ÉLECTRICITÉ. — THÉRAPEUTIQUE
muscles (Benedikt). C'était d'ailleurs à prévoir.
Hyperkinésies. — Les névroses convulsives ne paraissent pas influencées d'une façon sérieuse par l'électrothérapie. Vépilepsie s'est montrée réfractaire; la chorée a été amendée ou guérie par l'électricité, et ce qu'il y a de plus remarquable c'est que les courants ascendants ou centripètes, qui excitent la moelle, sont ceux qui donnent les meilleurs résultats. Legros et Onimus pensent que certaines chorées doivent être traitées par les excitants et d'autres par les hypersthénisants. Trousseau n'a-t-il pas prescrit avec avantage la strychnine contre cette maladie ?
Legros et Onimus rapportent une observation de tétanos où les courants descendants, employés avec le chloral, ont amené la guérison. L'électricité sans chloral aurait-elle donné le même résultat? Dans le tic convulsif, la crampe des écrivains, l'électricité est de peu de ressource.
Dans Vataœie locomotrice, les courants continus ascendants appliqués sur la colonne vertébrale ont procuré quelquefois de l'amélioration, mais pas de guérison,
Les contractures cèdent souvent à l'électricité. Deux méthodes de traitement sont utiles : 1° l'électrisation des muscles antagonistes, on doit pour cela préférer les courants induits ; 2° l'électrisation des muscles contractures, soit dans le but d'en épuiser l'excitabi-lité, auquel cas on se servira des courants induits, soit pour agir spécialement sur l'altération des nerfs ; on préférera alors les courants continus.
Anesthésies. — L'électrisation de la peau est très utile dans les anesthésies d'origine périphérique, surtout dans celles qui sont dues à une altération légère des nerfs.
514 AGENTS IMPONDERABLES.
D'après Legros et Onimus, on doit employer les courants d'induction, ou bien les courants continus centripètes. Dans les anesthésies hystériques, l'électricité donne lieu au phénomène du transfert.
Les paralysies des nerfs sensoriels cèdent à l'électricité quand les altérations ne sont pas sérieuses.
Hypéresthésies. — L'électricité donne de bons résultats dans les névralgies. Si la névralgie est d'origine centrale, il faudra électriser les centres ; si elle est périphérique, l'électricité sera appliquée sur les cordons nerveux. Les courants induits enlèvent quelquefois la douleur, mais par suite de la fatigue, de l'épuisement du nerf. Les courants continus centrifuges, qui diminuent l'excitabilité des nerfs, sont préférables.
Dans les douleurs musculaires (lumbago, douleurs rhumatismales}, la faradisation des muscles a donné de beaux succès entre les mains de Duchenne de Boulogne.
Hystérie. — L'électricité statique a donné de bons résultats dans le traitement de cette névrose.
Excitation des fibres lisses. — La contraction des fibres lisses a besoin d'être sollicitée dans des organes divers et dans des circonstances multiples.
Tube digestif. — L'électrisation de l'estomac a été conseillée dans la dyspepsie flatulente (1). Elle a donné des succès dans Vocclusion intestinale ; elle pourrait être essayée dans la constipation (2).
Voies urinaires. — La paralysie de la vessie est généralement symptomatique d'une affection médullaire; on devra donc électriser la moelle par les cou-
(1) Pour électriser l'estomac on applique un pôle sur la colonne vertébrale et l'autre sur l'épigastre.
(2) Pour agir contre l'occlusion intestinale ou la constipation, un pôle est mis dans le rectum et l'autre sur l'abdomen.
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rants ascendants pour obtenir la guérison. Mais on peut faire cesser momentanémentla rétention d'urine par l'électricité, un pôle étant mis sur la colonne vertébrale et l'autre sur Thypogastre ; ou encore un pôle dans la vessie remplie de liquide, et l'autre dans le rectum ou sur l'hjpogastre. Les courants continus sont préférables (Legros et Onimus).
V incontinence d'urine des enfants disparaît très souvent par des courants descendants appliqués sur la moelle.
Legros et Onimus ont obtenu de bons résultats de l'électrisation de la moelle par des courants descendants dans le ténesme de la vessie, les spasmes de Vurèthre.
Organes génitaux. — Plusieurs succès sont dus à l'électrisation de la moelle et des organes génitaux dans Vimpuissance de la spermatorrhée .
L'électricité a été souvent employée pour exciter les contractions de Vutérus en remplacement du seigle ergoté. On applique un pôle à la région lombaire et l'autre sur l'hypogastre.
On a essayé aussi de faire disparaître par ce moyen les tumeurs fibreuses de l'utérus. Mon confrère et ami le D'^ Pégoud a étudié cette question dans sa thèse, et il résulte de ses observations que les courants continus n'ont pas grande valeur dans ce cas.
Le D'" Pégoud opérait suivant la méthode de Gallard, qui consistait à exciter les fibres lisses de la tumeur, dans l'espoir de l'atrophier. Mais Apostoli a adopté une autre méthode, fondée sur la destruction de la tumeur par le pôle négatif de la pile introduit dans l'utérus. Ce procédé donne de bons résultats.
Dans V aménorrhée et la dysménorrhée, les courants
continus descendants appliqués sur la moelle ont réussi souvent à rappeler les règles.
Enûp, dans la syncope et V asphyxie, l'électrisalion de la région précordiale et des parois thoraciques, un pôle étant appliqué sur la nuque et l'autre promené sur le thorax, peut rendre de grands services. Les courants continus ascendants doivent être préférés comme étant moins dangereux que les courants induits pour le cœur, et plus efficaces que les courants descendants pour le rétablissement de la respiration.