PALPITATIONS
comprenant sous ce titre les diverses formes de troubles classées par le D' E-M Haie sous celui de « affections fonctionnelles du cœur. »
Le D"^ Russell divise les cas de cette affection en ceux (Chez lesquels le mal primitif réside 1», dans le cœur luimême, 2^, dans le sang, 3<^, dans l'estomac.
1. Toute cause ajffaiblissant Ténergie nerveuse ou musculaire du cœur rend cet organe disposé aux palpitations. Son énergie peut être altérée par des excès de travaux d'esprit, Tanxiété ou la tension émotionnelle dépendant de n'importe quelle cause, la masturbation ou les excès vénériens, Tabus du thé, du café, ou du tabac et autres causes semblables. Pour soulager une attaque aiguë de cette espèce, je ne connais rien qui égale Moschus^ qui est aussi le meilleur médicament (momentané) des palpitations de Thystérie. La tendance à pas*» ser à Tétat chronique peut être combattue^ si la cause déterminante peut être enlevée et un régime convenable observé, par des médicaments comme Coffea, lodium, Nux-Moschata et Phosphori acidum. Coffea convient mieux aux palpitations résultant de causes psychiques, à moins que le malade n'ait été accoutumé à en boire beaucoup, dans lequel cas Nux-Vomica serait préférable. lodium peut être donné dans des cas analogues, dans lesquels le système nerveux est très abattu, et avec tendance à la mélancolie. Ainsi les palpitations de l'hypochondrie l'indiquent. Niuv Moschata est très-utile dans les troubles cardiaques de l'hystérie. Ïj acide Phosphorique a été précieux dans mes mains pour les désordres dans l'action cardiaque suites d'excès sexuels. Bahr recommande ici Digitalisa mais j'incline plus à regarder ce médicament comme convenant aux cas dans lesquels le tissu musculaire du cœur est lui-même affaibli. Tabacum, (chez les sujets qui ne fument pas) est aussi utile dans ce cas. Ces sortes de palpitations alternent souvent avec des accès d'évanouissement. Les palpitations, déterminées par des excès de thé peuvent être guéries par China.
L'action de l'Atropine en paralysant les nerfs vagues et en permettent des mouvements rapides du cœur, devrait être utilisée dans les simples palpitations nerveuses; et peut-être la Muscarine, qui détermine un effet opposé, pourrait-elle trouver sa place comme palliatif antipathique dans leur traitement. Glenoïn, et probable-
HYPERTROPHIE DU CŒtiR. 433
ment les yenins de serpents agissent comme la première, et ont quelque réputation contre les palpitations; le Jaborandi et le Physostygraa ressemblent à la muscarine.
2. Le sang détermine des palpitations par son excès ou par son défaut, ou par la présence dans sa composition du poison goutteux. Lorsque la cause est la pléthore ou Tanémie, Tafifection cardiaque est-mieux traitée par les moyens qui améliorent tout Pétat général du malade, mais Aconit et Cactus dans un cas, et Pulsaiilla et Spigelia dans l'autre , sont des aides utiles. Pour les palpitations goutteuses je ne saurais conseiller rien autre que le traitement de la diathèse, mais il se peut bien que ce que Bâhr dit du Sulfur soit vrai ici, qu*il est « éminemment utile dans les cas rebelles, où souvent il a effectué la guérison radicale. »
3. Les palpitations dyspeptiques ne sont souvent rien autre chose que la goutte. Lorsqu'elles n'ont aucun rapport avec cette diathèse, vous pouvez vous souvenir avantageusement de ce que dit le D"^ Elliotson de Vacide Hydrocyanique^ que ce médicament est bon pour « ces souffrances de l'estomac qui, dans quelques-uns de leurs symptômes, ressemblent aux affections du cœur. » Le Prunus virginiana (cerise sauvage, merise) préconisé par le D' Haie doit probablement ses vertus à ce constituant particulier. Des troubles réflexes analogues peuvent résulter des vers ou d'affections utérines. Tout en remédiant à la cause, Spigelia peut être donnée dans le premier cas, et Lilium tigrinum dans le dernier.
Passant maintenant des affections fonctionnelles aux affections organiques du cœur , je commencerai par celles de sa substance musculaire ; et d'abord 1'
HYPSSHTROPHIB DU CCEX7H.
Dans les attaques aiguës de palpitations survenant dans cette maladie, V Aconit prend la place remplie par Moschus dans les palpitations nerveuses. Il soulage aussi le spasme cardiaque qui a lieu souvent. J'ai trouvé que
HuoHES. ^ Thérap. Homœop.
434 ICÂLADmS AFFECTANT LB SYSTEMS ORCULATOIBE.
Tusage contina de ce même médicament rendait beaacoup de services à ces malades en soulageant leur détresse permanente. Une valeur plus grande encore dans ce sens est accordée par le D' Rnssell au Naja, et par les D'» Rubini et Meyhoflfer (1) au Cactus. Le premier de ces auteurs a publié un cas, excellent exemple de la valeur de son médicament favori (2). Mais qu^avec ce médicament ou tout autre vous puissiez réduire actuellement un cœur hypertrophié, c'est là une toute autre question. Cette altération est souvent nécessaire et compensatrice, et vous ne feriez rien de bon en l'empêchant, quand même vous en seriez capable. La seule forme de la maladie dans laquelle un semblable résultat puisse à bon droit être espéré est, je pense, celle qui est le résultat d'un violent exercice, comme celui de ramer. Ici je puis vous rappeler les effets curatifs qu'ont obtenu de l'-^rmca (3) les D" Madden et Bayes.
Les remarques ci- dessus s'adressent à l'hypertrophie qu'elle soit ou non accompagnée de dilatation. Mais nous avons actuellement à étudier la
DZIiATATXOK DIT CCBUR
elle-même, c'est à dire, celle qui est sans épaississement des parois cardiaques. Je n'ai rien à dire contre la prescription habituelle du fer dans cet état. Je le suppose agir comme article nutritif, et comme un adjuvant convenable au régime nourrissant que vous ordonnerez. Mais je dois réclamer pour le compte de l'iiomœopathie l'autre médicament que Ton donne communément dans la dilatation, Bigitalis. Dans ma leçon sur cette plante, j'ai avancé de bonnes raisons de la croire un paralysant direct de la substance musculaire du cœur. Les auteurs de la vieille école (et le D»" Haie avec eux) se trompent, à mon avis, en considérant son influence comme ne
(1) Chronic Liseases of the Organs of Respiration, 1.
(2) British Journal of Homœopathy, vol. XII, 543.
(3) PharmOfCOdi/namique, article Arnica.
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ÀDIPOSE CARDIAQUE. 435
s*exerçant que sur le système nerveux propre deTorgane. Je n'approfondirai pas ici cette question, mais je me contenterai de vous en recommander l'emploi continu à la tiènture mère, ou aux premières dilutions décimales. Comme accessoires à action fonctionnelle, Gelseminum, Physostigma et Tabacum peuvent être cités. Le premier est préconisé par le D^ Haie lorsque le malade redoute que le moindre mouvement n'arrête les battements du cœur. Le dernier par le D' Edward Blake lorsqu'il y a en même temps insomnie.
L'ABZPOSB DU CGSUR
présente deux formes. Dans la première, la graisse est déposée à la surface du cœur, et ne détermine la dégénérescence de son tissu que lorsqu'elle s'infiltre aussi dans ses fibres musculaires; dans la seconde, il y a dégénérescence graisseuse dès le début. Le traitement varie, en conséquence. Les malades de la première catégorie doivent être fortement engagés à un régime et à un mode d'existence calculés pour éviter l'obésité ; etDigita* lis etFerrum peuvent être donnés pour fortifier le muscle embarrassé. Les médicaments convenant à la dernière variété sont étudiés dans un mémoire intéressant publié par le D"^ Drury dans le dix-neuvième volume du BritisJi Journal of Homœopathy. Arsenïcimi et Phos^ phoriacidum sont les médicaments qu'il prise le plus; et , comme le premier est actuellement connu comme capable de déterminer dans le cœur et d'autres organes la dégénérescence graisseuse, il a là un titre de plus à notre attention. Cependant, l'action de Phosphorus dans ce sens est encore plus puissante, et il paraît probable qu'il prendra le premier rang parmi les médicaments de lar dégénérescence graisseuse.
Kafka recommande fort TArnica ainsi qtie Liedbeck, et ces auteurs assurent qu'il donne du soulagement dans la dyspnée qui adcoinpagne la dégénérescence graisseuse dtt cogur.
Je traiterai actuellement des affections inflammatoires du cœur, en commençant par celles de sa menbrane séreuse d'enveloppe.
PSRICAHDITS:.
La forme îdiopathîque de cette maladie se voit si rarement, et elle est si peu connue aussi bien dans la pathologie que dans la thérapeutique de ses variétés purulente, hémorrhagique ou tuberculeuse, que je ne parlerai de son traitement qu'en tant qu'elle se montre conjointement avec le rhumatisme aigu et dans le cours de la maladie de Bright. Si dans le cours d'un cas de rhumatisme on commence à entendre un bruit de frottement double en même temps que d'autres symptômes de péricardite se montrent, vous pouvez presque toujours sinon toujours les arrêter en vingt-quatre heures en donnant votre Aconit seul à une force et avec une fréquence suffisantes (une goutte de la première dilution décimale toutes les heures environ), et en recouvrant la région cardiaque d'un cataplasme chaud de farine de lin. Experto crede. Mais vous n'êtes pas toujours assez heureux pour saisir ainsi l'affection à son début, et vous devez être prêt à en entreprendre le traitement à ses différentespériodes. Commencez par lire les cas relatés par le D^ Drysdale dans le douzième volume du British Journal of homleopathi/ (p. 557), par le D*" Laurie dans le cinquième volume du même journal (p. 316), parle I)''Kidd dans le troisième volume (p. 198), et par le D*" Russell dans ses Clinical Lectures, Vous y trouverez (qu'après Aconit) Bryonia, Colchicum,Spigclia et Arsenicum sont les plus en faveur. On n'a jamais eu recours à Bryonia seule, mais toujours alternée avecAconitouSpigelia. Je trouve cette défiance toute naturelle et j'en suspends toujours l'administration dans la fièvre rhumatismale en faveur d'autres médicaments, lorsque surviennent des accidents du côté du cœur. Colchicum ne possède a priori aucune certitude en sa faveur ; mais action dans un cas du D»" Kidd et un autre du D*" Laurie
PÉRICARDITE. 43»jr
ne fut pas peu remarquable. Spigelia jouit de la plus haute réputation et a en sa faveur le témoiguage du D' Fleischmann qui ne se servait d'aucun autre médicament. La présence de beaucoup de douleur en serait, ici comme ailleurs, la principale indication. Arsenicum lui est préférable seulement dans les cas où Tépanchement séreux dans la cavité du péricarde est considérable.
Il est noté ici par plus d*un observateur qu'il soulage fréquemment Tanxiété et Toppression quelque temps avant que les signes physiques n^annoncent la résorption du liquide.
Armé de ces médicaments, vous pouvez avec une grande confiance combattre la forme péricardiaque du rhumatisme ; dans celle qui survient dans la maladie de Bright, Colchicum et Arsenicum sont les deux seuls médicaments du groupe qu il soit indiqué d'appeler à son secours.
Je puis ajouter à ceci un compte rendu abrégé des instructions thérapeutiques de nos auteurs systématiques sur ce point.
Jousset semble à peine parler d'après l'expérience que nous pourrions lui supposer : il recommande Aconit au début. Apis et Cantharis ensuite, et Arsenicum un peu plus tard, si le niveau de Tépanchement détermine de l'orthopnée et de la tendance à la syncope. Jahr est d'accord avec moi quant à la suffisance générale de l'Aconit, mais il trouve la 30 dilution efficace. Bâhr traite de l'inflammation péricardiaque, myocardiaque et endocardiaque en un seul chapitre sous le titre général de « Cardite. » Il soutient aussi que « dans toute péricardite, qu'elle soit primitive ou secondaire. Aconit est le premier et le plus important médicament toutes les fois que l'inflammation se montre avec des phénomènes fébriles; « nous considérons aussi », ajoute-t-il, « ce médicament comme indiqué même si la fièvre est modérée ou même manque tout à fait ; Aconit n'est pas seulement indiqué au commencement de la maladie, mais dans beaucoup de cas durant tout son cours, plus particulièrement pendant les inflammations cardiaques rhumatis-
438 BfÂLADIBS AFFECTANT LB SYSTÈME CIRCULATOIRE.
maies, aussi longtemps qne les altérations organiques n'amènent pas de symptômes de paralysie ou de cyanose. » Lorsque Taffection s'établit d'une manière insidieuse, et qu'il y a un épanchement abondant de sérosité, il recommande Digitalis. Il regarde Spigelia comme ne convenant qu'à la péricardite plastique, et pour les cas prolongés de cette nature il conseille Sulfur. « Dans un cas de péricardite, » écrit-il, « où des murmures de frottements des surfaces péricardiaques les unes contre les autres, qui pouvaient même être perçus par la main, avaient existé depuis plus de trois mois, les symptômes disparurent entièrement après que Sulfur eut été administré pendant une quinzaine de jours. » Le D' Haie suit d'assez près les traces de Bâhr, quoiqu'il accorde plus de valeur à Bryonia dans la forme plastique; et il cite Asclepias tuberosa comme un médicament analogue dont il a obtenu de bons résultats.
Étudions maintenant 1'
BKIX>CARI>ITS:
qui, dans sa forme aiguë, peut au point de vue pratique être étudiée à part dans ses rapports avec le rhumatisme. Vous trouverez un cas de premier ordre décrit par Hubert dans le vingtième volume du British Journal (p. 562), dans lequel Aconit l"^ fut le seul médicament donné ; et un autre cas dans le onzième volume du Monthly Homœopaihic Review (p. 355) , dans lequel Spigelia , entre les mains du D' Bayes, se montra également efficace. Ces cas montrent très exactement quel est le traitement homœopathique reçu de l'endocardite . Aconit et Spigelia sont les grands remèdes de l'infiammation de la membrane interne aussi bien que de la membrane externe du cœur, ce que l'on pouvait, il est vrai, attendre, lorsque Ton considère l'exacte similitude des deux tissus, et l'identité de la cause déterminante ordinaire. De plus, ce sont manifestement les Similia de l'affection. Le premier, entre les mains du D' Jousset, a déterminé des lé-
AFFECTIONS VALVULAJRBS DTJ CŒUR. 439
sions de la valvule mitrale chez des lapins auxquels il Tadministrait en doses croissantes ; et les effets pathogénétiques du dernier dénotent des irritations endocardiaques plutôt que péricardiaques. Les grands succès qu'obtint Fleishmann en le donnant dans toutes les inflammations rhumatismales du cœur indistinctement peuvent bien avoir été dus à ce fait que parmi elles l'endocardite est de beaucoup la plus fréquente.
Si vous rencontrez jamais la terrible « endocardite ulcéreuse », les venins de serpents que BâhretHale signalent comme homœopathiques seraient indiqués ; et parmi eux, le Lachesis commanderait probablemeDt la préférence.
AFFBCnOKS VAI^VUIiAIRES DIT CŒUB.
Elles sont, ou une suite de l'endocardite, ou une manifestation de la maladie existant actuellement sous une forme chronique. Notre espérance de les modifier jusqu'à un certain point doit reposer sur celle de ces alternatives existantes. Tant qu'ily a de l'inflammation, nous pouvons la combattre ; mais si nous n'avons affaire qu'à la lésion qui en a été la conséquence, lorsque l'incendie est éteint, notre concours ne peut qu'être palliatif. D'après l'expérience du Df Russell (que j'ai souvent vérifiée pour ma part), il semble que Naja devrait toujours être donné pendant la convalescence d'une atteinte aiguë d'endocardite, et que ce médicament ait un pouvoir considérable pour assurer une guérison complète. Le D' Jousset a obtenu des résultats analogues avec Aconit, lorsque le mal était localisé à l'orifice aortique, et avait lieu chez des enfants. Vous vous rappellerez aussi la communication du D*" Wells sur l'emploi de Spongia dans ces cas, et l'indication spéciale de ce médicament, a réveil en sur^ saut la nuit, avec crainte de suffoquer, » Avec un de ces médicaments, continué régulièrement, on peut éviter souvent les suites désastreuses d'une endocardite aiguë. De plus, il paraît peu douteux que l'inflammation endo-
cardiaque ne puisse être chronique dès le principe, enparticulier sous Tinfluence de la goutte ou de l'alcool, et probablement de Tintoxication chronique par le tabac et même sous celle des simples progrès de l'âge. De la sorte Taffection valvulaire peut n*avoir son origine dans aucun anté* cèdent d'affection aiguë. Ici il nous faut des médica* ments à action plus profonde, et nous les trouverons, je pense, dans Arsenicum et Plumbum, L'action de r Arsenic sur le cœur a été complètement étudiée par le Dr Imbert-Gourbeyre. (1). Elle s'exerce évidemment sur l'endocarde aussi bien que sur d'autres parties, et les résultats obtenus dernièrement en France avec l'arséniate d'Antimoine dans les affections chroniques du cœur ne laissent aucun doute quant à son efffcacité. Il a joui longtemps ici d'une haute réputation dans l'école de Hahnemann. Encore plus homœopathique est le Plumbum, qui, au dire du D** Jousset, produit, dans l'empoisonnement chronique, une endocardite et une endartérite chroniques. Nous n'avons jusqu'ici, cependant, aucune expérience de sa valeur»
Le traitement palliatif des affections valvulaires chroniques peut ou être allié à celui d'une nature curative, ou, lorsqu'il existe des altérations organiques permanentes, être poursuivi seul. L'Aconit et le Naja déjà cités sont souvent utiles dans ces dernières circonstances. Lorsqu'il y a beaucoup d'hypertrophie et que les mouvements du cœur sont surexcités, CactiAs peut souvent remplacer Aconit avec avantage; et on doit donner Spigelia (2) dans les cas où il existe beaucoup de douleur. Les atteintes paroxystiques aiguës survenant incidemment dans les affections valvulaires, et entraînant Tembarras de la circulation cardiaque, sont généralement soulagées par l'Aconit, mais quelquefois aussi (ainsi que l'a trouvé le D' Russell) par le Camphre.
Je n'ai pas parlé ici de la Digitale, sa sphère ne se
(1) Imbert-Gourbeyre, De Vaction de V Arsenic sur le cœur^ Paris,
{2) Annals, IIl, 539.