PARALYSIE INFANTILE
donna et quelquefois Aconit : Si elle survient brusquement, Glonoïh est peut-être préférable ; on se rend mieux maître de la seconde avec Zincum, dont les triturations basses de Toxyde ou du sulfate sont les plus en faveur. Quel que soit le médicament choisi, vous ferez mieux de le donner dans les intervalles des accès, ou, par exemple, une dose après chacun d'eux. Pendant Taccès luimême, vous pouvez faire respirer à l'enfant dli Camphre, lequel, dit le D'^ Leadam, calme souvent d'une manière instantanée une convulsion violente.
Je dois ajouter que Teste, après avoir conseillé Créosote 24® pour les convulsions de la dentition (dont je vais bientôt parler), etStannum 30* pour celles causées par les vers, affirme que « les convulsions chez les enfants à la mamelle paraissant idiopathiques, le- seul médicament à leur opposer estHelleborus. »
Il excite une paralysie tellement spéciale à l'enfance qu'elle est connue sous le nom de ;
paralysie: infantile.
Je n'entends pas par ce terme l'hémiplégie qui n'est pas rare chez les enfants, qui est d'origine cérébrale, et date presque toujours d'une convulsion si elle n'est pas un symptôme d'une maladie organique. La « paralysie essentielle » de l'enfance est spinale; d'habitude annoncée par un accès de fièvre ; plus ou moins générale au début, mais par la suite, si elle ne disparaît pas tout entière, limitée à un membre ou deux, ou même à un groupe de muscles, et accompagnée d'atrophie de ces derniers organes. Je pense que tout se réunit ici pour faire voir dans l'inflammation le point de départ, et dans le ramollissement hyperémique et l'atrophie de la substance grise des cordons antéro-latéraux la lésion qui forme la base des cas confirmés. Je recommanderais done en conséquence Belladonna dans la période du début, comme le médicament capable de favoriser la tendance naturelle vers la guérison. Plus tard Secale et Plumbum deviennent les
médioaments les plus appropriés ; et il n'y a pas de raison qui vous empêche de donner aux muscles paralysés le bénéfice du galvanisme localisé.
La seule affection des yeiix ou des oreilles chez les enfants méritant une notice spéciale est V
OPHTHAXiBCIS: TfBS NOU VB A U-NBS.
Tout ce que j'ai dit à propos de la conjonctivite purulente s'applique à cette affection, spécialement en ce qui concerne l'usage interne de VArgentum nitricum^ sur lequel, avec de grands soins de propreté dès yeux, roule entièrement son traitement. Leadam et Jahr, cependant, parlent avec tant d'enthousiasme de l'Aconit 30® dans le commencement de l'affection, que je ne puis faire mieux que de vous engager au moins à commencer votre traitement par ce médicament.
J'arrive actuellement aux affections des organes digestifs chez les enfants, et j'entreprends d'abord la
stomatite:.
Cette affection peut être simple, aphtheuse ou maligne. Je parlerai des deux dernières formes sous les titres Aphthes et Cancrum oris. La stomatite simple (muguet) qui est une inflammation exsudative de la membrane muqueuse buccale, n'a pas de meilleur remède que Kalichloricum, qui est, il faut l'avouer, homœopathique à l'état morbide. J'en ai traité une bonne quantité de cas chez des enfants avec la 1^° trituration décimale, et avec des résultats très satisfaisants.
APHTHES.
Dans, le traitement des aphthes et ulcérations, nous sommes sur le même terrain que la vieille école, et nous soutenons la spécificité homœopathique du Borax que nous donnons de la même manière qu'elle. Il guérit donné
BEGÀIBMENT. 629
même seulement à Fintérieur, et à presque toutes les dilutions ; mais il ne paraît pas y avoir de raison pour laquelle on n'y joindrait pas l'application locale. Hartmann recommande aussi Yacide Sulfurique, et Teste l'acide Muriatique,etils conseillent tous deux l'emploi interne et externe de ces médicaments. Les mêmes agents sont prisés aussi par Leadam et Bâhr ; le dernier pense comme moi que le Borax est spécifique, et doit être toujours employé d'abord.
CAKCRI7M ORIS.
La tendance bien connue que possède le Mercure de déterminer cette sérieuse affection (le « Noma » des anciens auteurs), nous justifie d'opposer l'un de ses sels au moins à ses premières manifestations. Le seul cas que j'aie vu était consécutif à une rougeole, et il céda très bien à Mercurius solubilis et à Muriatis acidum. Mais vous devez toujours tenir Arsenicum en réserve, comme le médicament le mieux approprié entre tous pour couper court le processus désorganisateur que nous étudions. Dans une épidémie de Cancrum oris qui eut lieu en Allemagne, Arnold trouva ce médicament le seul curatif aux 3« et 4e triturations décimales (1). Dans une apparition semblable de la maladie au milieu d'un asile d'enfants, à New-York, les médecins de l'établissement, les D" Joslin et Saint-Clair Smith trouvèrent le Kali chloricumivét efficace.
Comme aflection de la langue, quoiqu'elle soit plus que cela, je parlerai du
On peut obtenir beaucoup de bien dans cette affection par l'usage persistant du Stramonïum, C'est là une indication du D*" Teste, et elle est fortifiée par quelques cas dont vous trouverez la relation dans le British Journal
(1) Voy. BHt. Joum. ofHom», XI, 147.
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of Homœopathy^ vol. XVIII, p. 240. Les dilutions moyennes paraissent les plus convenables.
La mention des dents à propos des enfants nous fait entrer dans le vaste sujet des
ACCIDENTS DS IjA DifiNTlTION.
Je suis tout à fait incapable de penser comme ceux qui attribuent à la dentition tous les maux auxquels est sujet le jeune enfant. Le percement des dents est un fait aussi véritablement physiologique que Test Taccroissement des os; et chez les enfants en bonne santé il doit se faire et se fait avec à peine moins de troubles. Sans doute, cependant, lorsque existe une prédisposition aux affections sanguines ou nerveuses, l'activité morbide de toute l'économie pendant le processus de la dentition tendra à faire ressortir ces tendances morbides, par exemple sous la forme d'éruptions cutanées ou de convulsions. De plus, si un enfant est ou devient cachectique, spécialement s'il acquiert des tendances rachitiques, la dentition, comme tout autre processus nutritif, se fera mal et par suite avec peine. Et alors, si une fois les dents arrivent à percer pathologiquement au lieu de physiologiquement, la bouche devient en vérité le point de départ de beaucoup d'autres maux.
Si vous partagez cette manière de voir, vous m'imiterez dans l'usage beaucoup plus parcimonieux de la lancette à gencives, que ce n'est la mode autour de nous; et vous rechercherez avec ardeur les ressources médicinales qui sont à notre disposition pour rétablir la dentition dans sa quiétude normale. On s'accorde généralement à trouver que Calcarea (Carbonica ou Phosphorica) aux dilutions les plus élevées, est un médicament des plus précieux lorsque les dents percent lentement et douloureusement, et que les intestins sont très dérangés par sympathie avec la bouche. Mais nous devons au D"^ Teste d'avoir fait remarquer qu'il est une forme de la dentition, qui n'est pas rare, dans laquelle Krëosote est un médicament supé-
rieur. Cette dernière forme se montre chez les enfants délicats, irritables ou cachectiques ; elle est caractérisée par une agitation et une insomnie extrêmes pendant le percement des dents, et ces symptômes paraissent souvent tomber aussitôt qu'elles sortent; les parties voisines sont très enflammées, et les intestins tendent à être constipés. Je puis apporter mon témoignage à la grande valeur de Kréosote, 12* à 24® dans cet état. On peut la continuer à la fois dans Tintervalle et dans le moment où les dents sortent. Mais si vous donnez Calcarea comme médicament constitutionnel, vous aurez recours h Aconit et Chamomilla au moment delà sortie des dents. Le premier est préférable lorsqu'il y a beaucoup de fièvre ; le dernier lorsque les symptômes nerveux sont prédominants, et chacun d'eux dans sa sphère vous donnera les résultats les plus satisfaisants.
Coffea agit à la manière de Chamomilla, et pourrait être préféré s'il y avait de l'insomnie.
Les convulsions de la dentition sont mieux évitées par l'usage persévérant des médicaments de la dentition morbides. Si elles paraissent menaçantes, Chamomilla ou Ignatia pourront les tenir en respect; mais si elles ont commencé, il n'y a pas pour elles de meilleur médicament que Belladonna, qui est aussi curatif qu'il est homœopathique.
DIAHHHÉS.
Chez les jeunes enfants, c'est toujours une affection sérieuse, et ce sera toujours une grande satisfaction pour vous et pour les mères anxieuses de vos petits malades d'être à même de la traiter avec succès. Permettez-moi d'essayer de vous indiquer les médicaments les plus convenables pour ses nombreuses variétés.
1. La diarrhée qui survient le plus prématurément dans la vie humaine, est celle qui affecte les enfants élevés artificiellement, et dont les intestins rejettent les aliments naturels. Aucun degré d'approximation du lait maternel ne rendra tolérable, pour ces enfants, la nour-
riture artificielle, et si la médecine ne vient à leur secours, ils mourront. J'ai trouvé deux médicaments très utiles dans cet état, Nuœ vomica et Lycopodmm. Je donne Nux, l'e dilution, dans les cas non inflammatoires ; Lycopodium à la 30®, lorsqu'il s'est déclaré évidemment une muco-entérite.
2. Une diarrhée inflammatoire aiguë est beaucoup plus commune chez les jeunes enfants que chez les adultes. Elle tournerait, je crois, si elle n'était combattue efficacement, à la dysenterie, son siège étant le côlon. Mercurius corrosivus, en général alterné avec l'Aconit, est le médicament dans lequel j'ai confiance, et avec toute raison d'en être satisfait. Quelquefois, spécialement lorsque l'inflammation est dans le rectum, Podophyllin est un" médicament capital. Le cas suivant est un exemple :
5 septembre 1866. A environ 3 heures, cette après-midi, je vis un petit garçon âgé de deux à trois ans qui était tombé malade à midi. Depuis ce moment, il avait été pris tous les quarts d'heure de douleurs vives dans l'abdomen, suivies de l'évacuation de petites quantités de mucus sanguinolent. Il n'avait ni vomissements, ni fièvre. J'ai presque toujours donné Fodophyllin dans des cas semblables, mais en ayant égard au prolapsus du rectum & chaque selle comme pathognomonique du médicament. L'absence de ce symptôme dans le cas présent, et la prédominance des coliques me portèrent à donner la préférence à Colocynthis, dont je donnai une goutte de la 2* dilution toutes les deux heures.
Le 6. 11 h. 30' matin. Aucune amélioration. La douleur et les garderobes ont continué tous les quarts d'heure ou à peu près pendant la nuit, et le pauvre enfant paraît très épuisé. Je rejettai donc le médicament choisi, et lui donnai un demi-grain de la 3« trituration de Podophyllin toutes les deux heures.
Le 7. Le petit garçon vint aujourd'hui en marchant au-devant de ( moi dans la chambre, paraissant tout à fait revenu à lui. La mère
\ m'apprit qu'après la troisième dose du nouveau médicament (c'est-
1 à-dire quatre heures après le commencement de son administration)
la douleur et les selles avaient cessé à la fois, et n'étaient plus rêve- • I nues depuis.
3. Une des causes les plus fréquentes de diarrhée chez les enfants est la dentition. Si elle est modérée, il esta peine nécessaire d'intervenir; il n'est pas improbable qu'elle agisse comme une soupape de sûreté.
Mais si vous la traitez, rappelez-vous son origine, et quel que soit le médicament que vous donniez pour les intestins, alternez-le avec un qui agisse sur le circuit nerveux parcouru par l'irritation. Ce but sera éminemment rempli par Chamomilla et Belladonna, Ils pourront guérir quelquefois seuls, surtout le premier ; mais il est généralement bien de les faire alterner ou suivre d'un médicament agissant plus spécifiquement sur la membrane muqueuse intestinale. G Q^i Mercurius (\ui est le plus fréquemment indiqué, et il Test encore plus lorsque la couleur des selles est tout à fait changée, et qu'elles sont écumeuses. Le Calomel (M. dulcis) est la meilleure forme à employer. Il n'est pas rare que Rheum et Magnesia Carbomca soient utiles (vous vous souviendrez de la rhubarbe et de la magnésie de notre enfance) ; le premier, lorsque les selles ont une odeur très aigre et qu'il y a beaucoup de coliques; le second, lorsque les selles consistent en un mucus vert. Tout autre médicament parmi les antidiarrhéiques peut être indiqué. Vous trouverez leurs indications caractéristiques très exactement résumées par le D^ Guernsey (p. 786).
4. Il y a la diarrhée qui tôt ou tard accompagne toutes les « maladies épuisantes » des enfants. Phospkori acidum et Pkosphori^j Arsenicum et Calcarea en sont les médicaments quand elle nécessite un traitement particulier. L'indication pour le premier, que donne le D"* Guernsey, est que «la diarrhée ne semble pas affaiblir le malade, quoiqu'elle ait duré depuis longtemps, et la mère s'étonne que l'enfant demeure si fort avec elle. » Avec Arsenicum, à la 3® trituration décimale, j'ai plusieurs fois arrêté des diarrhées semblables danjh des cas qui paraissaient désespérés. Calcarea est très^stimé par Jahr, et le D** Dunham (1) a relaté un cas frappant guéri par une seule dose de ce médicament.
5. Une autre forme de la diarrhée chronique de l'enfance est celle désignée sous le nom de « lientérie, »
(1) Homceopaihy tke science of Therapeutics, p. 470.
dans laquelle les aliments, peu ou point digérés, sont rendus avec les selles. Ferrum a quelques droits à être considéré comme spécifique dans ce cas. Teste recommande Arsenicum, China et Oleander. Je n'ai vu que deux cas de cette affection, tous deux chez des enfants, et tous deux guérirent avec China.
6. Les enfants peuvent avoir, comme les autres personnes, la diarrhée que déterminent les chaleurs de l'été, et on peut alors leur donner les mêmes médicaments qu'aux adultes. Mais ils sont sujets à une affection d'été qui leur est tout à fait particulière, dont je dois vous entretenir séparément aous son titre américain de :
CHOUSRA INVANTIIiS:.
Des vomissements abondants et des selles (généralement séreuses) le caractérisent. Je ne pourrais dire que nous ayions pour cette très dangereuse maladie aucun médicament très efficace. Veratrum, qui paraît indiqué, et que Jousset estime en être le principal remède, a toujours failli entre mes mains : Arsenicum n'a été meilleur que d'un degré. Iris^ sur lequel à une époque je fondais de grandes espérances, arrête promptement les vomissements, mais ne fait rien contre l'affection intestinale. J'ai, pendant un été, essayé largement Tartarus emeticus, mais son action fut très incertaine, et je n'ai obtenu aucune espèce de résultats de l'Elaterium. Il est probable, d'après l'expérience du D^ Madden, en Australie (1), rapprochée des recommandations réitérées du D"^ Hempel, (\yi Aconit devrait être le premier médicament à donner dans ces cas.
Croton mérite d'être essayé : on le dit indiqué spécialement lorsque les selles sont rejetées avec une grande force. Podophyllum peut aussi rendre service. Desselles abondantes et fétides, plus fréquentes de grand matin, l'indiquent. L'Euphorbia corollata a été très employée
(1) Voy. Annals, V, 37.