‹ Manuel de thérapeutiqueChapitre 108 sur 250 · I. CA.FÉINE (GSflioHz^Os · texte numérisé non relu

I. CA.FÉINE (GSflioHz^Os

Substance faiblement basique, amère, peu soluble dans l'eau et l'alcool froids, soluble dans l'eau et l'alcool bouillanls. Elle forme des sels avec les acides minéraux.

PHYSIOLOGIE

Absorption et élimination. — La caféine s'absorbe rapidement et s'élimine de même par ïurine et la bile. Elle ne paraît pas se décomposer dans l'organisme. En raison de la rapidité de son élimination ses effets sont fugaces.

E£fets généraux. — Les animaux à sang chaud, lapins, chats et chiens, chez lesquels on injecte dans le système veineux 0sr,l2 à 0^^,20 de caféine, présentent des spasmes et des convulsions tétaniques, comme dans l'empoisonnement par la strychnine. A cette période d'excitation succède la paralysie générale, dans laquelle les animaux succombent. Chez l'homme, des doses de Osi',30 à O^fjôG produisent les phénomènes suivants : pesanteur de tête, céphalalgie, excitation cérébrale, accélération puis ralentissement du pouls, dilatation des veines hémorrhoïdaires, oppression thoracique. Ces phénomènes disparaissent rapidement (Nothnagel et Rossbach).

Action sur le système nerveux. — Le cerveau est l'organe le plus excité, chez l'homme, par la ca-

CAFEINE. âo5

féine, tandis que chez les animaux c'est la moelle épiniére qui en reçoit le plus vivement les effets.

Lacaleine en circulation ne produit aucune altération des nerfs moteurs et sensitifs; mais appliquée localement sur ces conducteurs nerveux elle les paralyse (Eulenburg).

Trousseau considère le café comme le meilleur des antiaphrodisiaques.

Action sur les muscles. — Les fibres striées de la grenouille, en contact avec la caféine, se contractent sous le microscope. Cette contraction devient bientôt une véritable contracture. Elle est bien due à l'action directe delà caféine sur la fibre musculaire, car elle se produit même sur un muscle isolé des centres nerveux, soit par la section de ses nerfs, soit par le curare (Nothnagel et Rossbach).

Chez les animaux à sang chaud on a observé également cette rigidité (johannsen), et une fatigue plus rapide du muscle (Rossbach et Harteneck).

On ne connaît pas l'action sur les filtres lisses.

Action sur la circulation. — Le pouls est accéléré et affaibli par la caféine à dose faible, mais de fortes doses ralentissent les pulsations cardiaques. Aubert attribue cette accélération et ce ralentissement à l'excitation d'abord, puis à la paralysie des ganglions cardiaques.

La pression artérielle baisse dès le début (Johannsen, Aubert), probablement par paralysie du centre vaso-moteur et faiblesse des contractions du cœur. Chez les chiens on a observé la dilatation des veines mésentériques. Un expérimentateur, Aubert, vit apparaître sur lui deux tumeurs hémorrhoïdales, alors qu'il n'était nullement sujet à cette maladie. Cette

stase veineuse est due peut-être à la faiblesse des coiiLraclions cardiaques.

Action sur la respiration. '— La respiration est accélérée au début, puis elle se ralentit.

Action sur le tube digestif. — D'après Hannon et Peretti, la caféine excite les sécrétions salivaires et intestinales. Des doses élevées provoquent des vomissements. Leven a observé l'accélération des mouvements de l'intestin; mais Nasse n'a rien vu de semblable.

Action sur la nutrition. — Les seules expériences qu'on ail faites à ce sujet sont celles de Hoppe et d'Eustradiadès, élève de Rabuteau. 11 en résulte que la caféine diminue le chiffre de l'urée. Rabuteau ne parle pas de la température. Si l'on en croit Binz et Peretti la température s'élève au début de Vempoisonrœment et baisse à la fm.

Nous sommes donc en présence d'opinions contradictoires. Si la caféine modère la nutrition, c'est probablement par la diminution de la force des contractions cardiaques et l'abaissement de la pression vasculaire.

Action sur les sécrétions. — La caféine n'est pas diurétique. Seulement les expérimentateurs ont noté une fréquence plus grande des envies d'uriner. D'après Rabuteau, ce fait serait dû à la contraction des fibres lisses de la vessie.

Si chez l'homme sain la caféine n'est pas diurétique, il nei\ est pas de môme dans l'asystolie, et l'on peut à ce propos faire la même remarque pour la digitale.

Page 1