‹ Manuel de thérapeutique selon la méthode de HahnemannChapitre 144 sur 189 · PARALYSIE DE LA VESSIE · texte numérisé non relu

PARALYSIE DE LA VESSIE

qu'une petite quantité d'urine. C'est, jepense, une affection du col de la vessie, et elle peut être nerveuse ou inflammatoire. Lorsqu'elle se montre sous une forme aiguë, et je ne connais que peu d'affections plus douloureuses, ne vous donnez pas la peine de chercher à laquelle de ces deux catégories elle appartient, mais donnez à votre malade des doses répétées de Camphora^ et je vouspro' mets que vous aurez mérité toute sa reconnaissance (1). Le même traitement est applicable dans les cas oti la cause des symptômes est l'absorption des Cantharides, d'un vésicatoire. Dans les cas moins urgents, il y aura avantage pour vous à distinguer la variété inflammatoire ou nerveuse. Dans la première, vous pouvez difficilement faire mieux que de donner CanlTiaris, si votre malade est du sexe masculin. Mais si la dysurie survient, comme cela a lieu souvent, chez une femme, je vous recommande Copahiba et Eupatoritan purpureum. Les cas dans lesquels j'ai vu le premier agir si bien étaient tous chez des femmes d'un âge avancé, mais je ne sais pas s'il a une appropriation spéciale à ces cas. Dans la dysurie nerveuse, vous trouverez dans Beïladonna, k la première dilution, un médicament qui vous fera rarement défaut. Si vous en désiriez un autre, vous pouvez consulter Apis et Capsicum.

Avec sir Henry Thompson (2), je continuerai en parlant de la

PARAXYdrB DS XJL VBSSIB.

Le terme <( Atonie » par lequel on la désigne aussi, peut être préférable, mais pour le moment l'affection est mieux connue sous l'autre désignation. Elle survient quelquefois d'une manière idiopathique, comme dans un

(1) Yoy* Hughes, Action des médicaments ou éléments de Phar^ macodynamique. Paris, 1874.

(2) Thompson, Traité pratique des m^aladies des voies urinatres. 20 édition, Paris, 1 80 .

(3) Op. cit., 4e éd., p. 101.

cas décrit par sîr J. Brodie (3). Ici Opium devrait en être le remède, et le même médicament pourrait venir en aide à la sonde pour empêcher Taccumulation de Turine daos le typhus. Plus communément elle est le résultat de la distension extrême, et dans ces circonstances Arnica est d'un grand secours, pour aider les moyens mécaniques (et peut-être rélectricité) que vous emploierez nécessairement. Lorsque la paralysie de la vessie coïncide avec une affection ou une blessure de la moelle épinière, on pourrait croire qu'il y a peu de chose à faire. Mais j'ai vu la contractilité revenir, et l'urine ammoniacale devenir saine, dans un cas de cette nature, sous l'influence du Muriate de fer donné par gouttes.

Ce sont des formes de paralysie du fond de la vessie, le detrusor urinae, et elles constituent la forme paralytique de la rétention d'urine. Mais le même état peut s'attaquer au sphincter, déterminant alors une incontinence partielle ou complète, l'Enurésis. Je parlerai de la forme nocturne de cette affection, si commune chez les enfants, lorsque j'en serai au siyet de leurs maladies spéciales. Lorsque vous la rencontrerez chez les adultes, vous trouverez quelquefois Oelsemimcm, et encore plus Causticum utiles pour elle.

PIERRfi DAKS LA VBSSIB.

Cette maladie ne requiert nos médicaments que pour diminuer l'inflammation que sa présence détermine ; et j'en ai traité à propos de la cystite.

CAKCBR BS LA VESSIB.

Le Cancer de la vessie peut à peine être touché par quelque moyen que vous employiez : mais l'hémorrhagie à laquelle il donne lieu peut être combattue par Hamamelis ou Ferrum muriaticum.

Passant maintenant de la vessie à Vurèthre, et réservant la gonorrhée et la blennorrhée pour le chapitre des

STRICTURE. 489

affections des organes sexuels mâles, j'ai à vous enseigner ce que peut faire l'homœopathie dans le traitement de la

STRICTURS OIT RéTBéCISSSMSKT Dfi I^'UBSTHRB

Vous pouvez croire que j'empiète ici sur le domaine de la chirurgie; mais cela n'est pas. Permettez -moi de citer l'esquisse que fait sir B. Brodie de l'histoire de ces cas. « Le malade rend son uriiie en un jet diminué. La diminution croît graduellement, et est quelquefois accompagnée d'un léger écoulement muqueux ou muco -purulent. Bientôt il y a rétention d'urine complète. Celle-ci cesse spontanément, ou est soulagée par l'art. Après un intervalle, qui peut varier de quelques semaines à quelques mois, ou même des années, il est repris d'une nouvelle attaque de rétention. Pendant tout ce temps le jet d'urine continue à devenir plus petit; il est aplati, ou autrement altéré dans sa forme, ou divisé en deux. Enfin l'urine ne sort plus qu'en un jet mince comme un fil, et non sans de grands efforts. » Il y a trois stades de cette triste traversée dans lesquels nos médicaments nous rendront des services efficaces.

!• Le premier est l'attaque de rétention, lorsque le rétrécissement est resserré par un spasme ou une inflammation, ou les deux à la fois. Lorsqu'il y a spasme pur, il cédera en général avec une grande rapidité à des doses répétées de Camphre, Lorsque l'inflammation prédomine ou le complique, comme dans la gonorrhée ou après des injections irritantes, vous pouvez avec une confiance égale avoir recours à V Aconit» Avec ces médicaments, et le bain chaud, vous aurez rarement besoin de la sonde ; quoique vous deviez toujours vous tenir prêt à l'employer si la distension est forte.

2** Je pense qu'on ne peut douter que les premiers symptômes de rétrécissement organique de l'urèthre ne

(1) Pour cette affection, j'emploie souvent avec avantage le Physalis Âlkekengi, suivant des indications qui m'ont été fournies par M. le D* Frédault. (Note du traducteur.)

puissent, dans beaucoup de cas, être arrêtés par Tadministration de Clematis, L'opinion en sa faveur est très générale, comme je l'ai démontré dansma]PAarmacoc?ynamiqi^. Il semble qu'il n'y ait pas de raison pour laquelle la lymphe plastique épanchée là ne pourrait pas être résorbée» pendant qu'elle est fraîche, comme partout ailleurs^ (1).

3° Lors que le rétrécissement organique est devenu un fait confirmé, au point de rendre indispensable la dilata* tion mécanique, le D'^ Yeldham affirme le grand avantage d'avoir donné des médicaments tels que V Aconit et Cantharis pour prévenir toutes tendances inflammatoires ou spasmodiques avant l'introduction des instruments. De plus, Aconit administré après qu'ils ont été appliqués, s'est trouvé empêcher le frisson périlleux qui suit l'opération chez les personnes susceptibles.

Les affections chirurgicales de la prostate, c'est-à-dire les conséquences mécaniques de son hypertrophie, appartiennent à celles des organes urinaires. Mais, au point de vue physiologique, la glande en question fait partie du système sexuel mâle ; et la seule de ses affections qui est du ressort de la médecine, son inflammation, a rarement lieu si ce n'est conjointement avec la gonorrhée. C'est pourquoi j'en parlerai dans ma prochaine lettre.

LETTRE XXXVIL

maladies affectant les organes sexuels de

l'homme.

Dans cette lettre je commencerai, si je ne la termine pas, l'étude des maladies qui affectent les organes sexuels mâles, comprenant sous ce titre les testicules, le cordon spermatique, la glande prostate, le pénis et le scrotum.

Parmi les affections du testicule, je parlerai en premier de r

ORCHITJS.

Nous sommes plus familiarisés avec cette affectionlorsqu'elle survient après une gonorrhée. Dans ces cas, il semble que ce soit Tépididyme sur laquelle se jette l'effort du mal, tandis que dans Torchite causée par le froid, des excès sexuels, ou la métastase des oreillons, le corps de la glande avec sa membrane séreuse enveloppante sont les parties principalement affectées* Je ne pense pas que ceci soit de nature à indiquer un traitement différent ; à l'exception que Torchite parenchyma* teuse est en général plus douloureuse que l'épididymite, spécialement lorsque la tunique albuginée est intéressée, elle demande Hamamelis de préférence à Puisatilla. Ce sont les deux grands remèdes de l'orchite. Pulsatilla m'a jusqu'à présent donné toute satisfaction ; c'est le médicament principal de cette affection dans l'école homœopathique, et Jousset, Yeldham et Jahr expriment leur parfaite confiance en lui. Mais je ne puis ignorer les chaudes recommandations faites par d'excellents auteurs tels que les D^» Ludlam et Franklin à propos de

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rHamamelis ; et le D' Jousset affirme qu'il lui a rendu de grands services dans les cas les plus graves. Outre ces médicaments à action locale, on doit tenir en réserve Aconit et Belladonna, le premier pour être employé s'il y a beaucoup de fièvre et de tension artérielle ; le second (comme le dit fort bien le D' Yeldham) « lorsqu'il y a une grande susceptibilité du système nerveux et de l'intolérance pour la douleur, et lorque la douleur prend le caractère névralgique. » Je dois dire qu'en citant cet auteur, je m'appuie sur la troisième édition de son excellent traité de YHomœopathy in venereal diseases; et aussi sur celui de Jahr sur le même sujet ; je l'ai déjà cité en traitant de la syphilis.

Je n'ai pas fait mention de Clematis parmi les médicaments habituels de l'orchite, quoiqu'il eut quelque réputation parmi les anciens médecins homœopathes, et le cas publié par le D*" Ransford dans le vingt-cinquième volume du British Journal of Homœo'pathy (p. 659) démontre qu'il peut quelquefois agir avec assez de rapidité. Je ne connais cependant pas les indications qui pourraient nous porter à le préférer à Pulsatilla ou à Hamamelis. Bâhr le préconise seulement dans la forme subaiguë de la maladie qui succède quelquefois à la blennorrhée. J'ai peine à penser que le Mercurius recommandé par cet auteur et par d'autres dans l'orchite blennorrhagique soit approprié.

Je parlerai ensuite du

SARCOCÈHJffi.

Ce terme comprend toutes les variétés de gonflements solides du testicule. Lorsque la tumeur est carcinomateuse, enchondromateuse, cystique, ou fibro-plastique, elle est rarement du ressort de la médecine, et tout ce que l'on peut faire dans ces cas est la castration. Le sarcocèle simple, strumeux, et le sarcocèle syphilitique sont les variétés de l'affection dont je décrirai le traitement.

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