‹ Manuel de thérapeutique selon la méthode de HahnemannChapitre 179 sur 189 · RACHITISME · texte numérisé non relu

RACHITISME

Nous apprenons de plus en plus, depuis que sir W. Jenner a défriché le terrain sur ce sujet, à regarder cette maladie comme n'ayant pas son. siège dans les os seulement, mais comme une diathèse constitutionnelle véritable se rangeant à côté de la scrofule et de la tuberculose. « Si un enfant perce tard ses dents, s'il ne marche pas d'aussi bonne heure que les autres enfants, si ses fontanelles tardent à se fermer, il est probable que ce sujet est rachitique ; » ainsi écrit le D*" Hillier (2). Il décrit plus loin cet état comme « une maladie générale de là nutrition, affectant surtout les enfants, caractérisée d'abord par des sécrétions alvines malsaines, des douleurs dans les membres, des transpirations de la tête, et par la suite par une grande faiblesse musculaire et une dentition et une ossification retardées, la mollesse des os, avec croissance anormale des cartilages, amenant diverses diff'ormités dans la tète, le tronc et les membres. Dans la rate, les ganglions lymphatiques et le foie, il y a dégénérescence et hypertrophie, quelquefois aussi dans le cerveau. » Si, sachant ces particularités sur le rachitisme, nous reconnaissons la maladie dans sa première période, et qu'elle puisse être

(1) Voy. British Journal of Hom,, XII, 696.

(2) Clinioal Treatise on Diseases of Childrerit 1868.

attribuée à un mauvais régime, il est possible qu'en réglant ce dernier, et en donnant Thuile de foie de moruô et des médicaments appropriés aux désordres digestifs existants, on fasse tout ce qu'il faut.

Mais lorsque la diathèse est bien marquée, et en particulier lorsqu'une mauvaise nourriture en est l'origine, vous aurez à chercher des médicaments plus convenables. J'attendrais peu de résultats de Ruta, Staphysagria, Mezereum, Lycopodium et Pinus sylvestris préconisés par Hartmann, encore moins de Mercurius solubilis, Colchicum et Sulfur, qui sont des recommandations excentriques de Teste. Je pense même que Calcarea ne peut être regardé comme un médicament spécifique pour la diathèse rachitique, quoiqu'il ne puisse exister le moindre doute sur son utilité occasionnelle, en particulier (comme dit Bâhr) lorsque existe une diarrhée d'odeur aigre. Il y a ici quelque chose de plus, même dans les os, que le manque de sels calcaires. D'autre part, je puis me ranger du côté de Hartmann en attribuant kV acide Phosphorique une grande puissance en bien, et à ce dernier j'ajouterai Silicea, Le premier répond à la diarrhée et à la douleur dans les membres, et peut-être à l'affection des os et à la dégénérescence albuminoïde. Le dernier couvre les transpirations de la tête, la sensibilité de la peau et la tendance à l'augmentation de croissance des tissus cartilagineux. Avec ces deux médicaments, mais spécialement le dernier, je puis vous encourager à espérer de grandes choses dans le traitement du rachitisme.

SYPHIUS INFANTIIiS.

Je n'ai rien de mieux à proposer pour le traitement de cette maladie, dans sa manifestation constitutionnelle complète, que les petites doses de Mercurius que vous avez eu jusqu'ici l'habitude d'employer. Je crains fort que la Kréosote recommandée par Teste n'atteigne pas assez profondément la maladie dans son plein développement, quoiqu'elle soit très efficace contre ses manifestations cutanées. Si des condylomes apparaissent, on doit donner

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