LETTRE XI
Affections arthritiques.
Nous arrivons actuellement à la seconde division de nos Maladies Générales, à un groupe d'entre elles qui, différemment de celles étudiées jusqu'à présent, sont principalement chroniques et rarement infectieuses. Nous entreprendrons aujourd'hui ce que je puis appeler les affections arthritiques, c'est-à-dire les différentes formes de la goutte et du rhumatisme.
liA GOUTTE
autant que je sache, ne possède pas de littérature homœopathique spéciale. Vous sentirez comme moi qu'il y a là quelque chose de fâcheux eu égard aux moyens de la combattre qui sont entre nos mains. Je dois dire que ma propre expérience de la maladie confirme cette impression défavorable, au moins quant à ce qui est de l'attaque aiguë. J'ai essayé tous les médicaments qui semblaient indiqués ou ont été préconisés : Aconit, Ledum, Pulsatilla, Arnica, Bryonia, Sabina en dilutions variées; mais je n'ai jamais été à même de découvrir aucun effet décisif de leur emploi. L'attaque m'a paru cesser dans le temps habituel, ou parcourir sa carrière prolongée de rémissions et de retours, à peu près comme si la nature avait été abandonnée à elle-même. Si l'auteur de « The NuUity of Homœopathy » avait choisi la goutte pour son thème, je crains qu'aucune réponse n'eût pu être faite à sa critique.
Il n'en fut fait aucune au défi que je portai en 1869 (1), à mes collègues, de montrer s'ils avaient eu jamais des succès plus concluants, de quelle façon ils les avaient eus. Un auteur Américain, il est vrai, me prit à partie dans un journal pour le mépris que je montrais pour nos médicaments ordinaires, mais c'est à peine s'il parvint à établir sa propre confiance en eux.
Bâhr semble parler théoriquement et seulement d'après d'autres, et admet que « le traitement d'une attaque isolée est toujours quelque peu précaire. » Jousset cite quelques médicaments : China, Sabina, Arnica, Bryonia, comme indiqués, mais ne dit rien de leur efficacité. Une soirée consacrée tout entière au sujet qui nous occupe, à la Société Homœopathique d'Angleterre (2), donna, en outre, des résultats très instructifs. Le D' Vaughan- Hughes, l'auteur du mémoire discuté, est un enthousiaste de la valeur du « traitement homœopathique » dans la goutte, mais le seul cas cité par lui à l'appui paraît justifier tout à fait la critique du D' Madden, « lequel pensait que l'on pouvait attribuer avec certitude aux seuls auxiliaires tout le soulagement remarqué chez le malade en observation. Lorsqu'on nous parle, ajoute-t-il, d'une diète réglée avec soin, de l'exclusion de la viande, d'applications locales d'une solution d'iodure de Potassium, de bains chauds additionnés d'une demi-livre de perlasse en solution etc., il n'est pas difficile de se rendre compte des changements qui se sont accomplis dans l'état du malade. » Le D' Yeldham traite ses cas de goutte aiguë par des doses de cinq gouttes de teinture mère de Colchicum toutes les quatre heures ou plus souvent ; et quoique les D'^* Drury et Haie pensent que c'est un peu trop « allopathique, » ils conviennent néanmoins de la valeur du médicament, et n'ont rien de meilleur à recommander. La partie thérapeutique de l'étude si philosophique du D** Drysdale sur la goutte a la même portée (3). Je vous
(1) Manuel of Therapeutics, l'e éd.
(2) British Journal of Hom.y XXVIII, 537.
(3) British Journal of Hom., XXVI, 292.
renverrai à cette pièce ; pour le moment, je ne veux qu'exprimer ce jugement : « L'étude clinique proprement dite de la maladie peut à peine passer pour commencée , mais nous possédons simplement les médicaments supposés utiles d'après la ressemblance de quelques symptômes pris dans un manuel ou un autre sans vérification suffisante, et énoncés en grande partie dans ce style de l'ancienne Matière Médicale tellement blâmé par Técole Homœopathique. » Dans de telles circonstances mon devoir est de vous recommander de vous en tenir à votre Colchicum, dont le pouvoir, de procurer du soulagement est hors de doute. De plus, quoique les attaches de ce médicament soient allopathiques, son caractère est bien plus de Tordre Homœopathique. Il est admis maintenant que Taction évacuante est inutile pour que Ton en obtienne tous les effets bienfaisants. Watson, il est vrai, l'appelle « un anodin, » mais il doit entendre par là le résultat de son administration, et non son modus operandï. De Taveu de tous il n'exerce aucune influence stupéfiante sur le cerveau ni sur les nerfs. Il paraît donc être un de ces remèdes qui sont classés comme « spécifiques, » et je réclame ces sortes de médicaments pour l'école qui inscrit sur sa porte le terme ofxotoç comme opposé à àxxoîo;.
Mais le Colchicum a d'autres prétentions : il a montré qu'il pouvait développer- une arthrite (1). Les symptômes concomitants, il est vrai, étaient plutôt ceux du rhumatisme que de la goutte ; mais les deux maladies sont si semblables dans leurs manifestations locales, que ai le Colchicum, dans ce sens, est le semblable de l'une, il doit l'être aussi de l'autre. Pour ces raisons donc, et pour celles que j'ai données dans ma leçon sur le médicament, jeseiis qu'en l'employant pour combattre Tinflammation goutteuse dans une articulation, je me trouve entièrement dans la sphère de l'homœopathie.
En adoptant le Colchicum, cependant, comme remède de l'accès de goutte, vous devez éviter les inconvénients
(1) Hughes, Action des médicaments ou Eléments de Pharmacodynamique, Paris, 1874.
qui accompagnent son administration dans la vieille école. Outre les effets déprimants et drastiques résultant de trop fortes doses, il est allégué, par la plupart des thérapeutistes que son usage rend la disposition à cette maladie encore plus forte dans l'économie. Trousseau va jusqu'à dissuader, sous ce rapport, de quelque traitement que ce soit pendant l'accès, regardant celui-ci comme une soupape de sûreté que Ton doit aussi peu entraver que l'éruption d'un exanthème. L'homœopathie évite tous ces mauvais effets par la réduction de la dose. Nous n'avons besoin de donner que juste ce qui est nécessaire pour calmer la douleur et l'inflammation locale, et pas plus. Je ne pourrais affirmer qu'aucune « dilution, » quelque basse qu'elle soit, remplisse ce but, et la recommandation du D^ Yeldham de donner cinq gouttes de la teinture mère toutes les quatre heures vient ici avec tout le poids de son expérience, avec laquelle la mienne s'accorde en tous points. Je me suis appesanti aussi complètement sur ce point parce que c'en est un faible dans notre thérapeutique, et je pense que nous le rendons faible à tort, parce que nous reculons devant le Colchicum, comme ailleurs nous avons peur d'user de la Quinine. Mais ici, comme là, nous ne sommes pas limités au seul a spécifique » trouvé parla médecine traditionnelle, mais nous possédons plusieurs autres médicaments alliés ou succédanés. Ainsi il n'y a aucune raison pour que l'accès ne puisse être entravé dans sa période « formatrice » avec l'aide, en addition à l'élimination et (si vous voulez) la neutralisation chimique de l'acide urique surabondant, de médicaments tels qneNux vomïca ou Puhatilla^ selon que l'un ou l'autre correspond exactement aux symptômes actuels. Plus tard, lorsque les frissons et l'agitation annoncent une inflammation menaçante, V Aconit est incontestablement bienfaisant, et se trouve quelquefois indiqué en alternation avec le Colchicum pendant toute l'attaque. Lorsque la goutte au pied est la suite immédiate d'une violence extérieure (et vous savez combien peu il faudra quelquefois d'une cause semblable pour la déterminer), V Arnica doi
être le premier médicament à employer. Le D»* Drysdale a bien fait ressortir que ces médicaments n'ont pas une relation nécessaire à Taifection essentielle qualitative que nous appelons « goutte, » qu'ils répondent aux troubles guantitatifs produits localement par celle-ci, et agiraient de même exactement aussi bien si ceux-ci n'étaient pas goutteux. Il pense (mais j'ignore pourquoi) que le Colchicum possède une véritable vsimilitude qualitative.
Un mot sur les applications locales. Bien entendu nous nous associons entièrement à la réprobation de toute application d'un caractère spoliateur ou pertubateur. Mais si le Colchicum devait être réellement utile localement, nous l'emploierions certainement aussi; et nous sommes tout disposés à appuyer la recommandation si fortement faite par mon ami le D' Belcher (1) d'employer l'Iodure de Potassium. La solution qu'il prescrit est de la force d'un à deux drachmes du sel pour six onces d'eau.
Lorsque vous avez débarrassé votre patient de son attaque aiguë vous avez à combattro la diathèsc morbide dont elle a révélé l'existence. Je n'ai besoin de rien ajouter à ce que des hommes tels que Watson et Garrod ont écrit sur la diète et le régime que doivent suivre ces sortes de malades. Je puis seulement joindre mon témoignage quant à l'extrême importance de cette partie du traitement, et vous renvoyer aux savants écrits de feu le D*" Acworth (2) comme corroborant la même vérité à l'aide d'arguments et d'exemples nombreux. Quant aux médicaments, il est possible qu'une ressemblance symptomatique (lorsqu'il existe quelques symptômes de comparaison) vous guide vers un médicament réellement antigoutteux; et alors un usage modéré de cette méthode est justifiable. Le D^ Acworth dit qu'il a vu un grand bénifice résulter de l'administration de Sulfur, et les manifestations fréquentes du poison goutteux à la peau sous
(1) Monthly Homœopathic Review^ XIII, 152.
(2) Brit, Journ. of Hom., XV, 177 ; et XXII, 83. AnnnU, IV,
130 Maladies générales.
la forme de psoriasis ou d'eczéma corroborent sa recommandation.
Il nous reste encore à étudier le traitement de « la goutte chronique » et des manifestations locales des gouttes « larvée » et « anomale. » C'est la nomenclature de Trousseau (1) que j'adopte ici. Par goutte chronique il entend cette forme dans laquelle des attaques prolongées et étendues se suivent avec des rémissions seulement partielles; d'où résultent des altérations dans la structure des articulations, et des dépôts de tophus. Pouvonsnous quelque chose contre cette forme? J'eusse répondu rien, à l'exception du traitement de la diathèse tel qu'il a été spécifié plus haut, avec Sulfur, et peut-être (comme Jousset le conseille) Lt/eopodïum. Mais le cas très remarquable raconté par le D"^ Hirschel dans le Neice Zeïtsch. f. Hom. Klinik (2), rapproché du témoignage du D' Belcher déjà cité, nous permet d'espérer que VIodure de Potassium peut beaucoup pour nous dans cette circonstance. Le D'' Hirschel donne des doses de 1/3 à 3/4 de grain. Toutes les fois que cela est praticable, on doit y joindre l'application locale, dans les accès aigus.
« La goutte larvée » est dite exister lorsque la maladie se présente sous forme d'une névrose ou d'une phlogose, ou de toute affection autre que l'attaque arthritique franche. Quelques-unes de ces affections se présenteront à notre étude parmi les maladies locales.
Je puis dire ici que, une fois certain de la nature goutteuse d'une inflammation, vous pouvez la combattre (en règle) plus efficacement par le Colchicum que par quelque autre médicament. L'angine et l'ophthalmie sont figurées assez complètement dans sa pathogénésie, de même que la pleurodynie qui est quelquefois (quoique rarement) goutteuse. L'origine goutteuse d'une névralgie nous indiquerait Colocynthisei Sulfur pour la traiter, de préférence aux autres anti névralgiques tels qu'Arsenic et Belladonna.
(1) Trousseau, Clinique 'inédicale de VHôteUDieu^ 5« édition, Paris, 1877.
(2) Vôy. Brit. Journ. of Hom», XXVII. 677.
Les affections viscérales de la a goutte anomale, » comme la bronchite et la dégénérescence des reins seront étudiées à leur place respective. Je ne veux ajouter ici qu'un mot sur « la goutte à Testomac, » que je présume être dans presque tous les cas une névrose du plexus solaire. Son danger serait donc analogue à celui d'un coup à Tépigastre, ou de l'action de boire rapidement de l'eau froide lorsqu'on a chaud, c'est-à-dire l'arrêt des mouvements du cœur transmis par les nerfs splanchniques. Dans notre école, Nicœ moschata possède quelque réputation dans le traitement de cette complication, alarmante. Je serais disposé à le donner à des dose assez fortes pour développer ses effets stimulants.
RHUMATISMS.
Cette maladie occupe unrangbien différent de celui de la goutte dans notre littérature et notre pratique. Nousavons pour son traitement quelques médicaments excellents , et nos journaux sont remplis de nombreuses monographies sur ce sujet (1). L'impression générale que vous emporterez de l'examen des écrits de notre école, en ce qui concerne le traitement du rhumatisme aigu (fièvre rhumatismale), sera des plus favorables. Il existe un témoignage presque uniforme quant au pouvoir du traitement homœopathique sur cette maladie, et un accord presque universel sur ses principaux remèdes. De plus, nos statistiques se comparent très favorablement à celles de la vieille école. Dans cette dernière, ainsi que vous le savez, le traitement alcalin fut d'abord trouvé grandement supérieur à tous les
(1) Voy. Black Brit. Journ, of Hom,^ XI, 216 ; Monthly Hom. Rev.y XIX, 731 ; Henriques, British Journ, of Hom., XII, 35 ; Mackechnie, Brit, Journ, of Som,, XXVIII, 764 ; Madden, Brit. JoîM^ni of Hom., XXIX, 372 ; Vanghan Hughes, Bint, Journ, of Hom,, XXVII, 177, et XXVIII, 103. A ces travaux, on peut ajouter les Clinical Lectures, du D' Russel , dont cinq sont consacrées à cette maladie, et les rapports statistiques des cas de fièvre rhumatismale, traités à l'hôpital Leopoldstadt, de Vienne, dans les volumes XI, XIX et XXIII, du British Journal, et dans le vol. IV des Annals.
autres dans le rhumatisme aigu, puis ensuite les résultats de « Texpectation » pure et simple semblèrent aussi heureux que ceux du traitement alcalin. La conclusion inévitable fut qu'il n'était pas si utile de médicamenter ; tandis que les autres méthodes étaient positivement nuisibles. La nôtre doit donc être comparée avec la méthode expectante, et le résultat est que nous abrégeons la durée moyenne de la maladie d'environ six à dix jours.
Examinons actuellement par quels moyens ce résultat est obtenu.
Dans la grande majorité des cas, vous commencerez votre traitement par l'administration de V Aconit.
1. J'ai fait remarquer que ce médicament est homœopathique, non seulement àlafièvfe, mais aussi aux affections locales produites par le poison rhumatismal. Il doit être donné en conséquence, ainsi que le dit le D^ Madden, non pas comme un simple antifébrile, mais comme un antidote spécifique de tout l'état présent. Les brillants résultats obtenus de son emploi par Lombard et Fleming ^1) se sont confirmés en particulier parmi nous; et comme le suggère leur exemple, ce sont les plus basses dilutions que Ton a trouvées les plus efficaces.
2. Lorsque l'Aconit paraît avoir épuisé son action, c'est presque toujours Bryoma qui le suivra. Je suis de l'avis du D^ Russell que ces deux médicaments, et probablement ces deux seuls, neutralisent positivement le poison rhumatismal dans le sang. Bryonia correspond à l'inflammation des articulations, lesquelles ne peuvent tolérer le mouvement, et à la pneumonie et aux inflammations séreuses qui menacent de survenir. Elle ne convient pas moins, de plus, quand les muscles sont affectésau lieu des articulations. Elle jouit d'une haute réputation à la fois chez les partisans des basses et des hautes dilutions (2).
(1) Voy. Hughes, -4c<iow des médicaments ou Eléments de Phar* niacodynamique. Paris, 1874.
(2) Voy. Bayes, Applied Homœopathy^ Rhumatisme ; et les cas anuexés aux réexpérimentations autrichiennes ((Est. Zeitsch., III).
UHUMATISMK. 133
Les seuls autres médicaments qu'il vous reste à étudier eu égard au rhumatisme aigu sont la Pulsatilla, Rhus, Mercurius et Sulfur. Pulsatilla convient, et même exclut quelquefois Aconit et Brjone depuis le commencement, dans les cas subaigus, avec peu de fièvre, et la migration brusque fréquente de l'afifection d'une articulation à une autre, spécialement lorsque le malade est d'une constitution et d'un tempérament caractéristiques de ce médicament. Mercurius prend la place de Brjonia lorsque l'inflammation s'obstine sur une seule articulation ; lorsque les douleurs augmentent beaucoup la nuit, et lorsqu'il existe une transpiration aigre abondante, qui n'apporte cependant aucun soulagement. Rhu^ est indiqué dans ces cas rares dans lesquels la fièvre tend vers le tjpe adynamique, avec grande agitation, les malades, (au contraire de ceux qui présentent l'indication de Brjonia) changeant continuellement de position et voyant leur douleurs augmenter pour peu qu'ils restent un instant tranquilles. Sulfur est précieux pour empêcher la convalescence de languir, ou la maladie de passer à l'état chronique.
Je dois ajouter deux autres médicaments véritablement applicables au rhumatisme articulaire aigu, mais seulement (autant que nous le savons) lorsque certaines régions sont affectées. Ces médicaments sont Viola odorata et Caulophyllum. Sur la valeur du premier dans le rhumatisme affectant les poignets (spécialement le droil), nous avons les témioignagesincontestablesdeTessieretde Kitchen (1); et le D*" Ludlam a trouvé le dernier aussi curatif que le D*" Burt l'avait trouvé pathogénétique dans le « rhumatisme inflammatoire » des mains et des doigts (2).
Quant aux complications du rhumatisme aigu, les affections du cœur doivent être étudiées séparément à leur place. Nous n'avons pas à rechercher plus longtemps si, en nous privant de l'aide des alcalis, nous perdons
(1) Voy. Brit. Journ. of Hom., XXIV, 314.
(2) Voy. Haies, New Remédies^ art. Caulophyllum.
Hughes. — Thérap. Homœop. 8
une immunité comparative pour les complications cardiaques que nous pourrions avoir autrement pour nos malades. Les résultats de Texpectation ont fait justice de cette idée que, je l'avoue, je partageais aune époque (1). L*occurence d'autres inflammations dans le cours de la fièvre n'a pas lieu de nous engager à changer notre Aconit et notre Brjone pour d'autres médicaments. Ces importants médicaments conviennent autant à la pleurésie, à la pneumonie et à la péritonite qu'à l'état rhumatismal général lui-même. Pas plus que si nous leur laissons leur pleine action, nous n'avons (je pense) à craindre l'hyperpyrexie que l'on rencontre quelquefois dans la pratique ordinaire, laquelle paraît nécessiter le moyen héroïque du bain froid pour conjurer une issue fatale. Le « rhumatisme cérébral » est quelquefois une méningite ; d'autres, fois, suivant Trousseau, ce n'est qu'une névralgie. Dans le premier cas, je n'ai rien à ajouter aux remarques faites à propos d'autres inflammations intermittentes; dans le deuxième cas, j'ai suggéré VActœa racemosa comme le remède probable.
Pendant que nous traitons ainsi nos malades en général, il n'existe, que je sache, aucune raison qui nous empêche d'employer toute médication locale des articulations affectées, de nature à soulager ou améliorer leur état. Beaucoup d'entre nous emploient les compresses d'eau dans la période aiguë ; mais lorsqu'il y a beaucoup de douleur, j'ai obtenu des effets si bienfaisants des fomentations chaudes à l'opiat alcalin, recommandées par Fuller et Watson, que je serais fâché d'en priver un malade. Lorsqu'une articulation menace d'être affectée d'une manière chronique, Trousseau parle chaudement de l'application continue d'un « cataplasme de mie de pain camphrée avec addition de Belladone et d'Opium » pour obtenir un repos parfait.
Dans le rhumatisme chronique, un beaucoup plus grand nombre de médicaments doivent être mis en œuvre. Il y
(1) Voy. Annals, IV, 214, 385 ; Monthly Jlom, Review, IX, 748.