II. ÉTHER (G^H^oQ
[Etlier sulfurique.)
Il bout à 39°; il s'évapore plus rapidement que le chloroforme, et ses vapeurs prennent feu facilement; il est soluble dans l'eau.
Son action est semblable à celle du chloroforme, il suffit donc de se reporter à cet agent pour connaître la physiologie de l'éther. Nous ferons seulement ressortir les différences suivantes : la période d'excitation de Vanesthésie est plus longue et plus intense, la période de sommeil et d'anesthésie dure moins longtemps.
On peut obtenir facilement l'anesthésie générale en injectant dans le rectum des vapeurs d'éther, soit au moyen d'un pulvérisateur ordinaire, soit en trempant le flacon d'éther dans de l'eau à 40°, température d'ébullition de l'éther (Mollière, Post, Bull, Bœckel, Delore, Poncet, etc.).
Cette méthode n'a aucun avantage sur l'éthérisation par inhalation.
THÉRAPEUTIQUE L'éther est préféré par quelques chirurgiens (notamment ceux de Lyon) pour Vanesthésie chinirgi-
cale. Ils appuient leur pratique sur cette considéralion que les cas de mort sont moins nombreux par l'éther que par le chloroforme. Ce calcul absolu est vrai, mais uniquement parce que l'éther est beaucoup moins employé que le chloroforme. L'éther a les inconvénients signalés à la physiologie, et de plus la facile combustion de ses vapeurs expose à des dangers dont l'opéré, le chirurgien et ses assistants peuvent être victimes, ainsi que cela s'est présenté dernièrement à Lyon.
L'éther ne nous paraît donc pas préférable au chloroforme pour l'anesLhésie.
L'excitation que produisent de faibles doses d'éther est souvent mise à profit, dans le collapsus, le coma, la perte de connaissance. Verneuii a recommandé dans ce cas des injections sous-cutanées d'éther rectifié.
Les autres indications de l'éther sont les mêmes que celles du chloroforme.
Il est préférable au chloroforme comme anesthésique local, en raison du froid plus intense qu'il produit et dont l'effet vient s'ajouter à l'action propre de l'éther sur les nerfs sensitifs. De plus il est moins
irritant.
Préparations. — Doses.
Pour l'anesthésie, inhalations jusqu'à effet obtenu. Pour l'absorption intestinale : 1 à 5 grammes. Liqueur d'Hoffmann (excitante) : éther, alcool, parties égales. Dose : 2 à 10 grammes en potion.
m. CHLORAL (G2HG130).
Le chloral anhydre est un liquide incolore, volatil, très irritant. Le chloral hydraté est cristallisable, soluble dans l'eau, moins volatil et moins irritant ; c'est celui qui est employé en thérapeutique. En pré-
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sence des alcalins le cliloral se dédouble en chloroforme et en formiate alcalin.
■ Le cliloral est un très bon antiputride, aussi peuLil être employé avec avantage pour le pansement des plaies.
PHYSIOLOGIE
Effets locaux. — Le chloral est irritant, voire même caustique; il faut donc diluer les doses pour éviter les vomissements et la diarrhée, par l'absorption intestinale. Cette causticité et les doses relativement fortes qui sont nécessaires pour obtenir une action générale empêchent de l'employer en injection sous-cutanée. Dans des cas pressés, Oré (de Bordeaux) a injecté le chloral dans les veines. Le titre de la solution était de 5/100.
Effets généraux. — Sous l'influence de 2-3 gr. de chloral on voit survenir au bout de cinq à quinze minutes une lassitude générale et un assoupissement irrésistible. Il est rare quil y ait une période d'excitation. Puis le sommeil arrive, calme, tranquille. Pendant le sommeil, la respiration et la circulation se ralentissent, la pupille se rétrécit ; les réflexes ni la sensibilité ne sont supprimés, et il est facile de réveiller le sujet. Au réveil il n'y a ni malaise, ni nausées, ni céphalalgie, phénomènes habituels du sommeil morphinique et chloroformique.
A dose élevée, 5-8 gr., le sommeil est plus profond, dure plus longtemps, la sensibilité disparaît, les réflexes se suppriment. Des doses toxiques finissent par paralyser la circulation et la respiration.
Action sur le système nerveux. — La substance grise des hémisphères cérébraux est la première
atteinte, et cela d'une manière dépressive, car Fexcilalion est exceptionnelle.
Binz a trouvé dans les cellules cérébrales les mêmes modifications que celles produites par le chloroforme et la morphine.
La moelle ne se paralyse que tardivement et sous l'influence de fortes doses. Nous avons vu en effet les réflexes persister pendant le sommeil provoqué par les faibles doses. La paralysie des réflexes peut être amenée à un tel point que la strychnine ne peut plus produire de convulsions tétaniques (Liebreich, Rajewski).
Eckard a constaté que la piqûre du plancher du quatrième ventricule ne produit pas la glycosurie chez un animal soumis à l'inflaence du chloral.
On peut obtenir par le chloral une anesthésie et une insensibiUté complètes, pouvant être utiUsées et rayant été, pour les opérations chirurgicales.
Les nerfs sensitifs et moteurs n'éprouvent aucime modification, non plus que les muscles (Rajewski).
Action sur la circulation. — Les contractions cardiaques sont ralenties et faibles. Ce ralentissement n'est pas dû à l'excitation des pneumogastriques, car il se produit même après la section de ces nerfs. Il est donc naturel de l'attribuer à la paralysie des ganglions (Nothnagelet Rossbach).
La pression artérielle baisse considérablement par paralysie du centre vaso-moteur et la dflatation consécutive des artérioles.
Action sur la respiration. — La respiration est ralentie par paralysie du centre (Rajewski).
Action sur le sang. — Si le chloral a été absorbé par le tube digestif, le sang n'éprouve aucune modi-