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II. Agent direct de la réaction. Eau froide

Des expressions diverses : eau froide, très froide, chaude, sont souvent employées dans le langage hydrothérapique ; il est donc nécessaire de savoir à quelle température de l'eau correspondent ces expressions. Voici comment Béni-Barde les désigne :

Eau de 8 à 12 degi'és... très froide

— 12 à 16 — .... froide.

— 16 à 20 — .... fraîche.

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Eau de 20 à 26 degrés. . . dégourdie.

— 26 à 30 — tempérée ou tiède.

— 30 à 40 — .... chaude.

Au-dessus de 40° très chaude.

La température de l'eau froide et son mode d'application jouent un grand rôle dans l'intensité de la réaction. Une eau très froide appliquée pendant peu de temps avec une forte percussion détermine une réaction vive. L'eau dégourdie ou fraîche appliquée longtemps et sans percussion ne produit qu'une réaction légère. Béni-Barde et Fleury pensent qu'on peut même empêcher la réaction.

Les procédés d'application de l'eau froide se divisent naturellement en procédés sans percussion, procédés avec percussion.

Procédés sans percussion. — L Immersion. — Le malade est mis dans une piscine dont l'eau, à une température variable, se renouvelle constamment. Le malade doit se remuer et s'agiter pour éviter les congestions internes et faciliter la réaction; s'il est impotent, on arrive au même résultat au moyen d'un appareil qui lance des flots et agite l'eau du bassin.

La réaction commence quand le patient est encore dans l'eau. La durée de Timmersion varie suivant le degré de réaction que l'on veut obtenir.

IL Maillot humide. — Le maillot humide se pratique de la manière suivante. On étend sur un matelas une couverture de laine, et sur cette couverture un drap mouillé plus ou moins tordu. Le malade est étendu, nu, sur le drap, dont on l'enveloppe soigneusemenl, puis on ramène en avant la couverture de laine, qu'on fait croiser sur la poitrine ; au-dessus de la couver-

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lure de laine on dispose d'autres couvertures, un édredon. Le malade éprouve d'abord un froid très vif, des frissons, du tremblement, mais la réaction survient bientôt. On peut atténuer la réaction par des lotions d'eau froide. Si l'application du maillot est prolongée, la sudation arrive.

Le demi-maillot est un maillot humide qu'on n'applique que sur le tronc, laissant les membres libres.

III. Frictions avec le drap mouillé. — Le malade étant entouré d'un drap mouillé, des aides le frictionnent sur tout le corps jusqu'à ce que le drap devienne chaud. On retire alors le drap mouillé et on le remplace par un drap sec avec lequel on fait de nouvelles frictions. Le procédé permet de graduer assez facilement la réaction.

Les lotions, les compresses, les ceintures humides, représentent des applications partielles du drap mouillé.

Procédés avec percussion. — I. Bouches. Quand on ht les descriptions des diverses formes de douches, quand on voit les images qui les représentent, on se figure aisément que chaque forme répond à une indication particuhère et que le choix de la douche doit présenter de grandes difficultés ; mais si l'on va au fond des choses, on ne tarde pas à se convaincre que la forme ne fait rien à l'affaire et que la question de pression ou percussion est tout, car nous savons que la réaction est d'autant plus vive que la percussion est plus forte.

La température de la salle de douche doit être de 16° à 18°. La durée de la douche ne doit pas dépasser 14 ou lo secondes au début du traitement.

Bouche en pluie. — Elle est formée par une pomme

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d'arrosoir, plane, placée à 3 mèlres en\iron audessus du sol.

Bouche en colonne. — On substitue à la pomme d'arrosoir un tube de laiton dont l'orifice a un diamètre variable. La tète et la poitrine du patient doivent être à Fabri de l'action directe de l'eau. Elle produit une réaction très vive.

Douche en lames concentriques. — On se sert d'une pomme d'arrosoir, dont les trous sont remplacés par deux fentes circulaires et concentriques d'un millimètre et demi d'ouverture. Elle est moins puissante que les deux autres.

Bouche en nappe. — On l'obtient en adaptant au tuyau d'alimentation une gouttière par laquelle le liquide s'écoule.

Bouche en cloche. — L'appareil est lemême que celui de la douche en lame, sauf que la pomme ne présente qu'une fente circulaire, sur le bord de la grande circonférence.

Bouche en cercle. — Elle consiste dansun système de tubes creux, ou cerceaux, placés les uns au-dessus des autres, et percés surla concavité de deux rangées de petits trous par lesquels l'eau est projetée. Le malade étant placé au centre de l'appareil elles robinets étant ouverts, une multitude de petits jets viennent frapper la peau. Surla tête du patient on ouvre une douche en arrosoir.

Cette douche produit une vive réaction.

Bouche mobile. — La douche mobile répond à la plupart des indications hydrothérapiques (Béni- Barde) .

Un tube de caouthouc est adapté au tuyau d'alimentation, et au bout du lutjc en caoutchouc on

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adapte un certain nombre d'ajutages qui représentent les diverses formes des douches fixes : en pluie, en colonne, en nappe, etc.

Le patient, après avoir reçu la douche sur la face postérieure du corps, se retourne et la reçoit sur la face antérieure.

II. Aff usions. — Elles consistent à verser sur le corps nu du malade de grandes quantités d'eau froide au moyen d'un récipient à large orifice, tel qu'un seau. C'est, en somme, une douche en nappe. On obtient plus ou moins de projection en variant la hauteur de la chute.

Hydrothérapie localisée. — Tout ce que nous avons dit jusqu'à présent se rapporte à l'hydrothérapie appliquée dans un but de réaction générale; dans certains cas on ne cherche qu'une réaction locale, la réaction d'un organe déterminé : le foie, la rate, l'utérus, etc.

L'application d'eau froide sur ces divers organes se fait avec ou sans 'percussion.

Les moyens qui agissent sans percussion sont les compresses, le drap mouillé, le bain de pieds, le bain de siège.

Les procédés avec percussion sont les douches locales. Les plus usuelles sont les douches hépatique, splénique, épigastrique, hypogastrique, vaginale, périnéale, hémorrhoîdalCy ascendante ou rectale, oculaire, auriculaire.

L'hydrothérapie localisée s'emploie particulièrement pour combattre les engorgements et inflammations chroniques des divers organes. Ici nous posons cette question : dans ces cas l'hydrothérapie localisée estelle préférable à l'hydrothérapie générale?

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Voyons d'abord ce que nous diL le raisonnement. L'hydrothérapie ne peut avoir d'influence sur les inflammations chroniques que de deux façons : en activant la circulation dans les organes, car toute inflammation s'accompagne de stase vasculaire : en stimulant les fonctions de nutrition et, par suite, en plaçant l'organisme dans de meilleures conditions pour résister et pour fournir le travail de la réparation.

Pour ce qui est de cette dernière action, il est bien évident que l'hydrothérapie générale est seule capable de la produire; quant à l'action locale exercée par l'intermédiaire de la circulation, il est non moins évident que l'organe sera d'autant plus décongestionné que le sang se portera en plus grande quantité à la périphérie, en d'autres termes, que la réaction sera plus générale.

Le raisonnement nous conduit donc à considérer l'hydrothérapie générale comme plus utile que l'hydrothérapie locale dans l'inflammation des organes. Les résultats cliniques sont de tous points conformes à la théorie.

Est-ce à dire que l'hydrothérapie locale doit être proscrite ? Non. Mais elle ne doit être employée que comme auxiliaire de l'hydrothérapie générale.

IIL Agents qui favorisent la réaction.

Quand le malade sort de l'application d'eau froide la réaction commence ou s'accentue si efle est déjà commencée. Le plus souvent elle se fait seule sans aucun moyen adjuvant. Mais quand on veut une reaction vive et quand l'organisme du malade est impuissant à la produire, on favorise la réaction par

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de Vexercice, ou par l'emploi cle la chaleur si le malade est impotent; le maillot sec est alors généralement employé.

Moyens accessoires de la méthode hydrothérapique. — I. De l'eau en boisson, — L'influence salutaire de l'eau, prise à l'intérieur, sur la nutrition est un complément de l'emploi extérieur de l'eau froide. L'excitation des glandes rénales et sudoripares, l'activité de la désassimilation, la stimulation des fonctions digestives, sont les effets ordinaires de l'eau froide en boisson. Pour la quantité de boisson à prendre on se règle sur la tolérance digestive du malade. Les boissons froides sont employées comme sudorifiques pendant que le patient est soumis aux pratiques qui préparent la réaction.

11. Alimentation, — L'hydrothérapie activant la nutrition, il faut naturellement une nourriture substantielle et abondante pour réparer les pertes de l'organisme; du reste le surcroît d'appétit qu'elle provoque est une invitation constante à manger.

IlL Exercice. — Indépendamment de l'exercice qui est recommandé pour préparer et favoriser la réaction, le malade doit, afm d'augmenter les effets physiologiques et thérapeutiques de l'hydrothérapie, se livrer chaque jour à un exercice, dans la mesure de ses forces.

Les principales indications de l'hydrothérapie sont de soustraire du calorique, de produire une révulsion, de calmer le système nerveux, de tonifier l'organisme.

La soustraction de calorique est recherchée dans diverses pyrexies, pneumonie, bronchite, scarlatine, rhu-

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matisme, articulaire, aigu, fièvre typhoïde, etc., et généralement chaque fois qae l'élévation de la température devient un danger.

Les moyens usités en pareil cas sont le hain et les affuùons.

La température et la durée des bains froids doivent être réglés suivant Fintensité de la fièvre, l'état général du malade, sa répulsion plus ou moins grande pour ce genre de traitement.

L'abaissement de la température centrale est, toutes choses égales d'ailleurs, en raison directe de la durée du bain (Aubert, de Lyon), et en raison inverse de la température de l'eau (Tliéry).

D'après Aubert, le maximum de l'abaissement de la température ne survient que 40 à 50 minutes après la sortie du bain. Quant à la durée de cet abaissement elle est très variable suivant les sujets.

Les aff usions, lotions, ont une action moins durable : il faut les renouveler souvent dans la journée.

La' médication réfrigérante est une de celles qui exigent le plus de tact de la part du médecin.

Révulsion cutanée. — L'afflux du sang à la périphérie a pour effet de décongestionner d'autant les organes centraux. Ce mécanisme est utilisé dans le traitement des congestions elijiflarmnations chroniques des viscères tels que le foie, la rate, le cerveau, les poumons, l'utérus, les intestins. A coup sûr, il n'est pas de dérivatif plus puissant que la douche. L'hydrothérapie n'a plus à faire ses preuves dans ces différentes affections.

L'action sédative exercée par l'hydrothérapie sur le système nerveux est manifeste; chacun sait que Vhijstérie sous toutes ses formes, la chorée, et les divers

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élals névrosiqiies sont heiirensomenl amendés, souvent guéris parl'hydrolhérapie.

Le professeur Cbarcot est l'un de ceux qui ont le plus vulgarisé cette méthode dans l'hystérie.

L'action tonique et reconslituanle de l'hydrothérapie est mise à profit dans un grand nombre de cas : scrofule, chlorose, anémies de diverses natures. Nous considérons cette médication comme la plus sûre, la plus active dans tous les cas où les fonctions de nutrition ont besoin d'être stimulées.

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