SCROFULE
flammatoires ou de glandes scrofuleuses. Il peut même survenir après la vaccination, ou être le résultat d'un émonctoire. Mais occasionnellement on observe une tuberculose primitive des poumons, et aussi, cela est possible, des méninges cérébrales).
Cette manière de voir met d'accord dans une grande mesure les doctrines antérieures. Le tubercule est souvent secondaire à la scrofule, quoique médiatement au lieu de directement, et on rencontre souvent la tuberculose comme diathèse distincte. La constitution caractéristique avec laquelle cette dernière est associée et les circonstances qui constituent ses causes prédisposantes et déterminantes ont besoin d'une nouvelle investigation. Suspendant celle-ci, je n'en parlerai pas à cette place parmi les maladies générales, mais seulement lorsque nous aurons à étudier ses manifestations locales. Ce que j'ai à dire pour le moment ne concerne que la scrofule.
Pendant que les théories pathologiques varient, l'observation clinique ne change point ; et de tous temps celleci a reconnu deux types principaux de constitution scrofuleuse. Permettez-moi de vous les rappeler dans les termes pittoresques du professeur Miller :
a Dans la variété sanguine, la complexion est belle, souvent très belle, aussi bien que les traits du visage. La forme, quoique délicate, est souvent gracieuse. La peau est mince, de texture fine ; et les veines sous-cutànées sont nombreuses, paraissent très distinctement à travers les téguments d'ailleurs d^un blanc de perle. Les pupilles ont une ouverture exceptionnellement large ; et les globes oculaires ne sont pas seulement grands mais proéminents, les sclérotiques se montrent d'une blancheur éclatante. Les cils sont longs et gracieux, à moins que, comme cela n'est pas rare, il n'existe de la blépharite ; alors les cils manquent, et à leur place on voit le bord des paupières gonflé, rouge et altéré.
a Dans la forme phlegmasique le teint est foncé, les traits désagréables, la contenance et l'aspect à la fois repoussants^ les articulations grosses, le développement de la charpente arrêté, ou encore déformé de ses belles proportions. La peau est épaisse et blafarde ; les yeux sont ternes, quoique d'habitude grands et proéminents ; l'expression est lourde et nonchalante ; quoiqu'il n'est pas rare de voir la puissance intellectuelle remarquablement aigué^ aussi bien que capable d'un exercice soutenu. La lèvre supérieure
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est habituellemeat gonflée, de même que les colonnes et les ailes du nez, et le caractère général de la physionomie est flasque ; le ventre a une disposition vers le développement, et les extrémités des doigts sont réunies à plat, au lieu de présenter la forme efUlée ordinaire. »
Il paraît maintenant raisonnable d'admettre que ces différences de formes dans la constitution scrofuleuse sont un élément important dans les données pour le choix des médicaments pour la traiter. L'hygiène et le régime sont de beaucoup les mêmes pour les deux ; mais la place qu'occupe l'Iode et le Fer dans le traitement de la première, est occupée par Sulfur dans la seconde variété, en même temps que le Calcarea les embrasse toutes deux. Calcarea est un médicament qui, dans nos mains, hérite de toute l'ancienne réputation de l'eau de chaux et des sels de chaux. Ses indications dans la scrofule sont un tempérament lymphatique, une jolie peau, de l'embonpoint plutôt que de la maigreur, une sensibilité morbide des glandes, des os et des articulations. L'Iode convient à la variété sanguine décrite ci-dessus, spécialement lorsqu'il y a du dépérissement, et de là en partie la valeur de l'huile de foie de Morue dans le traitement diététique do ces sujets. Ferrum est le «tonique » de la même classe de sujets : leD'' Cooper fait remarquer leur peau claire et leur chevelure frisée comme indications de sa convenance lorsqu'ils sont faibles. Sulfur est le grand remède de la seconde des deux formes, en particulier quand les manifestation locales tendent à se montrer à la peau et aux membranes muqueuses plutôt que sur les glandes et les os (1).
Vous prescrirez donc, outre le traitement général de
(1) Le Dr Jousset ajoute Silicea aux remède sci-dessus, et en parlé comme étant a le grand médicament de la scrofule. » Sa description de révolution progressive de la maladie dans sa forme typique, et les indications qu'il donne pour Dulcamara, Viola tricolor et Conium dans sa période peu avancée, sont très pittoresques et précieuses