MERCURE
Le mercure n'exerce pas d'action sensible sur la circulation el la ^respiration.
Action sur la nutrition. — On considère le mercure comme un modérateur de la nutrition, mais cette opinion n'est pas appuyée sur l'expérimentation, car on n'a dosé ni l'urée ni l'acide carbonique. Yunderlich dit avoir obtenu un abaissement de la température dans la fièvre typhoïde.
Il est certain toutefois que sous l'influence du mercure les malades engraissent, comme avec Yarsenic.
Quelques auteurs admettent une fièvre mercnrielle ; cette fièvre est due aux accidents que produit le mercure; inflammation de l'intestin, stomatite, éruptions cutanées.
Action sur le système nerveux. — Il ne se produit des troubles du système nerveux que dans les intoxications aiguës ou chroniques. On observe de l'insomnie, des vertiges, des hallucinations, des tremblements qui par leur violence peuvent quelquefois devenir de véritables convulsions, des névralgies, de l'anesthésie, de l'analgésie, de la faiblesse et de la paralysie musculaire. Dans ces paralysies l'excitabilité électrique a été trouvée parfaitement conservée.
Ces paralysies trouvent leur raison d'être dans ce fait que PopofT a constaté une myélite, dans plusieurs cas d'empoisonnement.
Élimination et action sur les sécrétions. — Le mercure s'éhmine par Vurine, la sueur, la bile, le lait, on ne sait pas au juste sous quelle forme : mercure métaUique ou albuminate.
Grâce à sa volatilité il ne séjourne pas très longtemps dans l'organisme, quelques jours ou quelques semaines au plus.
Le mercure n'est pas diurétique, mais il rend souvent les urines albumineuses. Ces albuminerie estelle due à une altération de l'albumine du sang ou à l'irritation du rein? On l'ignore.
En passant par les glandes salivaires, il produit, par irritation, la salivation mercurielle, caractérisée par l'abondance de la sécrétion et sa mauvaise odeur. Cette irritation peut être intense et produire la stomatite 'mercurielle, accompagnée de gonflement des gencives et des joues, du liséré gingival, voire même d'ulcérations à fond lardacé, jaunâtre, qui superficielles d'abord peuvent s'étendre en profondeur, dénuder les os et les nécroser. On combat efficacement ces accidents par la suppression du médicament et par le chlorate de potasse en gargarisme et à l'intérieur.
Le mercure ne paraît pas augmenter la sueur, -mais s'éliminant avec elle il produit des éruptions érythémateuses, vésiculeuses ou pustuleuses.
On a observé aussi la glycosurie due au mercure. Peut-être elle est due au passage du mercure dans le foie, car on sait qu'il s'élimine aussi par la bile.
Syphilis. — De même que l'iodure de potassium est le médicament de la syphilis tertiaire, le mercure est celui des accidents primaires et secondaires. Quelques médecins, dits anti-mer cur ialistes , non seulement n'admettent pas l'efficacité du mercure, mais encore lui attribuent la gravité des accidents tertiaires.
Sans nous engager dans la querelle, nous nous contenterons de dire ceci : les manifestations de la syphilis peuvent guérir sans traitement, mais le mer-