I. TANNIN
Le tannin, acide tannique ou digallique est une substance jaunâtre, soluble dans l'eau, l'alcool et l'éther. Il existe dans un grand nombre de végétaux et notamment dans la noix de galle. 11 précipite de leurs solutions l'albumine, la gélatine et les alcaloïdes. Les substances qui renferment de l'albumine ou de la gélatine, imprégnées de tannin, ne subissent pas la décomposition putride.
Le mode de l'action antifermentescible du tannin n'est pas bien connu.
PHYSIOLOGIE
Effets locaux. — Une solution de tannin appliquée sur la peau intacte ne produit pas de phénomène appréciable, en raison de l'épaisseur de la couche épiderraique, qui est difficile à traverser. Sur les muqueuses, la même solution détermine de la sécheresse, de l'astriction, un état de rudesse. Ces phénomènes s'expliquent par la coagulation du mucus et l'absorption de l'eau des tissus par le tannin, absorption démontrée par les recherches de Henning, de Mitscherlich, de Schroff.
Appliqué sur une plaie suppurante, le tannin coagule le liquide séro-purulent, dessèche les bourgeons charnus, prévient la décomposition putride du pus et favorise la cicatrisation.
En contact avec le sang, il produit sa coagulation immédiate et énergique. Le coagulum est moins
ferme que celui formé par le perchlorure de fer.
Quelle est l'action du tannin sur les vaisseaux sanguins? L'opinion générale est que cette substance les fait contracter, resserrer ; Rosenstirn et Rossbach ont observé le contraire. Une solution faible ou concentrée de tannin, loin de faire contracter les vaisseaux, disent ces auteurs, les fait dilater. Cette dilatation peut aller, sur le mésentère de la grenouille, jusqu'au double du diamètre primitif. Si ce fait est général pour tous les vaisseaux, le tannin ne serait pas un astringent, dans toute l'acception du terme.
Action sur le tube digestif. Absorption. — De faibles doses (0^^,50) ne produisent qu'une saveur acerbe, astringente et la sécheresse de la bouche. On peut observer des troubles digestifs par suite de la précipitation de la pepsine du suc gastrique. Le tannin administré en même temps que le sulfate de soude n'en empêche que d'une manière tout à fait insignifiante les effets purgatifs (Wagner et Bucheim). Il ne ralentit nullement les mouvements péristaltiques de l'intestin (Hennig).
De fortes doses (5 gr.) déterminent des douleurs gastriques, des vomissements et une constipation opiniâtre par diminution des sécrétions.
Une partie du tannin ingéré se combine avec les matières albumineuses du tube digestif, et ce composé insoluble passe dans les matières fécales. Le reste se transforme en acide gallique et s'élimine sous cette forme, par les urines. Cette transformation s'opère-t-elle dans l'organisme (Mitscherlich, Schroff, Rabuteau), ou dans le tube digestif (Nolhnagel et Rossbach)? La question est indécise. En admettant que le tannin pût pénétrer en nature dans