RÉTRACTION DES TESTICULES
RÉTRACTION DBS TESTICULES.
La Rétraction des testicules doit comporter un spasme du muscle crémaster. Nous sommes habitués à la voir comme symptôme du passage d'un calcul rénal ; et même dans les cas en apparence idiopathiques il serait bon de s'assurer s*il n*j aurait pas au fond quelque irritation urinaire obscure. Mais si Ton ne découvre rien de semblable, on fera bien de considérer l'apparition fréquente de ce symptôme chez les sujets empoisonnés par le plomb, et aussi cette assertion de Teste, qu'il a employé le Plumbum avec des succès particuliers dans « une rétraction excessivement douloureuse des testicules efc du pénis, qui paraissaient s'enfoncer dans l'hypogastre (à la suite d'excès vénériens prolongés et de rétrocession de dartres). »
Actuellement que nous en arrivons à la glande prostate vous pensez naturellement à cette hypertrophie chronique de sa substance qui est une des affections de l'âge avancé. Je ne puis vous dire que la médecine ait quelque pouvoir sur elle; et en effet il n'en est rien, l'affection étant, comme le fait remarquer sir H. Thompson (1), une hypertrophie simple. Je ne puis parler que de Tinflammation aiguë et chronique de la glande.
PROSTATITE.
On rencontre rarement la prostatite si ce n'est comme complication de la gonorrhée ou de la blennofrhée. Dans sa forme récente, l'opinion paraît divisée quant à la supériorité de Mercurius ou de Pulsatilla ; mais tous les auteurs s'accordent à voir en eux les deux principaux médicaments. La seule exception est Jahr, qui voudrait nous voir recourir kNitri acidum 30°. Si l'inflammation tend à tourner à une forme subaiguë, le D' Yeldham recommande de donner Kali iodattmi à la dose de quelques grains. La prostatite chronique peut être guérie par Pulsatilla, mais trouve un médicament encore plus effi-
(1) Sir H. Thompson, Traité pratique des maladies des voies nrinaires. 2* édition, Paris, 1880.
cace dans Thnja, sous Tinfluence duquel, à des dilutions variées, on pourrait maintenir le malade pendant long*temps (1). Ici encore Jahr recommande Nitri acidum.
Le traitement de la prostatite doit être quelque peu modifié si la suppuration est probable, ce qui arrive souvent chez les sujets strumeux. Ici, quels que puissent être les autres médicaments employés, Sulfur devient d'une importance capitale. Le D*" Yeldham conseille la teinture dans la période aiguë pour aider Taction de Mercurius, et Jahr recommande la 30* dilution, conjointement à son Nitri acidum, dans les suppurations chroniques de la glande.
Nous avons en dernier lieu à étudier les maladies qui affectent le 'penis et le scrotum ^ et nous allons commenacer par la plus commune et la plus centrale des maladies affectant les organes sexuels mâles.
OONORRHéB.
Le traitement abortif de cette affection n'est possible que tout à fait à son commencement et dans les formes non inflammatoires. Si vous avez l'occasion de l'essayer dans ce cas, vous pouvez employer des injections légères d'après la manière delà vieille école, ou encore SeptaSO^, matin et soir, comme l'indique Jahr, qui dit avoir souvent guéri ainsi la gonorrhée çà et là. Un médicament moins connu, Bignonia, est vanté pour le même but.
je n'ai pas d'expérience de cette pratique, mais je puis avec confiance recommander le traitement suivant pour la maladie entièrement développée. Si votre malade l'a ' pour la première fois, et que les symptômes inflamma-
j toires soient violents, commencez par lui donner une
! basse dilution d^ Aconit ou de Geïseminum, suivant le
1 degré et la nature du trouble constitutionnel, et tenez-
vous-en à cela seul. Un cas du D'^ Pope dans le vingtcinquième volume du British Journal of Homœopathy
(1) Voy. Brit. Journ. of Hom., XXIV, 4^9.
GONORRHEE. 501
(p. 508) VOUS montrera ce que peut TAconit, et les vertus du Grelseminum trouvent leur évidence abondante dans les New remédies du D'Haie. Lorsque les symptômes inflammatoires ont cédé, ou s'ils ont été modérés tout d'abord, donnez Cannabis sativa avec persévérance. 11 paraît généralement admis que ce médicament ne doit pas être très atténué, s'il ne Test même. Jahr lui-même recommande la 3* dilution ; mais la plupart de nos thérapeutistes emploient la teinture mère, et ne spécifient pas le nombre de gouttes. Le seul autre médicament dont il est probable qu'on ait besoin est Cantharis^- qui doit être donné intercurremment avec les autres médicaments lorsque les symptômes urinaires indiquent que l'inflammation g;agne vers la vessie. Il est utile aussi lorsque surviennent des érections douloureuses.
Ce qui précède a toujours été mon traitement de la gonorrhée, et il représente véritablement celui de notre école. Bâhr offre la seule exception marquée. Il voudrait nous voir donner Mercurius solubilis pendant les dix ou douze premiers jours, et alors (quand les symptômes sont moins actifs) Hepar sulfuris jusqu'à la fin. Il admet qu'il faut quatre semaines de durée à la maladie sous cette médication, mais il affirme que l'orchite et la prostatite ne surviennent presque jamais et que dans très peu de cas un écoulement secondaire subsiste. Il ne regarde Cannabis comme préférable que dans les cas non inflammatoires. Jahr, donnant ce dernier médicament seul, assure effectuer toujours la guérison en deux et au plus en trois semaines. Il reconnaît l'avantage de quelques doses de Mercurius données à l'occasion (Vivus, 2® trit.) si Cannabis tarde à guérir.
Le D' Yeldham donne le même métal (à la dose de 5 gouttes de la 3« décimale) alternativement avec l'Aconit pendant la première semaine dans les cas inflammatoires, et le D' Jousset emploie ce sel en injection faible pour arrêter l'écoulement qui traîne en longueur. Mercurius^ sous une forme ou une autre, joue donc un rôle qui ne manque pas d'importance dans la thérapeutique homœo-
503 UALADIES AFFECTAin' LBS ORGANES SEXUELS BB L^HOSOCB.
pathique de la gonorrhée comme dans celle de la sjp] Copahiha^ qui est tout à fait homœopathiqae au processas morbide, comme je Tai démontré dans ma Pharmacodynamique^ est mentionnée favorablement à la fois par Yeldham et par Jousset ; mais aucun rang distinct ne lai est assigné. Le premier recommande aussi Thuya, qae nous ayons tu aroir produit Turéthrite plus que n'a pu le faire aucune autre drogue ; mais il a été peu employé dans la gonorrhée aiguë. Nous n'avons aucune expérience récente du Petroselinum préconisé pieir Hahnemann alternativement avec Copahiba.
La gonorrhée chronique, blennorrhée (goutte militaire) ne cède pas volontiers aux médicaments internes. Ceux dont nous avons parlé, relativement à la période aiguë, rendent quelquefois service, en particulier Thuya^ après lequel Nitri acïdtmi peut intervenir utilement. Nous avons aussi quelques témoignages en faveur de Zincum muriatîcum 3* (Tessier),Kaliiodatum 3* décimale (Franklin), Maticol^» au 10» (Kafka), et Sepia 30« (Jahr). Plus communément la meilleure manière de traiter la blennorrhée est de prescrire des médicaments appropriés à Tétat de la santé générale (qui est presque toujours débilitée), tels que Sulfur, Nux vomica ou Ferrum, et de traiter l'urèthre localement par les injections. Celles recommandées par le D' Yeldham sont inoffensives et consistent en: 1 demi drachme d'extrait de Goulard dissous dans 1 once d*eau distillée, ou une infusion de poudre d'Hjdrastis dans la proportion de 1 once par pinte.
J'ai parlé en temps et lieu des complications de la gonorrhée.
La Balanite n'est pas une affection très sérieuse; mais tous ceux auxquels vous direz avec quelle rapidité elle peut être guérie par Mercuriiùs vous remercieront. Dans les cas négligés, l'emploi du Calendula (conmie le conseille le D^ Yeldham) est très utile.