STRYCHNINE
la respiration, le rire sardonique, etc. L'intelligence reste intacte. Ces accidents durent quelques heures ou plusieurs jours, et disparaissent.
A dose mortelle (Os%03 — Os-'jOo) de violentes con vulsions tétaniques se produisent, et la mort arrive en peu de temps par arrêt de la respiration.
Action sur le système nerveux. — Le cerveau ne subit aucune influence de la part delà strychnine, comme le prouve la conservation de l'intelligence et de la connaissance. Les lapins empoisonnés, auxquels on a sectionné le bulbe, et que l'on maintient en vie par la respiration artificielle, rongent paisiblement leur nourriture tandis que leur tronc est agité de spasmes tétaniques violents (Rossbach).
Tous les auteurs admettent que c'est sur la moelle que la strychnine porte son action, et que les convulsions résultent de l'excitation de cet organe.
Ces convulsions sont toniques, semblables à celles du tétanos, avec cette différence que chez l'individu strychnisé elles alternent avec des périodes de repos.
Il y a encore une différence entre les secousses du tétanos et celles de la strychnine.
Celles du tétanos éclatent spontanément par une excitation partant directement de la moelle épinière, tandis que les secousses convulsives de la strychnine ont besoin, pour se produire, d'une excitation partant de la périphérie. En effet, si, à l'exemple de H. Meyer, on sectionne les racines postérieures (sensibles) des nerfs rachidiens, la strychnine ne provoque point de tétanos.
Les convulsions ne sont pas produites par l'excitation des?ier/'smo^eMrs,car, s'ilen était ainsi, la section
des racines antérieures (motrices) des nerfs rachidiens n'empêcherait pas les convulsions d'éclater. Or cette section les empêche.
Les nerfs sensitifs éprouvent de la part de la strychnine une exaltation de leur impressionnabilité, et celte exaltation doit certainement entrer pour une large part dans la pathogénie des convulsions. Il est bien évident que la moelle réagira d'autant plus énergiquement qu'elle aura été plus vivement excitée, et si les nerfs sensitifs multiplient l'intensité de l'irritation périphérique, la réaction de la moelle sera aussi multipliée.
Les nerfs de la sensibilité spéciale sont également influencés ; on a noté en effet de l'hyperesthésie de la vision, de Vouîe et de Vodorat,
Action sur les muscles. — Les fibres striées conservent toujours leur contractilité.
Action sur la circulation. — Pendant les convulsions les battements cardiaques s'accélèrent, comme dans tout exercice violent, par exemple après une course prolongée. Mais dans l'intervalle des accès, ou bien si on empêche les convulsions par le curare, les battements se ralentissent, par excitation du centre pneumogastrique (S. Mayer).
La pression artérielle s'élève d'une façon énorme par deux mécanismes :
1° Par rétrécissement des artérioles. Ce rétrécissement n'est pas dû à l'action de la strychnine sur les fibres lisses, mais à l'excitation du centre vaso-moteur. En effet, la pression s'élève peu si l'on sectionne la moelle au-dessous du centre vaso-moteur (Nothnagel et Rossbach) ;
2° La contraction énergique et persistante des
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muscles Striés comprime les capillaires et rétrécit par conséquent le champ circulatoire.
Action sur la respiration. — La respiration est accélérée au début par excitation du centre, mais quand les doses sont fortes, Içs muscles respirateurs éprouvent eux aussi des spasmes tétaniques, la respiration se suspend en inspiration, et la mort arrive par asphyxie.
Action sur la nutrition. — La température s'élève pendant les convulsions, et l'élévation atteint parfois 2 degrés.
Action sur le tube digestif. — La strychnine est amère, elle peut donc à ce titre favoriser la digestion. Elle produit l'anémie de l'estomac et de l'intestin par resserrement des artérioles, et cette anémie provoque des contractions dans ces organes.
Action sur les sécrétions et éliminations. —
La strychnine s'élimine en nature par les urines. Elle est diurétique par suite de l'élévation de la pression vasculaire. L'éhmination est complète au bout de trois jours.
IL — BRUCINE {C^m'^^kz^O^).
Elle est plus soluble que la strychnine dans l'eau et l'alcool.
Son action est semblable à celle de la strychnine, mais elle est dix fois moins intense, et de plus moins généralisée. C'est ainsi que la brucine no détermine pas de spasme dans les muscles de la mastication, du pharynx, du larynx; ses effets portent principalement sur les muscles du pénis.
m. — IGASURINE (C22H2«Az«0*).
Elle est soluble dans l'eau et dans l'alcool. Même
action que la strychnine. Elle est moins active que cette dernière, mais plus active que la brucine.
THÉRAPEUTIQUE DES STRYCHNIQUES.
Paralysies. — L'excitation que la strychnine produit sur le système nerveux l'a fait employer dans les paralysies. La strychnine n'est pas applicable à toutes les paralysies. Celles qui sont d'origine cérébrale ne retirent aucun bénéfice de ce médicament. Les paralysies médullaires sont quelquefois amendées. Mais il est une rè^le admise par tous les cliniciens, c'est que le médicament ne doit être donné que lorsque tous les symptômes inflammatoires ont disparu. On reconnaît que le médicament agit quand les membres paralysés deviennent le siège de secousses, car il est remarquable que c'est dans ces membres qu'apparaissent les premiers mouvements.
La strychnine a donné de bons résultats dans les paralysies saturnines, et dans Vamaurose sans altération notable du nerf optique.
Impuissance. — L'excitation du centre génital et l'érection par contraction des muscles du pénis sont des effets de la strychnine, elle est donc indiquée dans l'impuissance, et en fait elle y rend de grands services .
Spermatorrhée et incontinence d'urine. — La spermatorrhée et l'incontinence d'urine dépendent soit de l'hyperesthésie des organes génito-urinaires, soit de leur paralysie. La strychnine ne peut réussir que dans le cas de paralysie. Il faut donc bien établir son diagnostic palhogénique avant d'entreprendre le traitement de ces affections.
Troubles gastro-intestinaux. — La noix vomi-
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que est souvent employée comme amer dans Vînappétence.
Les strychniques sont clairement indiqués dans la dyspepsie atonique et flatulente due à la paralysie de l'estomac.
On les a administrés aussi dans V étranglement interne, dans le but de provoquer des contractions intestinales. L'étranglement peut cesser, mais il se peut aussi qu'on le rende plus serré par ces contractions. La strychnine est quelquefois utile dans la constipation par paralysie de la tunique musculeuse.
Asthme. — HomoUe a retiré de bons effets de la strychnine dans l'asthme avec ou sans emphysème pulmonaire.
Alcoolisme. — Dujardin-Baumetz, Lulon, Magnus-Huss, Amagat, préconisent la strychnine contre l'alcoolisme aigu ou chronique. Ces auteurs s'appuient sur la clinique d'abord, ensuite sur l'expérimentation qui montre qu'un animal gravement intoxiqué par l'alcool revient à la vie par la strychnine, et réciproquement. Il y a donc antagonisme entre ces deux substances.
En cas de delirium tremens, débuter par 5 milligrammes en injection sous-cutanée (Dujardin-Baumetz).
Préparations. — Doses.
On n'emploie que la noix vomique et les alcaloïdes.
Noix vomique.— En i^ondre. Os',10— .0S'-,20
— Extrait. . . . Qs^Oô — 0^', 10 en pilules ou
solution.
— Teinture... O^^ÔO — 2
Strychnine. — On emploie le sulfate de strychnine. Dose : OS',002 - O^SOI.
Le sirop est à 0^^,05/100. Dose : lO^r - 20^^ Brucine. — O^^Ol — Osr,10.
Vigasurine n'est pas employée.
Traitement de l'empoisonnement par la strychnine. — Évacuer le poison. Administrer du tannin, qui forme avec la strychnine un composé insoluble dans l'eau, il est vrai, mais soluble dans les liquides digestifs. Pour diminuer l'excitabilité de la moelle, les meilleurs moyens sont l'électrisation de la moelle, les inhalations de chloroforme, le chloral, et surtout l'alcool à haute dose. Pratiquer la respiration artificielle.