TUMEUR BLANCHE
Cette affection peut débuter, comme vous le savez, soit dans la membrane synoviale, soit dans le cartilage, ou bien encore dans la structure spongieuse de l'extrémité des os. Le diagnostic de ces différentes origines est important, en ce que, en plus des médicaments antiscrofuleux généraux que vous pourrez prescrire, ceux ayant la propriété d'influencer le tissu primitivement affecté vous rendront des services spéciaux. Il est peu de cas dans lesquels Sulfur et Calcarea ainsi que l'huile de foie de morue ne vous seront pas utiles, administrés de temps en temps. Mais lorsque la synovite a été la lésion primitive, Pulsatilla et Apis seront d'un grand secours. L'ulcération douloureuse des cartilasres demande Mercurius corrosivuSf et lorsque l'affection a commencé dans les os, Mercurius^ Silïcea, Calcarea phosphorica, et peut-être quelques-uns des autres médicaments que j'ai mentionnés comme applicables au traitement des caries, sont nécessaires. Aconit rend souvent service dans l'irritation constitutionnelle ; mais lorsque celle-ci a pris distinctement un caractère hectique, Phosphori acidum convient mieux.
Ces remarques s'appliquent nécessairement àla maladie de la hanche, « la coxalgie », comme aux autres articulations. Mais ici vous trouverez aussi dans Colocynthis un médicament très utile, en ce qu'il soulage beaucoup la douleur qui accompagne l'affection, par suite de l'irritation des nerfs voisins.
ARTHRALaiE.
C'est un terme convenable, désignant à la fois V o articulation hystérique» et la névralgie (souvent sympathique) qui hante les articulations.
Les jointures «hystériques», de même que les souffrances hystériques en général, sont difficiles à combattre.
et je n*ai guère d'autre suggestions à présenter en dehors de ce que j'ai dit à propos de Thystérie en général, excepté qu*Argentum a quelquefois guéri Tarthralgie, paraissant de cette nature. Je ne pense pas de plus, que la névralgie articulaire soit jamais primitive, de manière à néctssiter un médicament spécial. En serait-il ainsi , cependant, il faudrait penser à Plumbum et Zincum.
En tant qu'étroitement unis aux articulations, je dois dire quelques mots de la bursite et du ganglion.
BURSITS.
Dans rinflammation aiguë de ces sacs, Aconit et Belladonna ont été efficaces dans mes mains, mais dans ces derniers temps on a fortement vanté Sticta. Dans la forme chronique, dont^e « genou des servantes » est un exemple bien connu , Rhus, à Tintérieur et à Textérieur, et aussi Silicea ont procuré des guérisons; mais vous pouvez être obligé d'en venir à l'emploi semblable de l'iodure de Potassium. Ruta est quelquefois efficace contre l'oignon.
Le ganglion a aussi disparu sous l'influence de Ruta dans ma pratique; mais je ne saurais vous garantir qu'il réussira toujours. U acide BenzoïquCy en frictions sous forme d'une pommade, dissipe souvent ces tumeurs, et dernièrement le D"^ Turrel a obtenu des effets analogues par l'administration interne du médicament à assez haute dilution (1).
Je consacrerai quelques pages au sujet des accidents, et mentionnerai dans ce chapitre quel rôle jouent nos médicaments dans le traitement des blessures, des contusions, des efforts, des brûlures, des engelures, des piqûres, des fractures, des insolations et des troubles par émotions.
(I) Voy. Bibl. Hom„ nov. 1876.
BLESSURBS. 611
BIjBSSURES.
La division des blessures en plaies par incision, par piqûre, contuses et déchirées, est familière en ce qui a trait à leur pansement chirurgical, mais elle ne porte pas moins sur leur traitement médicinal.
Dans les « plaies par incision, » votre premier soin doit être d'en assurer la réunion par première intention. Outre les moyens mécaniques que vous adopterez dans ce but, Calendula interviendra comme le plus puissant « vulnéraire fi qui ait jamais été découvert. Son influence est entièrement ennemie de la suppuration et, n'ayant pas luimême de propriétés irritantes, on peut l'appliquer à son aise sur les parties coupées et leurs bords. La force peut aller depuis la teinture pure (comme le recommande le D** Leadam pour les ruptures du périnée), jusqu'à un mélange d'une partie pour huit parties d'eau ou de Glycérine. Une «Eau de Calendula, » qui est une forte infusion, a été employée dans les premières expériences faites avec la plante (1).
Les « plaies par piqûre » peuvent être soulagées par le Calendula. Elles amènent cependant un degré de troubles généraux et locaux hors de toute proportion avec leur grandeur, et Teste paraît être le premier à avoir affirmé que leur médicament spécifique est Ledum, que l'on peut employer à l'intérieur et à l'extérieur (2). S'il a raison, on ne devrait pas choisir, dans l'un et l'autre but, une des plus basses dilutions*
Dans les « plaies contuses, » il est généralement admis que l'élément contusion a plus d'importance que l'élément plaie. D'où vient qu'il faut donner Arnica de préférence
(1) Ceci vient à point pour répondre à nos adversaires de la vieille école, qui ne manquent jamais de nous objecter que c*est Valcool seul qui agit dans les pansements faits avec la teinture de Calendula.
(Note du traducteur.)
(2) Brit, Journ. of Hom.j vol. XXXIV, 837.
à Calendula, même extérieurement? Ce dernier peut être employé ultérieurement, si c'est nécessaire, pour amener la guérison.
C'est dans les « plaies déchirées » que Calendula a acquis sa première réputation; et s'il suffisait d'amener la guérison par première intention, nous n'aurions pas à chercher d'autre médicament. Mais les plaies par déchirure sont, comme celles par piqûre, dangereuses par les souffrances qu'elles déterminent à la fois dans la partie blessée et dans l'économie entière, et ces souffrances sont d'un caractère essentiellement « nerveux. » En conséquence, le D*" Franklin en est venu à les traiter arec VHt/pericunij et en a obtenu les meilleurs résultats possibles. 11 en fait une lotion avec une partie de teinture dans vingt parties d'eau chaude.
Un autre ordre de blessures est celui des « plaies empoisonnées. » Quelques-unes d'entre elles nous passeront sous les yeux, lorsque nous en serons aux morsures et aux piqûres. Mais la piqûre anatomique est un exemple familier de la nature des blessures auxquelles je fais allusion. L'inflammation des absorbants qui y aboutissent peut être combattue par Aconit et Belladonna, et l'extension du mal être ainsi prévenue. Mais s'il s'établit une irritation constitutionnelle, Lachesis et ensuite China peuvent être nécessaires, comme nous l'avons vu poiir la pyohémie. Nous n'avons pas de traitement local spécial pour ces sortes de blessures. Pour la a fièvre chirurgicale » ou « traumatique, » Aconit en est toujours le médicament lorsqu'elle revêt le caractère S3moque ; Arsenf cum, lorsqu'elle prend la forme typhoïde; Lachesis ^ si elle est pyoémique ; China, quand c'est la forme hectique. Bien plus, Lachesis a acquis une haute réputation dans la « gangrène traumatique, » le D"" Franklin confirnaant, par sa propre expérience ici, ce qu'avait d'abord dit de son efficacité le D"^ Dake.
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