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INTRODUCTION. XLI

la fumée nitrée ou la lumière intense qu'on oppose aux attaques d'asthme, comme les amers à l'aide desquels on cherche à combattrel'anorexie. C'est encore en provoquant des réactions nerveuses que l'hydrothérapie et la balnéothérapie rendent de si éminents services dans la cure des maladies chroniques.

Puisque je parle de sollicitations nerveuses utiles, je puis bien dire, en terminant, que le médecin doit être une occasion de réactions nerveuses salutaires. Gomme la quiétude, comme le contentement, la confiance est un auxiliaire puissant dans la lutte contre la maladie, la confiance grâce à laquelle une parole d'encouragement fait naître l'espoir, puis donne la certitude de la guérison. Cette confiance, il faut que le médecin sache l'inspirer à son malade". Il n'a besoin pour cela ni de prestance ni de prestige ; il lui suffit d'être instruit, attentif et bienveillant.

Cn. BOUCHARD, Novembre 1882.

MANUEL

De la thérapeutique. — La thérapeutique (de ÔÊpaTTsûa), je soigne) est celle des sciences médicales qui a directement pour but la guérison des maladies. Elle est donc une science, et ce titre, elle doit le garder non seulement dans les livres, mais encore et surtout au lit du malade.

L'empirisme a fait son temps, et le rôle du thérapeute ne consiste pas à administrer de prime abord au patient telle ou telle drogue ; il faut avant tout se rendre compte exactement des désordres causés par la maladie, puis chercher à les réparer par des modifications variées apportées dans l'exercice des fonctions physiologiques. Ce n'est qu'après avoir bien établi les bases de son opération qu'on doit s'occuper des moyens propres à l'accomplir, choisir son arme, son outil, son médicament.

De la méthode. — Ces principes supposent la connaissance approfondie des phénomènes produits sur l'économie saine ou malade par les agents thérapeutiques. Malheureusement il n'en est pas toujours

Berlioz. — Thérapeutique, 2' éd. 1

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ainsi, et bon nombre de médicaments dont les effets curatifs sont indubitables nous cachent encore le mécanisme de leur action, malgré les patientes investigations des chercheurs. D'autre part, la pathologie, que la thérapeutique doit combattre, est encore loin de nous avoir dévoilé tous ses secrets ; l'incertitude de nos armes, l'invisibilité de l'ennemi font donc régner une sorte d'obscurité sur l'application de la thérapeutique, et le médecin, suivant son éducation et ses idées médicales, adopte la méthode qui lui paraît la meilleure pour porter ses coups avecja plus grande vigueur et le plus de sûreté possible.

De là sont nées diverses méthodes qui constituent différentes espèces de thérapeutique. La méthode est un guide absolument nécessaire. Voici ce que dit à ce sujet une voix plus autorisée que la mienne (Bouchard, préface des Nouveaux Eléments de thérapeutique, par Nothnagel et Rossbach, Paris, 1880) : (c II y a peut-être des médecins, il y a certainement des élèves qui acceptent de confiance un traitement déterminé pour chaque maladie, et qui l'appliquent indifféremment à tous les cas particuliers. Ceux-là n'ont que faire de la méthode : une mémoire bien meublée ou un recueil de recettes disposées en regard du nom de chaque maladie suffit à guider leur conduite. Le médecin qui réfléchit a d'autres exigences, une intervention aveugle lui répugne ; il ne lui convient pas d'entreprendre sur la vie de son semblable sans raisons suffisantes. Il a besoin d'une méthode. Or, les méthodes en thérapeutique sont multiples. Elles permettent d'arriver au but tantôt par des voies directes, tantôt par des chemins détournés. Le choix n'est pas indifférent, telle route convient mieux pour

telle maladie ou pour tel malade, pour tel médecin ou pour telle époque médicale. Il en est en thérapeutique comme dans toutes les sciences d'observation : la variété des méthodes n'est ni une richesse ni une indigence, elle est une nécessité ; les procédés varient suivant les moyens d'action et suivant le degré de connaissance qu'on a des maladies auxquelles on veut appliquer ces moyens. Beaucoup de praticiens ne se doutent pas qu'ils suivent une méthode et ne soupçonnent pas qu'il y a des méthodes. Ils suivent leur voie par routine et sans réflexion. Celui qui veut discerner et choisir est obhgé de savoir qu'il y a des thérapeutiques. »

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