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CURARE

moteurs, ni des nerfs d'arrêt (pneumogastrique, grand splanchnique), ni des nerfs sécréteurs, ni des sympathiques, en général, aux doses suffisantes à paralyser les aerfs moteurs des muscles striés. Mais si la dose du poison a été considérable, le système nerveux de la vie organique] finit à son tour par se paralyser (Vulpian).

Action sur la circulation. — La circulation n'est influencée que lorsque la dose du curare est élevée. Au début on observe Taccélération du pouls, par paralysie du pneumogastrique, car l'excitation de ces nerfs ne peut plus ralentir les contractions cardiaques (Nothnagel et Rossbach).

A la période ultime le cœur se ralentit et s'arrête par paralysie des ganglions, mais c'est l'organe qui résiste le plus longtemps à l'action du jpoison.

La. pression artérielle s'élève au début d'une façon passagère, par excitation du centre vaso-moteur, mais de fortes doses la font baisser par suite de la dilatation paralytique des vaisseaux, et cette paralysie est due à Faction du curare sur les terminaisons intra-vasculaires des nerfs vaso-moteurs, car l'excitation électrique de ces nerfs est impuissante à faire contracter les vaisseaux (Nothnagel et Rossbach).

Action sur la respiration. — Voisin et Liouville ont constaté, par de faibles doses, une accélération de la respiration, peut-être due à l'excitation du centre ; à haute dose la respiration se ralentit par paralysie des muscles respirateurs.

Action sur la nutrition. — Chez l'homme la température s'élève, et l'excrétion de l'urée augmente. Mais chez les animaux fortement intoxiqués, Rôhrig

4 0 PARALYSO-MOTEUBS.

et Zantz ont observé une diminution considérable des phénomènes d'oxydation. On peut conclure de cela que de faibles doses excitent la nutrition par accélération du cœur, de la respiration et par paralysie vaso-motrice ; mais que des doses mortelles la modèrent par ralentissement du cœur et de la respiration.

Action du curare sur l'homme. — Voisin et Liouville ont expérimenté le curare sur l'homme ; nous décrirons rapidement les effets observés.

A la dose de 06^03 — 08'*,05, le premier et souvent le seul phénomène qui se montre est le yrola-psus de la paupière supérieure, puis le strabisme externe^ suivi de diplopie, et la dilatation de la pupille ; le tout produit par la paralysie du moteur oculaire commun. Les autres nerfs moteurs de l'œil peuvent se paralyser à leur tour, et quand la troisième et la sixième paire sont prises, Vexophthalmie se produit.

Quand la dose est portée à 0^^,07 — Osr,10, on observe tous les symptômes de la fièvre : un frisson qui survient au bout d'une heure et dure trois heures au plus. Il est dû au resserrement passager des vaisseaux de la peau (voyez plus haut : Action sur la circulation) ;

Vélévation de la température qui peut monter jusqu'à 40 degrés ;

La fréquence du pouls, par paralysie du pneumogastrique ;

L'accélération de la respiration et V augmentation double de l'élimination de l'urée.

A doses élevées, 0si",20, on produit la paralysie complète ou incomplète des membres et du tronc, du voile du palais, du diaphragme. La sensibilité et

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rintelligence restent intactes. On a observé delà somnolence par congestion cérébrale.

Absorption. — Le curare s'absorbe mal par le tube digestif, les effets sont longs à se produire ; cependant il n'est pas altéré par les liquides intestinaux, car une goutte de ces liquides empoisonne un autre animal.

Aussi confie-t-on toujours l'absorption du curare au tissu cellulaire sous-cutané. L'injection du curare est irritante. Elle détermine une inflammation érythémateuse de la peau avec des traînées de lymphangite et de l'empâtement; mais celte phlegmasie ne va pas jusqu'à la suppuration.

Un noyau fibreux inflammatoire persiste longtemps après l'injection.

Élimination et action sur les sécrétions. — Le curare s'élimine en nature par Vurine et produit un peu de diurèse par irritation rénale. Peut-être s'élimine-L-il aussi par la sueur, car il est sudorifique» L'urine est toxique (Nothnagel et Rossbach). Souvent elle renferme du sucre. Cette glycosurie serait due à une congestion du foie (Vulpian).

L'élimination est rapide, elle est complète au bout de vingt heures.

C'est par cette rapidité d'élimination qu'on explique comment les animaux empoisonnés à mort peuvent revenir à la santé si on entretient la respiration artificielle.

Les grenouilles qui respirent par la peau supportent le poison mieux que tous les autres animaux.

Si on lie les artères rénales l'empoisonnement est beaucoup plus rapide.

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TnÉRAPSUTIQUE

Le curare ne répond à aucune indication précise. Il peut, il est vrai, empêcher les convulsions du tétanos, de l'épilepsie, de la chorée, de l'empoisonnement par la strychnine, en interrompant la conductibilité motrice du nerf, mais il n'a aucune action sur les centres nerveux d'où dépendent les convulsions.

Quoi qu'il en soit, le curare a été donné dans le tétanos; il paraît qu'on compte deux succès. Faut-il les attribuer au médicament? Il est permis d'en douter. Voisin et Liouvilie l'ont administré à des épileptiques. Sur huit malades ils n'ont obtenu que Yamélioration de deux d'entre eux. Ils pensent que le curare agit ainsi en faisant cesser l'anémie des circonvolutions cérébrales, habituelle chez les épileptiques. On a un cas de guérison de tic douloureux de la face.

Un essai de Vulpian, dans la rage, a été infructueux.

-Bûrow a publié un cas d'empoisonnement par la strychnine où le curare amena la guérison.

Dans la chorée, résultats très incertains.

Préparations. — Doses.

On ne doit pas prendre le curare par le tube digestif, mais en injection sous-cutanée.

Quand le traitement doit être continué longtemps et qu'on ne cherche pas une action prompte, débuter par 0^',03 et augmenter progressivement.

Dans un cas pressant, tétanos, rage, débuter par 0*i",10, qu'on peut continuer plusieurs jours de suite.

Solutions de curare.

curare

eau de laurier-cerise . . 10

Solution faible. > '"^^^'^ ^^''^^

FEVE DE CALABAR. 4 3

Chaque gramme ou seringue renferme 0^',03 de curare.

<, , . j. ( curare 1 gr.

"I eau de laurier-cerise... 10

Chaque gramme ou seringue renferme 0^%10 de curare.

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