartilagineuse, où elles existent seulement à la partie inférieure du conduit. Cependant on en trouve une, à l’endroit où le cartilage se courbe en crosse pour venir former le crochet. Les culs-de-sac des glandes sont tapissés par une couche de grosses cellules sphériques; le conduit excréteur est formé d’épithélium cylindrique.

Chez l’enfant, on trouve encore un certain nombre de follicules clos, surtout vers la partie moyenne de la trompe cartilagineuse.

3° Oreille interne. — Elle s’altère rapidement après la mort; aussi faut-il étudier le limaçon de l’homme pendant la saison d’hiver.

Parmi les animaux, il est préférable de faire choix du chat et du cochon d’Inde. — Il est bon d’en faire l’étude sur des embryons et sur des adultes.

Quand il s’agit d’embryon, on peut en faire une section suivant l’axe du limaçon et le plonger ensuite dans une solution de gomme arabique, puis dans de l’alcool. On en fera alors des coupes que l’on traitera par les procédés ordinaires.

On peut encore enfermer l’embryon dans le collodion après l’avoir préalablement traité par les méthodes suivantes :

La pièce est plongée pendant quelques minutes dans l’éther, puis dans du collodion non riciné, où on la laisse Latteux, 2e édition.

pendant vingt- quatre heures; on la met ensuite dans l’alcool. La pièce est alors englobée dans le collodion qui se sold ifie. On en fait des coupes qu’on reçoit dans l’eau et que l’on conserve dans la glycérine.

Si l’on a affaire à un adulte, il faut décalcifier la pièce, la plus grande partie de l’os ayant élé préalablement enlevée avec une gouge.

On peut la décalcifier en la plongeant dans une solution d’acide chromique au f, ou dans de l’acide chlorhydrique au jq, ou dans de l’acide picrique concentré, ou mieux encore dans une solution d’acide formique au f, à laquelle on a soin d’ajouter tous les jours quelques gouttes d’acide pour en empêcher la neutralisation par les sels calcaires. 11 est nécessaire de regarder la pièce toutes les 24 heures, car avec l’acide formique un limaçon de cobaye peut être ramolli en un jour.

Mais avant de décalcifier l’os, il faut d’abord fixer les éléments; c’est ce que l’on obtient facilement par le procédé suivant.

Après avoir ouvert le limaçon à la hase et au sommet, on l’expose pendant dix minutes environ aux vapeurs d’acide osmique au j^; puison le laisse pendant quelques heu res dans l’alcool, puis dans le picro-carminate. On fixe les éléments en les mettant dans une solution d’acide osmique au Onlave la pièce dans l’eau, puis onia durcit dans l’alcoolabsolu. C’est alors qu’on le décalcifie.

D’autres fois, surtout quand l’on veut étudier la membrane basilaire, il est préférable de mettre immédiatement le limaçon membraneux à découvert et de lui faire subir la préparation précédente; puis, quand elle a été durcie dans l’alcool absolu, on la sépare de ses attaches osseuses. On la coupe en se servant, soit

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de la méthode du collodion, soit en la plongeant dans un mélange de cire et d’huile. Les coupes sont reçues dans l’alcool, lavées dans l’eau et montées dans la glycérine.

Quand on veut voir les cellules ciliées, il faut dissocier les parties membraneuses après leur avoir fait subir l’action des vapeurs d’acide osmique pendant 24 heures et les avoir laissées pendant un ou deux jours dans l’alcool au et les avoir lavées dans l’eau. On les dissocie sur une lame de verre, dans de l’acide chromique auîôïïïïo ou dans du sérum iodé, ou encore dans une solution légère d’acide oxalique. On les colore ensuite par lepicro-carminate ou l’hématoxyline ou la purpurine.

L’épithélium des rampes est très visible quand on l’a traité parle nitrate d’argent.

Pour étudier le ganglion spiral, on ouvre le limaçon et on l’expose à l’action de l’acide osmique en solution au En le dissociant après l’avoir laissé 48 heures dans l’alcool au §, on y voit de belles cellules bipolaires.

Les nerfs se voient facilement quand on a fait subir la préparation suivante au limaçon que l’on a ouvert suivant son axe.

On le plonge pendant cinq minutes dans du jus de citron, puis dans de l’eau distillée pendant quelques minutes ; on le laisse ensuite une demi-heure dans une solution de chlorure d’or au on le lave de nouveau, enfin on le metquelques instantsdans une solutioncontenant une goutte acétique pour 30 grammes d’eau. Après cette série de manipulations, ou peut leur faire subir l’action des vapeurs osmiques. Le chlorure d’or colore en rouge violet les fibres nerveuses pâles et les rend plus apparentes.

1° Fenêtres ovale et ronde. — L’oreille moyenne communique avec l’oreille interne par les fenêtres ovale et ronde. La première s’ouvre dans le vestibule ; elle reçoit la base de l’étrier; elle est bordée d’une petite couche de tissu conjonctif'. La seconde qui vient fermer la rampe tympanique du limaçon à sa base, est séparée de l’oreille moyenne par une membrane de nature fibreuse; sa face interne est tapissée d’une couche d’épithélium pavimenteux.

2° Vestibule et canaux semi-circulaires. — Le vestibule et les canaux demi-circulaires sont composés de quatre couches qui sont de dehors en dedans : a, une couche de tissu conjonctif ; b , une membrane propre d’apparence fibreuse; c, une série de végétations papillaires qui cependant n’existent pas au niveau des ampoules; d , enfin une couche d’épithélium pavimenleux au niveau des taches et des crêtes. Les cellules sont les unes cylindriques, les autres fusiformes; celles-ci ont deux prolongements, l’un reposant sur la membrane et l’autre se terminant entre les cellules à cils vibratiles qui sont placées sur la partie renflée de la cellule fusiforme.

De petits cristaux de carbonate de chaux appelés otolithes nagent dans l’endolymplie ; mais au niveau des taches acoustiques, ils sont maintenus par une substance gélatineuse.

3° Limaçon. — Le limaçon est un conduit enroulé en spirale autour d’un axe appelé noyau du limaçon, qui loge le nerf cochléaire. 11 est divisé en deux rampes (rampe vestihuleuse et tympanique) par une membrane spirale, partie osseuse, partie membraneuse.

La lame spirale osseuse qui contient à sa base le

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ganglion spiral est formée de deux lamelles de substance osseuse compacte, réunies par une substance spongieuse, entre lesquelles passent les vaisseaux et les nerfs.

Les rampes vestibulaire et tympanicjue sont tapissées d’une couche de simple endothélium. La partie membraneuse de la lame spirale renferme le canal de Corli et divers éléments appelés membrane et organe de Corti .

A. Le canal de Corti est séparé de la rampe vestibulaire par la membrane de Reissner, et de la rampe tympanique par la membrane basilaire.

La membrane de Reissner est formée d’une couche mince de tissu conjonctif, recouvert d’un endothélium semblable à celui qui tapisse le reste de la rampe.

B. La membrane basilaire se divise en trois parties, qui sont de dedans en dehors : la zone perforée, la zone lisse et la zone striée ou pectinée. La première naît de la lame spirale osseuse; elle présente une série d’orifices disposés sur un rang pour laisser passer les fibres nerveuses, qui pénètrent de bas en haut pour aller dans le canal de Corti. La zone lisse supporte les arcades de Corti; à sa partie inférieure est le vaisseau spiral. La zône striée présente une série de stries radiales, droites, fines et très serrées. Elle est formée de 3 couches: une inférieure hyaline, une moyenne de nature fibreuse, et une supérieure épithéliale à cellules polyédriques.

C. La membrane de Corti naît sur la lame spirale osseuse et se termine au niveau des cellules ciliées de la dernière rangée. Elle recouvre l’organe de Corti. Elle est formée de fibres perpendiculaires à l’axe

du limaçon reposant sur une couche amorphe.

D. L 'organe de Corti se compose : 1° des arcades de Corti constituéespar unesérie de piliers ; 2° d’une membrane réticulée ; 3° de plusieurs cellules que l’on désigne sous le nom de cellules basilaires, cellules de sommet, cellules ciliées, cellules de Deiters et de Claudius.

E. Piliers. — Il y a deux piliers : l’un interne et l’autre externe. Ils sont réunis par leur tête. Leur corps est prismatique, leur hase conique, mais leur tête est différente. Celle du pilier interne présente deux prolongements, un interne court, l’autre externe, en forme de lame mince, sur laquelle s’appuie la tête du pilier externe. Celle-ci est globuleuse et son prolongement unique, aplati, dépasse le prolongement du pilier interne. Au niveau de leur articulation, on trouve un amas de protoplasma avec deux cellules (cellules du sommet). A leur base est aussi un autre amas de protoplasma avec deux cellules (cellules basilaires).

F. Laine réticulée. — Elle fait suite aux prolongements céphaliques des piliers de Corti et se termine au niveau de la dernière cellule ciliée externe. Cette lame est composée de pièces allongées en forme de phalanges et de pièces arrondies appelées ronds. A chaque prolongement de la tête des piliers fait suite une phalange, à celle-ci succède un rond, et à celuici une nouvelle phalange, de manière que chaque rond corresponde à une cellule ciliée. Chaque rond est entouré de phalanges. Le prolongement interne du pilier interne porte aussi un anneau qui vient au-dessus de la cellule ciliée interne.

DES ORGANES DES SENS

G. Cellules ciliées. — Les cellules ciliées se divisent en cellules ciliées externes et en cellules ciliées internes. Celles-ci ne forment qu’une seule rangée couchée obliquement sur le pilier interne, tandis que les autres sont sur trois rangs correspondant aux séries d’anneaux de la membrane réticulée.

A chaque cellule ciliée s’en adjoint une autre, appe lée cellule de Deiters. La cellule ciliée est cylindrique, terminée en cul-de-sac. A sa partie inférieure est un noyau entouré de protoplasma granuleux ; sa surface porte des cils vibratiles. Les cellules de Deiters sont fusiformes à leurs prolongements, le basal reposant sur la membrane basilaire, le supérieur allant à la membrane réticulée. Cette dernière cellule offre à sa partie renlléeunedépressionquilogela cellule ciliée.

H. Cellules de Claudius. — Elles partent des cellules ciliées pour venir tapisser la face supérieure de la membrane basilaire et se continuer avec les cellules du reste du canal de Gorti. Elles sont cylindriques en dedans, et cubiques en dehors.

I. Nerfs. — Les nerfs à leur entrée dans le ganglion spiral présentent les caractères des fibres à double contour, mais là elles prennent l’aspect de fibres pâles pour s’unir à une cellule bipolaire du ganglion. A leur sortie de ce ganglion, les nerfs, qui ont perdu leur myéline, y traversent la membrane basilaire de bas en haut et viennent donner un filet à la cellule ciliée interne, les autres filets s’engagent dans le tunnel formé par les arcades de Corti, pénètrent entre les cellules de Deiters et abandonnent un rameau nerveux à chaque cellule ciliée dans laquelle il entre par la partie inférieure.

TECHNIQUE MICIIOSCOPIQUE.

3° Appareil de l’olfaction.

11 a son siège dans les fosses nasales.

Le nez sera étudié au moyen de coupes verticales intéressant toute l’épaisseur de l’organe.

La peau, recouverte d’une couche épithéliale assez mince, présente quelques glandes sudoripares isolées et une grande quantité de glandes sébacées.

L’entrée des fosses nasales est garnie de poils, et l’épithélium pavimenteux de la surface s’étend assez loin dans l'intérieur, pour faire place enfin à de l’épithélium vibratile.

La muqueuse interne ou membrane de Schneider présente une structure différente selon le point où on l’examine. Elle renferme des glandes muqueuses et présente un réseau vasculaire très développé.

On devra l’étudier dans sa partie inférieure et dans sa partie supérieure où viennent s’épanouir les terminaisons du nerf olfactif.

C’est dans cette dernière région que l’on observera les glandes de Bowmann. Ce sont des culs-de-sac allongés, remplis de granulations pigmentaires.

L’épithélium dans la partie supérieure des fosses nasales n’est plus vibratile. Il est formé de cellules cylindriques disposées sur une seule couche.

Quant aux éléments nerveux, on se servira pour étudier leur disposition des solutions de chlorure d’or ou d’acide osmique au centième.

On devra faire les recherches sur les animaux dont le sens de l’olfaction est le plus développé.

Nous conseillons de lire l’excellent article de M. le professeur Ranvier dans son Traité d'histologie , p. 928.

des ORGANES des sens.

4° Appareils du toucher et de la gustation.

Nous renvoyons pour leur étude à ce que nous avons dit plus haut à l’occasion de la peau et de la langue.

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