LETTRE XXVII
MALADIES DES ORGANKS DiaESTIFS.
Le 'pancréas et le foie .
Il me reste à trariter maintenant des afiections des glandes auxiliaires des actes digestifs. Parmi ces dernières, nous avons déjà étudié les glandes salivaires; et dans la présente lettre, après avoir dit quelques mots sur le pancréas, je me consacrerai tout entier à l'étude des maladies affectant le foie.
Parmi les maladies du pancréas, la seule que je puisse spécifier est l'inflammation simple de sa substance,
PANCRÉATITB.
Rademacher a décrit cette maladie comme se montrant sous les deux formes aiguë et chronique ; et il dit que son remède organique» est Viode.
Il n'y a pas de doute que ce médicament ne soit homœopathiquement indiqué ici, comme aussi Mercurius et Iris, Je préférerais les deux derniers dans la pancréatite chronique. Bâhr a publié un cas subaigu de quelque durée, dans lequel, après que l'Iode eût échoué, l'amélioration eut lieu sous l'influence du sulfate d'Atropine. Jahr n'a iamais vu la maladie à l'état idiopathique ; mais il en cite un cas survenu par suite d'un empoisonnement mercuriel, dans lequel Kali iodatum 12® et Carbo vegetabilis parurent avoir été curatifs.
Vous vous rappellerez l'origine possible de la diarrhée adipeuse dans le pancréas, et ici on peut à juste titre s'attendre à de bons résultats de l'emploi de l'Iode. Les
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vues du D' Horace Dobell, bien plus, quant à la part que prend le pancréas dans le développement de la phthisie sont dignes de considération et confirment les indications de riode dans cette maladie,
Je n'ai rien à conseiller pour le cancer du pancréas.
Les maladies du foie présentent un vaste champ d'études, et offrent de nombreuses difficultés à une classification. Je pense vous présenter mieux la thérapeutique du sujet, si j'étudie les maladies hépatiques sous les titres de congestions, inflammations, et dégénérescences, en terminant par la jaunisse et les calculs biliaires.
CONaESTION HâPATiaUB.
Le traitement de cette affection varie nécessairement suivant les formes sous lesquelles elle se montre. Il y en a au moins trois.
1. Il y a cet état d'excitation du foie qui se manifeste par le surcroît de sécrétion de la bile, familier à ceux qui exercent dans les climats chauds, et qui ne nous est pas inconnu à nous-mêmes dans les étés chauds. J'en ai déjà parlé parmi les formes de diarrhée, et indiqué Y Iris comme son remède spécifique. Lorsque les symptômes « bilieux s sont plus prononcés, et que malade etmédecin parlent ensemble d'un « débordement de bile » (Polycholie de Frerichs), Podophyllin est encore meilleur. Quelquefois, spécialement s'il y a beaucoup d'endolorissement de la tête et des globes oculaires, Leptandra est préférable.
2. Une variété plus commune de congestion hépatique est la forme passive ou veineuse. L'engorgement peut être situé soit dans la veine hépatique, comme à la suite d'une affection valvulaire du cœur; ou dans la veine porte, par suite d'habitudes qui amènent la pléthore abdominale. Dans le premier cas, le foie peut à peine être soulagé par des médicaments spécifiques, et la cause doit fixer notre principale attention. Dans le dernier cas, Sulfur est un médicament de grande valeur, en supposant
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que le patient consente à modifier son genre de vie dans une meilleure direction.
Hepar sulfuris est hautement préconisé ici par le D' Bayes, spécialement lorsque des hémorrhoïdes en sont le résultat, et il s'accorde avec le D' Pope pour vanter le Lycopodium^ que ce dernier place après Sulfur.
Une autre forme de congestion hépatique passive est celle qui se montre chez les femmes en même temps que les fonctions utérines se font imparfaitement. Sepia est ici un excellent médicament lorsque la malade est à r4ge de retour, et Magnesia muriatica dans d'autres circons tances . Il me faut vous renvoyer à ma Pharmacodynamique pour les indications spéciales de ces médicaments, et pour celles de Lycopodium et de Hepar sulfuris.
Une congestion chronique du foie peut cependant se rencontrer comme suite de fièvre paludéenne.
Le D*" Jousset a rappelé un cas semblable dans une de ses leçons cliniques. Il fut guéri par Vipera, qu'il a en haute estime dans cet état.
3. Il n'y a dans aucune de ces formes de congestion tendance quelconque à Tinfiammation, excepté qu'il survient quelquefois de l'hépatite interstitielle à la suite d'un engorgement mécanique chronique causé par une affection cardiaque. Mais il existe une congestion du foie qui est évidemment subinflammatoire. Elle est très fréquemment le résultat du froid, et alors Bryonia est son remède le plus efficace ; si pourtant sa cause est un excès de nourriture stimulante ou d'alcool, Nux vomica sera préférable; et si un accès de colère l'a provoquée, Chamomilla en est le médicament par excellence.
Il peut se présenter des cas indiquant Mercurius, Chelidonium ou Sepia. Mais ici, il y aura probablement plus ou moins de jaunisse, et je parlerai de ces cas lorsque j'en serai à cette affection.
L'inflammation du foie est décrite parFrerichs (l)comme circonscrite, tendant à la suppuration, ou diffuse, mar-
(1) Frerichs, Traité pratique des maladies du foie t des vaisseaux hépatigites et des voies biliaires, 3« édtiion. Paris, 1877.