CANCER
suspecte vînt-elle à apparaître à mon sein, je chercherais certainement à la faire enlever de suite par l'instrument tranchant. Les D'^ Marston et Mac Limon dans nos rangs, pour ne pas parler de praticiens plus irréguliers ailleurs, ont fait ressortir abondamment la valeur de Tenlèvement par les caustiques des squirrhes du sein, et l'extirpation par le bistouri est certainement en faveur plutôt croissante qu'autrement parmi les chirurgiens. Mais de l'aveu de tout le monde, il y a des degrés, des variétés et des localisations de la maladie que des mesures opératoires ne sauraient atteindre, et ce sera une chose très importante que l'homœopathie arrive à être efficace dans de semblables cas.
L'impression générale que l'on ressent à la lecture de la littérature homœopathique sur ce sujet est que nous possédons des médicaments qui améliorent la santé générale du sujet cancéreux, et qui, par leur affinité élective pour les parties affectées, tendent à un plus ou moins haut degré à rétablir leur nutrition (1).
Je ne puis dire que je voie quelque évidence d'une relation spécifique entre ces médicaments et la diathèse carcinomateuse, de manière à ce que l'on s'attende à voiries uns neutraliser évidemment l'autre. Néanmoins, lorsque vous avez fait tout ce que vous avez pu par une existence hygiénique et un régime généreux, par le fer et l'huile de foie de morue, pour relever la santé générale de ces sujets (et Weeden Cooke a bien montré tout ce qui peut être fait dans ce but) vous trouverez dans nos médicaments constitutionnels les moyens de faire quelque chose de plus. Le principal d'entre eux est V Arsenic. Sous son influence, à des dilutions variées, vous manquerez rarement d'observer une augmentation des forces, une meilleure oxydation du sang et un accomplissement plus sain des fonctions chez les malades affectés de cancer. Les douleurs lancinantes, de plus, dont la partie affectée est le siège, sont souvent soula-
(1) Voy. British Joum. of Hom,, XXI, 611 ; XXIII, 196.
gées par ce médicament. Quelquefois, là où l'état général est caractérisé par une grande torpeur, Carbo peut être un médicament meilleur même que TArsenic, comme dans un cas cité par les D*"* Marston et Mac Limon (p. 633). C'est en général le charbon animal que Ton emploie, mais je pense que le produit végétal agirait tout aussi bien.
Si nous considérons le cancer d'un autre point de vue, il existe certains médicaments qui nous sont indiqués par Ib. forme de la maladie. Ainsi, le « Cancer épithélial » histologiquement, a été trouvé identique avec d'autres productions comme les verrues et les condjlomes sous le titre commun d' « Epithélioma. » L'analogie ncfus porterait conséquemment à choisir Thuya dans ces cas, et à en attendre au moins une partie des bons effets qu'on en retire dans les végétations moins malignes du même ordre. Il me semble que nous devons comprendre dans ce groupe les cancers de la lèvre, de la langue et du scrotum, et les excroissances en « choux-fleurs » du col de Tutérus. Peut-être le cas publié par le D"* Quin dans le premier volume des Annals (p. 177) quoique intitulé par lui « fungus hsematodes, » était-il réellement un choufleur; et dans ce cas Thuya fut remarquablement bienfaisant. Le cancer épithélial de la lèvre, cependant, est tellement bien du ressort de l'Arsenic, que je ne me sentirais réellement disposé à recourir à aucun autre médicament Son usage externe sous forme de pommade (5 grains de la 3« trituration décimale pour 30 grammes d'axonge) est avantageusement ajouté à son administration à l'intérieur. Je recommande le même traitement pour le « Cancer scroti. »
Lorsqu'un cancer encéphaloïde ou mélanique prend une forme fungoïde, on peut faire intervenir avec avantage le pouvoir reconnu au Thuya sur les productions vasculaires aussi bien que sur les épithéliales. Le cas célèbre de Radetzki est peut-être un exemple de cette vertu. Je dis peut-être, parce que la part prise par le médicament dans la cure (le fungus venait du fond de l'or-