‹ Manuel de thérapeutique selon la méthode de HahnemannChapitre 172 sur 189 · TORTICOLIS · texte numérisé non relu

TORTICOLIS

OU « cou roide »; j'ai seulement à dire que, dans ma pratique, il a cédé rapidement à Y Aconit lorsqu'il était le résultat d'un courant d'air froid et sec, à Dulcamara lorsque la cause était l'exposition à Thumidité. J'ai parlé de la forme spasmodique dans ma dix-neuvième lettre. Je vois que le D** Jousset a obtenu des succès fréquents avec Belladonna que j'ai conseillé alors, aux atténuations basses où à la teinture mère.

La première affection des os dont je parlerai est la

périostite:.

Je vais parler plus loin, sous le titre de « Nodes, » des formes syphilitique et mercurielle de cette affection, qui

sont actuellement circonscrites. La ft)rme diifuse est ou aiguë, comme celle que cause le froid ou une blessure , ou chronique, comme dans le rhusmatisme ou la scrofule. Les irritants spécifiques de tissu du périoste que nous possédons sont Mezereum^ Phytoiacca^ Mercurtus, Silïcea, Kali bichromicum et peut-être Guaiacum (1). Dans lapériostite aiguë, je conseille (avec Bâhr et Franklin) le premier de ces médicaments ; mais lorsque la suppuration est menaçante, on doit donner Mercurius, et si elle est établie, Silicea est indiquée, et doit être continuée jusqu'à ce que tous les symptômes aient disparu. La convenance de l'incision, sous-cutanée ou directe, est une question chirurgicale que je dois laisser à votre discrétion, a Le rhumatisme périostique » est à peine une inflammation: j'ai déjà parlé de son traitement. La périostite chronique chezles sujets scrofuleux cédera communément aux moyens diététiques que vous adopterez ; nxais Tun ou Tautre des médicaments cités plus haut vous aideront beaucoup à le guérir. On parle de Ruta et d'Asa fœtida commedemédicaments du périoste. Le premier est recommandé spécialement dans le périostite résultant d'une violence extérieure.

Les « No DES » (gommes) sont ou « raoUes » ou « dures. » Silicea, qui convient aux deux, est plus particulièrement appropriée à la première. Lorsqu'il se forme des gommes molles sur le cuir chevelu, Kali bichromicum est peutêtre d'une efficacité supérieure à celle de Silicea. Pour la vraie exostose syphylitique, dure, avec ses douleurs nocturnes, nous pouvons essayer Aurum, qui est assez homœopathique ; mais il faut toujours être prêt à avoir recours àTiodure de Potassium, dont l'emploi paraît avoir peu de chose à faire avec l'homœopathie. Vous verrez la discussion sur l'action de ce médicament dans un mémoire

(l)Auxquelsil faut ajouter Myristica Sebifera, que j'aidëjà signalée ailleurs à propos du panaris, et que j'ai maintes fois expérimentée avec succès dans la périostite en diverses régions, comme les os longs, le fémur, le tibia, etc.

(Note du traducteur.)

OSTÉITE. 605

du D^ Madden, sur lui, dans le vingt-sixième volume du British Journal of Homœopathy, Vous verrez aussi que nous n'avons aucune raison d'attendre que ses vertus soient développées à doses infinitésimales,

OSTÉITSj.

L'ostéite, dans sa forme aiguë, est pratiquement identique avec la nécrose aiguë, en qualité de quoi je l'étudierai. L'inflammation chronique d'un os, qu'elle soit primitive ou qu'elle s'étende du périoste, est syphilitique, mercurielle ou scrofuleuse. Si elle est syphilitique, la première question à faire est si le malade a été soumis à un traitement mercuriel. Si cela n'est pas, Mercuriics s'offre de lui-même comme étant sous tous les rapports le médicament homœopathique et le plus approprié. Aurum est un allié des plus importants, et les deux médicaments peuvent se renforcer et se suppléer l'un l'autre jusqu'à ce que la guérison soit complète. Trop souvent cependant l'affection osseuse prend son origine dans l'usage inopportun du mercure ; et ici notre premier soin doit être d'antidoter le poison. L'acide Nitrique est l'agent le plus important que nous autres homœopathes possédions dans ce but ; puis revient encore Aurum et S taphysagy^ia. Ces médicaments suffiront probablement lorsque lamercurialisation n'a pas été trop extrême. Mais si le malade est dans ce dernier cas fâcheux, ou si la diathèse syphilitique est très prononcée, je ne puis faire autrement que de croire plus satisfaisante encore la. prescription ordinaire de Tiodure de Potassium.

L'ostéite scrofuleuse chronique est presque, sinon toujours, une carie ; je vais l'étudier de suite.

CARIB.

La carie est réputée incurable par les traitements ordinaires, et elle est dévolue à l'instrument tranchant. Nous possédons de meilleures ressources. Permettez-

moi de citer le cas suivant; il est donné par le D^ Laurie dans ses Eléments.

« Un enfant devint affecté^ à la suite d'une fièvre scarlatine^ de carie de Vos temporal qui, pendant une période de cinq ou six ans, se rouvrit périodiquement, laissa écouler un pus fétide, et se guérit encore. Le côté gauche du crâne tout entier était arrêté dans sa croissance, et rendu par conséquent beaucoup plus petit que l'autre côté ; l'œil gauche paraissait aussi remarquablement plus petit que l'œil droit. L'intelligence de l'enfant n'était néanmoins affectée en aucune façon. Plusieurs médicaments améliorèrent la carie, mais ne réussirent pas & la guérir. Après l'emploi de FVuoris acidum^ Tattaque vint plus tôt, sous une forme plus grave que d'habitude, mais ensuite ne reparut plus jamais. Depuis cette époque, la moitié la plus petite du crâne commença à croître progressivement, et l'inégalité de taille qui existait avant entre les deux côtés du crâne devint graduellement moindre, et finalement imperceptible. »

Outre Tacide fluorique, son congénère Sihcea est un médicament précieux pour les caries, comme aussi Phosphorus et Phosphorï acidum. Le dernier doit être choisi spécialement lorsque la suppuration est abondante, et qu'il y a de la fièvre hectique. Jahr conseille, chez les sujets scrofuleux, de toujours commencer le traitement par SulfuTy après lequel, selon lui, on obtiendra des résultats beaucoup meilleurs de Silicea et des autres médicaments spéciaux. Si les caries sont syphilitiques ou mercurielles, le traitement que j'ai tracé pour Tostcite dépendante de ces causes devient nécessaire.

I<nSCROSB.

La nécrose, à mon avis, n'est pas une maladie aiguë rare. J'en ai observé trois exemples bien marqués, et l'un des malades succomba en réalité à l'intensité des soufirances sympathiques. Je ne puis rien dire quant à l'efi'et des médicaments sur les progrès de l'inflammation. L'Aconit à doses demi massives, intérieurement et localement, paraîtrait le mieux calculé pour rendre des ser- I vices. Qu'elle soit consécutive à une atteinte aiguë ou

S primitivement chronique, nous avons souvent à traiter

SYNOVITE. 607

une nécrose déjà accomplie, et l'os mort en voie de se détacher. Ici, comme dans la carie, la question de l'intervention chirurgicale se soulèvera, et je vous recommande bien de vous retenir. Donnez Silicea comme votre médicament fondamental, en appelant de temps à autre à son aide d'autres médicaments que l'état général peut paraître indiquer. Vous verrez l'exfoliation avoir lieu graduellement, et la santé de votre malade ne pas souffrir durant le processus. Je dois ajouter que Symphytum est un médicament recommandé pour aider l'élimination du séquestre.

lŒVRALGrE DES OS.

La névralgie des os est, heureusement, rare ; si vous en rencontriez un cas, je vous conseillerais Zincum en fait de médicament.

HAMOLLISSEMSKT DSS OS.

Il existe un mémoire sur cette affection, par le D*" Arnold, de Heidelberg (l).Il recommande, apparemment suivant expérience, Calcarea et lodium pour son traitement. Théoriquement, j'aurais cru Phosphorus son remède spécial, s'il peut y en avoir un; car le ramollissement est incontestablement une dégénérescence graisseuse.

J'ai à vous entretenir actuellement des maladies qui affectent les articulations, et nous commencerons par la

SYNOVITE.

Cette inflammation, dans sa forme aiguë, se soigne volontiers par les médicaments homœopathiques, sans qu'il soit besoin d'employer les sangsues, les vésicatoires et même l'application continue du froid auxquels vous avez été accoutumé. Si l'affection a été provoquée par une violence extérieure, vous ferez bien de tenir l'articulation

(1) British Journal ofHom.^ vol. XVI.

recouverte de compresses trempées dans une faible dissolution d'Arnica, Autrement, un simple pansement à Teau est la seule application nécessaire. Vous maintiendrez nécessairement Tarticulation dans le repos, et, si cela se peut, dans une position élevée. Ensuite vous donnerez à l'intérieur Aconity s'il y a de la fièvre, ou une action vasculaire locale intense, mais alternativement, avec des médicaments plus spécifiques tels que Bryonia ou Pulsatilla ; le premier, lorsque, comme cela se voit souvent, le malade est rhumatisant, quoique la synovite soit simple; le dernier, chez les enfants, les femmes délicates, et à vrai dire dans la majorité des cas dan.*? lesquels la synovite survient. Dans quelques cas où il y a un fort épanchement, mais peu de douleur (hydarthrose aiguë), Apis est préférable atout autre. Le soutien à l'aide de courroies ou un bandage sont tout ce qu'il faut pour .déterminer la résorption de l'épanchement, tout en continuant les médicaments. Si la suppuration s'est établie, vous devez donner Hepar sulfuris^ et en appliquer une lotion à l'extérieur; mais je ne puis vous promettre la résorption du pus sans évacuation. Cette dernière a-t-elle lieu, SiHcea, aussi bien à l'extérieur qu'à l'intérieur, paraît préférable à Hepar.

Pour la forme simple de la synovite chronique, je conseille, si elle est syphilitique ou mercurielle, Kali ioda^ tum; si elle est rhumatismale, Mercurius. Mais dans n'importe quel cas la prédominance de l'épanchement séreux sur l'épaississement inflammatoire « Hydrops articuli » indique l'Iode ou son composé de potasse comme le remède convenant le mieux. Ici encore l'homœopathie occupe un terrain commun avec la vieille école.

Je ne puis rien dire delà « dégénérescence fibro-gélatineuse brune de la membrane synoviale, » décrite par les auteurs comme se montrant surtout chez les femmes adultes La synovite scrofuleuse forme une variété des maladies des articulations que je désignerai sous le nom ancien, mais approprié, de

TUMEUR BLA.NCHE, ARTHRALGIE. 600

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