IV. lODOFORME
L'iodoforme, CHF, est un corps analogue au chloroforme par sa composition chimique, mais nullement par ses effets phj^siologiques. Il se présente sous forme d'une poudre jaune insoluble dans l'eau, soluble dans l'alcool, l'éther. Il contient les 9/ 10 de son poids d'iode.
Absorption et élimination. — L'iodoforme étant volatil s'absorbe facilement par la peau intacte. Sur les plaies cette absorption est très rapide. Kœning a publié neuf cas de mort par pansements à l'iodoforme sur de vastes plaies.
Dans V estomac l'iodoforme s'absorbe difficilement.
V élimination se fait par les urines sous forme d'iodate (Rummo) ou d'iodure (Maitre). Une faible partie passe en nature dans le poumon.
Action sur le système nerveux. — Sauvât a expérimenté l'iodoforme et reconnu que chez les grenouilles il produit une forte excitation des centres nerveux, puis des convulsions toniques et cloniques. L'anesthésie générale n'est jamais obtenue.
Les nerfs sensitifs sont atteints par l'iodoforme appliqué localement. Nous n'avons jamais constaté d'action anesthésique bien manifeste.
Action sur la circulation et la respiration. — Chez l'homme et chez les animaux, l'iodoforme ralentit les battements du cœur et augmente la pression artérielle. Le ralentissement du cœur est dû à l'excitation des pneumogastriques. (Sauvai).
La respiration, primitivement accélérée, se ralentit.
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La température s'abaisse (Sauvât).
Action antiseptique. — Miquel place l'iocloforme parmi les substances très fortement antiseptiques {Voyez le tableau des antiseptiques).
Phtisie. — L'iodoforme a été employé clans la phtisie par Semmola, Kussner et Frankel, Sormani, Ransomme, et les résultats sont assez contradictoires. Cependant E. Marchand s'est assuré que les applications d'iodoforme empêchent la formation des cellules géantes, noyau des tubercules.
Diabète. — Moleschott, Bozzolo, Popofî, l'ont donné avec succès dans le diabète.
Helminthiase. — Nikolsky a essayé vainement l'iodoforme comme anthelminthique.
Syphilis. — En raison de sa grande teneur en iode, Marzano le considère comme le meilleur des iodiques dans cette maladie.
Usage externe. — li'iodoforme a été employé dans les chancres mous, les ulcérations phagédéniques, soit comme anesthésique local, soit comme cicatrisant. Ne pas oublier les cas de mort survenus par les pansements à l'iodoforme de vastes plaies.
Préparations. — Doses.
Pour l'usage interne 0^%50 à P'',50 en solution dans l'alcool ou la glycérine.
Pour l'usage externe^ on peut employer riodoforme en nature.