HÉPATITE
chant soit vers le ramollissement et TatropMe, soit vers l'induration. Je limiterai le terme hépatite à la première de ces inflammations, et je réserverai l'étude des deux dernières sous les titres d'atrophie aiguë et
de cirrhose..
hépatite:.
Dans sa forme simple, cette affection est rare dans cç pays. Dans le seul cas que j'en ai vu, Bryonia eiMercurius solubilis, tous deux à la troisième dilution décimale enlevèrent rapidement les symptômes. Je ne vois pas la raison pour laquelle les mêmes médicaments ne rendraient pas de services dans la même maladie telle qu'on l'observe dans l'Inde et les autres climats chauds. Le premier cor* respondrait mieux à la maladie lorsque la surface de l'organe (par conséquent dans la périhépatite) serait la plus affectée, le second dans le cas oiice seraitle parenchyme. Le D ' Gerson pense que leCalomel est la meilleure préparation mercurielle pour la maladie. Je ne sais si par ce traitement nous pouvons arrêter la suppuration.
Lorsque celle-ci est établie, j'aurais plus d'espoir dans Hepar sulfuris. Mais je crains bien que de tels cas n'échappent du domaine de la médecine pour tomber dans celui de la chirurgie.
Nous ne possédons pas d'observations d'abcès du foie indépendants d'nne inflammation, mais survenant en même temps qu'une dysenterie ou dans le courant de la pyohémie; et nous n'avons aucun conseil médical prêt pour ces cas.
ATROPHIE AiaXJB DU VOIE,
En tant que formant ou semblant former la base pathologique de la « jaunisse maligne» des anciens auteurs, cette affection a donné lieu à quelques-unes des recherches les plus intéressantes de la médecine moderne. N'est-il pas remarquable, en outre, que pas plus tôt on l'a reconnue distinctement, son analogue pathogénétique apparaît sous la forme du Phosphorus? Les symptômes de Tempoisonnement aigu par cette drogue sont ceux de la jaunisse
maligne, et nous avons Tautorité même de Frerichs, pour soutenir que l'état pathologique déterminé de la sorte est identique à celui de Tatrophie aiguë qu'il a si bien étudiée. Je me suis beaucoup étendu sur ce sujet, lorsque j'ai étudié le Phosphorus; actuellement, il ne me reste qu'à mentionner ce médicament comme un remède d'avenir, et, en vérité, le seul qui promette quelque résultat dans cette maladie. Bâhr, il est vrai, suggère Digitalis, dans sa première période ; mais il m'est difficile de voir sur quelle base repose sa recommandation,
CXRRHOSB DU FOIB.
Je ne trouve dans la littérature homœopathique nulle occasion dans laquelle cette maladie ait été diagnostiquée et traitée d'une manière satisfaisante. Le D^ Salzer, de Calcutta, a communiqué au World's Homœopathic Convention une étude sur les médicaments qui pourraient lui être appliqués, dans laquelle il a cité quelques expériences avec Phosphorus, qui lui sont propres. J'ai dit, dans ma leçon sur ce médicament, que Wagner avait trouvé que tandis que l'empoisonnement aigu par lui déterminait une inflammation diffuse comme celle de l'atrophie aiguë, son administration graduelle produisait une hépatite interstitielle, dans laquelle l'organe était dur, hypertrophié d'abord, puis ensuite atrophié, et présentant alors un aspect granuleux. C'est là toute l'histoire pathologique de la cirrhose, et nous y trouvons réunis la plupart des traits cliniques appartenant à la maladie telle qu'elle s'observe sur le sujet humain, ictère, ascite, et le reste. Phosphorus est, de la sorte, le vrai simile de la maladie qui nous occupe, et le D*^ Salzer parle de sa « grande puissance curative dans cette affection intraitable autrement. » « Lorsque, » dit-il encore, « nous voyons un homme, en dépit d'un régime modéré, être allé pendant plusieurs mois de mal en pis, et que, après avoir commencé à prendre Phosphorus, cet homme se rétablit graduellement, nous pouvons à bon droit attribuer l'amé-
CIRRHOSE BU FOIS. 369
lioration à l'action curative du médicament administré, et c'est ce que j'ai vu dans quelques cas, »
Après Phosphorus, les médicaments qui promettent le plus sont lodium^ Aurum et Lycopodium, Pour le premier, ridée nous en est venue d'un cas d'empoisonnement cité par Christison, dans lequel « les symptômes principaux étaient : douleur dans la région du foie, perte d'appétit, émaciation, fièvre quarte, diarrhée, faiblesse excessive; et lorsque l'émaciation fut plus avancée, on put sentir le foie induré ; le malade paraît être mort d'épuisement. » « D'après ce cas, » dit-il, » et d'après un autre cas, dont les résultats de l'autopsie vont être notés, il n'est pas improbable que l'Iode ne possède le pouvoir d'enflammer le foie, » On dit qu' Aurum a guéri des maladies hépatiques avec ascite, et sa réputation dans les affections des testicules, de reins et des organes ovarioutérins, dénotent en lui un certain pouvoir sur les indurations chroniques. Il agirait peut-être mieux dans les cas ayant une origine syphilitique. Lycopodium est considéré par Bâhr comme étant « particulièrement adapté au traitement de la cirrhose, » et Jahr en parle très favorablement dans l'hépatite chronique, « de quelque nature qu'elle soit. » Le D"^ Childs, de Pittsburg (1), a publié dernièrement un cas que l'on peut présumer être une cirrhose, quoique la description seulement physique du foie ne parle que de son hypertrophie. Le malade avait cependant une ascite considérable, pour laquelle il fut ponctionné seize fois en douze mois, ce qui donna issue en tout à 1,020 pintes de liquide. Pendant presque tout ce temps on le garda sous l'influence de Lycopodium, à la 30« dilution et à d'autres plus élevées, et après la dernière opération, il paraît avoir recouvré la santé. D'après ce que j'ai vu del'ascite accompagnant la cirrhose, je suis très en faveur de la paracentèse pratiquée de bonne heure. Nous ne saurions, avec nos médicaments spécifiques, provoquer la résorption nî l'évacuation de liquides
(1) Voy. Hahnemcmnian Monthltfy XII, 334.
dont Tépanchement est une nécessité mécanique, et leur présence est un obstacle sérieux à nos tentatives pour combattre la maladie qui le cause.
Outre les médicaments que je viens de citer, Bâhr nous conseille d'étudier Sulfur, et le D'' Salzer, Hydrocotyle, tous deux d'après l'analogie de leur influence par ailleurs. Il est possible encore que la Magnesia muriatica, que les auteurs anciens estiment dans « l'induration du foie, » trouve sa place ici.
Les dégénérescences du foie qui offrent un intérêt pratique sont : la dégénérescence graisseuse, Tamyloïde, la cireuse ou lardacée, la pigmentaire et la cancéreuse.
us vous QRAS.
Si le malade veut s'abstenir de suivre volontairement les habitudes pratiquées contre leur gré par les oies de Strasbourg, il devrait être amélioré par un médicament aussi entièrement homœopathique que Phosphorus; et le D' Boyer dit en avoir retiré des bienfaits non, équivoques. Il est plus douteux qu'il convienne dans les cas où il y a en même temps phthisie ou d'autres maladies débilitantes. On peut citer ici que le D' Buchmann dit avoir « complètement guéri, chez une fille scrofuleuse, âgée de 4 ans, un foie gras, dont le bord s'étendait jusqu'au nombril, avec ictère, en six semaines, par trois doses chacune de six globules de Chelidonium, 6^ décimale.