I. BROMURE DE POTASSIUM
Il est soluble dans l'eau et l'alcool. Il s'absorbe en nature dans l'estomac.
Action locale. — Sur la peau, le bromure de potassium n'a aucune action irritante. Sur les muqueuses, il détermine de la douleur et de l'inflammation, si la solution est concentrée. Aussi produit-il quelquefois des nausées, des vomissements, de la diarrhée, par son contact avec la muqueuse gastro-intestinale. Rabuteau attribue ces phénomènes d'irritation stomacale non pas au bromure, mais au bromate qui lui est mélangé.
Effets généraux. — Sous TmAuence de 3 à 5 grammes de bromure de potassium, on observe de la céphalalgie, de l'obtusion de l'intelligence, de la somnolence, les réflexes sont diminués, la circulation et la respiration se ralentissent. Des doses toxiques amènent la mort par arrêt du cœur.
Action sur le système nerveux. — L'obtusion de l'intelligence, la diminution de la mémoire, la somnolence, témoignent de l'action dépressive que le bromure de potassium exerce sur le cerveau. L'usage prolongé de ce sel rend le caractère triste, mélancolique, les facultés intellectuelles sont notablement diminuées. On donne à cet ensemble de symptômes le nom d'ivresse bromique, qui diffère de l'ivresse alcoolique par l'absence de période d'excitation. D'après Debout, Vigoureux, Brown-Séquard, le bromure est hypnotique comme la morphine, mais par un mécanisme inverse : la morphine con-
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gestionne le cerveau, le bromure l'anémie ; cette anémie a été constatée par Sokolowski sur des animaux trépanés. Nous ne pouvons admettre que le sommeil soiL produit indifféremment, soiLpar la congestion, soit par l'anémie cérébrale ; nous croyons même que les modifications circulatoires sont de peu d'importance et que le sommeil est bien plutôt le ré' sultat de l'action directe du médicament sur la subS' tance nerveuse. L'effet du bromure de potassium sur Vexcitabilité réflexe delà moelle et la sensibilité est assez marqué. A la dose de 4-o grammes on supprime les mouvements réflexes provoqués par le chatouillement de la luette, de la base de la langue, du pharynx, de l'épiglotte; à dose plus forte, toutes les autres muqueuses, celles de l'urèthre, du vagin, la conjonctive, sont anesthésiées; la peau elle-même devient insensible au chatouillement et à la doule.ur par des doses très élevées (20 grammes) (Nothnagel et Rossbach).
Cette anesthésie des muqueuses est attribuée par Prunier (1) à la paralysie des nerfs sensitifs produite localement par le contact direct du bromure avec les nerfs au moment où il s'élimine parles muqueuses. Cette opinion n'est pas exacte, et voici pourquoi. Les muqueuses n'ont perdu que la sensibilité tactile et non la sensibilité à la température et à la douleur; si les nerfs étaient paralysés, toutes les sensibilités seraient abolies, car c'est dans les centres nerveux que s'opère la distinction des diverses sortes de sensibilité. Autre raison. Les réflexes et Ja sensibilité disparaissent chez la grenouille dans un membre isolé de la circulation par la ligature des
(1) Article Potasse du Xouveau Dictionnaire de ni'Jrlecine et de ch irurgie pratiques.