QUATRIÈME CLASSE
11 n'est pas inutile de rappeler brièvement les phénomènes de la nutrition avant d'aborder l'étude des agents qui peuvent la modifier.
Le liquide sanguin renferme tout ce qui est nécessaire à la nutrition des tissus : les aliments et l'oxygène destinés à la combustion. Les substances qui modifient la composition du sang agissent donc sur la nutrition.
Les matériaux de la nutrition doivent sortir des vaisseaux pour aller baigner les éléments anatomiques. Ce phénomène constitue la transsudation pour les liquides, l'exhalaison pour les gaz. 11 est sous la dépendance de ]a pression vasculaire. Les modificateurs de la pression vasculaire modifieront aussi la nutrition.
L'élément anatomique absorbe et assimile ce qui lui convient, avec choix et discernement. Les conditions de cet acte nous sont inconnues, nous ne pouvons rien sur lui.
L'oxygène vient brûler les substances assimilées. C'est la combustion. Nous avons une grande puissance sur cet acte. En effet, on peut d'abord mesurer la quantité d'oxygène respiré; d'autre part, cet oxygène se fixe sur les globules rouges, en diminuant leur nombre par la saignée, vous enlevez de l'oxygène, en augmentant leur nombre par les ferrugineux, vous augmentez la quantité d'oxygène et par suite les combustions.
Une fois la combustion faite, l'élément anatomique
se débarrasse de ses déchets, il désassimile. De même que Tassimilation, la désassimilation échappe à nos agents thérapeutiques. Les produits de la combustion doivent être éliminés au dehors, sous peine de mort de l'organisme ; pour cela ils doivent d'abord rentrer dans le sang (résorption interstitielle), qui les transportera aux organes chargés de l'élimination. La résorption et l'éhraination sont aussi sous la dépendance de la pression vasculaire, mais on ne modifie pas par elles la nutrition.
Il y a donc des médicaments qui activent ou modèrent la nutrition. Mais comment le constater? C'est là un point important qui mérite d'être examiné. Nous avons deux moyens de connaître l'état de la nutrition : l'analyse des déchets de la combustion et le degré de la température.
Les produits de la combustion des principes immédiats sont gazeux ou solides.
Les produits gazeux sont l'acide carbonique et la vapeur d'eau. On les a analysés bien rarement dans un but thérapeutique. Les produits solides : urée, acide urique, créatine, leucine, lécithine, cholestérine, sont éliminés en majeure partie par les urines et peuvent être analysés. L'urée étant un produit d'oxydation des plus avancés des substances azotées, c'est sur elle que l'attention s'est le plus légitimement portée. Quand on veut étudier l'action d'un médicament sur la nutrition, on analyse l'urée.
Ce procédé serait assez exact si l'urée provenait toujours de l'oxydation des substances azotées, mais Claude Bernard a démontré que l'urée peut prendre naissance dans le sang par dédoublement des aliments azotés. Pour éviter l'erreur résultant de ce fait
il est nécessaire de faire des analyses nombreuses et poursuivies plusieurs jours de suite, l'alimentation restant à peu près la même.
Parmi les diverses sources de la température du corps, il faut compter la combustion comme la plus importante. On peut donc, en notant le degré de la température, apprécier l'activité de la nutrition.. Une remarque doit être faite à ce sujet, c'est qu'il est beaucoup plus facile de modifier la température d'un homme malade que celle d'un homme sain ; par conséquent l'action physiologique du médicament se montrera mieux chez le premier que chez le second.
Les modificateurs de la nutrition sont nombreux; les uns l'excitent, i^^ ordre; les autres la modèrent, 2^ ordre; un 3® ordre comprend les réparateurs; un 4^, les eupeptiques.
PREMIER ORDRE
Ils comprennent : Voxygène, le fer, les hypophos^ phites, les chlorures, le coca.