IV. — ACIDE SALICYLIQUE & SALICYLATE DE SOUDE
L ACIDE SALICYLIQUE
L'emploi médical de l'acide salicylique est de date récente (1875), et déjà de nombreux travaux ont été publiés sur cet agent qui occupe aujourd'hui la première place dans le traitement du rhumatisme articulaire aigu. On peut donc suffisamment apprécier ses propriétés physiologiques et thérapeutiques. L'acide salicylique, ou acide oxybenzoîque, se présente en cristaux peu solubles dans l'eau froide, facilement soUibles dans l'eau bouillante, l'alcool et l'éther.
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PHYSIOLOGIE
Action antiseptique. — L'acide salicylique possède des propriétés antiseptiques plus énergiques que le phénol, au dire de Buchholtz. Il s'oppose à la fermentation alcoolique, à l'action digestive de la diastase et de la pepsine, à la fermentation de l'urine, au développement des bactéries et vibrions, agents de la putréfaction. Ces propriétés ont été mises à profit pour la conservation des viandes, des pièces anatomiques, des solutions d'alcaloïdes, et pour le pansement des plaies.
Effets locaux. — L'acide salicylique irrite fortement les muqueuses. Goldtammer, Kernig ont observé à l'autopsie de malades soumis au traitement par ce médicament, un catarrhe gastro-intestinal avec érosions et ulcérations. Wolfberg a constaté des lésions semblables sur le chien. Des vomissements et de la diarrhée sont la conséquence de cette irritation. On peut l'éviter en fractionnant les doses, en ne donnant, suivant le conseil de Germain Sée, que 0^^50 à la fois.
Effets généraux. — Sous l'influence de doses thérapeutiques d'acide salicylique, le premier phénomène que l'on observe sont des bourdonnements d'oreilles plus marqués que ceux de la quinine ; les troubles de la vue sont plus rares ; les vertiges, le délire, les hallucinations ne se sont produits qu'avec des doses élevées.
Action sur la respiration. — Chez le lapin, Buss, Kœhler, G. Sée, ont constaté le ralentissement de la respiration, de la dyspnée, sous l'influence de l'acide salicyhque. Kœhler attribue ce phénomène à
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la paralysie des rameaux pulmonaires du pneumogastrique. De hautes doses produisent l'asphyxie avec œdème pulmonaire et ecchymoses sous-pleurales. Chez l'homme, les troubles respiratoires sont exceptionnels.
Action sur la circulation. — D'après Kœhler, l'acide salicylique ralentit le cœur par paralysie du muscle et des nerfs accélérateurs, car la section des pneumogastriques n'empêche pas le ralentissement. En même temps, la pression artérielle s'abaisse. G. Sée n'a observé chez les animaux aucune modification du cœur et de la pression sanguine. Chez l'homme sain, l'acide salicylique est sans influence sur la circulation (Goldtammer, Reiss, Buss, G. Sée).
D'après Prudden, l'acide salicylique paralyse les mouvements amiboïdes des leucocytes.
Action sur le système nerveux. — Les centres nerveux ne sont touchés que par de hautes doses d'acide salicylique. Il détermine des phénomènes d'excitation qui se traduisent par de l'agitation, du déhre, des hallucinations. Les convulsions ne surviennent que lorsque l'asphyxie commence, elles doivent être attribuées à l'acide carbonique (Nothnagel et Rossbach).
Les troubles sensoriels sont à peu près constants. On les observe principalement du côté du l'orne ; ils consistent en bourdonnements, en sensations étranges comparées par les malades à des bruits de flot, de pluie, de tonnerre, de sifflet de locomotive. Si l'emploi de l'acide salicylique est prolongé, il peut survenir de la surdité, mais celle-ci disparaît avec le traitement.
Ces troubles, comme ceux que produit la quinine,
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paraissent dus à une congestion de l'oreille interne. Afin de les éviter, Schilling conseille l'emiDloi de l'ergotine.
Lsivision est rarement affectée; on a observé quelquefois seulement des mouches volantes et la diminution de l'acuité visuelle. G. Sée rapporte ces phénomènes à l'action du médicament sur les nerfs sensoriels.
Nerfs sensitifs et moteurs. Action inconnue.
Action sur la nutrition. — Chez l'homme et les animaux sains, l'acide salicylique a peu d'influence sur la température ; c'est ce que prouvent les observations de Ftirbringer, Feser et Friedeberg, Riegel, Buss, G. Sée. Cependant Riess et Gedl ont obtenu un léger abaissement de la température normale. En somme, action très incertaine.
Il n'en est pas de même pour la température fébrile. L'acide salicylique est reconnu par tous comme ayant le pouvoir d'abaisser la température des fébricitants. Mais, tandis que certains auteurs (Buss, John, Riess, Garcin), considèrent cet effet comme constant, d'autres ne l'ont observé que transitoirement et d'une manière passagère (Hérard, Oulmont, Wolfberg, Zimmermann).
Les variations de Vurée sont peu sensibles.
Chez des animaux rendus fabricants par injection de Uquides septiques,Fûrbringer aconstaté un abaissement notable de la température. Zimmermann n'a pu arriver au même résultat.
Action sur les sécrétions. — L'acide salicylique est ordinairement diurétique; toutefois cette action n'est pas constante (G. Sée). Gubler attribue cette diurèse à l'irritation que l'acide détermine à son pas-
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sage dans les reins. Très souvent l'acide salicylique est sudoriflque, et Baelz l'a retrouvé dans les sueurs.
Élimination. — L'élimination de l'acide salicylique par les urines est très rapide ; en effet, Baelz a décelé cet agent dans l'urine vingt minutes après son ingestion ; l'élimination dure vingt heures environ.
Fritz Benike ayant donné de l'acide salicylique à des femmes en train d'accoucher, a retrouvé l'acide dans l'urine des nouveau-nés. Les eaux de l'amnios n'en renfermaient pas.
La présence de l'acide salicylique a été constatée dans les sueurs par Baelz, dans la sérosité d'un vésicatoire par Oulmont, dans la salive et les crachats psiv Buss.
Sous quelle forme s'élimine l'acide salicylique? D'après Nothnagel et Rossbach, l'acide salicylique ne se retrouve pas en nature dans les urines, mais à l'état de sel, et si on l'a obtenu à l'état de liberté, ce n'est qu'à la suite delà décomposition del'urine. Une autre forme, non contestée, sous laquelle s'élimine l'acide salicylique, c'est celle d'acide salicylurique ou oxy -hippurique. De même que l'acide benzoïque rencontrant du glycocolle dans l'organisme se transforme en acide hippurique, de même l'acide oxy-benzoïque (salicylique) se transforme, dans les mêmes conditions, en acide oxy-hippurique (salicylurique).
Nothnagel et Bossbach, Salkowski et Fleischer pensent que tout l'acide salicylique ingéré se transforme dans le sang en salicylate de soude, aux dépens des phosphates et carbonates ; la question est assez difficile à trancher, car le salicylate de soude offre les mêmes réactions chimiques que l'acide sahcylique.
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Usage externe. — Les propriétés antiseptiques de l'acide salicylique ont été employées en Allemagne pour le pansement des plaies. Thiersch a remplacé l'acide phénique par l'acide salicylique dans la méthode de Lister et a étudié comparativement sur cent soixante malades l'action de ces deux agents ; il a reconnu que le pansement salicylé est aussi efficace que le pansement phénique, et que de plus il a l'avantage de n'avoir pas d'odeur et d'avoir une action plus longue, étant moins volatil. Autre avantage : on n'a pas à craindre avec lui d'intoxication comme on en a cité des exemples avec l'acide phénique. Dans la diphthérie l'acide salicylique administré à l'intérieur et en applications locales a donné de beaux résultats entre les mains de Wagner, Steinitz, Schultze et Weber.
Stéphanides, Mosler, Wagner, ont employé l'acide salicylique dans la dyspepsie putride. En donnant le médicament à l'intérieur, Fiirbringer, Bonaventura Belli, Guéneau de Mussy, sont parvenus à empêcher la fermenlation ammoniacale de 'l'urine chez des malades atteints d'affections de la vessie.
L'emploi de l'acide salicylique dans le rhumatisme et dans les affections fébriles étant le même que celui dusalicylate de soude, nous en parlerons à propos de ce médicament.
Préparations. — Doses.
Pour l'usage externe l'acide salycilique peut être employé sous forme de poudre lorsqu'on ne craint pas d'irriter la plaie.
Pour le pansement ordinaire on se sert d'une solu iou à
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1/300 : l'acide est dissous dans l'eau bouillante ou dans une quantité suffisante d'alcool.
Pour pommade glycéré 1/8.
A Vintérieur on emploie l'acide salicylique en poudre, dans du pain à chanter, ou en potion. Pour éviter l'action caustique on donne O^^ôO toutes les deux ou trois heures jusqu'à ce qu'on ait atteint la dose de 4 à 8 grammes par jour.
n. SALICYLATE DE SOUDE.
Le salicylate de soude renfermant 80 p. 100 d'acide salicylique (Sée), étant solubledans l'eau et dépourvu d'effets irritants, il était bien préférable de s'en servir en remplacement de l'acide salicylique, si toutefois il avait une action physiologique et thérapeutique aussi marquée que ce dernier agent. Or l'expérience a montré que tous les effets de l'acide salicylique pouvaient être obtenus par le salicylate, sauf un qui est contesté : l'effet antiseptique.
PHYSIOLOGIE
Action antiseptique. — Le salicylate de soude s'oppose-t-il aux fermentations et à la putréfaction ? D'après Buchholtz le salicylate tue les bactéries, mais moins énergiquement que l'acide salicylique ; il faut une solutien à 4 p. 1000 de salicylate pour obtenir les effets qu'on produit avec une solution à 1,5 p. 1000 d'acide.
Nothnagel et Rossbach refusent au salicylate toute propriété antiputride et antifermentescible. On voit que la question n'est pas encore jugée.
Action sur la circulation, la respiration et la température. — Les expériences de Kôhler et Danewski, sur des animaux, ont montré que le salicylate, comme l'acide salicylique, ralentit le pouls et
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la respiration, abaisse la pression sanguine et la température normale. L'abaissement de la température serait même plus marqué, avec le salicylate qu'avec l'acide, ce que Kôhler explique par l'absorption plus rapide du sel. Sur l'homme sain, le salicylate a peu d'influence, ainsi que cela résulte de l'expérience faite par deux élèves de G. Sée, qui, sous l'influence de 10 grammes^de ce médicament, n'ont observe aucune modification dans la circulation, la respiration et la température.
Chez l'homme fébricitant le salicylate abaisse la température aussi bien et même mieux que l'acide. Ce fait n'est pas contesté.
Action sur les sens. — Elle est de même nature et de même intensité que celle produite par l'acide salicylique.
Action sur les sécrétions et élimination. —
Le salicylate est sudorifique comme l'acide ; il est plus diurétique que lui. Son élimination par les urines commence huit minutes après son ingestion (Baelz).
Rhumatisme articulaire aigu. — Depuis que Buss et Stricker publièrent les résultais merveilleux qu'ils avaient obtenus de î'emploi de l'acide salicylique dans le traitement du rhumatisme articulaire aigu, un nombre considérable d'observations et de statistiques ont été publiées en France et à l'étranger sur ce mode de traitement, et toutes sont venues confirmer l'excellence des résultats. Aussi la médication salicylée a-t-elle pris le premier rang dans la cure du rhumatisme articulaire, laissant bien loin derrière elle toutes les médications employées jus-
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qu'à ce jour. Elle est si remarquable par la rapidité, la sûreté et la constance de son action que l'on pourrait presque la considérer comme spécifique du rhumatisme. Nous disons : presque, car, comme nous le verrons, la médication salicylée n'a pas la même efficacité sur toutes les manifestations de la diathèse rhumatismale.
C est dans le rhumatisme poly articulaire aigu que l'acide salieylique ou le salicylate de soude montrent toute leur puissance. Sous leur influence les douleurs et le gonflement des jointures disparaissent comme par enchantement, la fièvre tombe et la maladie est terminée en trois ou quatre jours, cette maladie qui, abandonnée à elle-même ou traitée d'une autre façon, a une durée de deux à trois semaines.
De nombreuses observations ont montré que si l'on cesse la médication salicylée immédiatement après la disparition des douleurs et de la fièvre, une rechute est inévitable ; il faut donc continuer l'usage du médicament plusieurs jours après la cessation des principaux symptômes.
Le salicylate n'a aucune action préventive ou curative sur les complications viscérales (endocardite, péricardite, pleurésie, encéphalopathie) du rhumatisme articulaire aigu (Oulmont, Guéneau de Mussy, Hardy, Jaccoud, Sée, Vulpian). Dans le rhumatisme monaarticulaire aigu, dans les arthrites blennorrhagiques, la médication salicylée s'est montrée impuissante entre les mains de G. Sée et de Yulpian.
Dans le rhumatisme articulaire chronique avec exacerbations aiguës, Vulpian n'a obtenu qu'une amélioration passagère. G. Sée dit avoir constaté d'excellents résultats dans huit cas différents.
Berlioz ,— Thérapeutique. 1 0
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On a observé quelquefois des effets favorables dans le rhumatisme musculaire (G. Sée).
Vulpian cite un cas de méningo -myélite rhumatismale aiguë dans lequel le salicylaie s'est montré réellement efficace.
Goutte. — Les localisations articulaires de la goutte sont assez semblables à celles du rhumatisme, il était logique d'employer contre elles Ja médication salicylée. G. Sée et Bouchard qui s'en sont, servis ont constaté la disparition rapide des douleurs, du gonflement et la guérison de l'attaque en trois ou quatre jours.
L'usage prolongé du salicylate est également efficace dans la goutte chronique (Sée) ; il est sans action sur la goutte abarticulaire (Vulpian).
Mode d'action de la modification salicylée dans le rhumatisme articulaire aigu. — Il s'agit maintenant de découvrir le mode d'action si remarquable du salicylate dans le rhumatisme articulaire aigu.
Diverses hypothèses ont été proposées.
On a d'abord invoqué l'action antiseptique de l'acide sahcylique et du salicylate. Mais rien ne prouve jusqu'à présent que le rhumatisme soit dû à l'absorption de micro-organismes. En admettant que le fait fût vrai, il fraudait évidemment mettre aussi sur compte de ces agents infectieux les manifestations abarticulaires du rhumatisme ; or, si l'efficacité de l'acide salicylique était hée à son action antiseptique, ce médicament devrait avoir sur les locaHsations viscérales la même influence que sur les localisations articulaires, ce qui n'est pas.
Quelques médecins, considérant l'apaisement ra-
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pide des douleurs, ont attribué les effets du salicyalte à son action analgésique. S'il en était ainsi, on retirerait bien plus d'avantages de la morphine, de l'atropine, etc., dont les propriétés analgésiques sont plus puissantes. Rien dans la physiologie de l'acide salicylique ne montre qu'il ait une action particulière sur la sensibilité, et s'il s'est montré efficace dans quelques affections douloureuses (douleurs fulgurantes), il a échoué le plus grand nombre de fois. Du reste, il est bien évident que la douleur articulaire n'est qu'un phénomène secondaire, lié à l'inflammation de l'articulation ; par conséquent, il est logique d'admettre que la disparition de la douleur tient à la disparition de l'inflammation.
La théorie vaso-motrice, d'après laquelle la fluxion articulaire disparaîtrait par suite du resserrement des artérioles, est passible de la même objection que la théorie antiseptique : pourquoi le médicament n'agirait-il pas aussi sur les localisations abarticulaires ?
Pour la même raison encore on ne peut admettre la théorie de l'action spécifique sur la diathèse rhumatismale.
Le professeur Vulpian (1) donne l'interprétalion suivante du mode d'action de l'acide salicylique :
« Les éléments anatomiques sont différents les uns « des autres, non seulements par leurs caractères « morphologiques , chimiques , physiques , vitaux, « mais encore par la manière dont leurs propriétés « physiologiques sont influencées par certaines subs- « tances qu'ils incorporent éventuellement.
« Ces prémisses posées, je ne vois aucune difficulté
(1) Vulpian, Cours de pathologie expérimentale, tomel" avant-propos, page XXVI. Paris, 1881.
« à admettre que le salicylate de soude exerce une « influence spéciale sur les éléments analomiques « qui sont irrités dans les jointures atteintes d'arec tbrite rhumatismale aiguë.
« Cette influence sera telle que la modification de « la substance propre de ces éléments, modification (( qui constitue l'irritation, disparaîtrait plus ou moins (c rapidement, parce qu'elle ne trouverait plus ses con- « ditions premières d'existence et que ces éléments « anatomiques pourraient alors librement revenir à « leur état normal. »
On conçoit, d'après ce mode d'action, que le salicylate soit impuissant dans les localisations du rhumatisme sur des éléments anatomiques autres que ceux des synoviales, qu'il soit moins efficace dans le rhumatisme chronique, car dans ce dernier cas les éléments anatomiques de la synoviale ont, par suite de l'inflammation chronique, subi une modification dans tous leurs caractères et dans leur impressionnabilité par rapport aux substances avec lesquelles ils peuvent se trouver en contact.
Phlegmasies et pyrexies. — Les propriétés antipyrétiques de l'acide saUcylique et du salicylate se sont manifestées dans un grand nombre d'aff'ections fébrile» : fièvre typhoïde, pneumonie, pleurésie, scarlaline, variole, etc., et les malades ont bénéficié de l'abaissement de la température ; mais la marche des maladies n'a pas été influencée plus que par d'autres médicaments.
Dans la fièvre intermittente, la médication salicylée, quoique efficace dans quelques cas, est bien inférieure à la quinine.
Affections douloureuses. — G. Sée, Vidal, Bou-
chard, ont obtenu la cessation des douleurs fulgurantes de Vataxie locomotrice avec le salicylate ; Yulpian l'a essayé, mais sans succès.
G. Sée a également enregistré des succès dans la sciatique et dans le tic douloureux de la face.
Diabète. — Ebstein, Kien, Créquy, Spilmann ont publié des observations de diabète dans lesquelles la médication salicylée a eu de bons résultats, mais il ne paraît pas qu'elle soit beaucoup plus efficace que les autres traitements (Willemin).
La médication salicylée paraît favoriser la congestion deVutérus. Ranson cite le cas d'une dame qui était prise de métrorrhagies chaque fois qu'on lui donnait du salicylate. Balette a également observé plusieurs cas d'avortements imputables au salicylate de soude.
Préparations. — Doses.
Le salicylate de soude se donne dans le rhumatisme articulaire aigu à la dose de 6 à 15 grammes par jour, divisés en plusieurs doses. II est rare qu'on ait besoin de dépasser 10 grammes par jour.
Quand la maladie est à son déclin, on diminue progressivement les doses pendant plusieurs jours.
Dans les pyrexies et phlegmasies on donne les mêmes doses. Contre les douleurs fulgurantes Bouchard emploie 10 grammes d'emblée.
L'état des reins et du cœur doit être surveillé dans le cours de la médication.