‹ Manuel de thérapeutique selon la méthode de HahnemannChapitre 30 sur 189 · RHUMATISME · texte numérisé non relu

RHUMATISME

a ici peu ou pas de toxémie , et nous avons à combattre le poison rhumatismal dans les tissus ou les organes qu'il a affectés. Bryonia, Rhus, Pulsatilla, Mercurius et Sulfûr continuent de trouver ici leur emploi; mais nous devons leur adjoindre Rhododendron, Ledum, Dulcamara, Kali hydriodicum et bicromicum, Mazereum et Phytolacca. Les indications pour le choix de ces médicaments se tirent de leurs effets pathogénétiques ; et en général je les ai donnés dans mes leçons sur la Pharmacodynamique. Je ne puis que les rappeler brièvement ici.

Bryonia, — Chaleur et gonflement des articulations, qui sont douloureuses dans les mouvements.

Rhus, — Raideur plutôt que sensibilité ; tendons, fascias, enveloppes des nerfs, etc., affectés principalement; douleurs augmentées par le premier mouvement, mais soulagées par la continuation du mouvement.

Rhododendron, — Caractères des douleurs les mêmes que ceux de Rhus ; muscles surtout affectés ; aggravation par le temps orageux.

Ledum, — Petites articulations principalement affectées di\QQ frilosité,

Pulsatilla, — Genou, coude et articulations du tarse sièges de l'affection; troubles menstruels (voyez Goutte rhumatismale) ; les douleurs augmentent le soir et la nuit.

Dulcamara, — Rhumatisme subaigu ou chronique après s'être exposé d'une manière continue à une atmosphère humide.

Sulfur, — Diathèse rhumatismale très générale et très marquée ; à continuer avec persévérance.

Kali hydriodicum, — Rhumatisme périostal, spécialement syphilitique ou mercuriel.

Kali hichromicum, — Rhumatisme périostal simple.

Mezereum. Phytolacca, — Comme Kali bichromicum.

Mercw^ius. — Indications les mêmes que dans la forme aiguë (1).

Les sept premiers de ces médicaments ont acquis la

(1) Voy. les cas cluD»" Yeldham dans Annals, III et IV.

plus grande part de leur réputation dans le rhumatisme chronique, et à leurs dilutions plus élevées; les autres aux basses atténuations.

KHUMATISMB GOUTTEUX.

Il doit, je crois, garder encore ce nom de préférence à ceux de «Arthrite rhumatoïde,» de a Arthrite rhumatismale chronique, » ou de « Ostéo-arthrite, » ou de « Rhumatisme noueux » qu'on avait proposés pour le remplacer. Ce nom est familier à tout le monde ; il exprime bien les phénomènes et les relations de la maladie, et nous ne nous laisserons pas égarer par lui quant à la pathologie et au traitement.

Les faits importants à considérer dans le rhumatisme goutteux et ayant une portée sur la question du traitement, sont, premièrement, la grande prédominance des femmes parmi les sujets qu'elle affecte; secondement, la coexistence fréquente chez elles de troubles ou désordres menstruels; troisièmement, l'analogie entre le rhumatisme goutteux et le rhumatisme blennorrhagique. Les médicaments que suggère cette alliance de désordres utérins et rhumatoïdes sont Pulsatilla, Sabina et Actaea racemosa; et avec eux, dans les cas récents, ou dans ceux qui commencent par des symptômes aigus, nous pouvons beaucoup. Pulsatilla convient mieux lorsque les règles sont pauvres ou même supprimées, la digestion troublée, et l'esprit mélancolique. Sabina est préférable dans la forme franchement inflammatoire, en particulier s'il y a de la ménorrhagie. Actœa racemosa est hautement recommandée par le D*^ Ringer; elle est indiquée lorsque les douleurs sont pires la nuit, et par un temps humide ou venteux. 11 les soulage, dit-il, ainsi que les crampes qui les accompagnent à un degré très considérable.

Dans les cas datant de longtemps, sachant la désorganisation des articulations que cette maladie amène, nous pouvons difficilement espérer obtenir quelque chose des

RHUMATISME BLENNORRHAGIQUE. 137

médicaments internes. Je ne connais ni expressions de confiance, ni relations de succès émanant d'auteurs de notre école, excepté un cas cité par le D"" Edward Blake, dans lequel Sulfur eut une action décisive (1); et les résultats de ma pratique particulière ont été négatifs. Vous ferez donc bien de recourir aux moyens préconisés par FuUer, Garrod et Trousseau. Le Sublimé corrosif et riode de ce dernier, et le Fraxinus excelsior, l'Arsenic et l'Arnica du premier s'accordent bien avec nos principes et peuvent par la suite trouver une place définitive dans notre traitement. Je n'ai à vous parler ici que de ce que peut l'Homœopathie, et de quelle façon elle agit.

RHUMATISMB BLBNNORRHAGiaUS.

J'ai peu à dire sur le traitement de cette maladie. Je n'en eu qu'un seul cas à traiter, lequel parut peu influencé par aucun des médicaments que j'employai. Cependant, le malade se rétablit bien et complètement, ce qui est plus que ce que l'on obtient dans les cas ordinaires. Jahr dit avoir eu un brillant succès dans un cas avec Pulsatilla précédée d'Aconit ; et d'autres de la même école (Hahnemannienne) exaltent Sarsaparilla, Ces médicaments devraient, cela s'entend, être donnés aux dilutions élevées.

Outre les variétés de goutte et de rhumatisme que nous venons de passer en revue, notre nomenclature nous donne une « Synovite goutteuse, » un «Rhumatisme synovial, » et un « Rhumatisme musculaire. » Les deux premiers, que l'on doit comprendre, ]e le suppose, comme étant des affections arthritiques survenant chez des sujets rhumatisants ou goutteux, sans les autres manifestations de la diathèse, viendront sous nos yeux avec les maladies des articulations ; le dernier avec celles des muscles.

(1) Voy. Brit Joum. of Hom , XXXV, 46.

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