II. — FÈVE DE CALABAR
C'est la graine du Physostigma venenosum, famille des Légumineuses,
Son principe actif important est Vésérine ou physostigmine G^^R^^kz^O^, peu soluble dans l'eau, soluble dans l'alcool, les acides, l'éther, le chloroforme.
Elle renferme un autre alcaloïde, la calabaiHne, qui n'est pas soluble dans l'éther, et dont les effets se rapprochent de ceux de la strychnine. C'est donc l'ésérine qui sera décrite ici.
PHYSIOLOGIE
Effets généraux. — Des doses toxiques d'ésérine produisent chez l'homme des vomissements, une faiblesse extrême, des vertiges, difficulté de la respiration, ralentissement du cœur, myosis, salivation, sueurs, paralysie complète des muscles, coma et mort.
Action sur le système nerveux. — Les centres nerveux ne paraissent pas influencés d'une manière bien sensible par l'ésérine.
Les nerfs moteurs perdent la propriété de transmettre au muscle l'excitation qu'on leur fait subir. On ne sait pas si l'action porte sur la plaque terminale ou sur le cordon nerveux.
L'influence subie par les nerfs sensitifs n'est pas positivement connue.
Action sur les muscles. — Les muscles striés
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conservent leur excitabilité électrique, ku début de l'empoisonnement on y observe de petites contractions fibrillaires qui sont dues à l'excitation des nerfs et non des fibres musculaires, car ces contractions disparaissent complètement par le curare.
Action sur la pupille. — L'ésérine rétrécit la pupille. Ce rétrécissement se produit dans les intoxications, mais on l'obtient très facilement en instillant sur la conjonctive quelques gouttes d'une solution d'ésérine ; le myosis apparaît alors au bout de cinq ou dix minutes et dure plusieurs jours.
On observe en même temps le rapprochement du punctum proximum et du punctum remotum, c'està-dire une myopie artificielle qui ne peut être due qu'à un spasme du muscle accommodateur.
Quand les doses sont trop fortes, la mydriase remplace le myosis.
La contraction de la pupille n'est pas due à la paralysie du sympathique (fibres radiées de l'iris), car l'irritation du sympathique cervical produit la dilatation de la pupille rétrécie par l'ésérine (Nothnagel et Rossbach).
Elle n'est pas due à Vexcitation des fibres lisses du sphincter irien et ciliaire, car elle disparaît par des instillations de l'atropine qui paralyse l'oculo-moteur. En effet, si l'ésérine excitait directement les fibres lisses circulaires, peu lui importerait que leurs nerfs moteurs fussent paralysés, son action devrait se faire sentir quand même.
Le myosis est dû à Vexcitation de Voculo -moteur, comme le prouve le spasme du muscle accommodateur.
D'après Gh. Legros le myosis est dû à la congestion
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des artères ciliaires produite par la paralysie du sympathique. Nous avons vu que ce nerf n'est pas paralysé.
Une solution d'ésérine reste à peu près sans action sur la pupille dilatée par l'atropine (Nothnagel et Rossbach).
Action sur la circulation. — Les contractions cardiaques se ralentissent, et le cœur finit par s'arrêter en diastole. Ce fait n'est pas dû à l'excitation des pneumogastriques, car il se produit même quand ces nerfs ont été préalablement coupés. On peut donc admettre qu'il est le résultat de la paralysie des ganglions auto-moteurs (Nothnagel et Rossbach). La pression artérielle s'élève par rétrécissement des artérioles dû à l'excitation du centre vaso-moteur.
Action sur la respiration. — Au début, la respiration est accélérée par excitation des terminaisons des pneumogastriques dans le poumon. En effet cette accélération n'a pas lieu si l'on a coupé les pneumogastriques (Bezold et Gôtz). Plus tard la respiration se ralentit et s'arrête par paralysie des muscles et du centre .
Action sur le tube digestif. — L'ésérine détermine un spasme très prononcé du canal digestif; il s'ensuit des vomissements, de la diarrhée. D'après certains auteurs cette contraction est due à l'excitation du sympathique ; d'après d'autres, à l'excitation des fibres lisses.
Action sur la nutrition. — Elle n'est pas connue. On sait seulement que la température tombe peu à peu avec les progrès du ralentissement du cœur et de la respiration.
Action sur les sécrétions. — L'ésérine augmente la sécrétion saHvaire. D'après Heidenhain cette
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hypersécrétion est due à l'excitation de la corde du tympan, nerf sécréteur de la glande sous-maxillaire. Élimination. — Elle se fait par la salive et la bile. On n'a jamais pu constater la présence de l'ésérine dans l'urine (Laborde et Leven, Dragendorff etPander).
Gomme le curare, l'ésérine a été donnée dans les affections convulsives : tétanos , épilepsie, choréCy comme lui elle n'a pas produit de bons résultats.
Elle combat efficacement la constipation due à la paralysie intestinale.
L'ésérine rend beaucoup de services dans la thérapeutique oculaire. On l'emploie surtout dans les kératites et iritis pour prévenir ou rompre les sj/néc/jies; dans les paralysies traumatiques ou autres de l'accommodation; dans le glaucome^ Laqueur et Weber ont obtenu des succès.
Préparations. — Doses.
Pour l'usage interne il ne faut pas avoir recours aux préparations de fève, en raison de leur inégalité d'action, mais à résérine.
Esérine. — Dose : 0^',00 1/2 — OS'jOOS en injection souscutanée :
Pour collyre :
1° Esérine 08^,05
Eau. 10
20 Extrait de fève de Calabar 05^20
Glycérine 10