PURGATIFS. — PHYSIOLOGIE
ritation se transmet par les nerfs sensilifs aux ganglions nerveux thoraciques inférieurs et intraabdominaux, puis elle se réfléchit par les nerfs vaso-moteurs. 11 en résulte une congestion delà muqueuse intestinale,' une augmentation de pression vasculaire et par suite l'exsudation du sérum du sang (Vulpian).
En définitive quelle opinion faut-il avoir sur le mécanisme du liquide exsudé? Nous croyons que dans la plupart des cas, c'est l'augmentation de pression consécutive à l'irritation qui est la cause de l'exsudation, et qu'on peut faire intervenir, dans une certaine mesure, la force osmotique unie à l'irritation.
Le liquide de sécrétion fourni par les glandes intestinales relève en partie du môme mécanisme que celui qui produit l'exsudation : augmentation de pression vasculaire ; nous ne reviendrons donc pas sur ce sujet, mais il y a lieu de faire intervenir ici un nouvel élément, un nouveau facteur : les nerfs sécréteurs qui, d'après Vulpian, doivent vraisemblablement jouer un grand rôle dans le phénomène de l'hypersécrétion. Le mécanisme de l'hypersécrétion est donc le suivant : l'irritation, partie de la muqueuse, transmise aux ganglions, ne se réfléchit pas seulement par les nerfs vaso-moteurs (comme cela arrive pour l'exsudation), mais encore par les nerfs sécréteurs.
2° La fréquence d'expulsion des matières contenues dans l'intestin est la conséquence de l'accélération des mouvements intestinaux. Cette accélération est pour ainsi dire le corollaire obligé de toute action purgative, car même en adm-«ttant que certains purgatifs n'aient aucune influence directe sur
32 2 MODIFICATEURS DlîS SIXRETIONS INTESTINALES.
les mouvements intestinaux, la présence dans l'intestin d'une grande quantité de malières suffit à provoquer les contractions intestinales. On peut donc admettre que tous les purgatifs, soit directement, soit indirectement, excitent les mouvements de Tinlestin. Cette excitation est variable d'intensité suivant la nature, la dose du purgatif, mais on peut dire d'une façon générale qu'elle est en raison directe de la puissance purgative du médicament.
Radziejewski fait jouer un rôle considérable à l'accélération des mouvements intestinaux dans l'acte de la purgation. D'après lui, les purgatifs ne donnent lieu ni à une transsudalion, ni à une hypersécrétion intestinales; mais l'accélération qu'ils impriment aux mouvements péristaltiques de l'intestin a pour conséquence d'empêcher la résorption des sucs intestinaux normalement versés dans les parties supérieures de l'intestin.
Il est impossible d'admettre dans sa généralité celte théorie de l'action des purgatifs, car les expé- 7'iences de Colin et de Moreau prouvent qu'il y a augmentation de la quantité normale des liquides intestinaux. Cette opinion ne peut être appliquée qu'à certains cas particuliers, par exemple à la diarrhée produite par la peur (mais la peur n'est pas un purgatif) ou à celle qui est provoquée par diverses substances qui, telles que l'atropine, l'ésérine, la strychnine, accélèrent les mouvements intestinaux, substances qui ne sont pas rangées parmi les purgatifs.
L'accéléralion des mouvements intestinaux sous l'influence des purgatifs est encore un phénomène réflexe qui a son point de départ habituel dans les nerfs sensitifs de l'intestin, son centre de réflexion
PURGATIFS. — PUYSIOLOGIE. '6fà
dans les ganglions ou dans la moelle. Quant à la voie centrifuge, elle peut être double : ou bien ce sont les nerfs moteurs (pneumogastriques) qui sont excités, ou bien ce sont les nerfs d'arrêt (splanchniques) qui sont paralysés ; dans les deux cas, le résultat est le même, il se produit une accélération des mouvements péristaltiques.
En résumé, car il est temps de clore cette discussion, nous dirons que Vadioii purgative est le résultat d'un phénomène réflexe dont le point de départ est habituellement la muqueuse intestinale, dont le centre se trouve dans les ganglions ou la moelle, dont les voies centrifuges sont les nerfs vaso-moteurs, les nerfs sécréteurs et les nerfs musculaires ; pour certains purgatifs (salins) on peut faire intervenir la force osmotique.
Nous disons que le point de départ du réflexe est habituellement la muqueuse intestinale, mais il ne paraît pas toujours en être ainsi. L'huile de croton purge, alors qu'elle est encore dans l'estomac (Radziejewski), et son action purgative n'a pas lieu si l'on a préalablement sectionné les pneumogastriques au cou (Wood). Dans ce cas, le point de départ du réflexe est la muqueuse stomacale.
D'autre part, l'effet purgatif des injections hypodermiques s'explique peut-être par un phénomène semblable : réflexe ayant son origine dans les nerfs sensitifs de la peau, ou bien encore excitation directe des centres. Je sais bien que dans ces faits on attribue la purgation à l'élimination du médicament par la muqueuse intestinale, mais ce mécanisme ne peut être invoqué dans tous les cas; ainsi, j'ai peine à croire que l'injection sous-cutanée de dix centi-
grammes de sulfate de magnésie qui, au dire de Vulpian et de Luton, est suivie d'effet purgatif, agisse en s'éJirainant par l'intestin. Une aussi faible dose appliquée directement sur la muqueuse intestinale ne purgerait pas.
L'état actuel de la science ne nous permet pas de pousser plus loin celte investigation du mécanisme de l'action des purgatifs introduits sous la peau ou dans les veines.
Classification des purgatifs. — Le mécanisme de l'action des purgatifs étant le même pour tous, la classification ne peut être basée que sur l'intensité plus ou moins grande de cette action, et nous formons ainsi trois classes de purgatifs : purgatifs doux, moyens et forts.
h PURGATIFS DOUX
Les purgatifs doux correspondent aux purgatifs mécaniques, aux minoratifs, aux laxatifs des autres classifications.
Graines de moutarde blanche. — Semences du Sivapis alba, famille des Crucifères. Elles diffèrent des graines de moutarde noire en ce qu'elles renferment peu de myronate de potasse, substance qui, au contact de la myrosine et de l'eau, donne naissance à l'essence de moutarde. Elles renferment une autre substance, la sinapisine qui, au contact de la myrosine, développe le principe piquant de la moutarde servie sur nos tables.
Les graines se retrouvent en nature dans les selles, il est donc probable qu'elles n'agissent que comme corps étrangers. Il ne faut pas oublier qu'on en a vu quelquefois s'accumuler dans le tube digestif et produire une oclusion intestinale.