V NICOTINE
La nicotine (C^^H^^Az^) est le principe le plus important du tabac. Elle est liquide, incolore, alcaline, volatile, soluble dans l'eau et fortement irritante,
PHYSIOLOGIE
Toxicité. — La nicotine est un violent poison, Os^'jOo suffisent ppur tuer un cbien, et, cbez l'homme, 0^^,003 produisent des accidents toxiques graves (Nothnagel et Rossbach).
Absorption et élimination. — Étant volatile, la nicotine s'absorbe rapidement par la peau intacte (Roehrig) et par les muqueuses. Elle s'élimine en nature par l'urine et la salive (Dragendorff) et on l'a
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retrouvée, en nature aussi, dans presque tous les or ganes.
Effets généraux. — Sous l'influence de Osr,OOl- 0^^,003 de nicotine Dworzak et Heinrich ont éprouvé une sensation de brûlure dans la bouche, de la salivation, de la somnolence, des vertiges, des troubles des sens, une grande faiblesse, de l'oppression, un refroidissement glacial des extrémités, des vomissements, du tremblement et des convulsions cloniques. Ces accidents persistèrent trois jours entiers, après lesquels les expérimentateurs revinrent à la santé.
Chez les animaux à sang chaud on observe une perte rapide de connaissance, des convulsions cloniques d'abord, tétaniques ensuite, pendant lesquelles la mort arrive par arrêt de la respiration.
Action sur le système nerveux. — Des doses de nicotine très faibles paraissent exciter les facultés intellectuelles et s'opposer au sommeil (Nothnagel et Rossbach), mais dès que les doses sont élevées, l'animal tombe sans connaissance.
C'est la moelle épinière qui ressent le plus vivement les effets de la nicotine.
Les expériences de Freusberg sur des grenouilles décapitées sont particulièrement démonstratives à cet égard. Vingt-quatre heures après la décapitation, au moment où les réflexes avaient presque complètement disparu, une injection de nicotine rendait à la moelle ses propriétés réflexes, si bien que ces animaux répondaient par des mouvements aux excitations périphériques qu'on leur faisait subir. La moelle conservait pendant un ou trois jours son pouvoir réflexe ainsi réveillé, et il se produisait spontanément des spasmes toniques et cloniques. A cette