MERCURE
cure les fait disparaître beaucoup plus vite; quant à la gravité des accidents tertiaires, rien ne prouve que leur degré doive être mis plutôt sur le compte du mercure que sur celui de la maladie elle-même.
Doit-on donner le mercure contre le chancre induré? Si le chancre est petit, peu profond, récent, il n'y a pas lieu d'instituer le traitement mercuriel, car la lésion disparaîtra facilement d'elle-même. Si, au contraire, le chancre date de plusieurs semaines, est large, serpigineux ou phagédénique, le mercure est le seul moyen de le guérir rapidement.
Le mercure n'empêche pas l'éclosion des accidents secondaires ; roséole, plaques muqueuses, syphilides, mais il les retarde. Quand il est donné après leur apparition, il en hâte la guérison.
On croyait autrefois que la salivation mercurielle était nécessaire au traitement antisyphilitique et on ïa recherchait par de fortes doses du médicament. Il est reconnu aujourd'hui qu elle est inutile et même nuisible. Il faut donc l'éviter.
La durée du traitement de la syphilis par le mercure ou l'iodure de potassium est indéfinie. Les exemples ne sont pas rares d'accidents tertiaires survenant dix, quinze ans après le chancre. Nous croyons donc que pendant de longues années on doit se traiter durant plusieurs mois chaque année.
Phlegmasies diverses. — Le mercure a été employé dans de nombreuses phlegmasies : méningite, péritonite, hydrocéphale aiguë, fièvre puerpérale, rhumatisme articulaire aigu, phlegmons diffus, orchite, fièvre typhoïde. Les altérations que le mercure fait subir au sang montrent qu'en elfet il est antiphlogistique. Mais il ne donne pas de résultats plus favora-
2 74 MODERATEURS DE LA NUÏKlTlUxN.
bles que beaucoup d'autres médicaments. Il réussit bien dans ViiHtis, mais seulement dans l'iriLis syphilitique.
Dans toutes ces phlegmasies on emploie généralement le mercure sous forme de pommade mercurieile.
Occlusion intestinale. — Autrefois on employait beaucoup le mercure liquide et à haute dose pour faire cesser, par son poids (100 à 300 gr. de mercure)^ une occlusion intestinale : iléus, volvulus, obstruction. Ce moyen est peu appliqué de nos jours, si toutefois on en use.
Usage externe. — Le mercure est un parasiLicide et on s'en sert efficacement contre les pedieulis pubis et capitis, les affections parasitaires du système pileux, les oxyures du rectum, etc.
Préparations. — DosESi
Le mercure métallique s'emploie sous les formes suivantes.
Pommade mercurieile double (Onguent napolitain).
Mercure / ^ ^.- ■ ^
. i aa parties égales.
Axonge )
Employée en frictions dans le but de faire absorber le
mercure : 10—20 gr.
Po'timade mercurieile simple.
Pommade double ..;..... .- ;.;.-.. 1
Axonge ....;; 3
Comme parasiticide.
La pommade double entre dans la confection des pilules
de Sédûlot. Chaque pilule renferme 0^'',04 de mercure ;
l —3 pil. par jour.
Eau mercurieile : Mercure 1
Eau 2
Pour usage externe.
Le mercure entre aussi dans Vemplâtre de Vigo (cum
mercurio).
BICDLORUHE DE MERCURE. 27 5